Métro Belgique n°4253 26 oct 2020
Métro Belgique n°4253 26 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4253 de 26 oct 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : les nouvelles mesures Covid plus sévères.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 NEWS LUNDI 26/10/2020 metrotime.be AFP/J-P. Muller Une queue s’étirait sur plusieurs pâtés de maison samedi matin (premier jour d’ouverture du vote anticipé dans l’État de New York) devant le bureau de vote exceptionnellement aménagé cette année dans le hall de Madison Square Garden à Manhattan  : depuis mars, cette mythique salle de concerts et d’événements sportifs est réduite au silence pour cause de pandémie. Mais les joueurs de NBA ont obtenu en août, suite aux manifestations contre les inégalités raciales, de transformer plusieurs grandes salles de basket en bureaux de vote. Dans cette métropole, les électeurs, dûment masqués, parfois gantés, semblaient prêts à attendre dans le calme, plusieurs heures durant, avant de pouvoir franchir les portiques détecteurs de métaux menant au bureau de vote. « Il s’est passé tellement de choses, c’est un privilège de faire une queue comme ça », dit Jerad Ashby Des frelons éradiqués Des experts revêtus de combinaisons de protection spéciales ont, pour la première fois aux États- Unis, éradiqué un nid de frelons géants. Ils sont considérés comme les plus gros frelons du monde, et sont surnommés par certains « frelons meurtriers ». Les spécialistes ont « aspiré » le nid de ces insectes redoutables qui peuvent mesurer jusqu’à 5 cm. Il avait été découvert sur un arbre d’une propriété privée à Blaine. qui, comme toutes les personnes interrogées, soutient l’ex-vice-président Joe Biden. « Il faut élire quelqu’un de convenable, qui représentera tout le monde et pas seulement ceux qui sont d’accord avec lui ». Même si l’État de New York vote systématiquement démocrate et ne fait pas partie des États clés qui peuvent faire basculer l’élection du 3 novembre, voter massivement est important car « il faut non seulement gagner, mais gagner vraiment largement ». Pour beaucoup d’habitants de cette ville symbole d’immigration et de diversité, il en allait de l’avenir même de la démocratie américaine. « En 2016, trop de gens ont été complaisants et ne sont pas allés voter. On ne peut pas laisser ça se reproduire. Il faut que tout le monde sorte, » soulignait Lisa, cinquantenaire travaillant dans la finance, en attendant patiemment sur le trottoir. AFP/M. Ngan TRUMP CONFIANT La police new-yorkaise se prépare depuis plusieurs semaines à des manifestations qui pourraient dégénérer. Même pour le vote anticipé, elle a déployé des agents dans tous les bureaux. La mairie démocrate a aussi annoncé le recrutement d’« observateurs bénévoles » pour éviter toute « intimidation » des électeurs. À défaut de pro-Trump, c’est à un petit groupe de militants de gauche venus « encourager » les électeurs que des policiers ont demandé samedi de se tenir à distance de la file. Et d’éviter notamment, comme l’a fait à un moment l’un d’eux, de crier « Chassez Trump ! ». Un Joe Biden énergique et un Barack Obama fidèle à luimême ont accusé samedi Donald Trump d’avoir « complètement foiré » dans sa gestion du coronavirus. Mais le président américain affiche un optimisme à toute épreuve, malgré son retard dans les sondages à dix jours de l’élection. Ils donnent toujours huit points d’avance en moyenne à Joe Biden à l’échelle nationale, ainsi qu’un avantage plus réduit dans les États clés. Mais Donald Trump a voté en Floride Donald Trump a voté samedi par anticipation en Floride avant d’enchaîner trois meetings, à dix jours de la présidentielle. Il affichait l’espoir de refaire son retard sur Joe Biden qui, de retour sur le terrain, lui a de nouveau reproché sa gestion de la pandémie. « J’ai voté pour un type appelé Trump », a déclaré le candidat républicain, ajoutant  : « C’était un vote très sûr, bien plus sûr que quand vous envoyez votre bulletin par courrier ». Les États-Unis commencent à voter NEW YORK Ne pas considérer une défaite de Donald Trump comme acquise et voter massivement pour assurer une « large victoire » à Joe Biden  : les New-Yorkais, très majoritairement démocrates, se pressaient samedi pour voter par anticipation à la