Métro Belgique n°4260 13 nov 2020
Métro Belgique n°4260 13 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4260 de 13 nov 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : des mines contrastées entre les Américains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 BELGODYSSÉE VENDREDI 13/11/2020 metrotime.be Pendant le confinement, la visite virtuelle a sauvé les détenus de la solitude 74 jours sans la moindre visite ! C’est ce qui est arrivé aux 575 détenus de la prison de Hasselt lorsque les établissements pénitentiaires belges ont fermé leurs portes aux visiteurs à la mi-mars afin de lutter contre le coronavirus. Les prisonniers ont vécu une période difficile, mais la crise du coronavirus a aussi créé de nouvelles possibilités, comme la « visite virtuelle ». Une nouvelle forme de contact social qui, du moins à la prison de Hasselt, subsistera après la fin de la pandémie. Matthias, 57 ans, séjourne depuis plus de 9 ans à la prison de Hasselt. Ces derniers temps, ce sont surtout ses enfants, ses petits-enfants et son épouse qui lui ont manqué. « Je n’ai plus vu mon épouse depuis quatre mois. Je l’ai entendue au téléphone. Mais je ne l’ai ni vue ni serrée dans mes bras », déclare Matthias. La direction de la prison avait décidé d’interdire les visites parce qu’elle voulait coûte que coûte éviter que le virus ne touche l’établissement. « À la mimars, nous avons isolé totalement l’établissement du monde extérieur », explique Paul Dauwe, directeur de la prison de Hasselt. « Toutes les formes de visite ont été suspendues. En fait, plus personne n’entrait ici, sauf celles qui étaient cruciales pour le fonctionnement de la prison, comme les fournisseurs et aussi les avocats. Ce qui, bien entendu, n’a pas été sans conséquences », poursuit Paul Dauwe. « En général, les personnes qui séjournent en prison ne brillent pas par leurs contacts sociaux de qualité. Et ce sont justement elles qui ont été totalement retranchées du monde extérieur. Cela a d’énormes implications négatives, pas seulement pour leur vie ici, mais aussi pour leurs chances de réintégration par la suite. Mais nous n’avions pas d’autre choix ! » MARDI 17 NOVEMBRE « EN TROIS JOURS TOUT LE MONDE EST CONTAMINÉ ! » Nombreux sont aussi les détenus qui reconnaissent la nécessité de ces mesures, et la comprennent, comme Tom. « Ne pas recevoir de visite pendant 74 jours est très frustrant, mais compréhensible », dit-il. « Sinon, le coronavirus aurait touché la prison et nous aurions tous été contaminés. Nous vivons ici en communauté sur quelques mètres carrés. Si une seule personne est contaminée, tout le monde le sera dans les trois jours. Il n’existe en outre aucune prison en Belgique qui dispose des infrastructures pour gérer une telle situation », précise Tom. D’après le directeur de la prison, la crise du coronavirus prouve une fois encore que le contact social, et par excellence la visite, est terriblement important pour les personnes derrière les barreaux. Et Valérie, une détenue maman de deux enfants, sait de quoi elle parle. « Le pire aspect de l’interdiction des visites est la solitude. Il y a des tas de gens autour de vous, mais à vrai dire vous n’avez pas besoin de ces personnes. Vous avez besoin de votre famille ! », explique-t-elle. VISITE VIRTUELLE Pendant la crise du coronavirus, de nombreux détenus se sont rués sur les appels téléphoniques et vidéo. Pour combler le vide engendré par l’interdiction des visites, la prison a notamment instauré la visite virtuelle, une primeur. « Depuis toutes ces années que je suis en prison, nous n’avons jamais eu la possibilité de faire un chat vidéo », mentionne Tom. En tant que maman, Valérie estime qu’il est extrêmement important de garder le contact avec sa famille. « Je téléphonais bien 5 à 6 fois par jour pour pouvoir entendre les Ne manquez pas notre Dossier Spécial Cocooning ! Ph. R.V. enfants. Le chat vidéo m’a aussi énormément aidée. J’ai pu ainsi suivre quand même ma famille et voir ce qu’ils faisaient. » D’après Paul Dauwe, la visite virtuelle n’est pas seulement un bon substitut de la visite normale, mais elle offre aussi des possibilités supplémentaires. « La visite virtuelle est une expérience totalement différente. Les détenus peuvent voir à l’intérieur du domicile de leurs proches. D’autre part, cela ouvre aussi des possibilités aux prisonniers qui ne reçoivent normalement aucune visite, parce que leur famille vit à l’étranger par exemple. Nous projetons dès lors de maintenir la visite virtuelle, même après la crise du coronavirus. » Aida Macpherson _0 (DELGODYSSEE Je m’appelle Aida Macpherson et je termine actuellement un Master en journalisme à la KU Leuven, campus de Bruxelles. Pour le concours Belgodyssée 2020 je me suis mise en quête avec mon binôme francophone, Victor De Thier, des conséquences cachées de la crise du coronavirus. Nous nous sommes rendus pour ce faire à la prison de Hasselt. J’ai établi, dans un premier temps, une ligne du temps avec tous les événements importants dans les prisons belges depuis le confinement de mars à aujourd’hui. J’ai donc ordonné chronologiquement tout ce qui s’est passé, comme les grèves, les libérations pour cause de coronavirus et les appels à l’aide émanant de la prison. J’ai ensuite examiné ce qui me touchait personnellement le plus. C’était le manque poignant de visites pour les détenus, qui n’avaient dès lors pas pu voir leurs proches pendant plusieurs mois. ».
Pourquoi la saison 4 de The Crown détrône les précédentes Attendue avec impatience par les fans, The Crown revient enfin avec une quatrième saison, disponible sur Netflix ce 15 novembre. Une nouvelle salve de dix épisodes qui surpasse les précédentes, en grande partie grâce à la prestation bluffante d’Emma Corrin dans la peau de Lady Di. Dès la première saison, The Crown a connu un grand succès grâce à son casting très soigné, son esthétique sans pareille et son souci du détail impressionnant. Le seul petit bémol qu’on pouvait lui accorder, c’était d’être un peu trop sage et très factuelle, parfois presque à la limite du documentaire. Mais cette quatrième saison vient changer la donne, en apportant un peu de piment à la série. Si The Crown se concentre sur le règne d’Elizabeth II, la Reine est éclipsée par deux autres femmes dans cette saison qui couvre les événements se déroulant tout au long des années 80. Dès le premier épisode, notre curiosité est assouvie  : on découvre les personnages tant attendus de la controversée Première ministre Margaret Thatcher et de la douce et très jeune Diana Spencer. DUEL DE DAMES C’est à Gillian Anderson (X-Files) qu’est revenue la tâche ardue de se glisser dans la peau de la Dame de Fer. Et on doit avouer que si les efforts de ressemblance sont là, l’interprétation, elle, n’est pas totalement à la hauteur. L’actrice – qui est aussi la compagne de Peter Morgan, le créateur de la série- en fait un peu trop et frôle parfois la caricature. Elle arrive toutefois à insuffler un côté humain à une femme connue pour sa dureté et sa froideur. L’entrée en scène d’un personnage comme Thatcher dans la série apporte une bonne dose de tension dramatique, pas seulement à cause de sa révolution conservatrice mais surtout à cause de sa relation compliquée avec la Reine. Un duel entre une femme battante qui a gravi seule les échelons et une héritière privilégiée. Pour le frai aussi. Le prix, c’est nous. culture Ph. D.R. a'EMMA CORRIN ÉBLOUISSANTE EN LADY DI Le rôle de Lady Diana était encore plus risqué à jouer que celui de Margaret Thatcher. La dernière actrice qui l’avait interprété (Naomi Watts) s’était cassé la figure. Mais nous avons été immédiatement éblouis par le jeu d’Emma Corrin, dont la ressemblance avec la « princesse des cœurs » est troublante. Cela aurait été difficile de faire mieux. Elle éclipse totalement les autres membres du casting qui sont pourtant toujours aussi talentueux. On découvre davantage quelle femme était vraiment Diana et la grande souffrance qu’elle a vécue. Plusieurs épisodes se concentrent sur son mariage calamiteux avec le prince Charles et sur la sorte de ménage à trois qu’ils formaient avec Camilla Parker- Bowles. L’inverse d’un conte de fées ! Racontée très sobrement, sans tomber dans le pathos, cette triste tranche de vie ne laissera aucun téléspectateur indemne. POLITIQUE ET CONFLITS FAMILIAUX Cette quatrième saison est donc un peu plus chargée émotionnellement que les SÉRIES autres mais le créateur n’a pas pour autant laissé de côté l’aspect politique de la série. Au-delà de l’austérité menée par Thatcher, cette saison se concentre aussi sur sa politique extérieure, abordant tour à tour les troubles en Irlande du Nord, la guerre des Malouines ou encore l’apartheid en Afrique du Sud. Les événements les plus marquants des années 80 sont parfaitement mis en valeur mais on est également surpris par des épisodes oubliés ou moins connus du grand public, comme l’intrusion pendant plus d’un quart d’heure d’un homme dans la chambre de la Reine ! Ces dix nouveaux épisodes explorent enfin plus profondément les liens ténus qui unissent la famille royale. Le créateur dépeint un portrait pas très glorieux des Windsor, qui se montrent carrément cruels à bien des égards… Marie Bruyaux



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