présidentielle. De violents combats au Congo BUNIA De violents combats ont opposé samedi l’armée congolaise à une milice à proximité de Bunia, le cheflieu de la province troublée de l’Ituri. Les affrontements ont provoqué le déplacement de milliers de personnes. Ils opposaient les Forces armées de la RDC (FARDC, gouvernementales) à une faction de la milice Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), Des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues dans la ville de Bunia, alors que les combats se déroulaient à une dizaine de kilomètres de distance. Le bilan de ces derniers affrontements n’était pas disponible. L’armée affirme vouloir déloger les miliciens réfractaires au processus de paix du site d’Ezekere. Leur groupe, l’Alliance pour la Libération du Congo/Codeco, s’est retiré du processus de paix conduit par une délégation d’anciens chefs de guerre de l’Ituri. Les miliciens sont cantonnés à Ezekere. La secte politico-militaire Codeco, régulièrement citée dans des violences en Ituri prétend défendre les Lendu, une communauté de l’Ituri, face aux « tracasseries » de l’armée régulière et à l’oppression supposée d’une autre communauté, les Hema. Les milices Lendu sont accusées par les Nations AFP/J. Cendon unies d’avoir tué plusieurs centaines de civils hema et alur. Région riche en or, l’Ituri avait été déchirée par un conflit communautaire entre Lendu et Hema entre 1999 et 2003. ◀ AFP/T. Clary Trump semble bénéficier d’un léger frémissement en Floride, qu’il ne peut se permettre de perdre s’il veut être réélu. « Dans dix jours nous allons remporter ce grand État et nous allons remporter quatre années de plus à la Maison Blanche », a EN BREF ▶ Les Chiliens votaient hier sur leur nouvelle Constitution. Ce référendum tombe un an après l’éclatement d’un soulèvement social d’une ampleur inédite qui a remis en cause le modèle économique accusé de bénéficier seulement aux plus riches. ▶ Le président turc Erdogan a défié hier les menaces américaines de sanctions contre son pays, membre de l’Otan, après l’acquisition par Ankara de systèmes de missiles anti-aériens russes S-400. martelé l’actuel président. La plupart des électeurs voteront le 3 novembre prochain. Le résultat est généralement connu dans la nuit ou, au plus tard, dans la matinée (heure européenne) du 4 novembre. ▶ Le pape François a annoncé hier qu’il allait créer treize nouveaux cardinaux catholiques le mois prochain, dont le premier « Prince de l’Église » afroaméricain et un prédicateur franciscain. ▶ Un bâtiment logeant des bureaux de l’Institut Robert Koch à Berlin, l’homologue allemand de Sciensano, a été la cible d’engins incendiaires hier matin. L’affaire a été transmise aux autorités judiciaires, la police soupçonne une « motivation politique ». ◀
Oubliez l’image que vous avez du Marsupilami. Avec « La Bête », Frank Pé (« Broussaille », « Zoo ») revisite l’animal imaginé par Franquin dans les années 1950, et livre un roman graphique à la fois sombre et puissant. Cela fait près de 40 ans que vous êtes dans le métier. Comment vivez-vous la sortie de ce nouvel album ? Frank Pé  : « Chaque album est un projet différent. En plus, le moment est très particulier pour moi puisque je sors en même temps ‘La Bête’, qui est un sacré challenge, ‘Une vie en dessins’, qui est 40 ans de dessins dans un seul bouquin, et ‘Little Nemo’, qui est aussi un projet qui a couru sur plusieurs années. Ça fait donc beaucoup de choses en très peu de temps. Je n’ai jamais connu ça de ma vie, et c’est formidable. Je ressens en même temps de l’excitation et la curiosité de voir comment les gens vont réagir. Au fond, cela fait quand même deux ans que je travaille sur cet album de 150 pages. C’est une période très longue, sans avoir de retour, sinon celui de tantine qui passe le dimanche. C’est dingue comme métier. » Quels sont vos premiers souvenirs avec Marsupilami ? « Vous me parlez presque du berceau car le journal Spirou était présent dans la famille quand j’étais très jeune. J’avais moins de dix ans. C’était l’époque bénie de l’équipe Delporte, Franquin, Roba, Morris et tous ces grands noms. Ça m’a marqué à vie. Le Marsu, c’était l’animal qu’on avait envie d’avoir avec soi. C’était la bête idéale à serrer dans son lit. C’est l’ami de l’enfant. C’est comme ça qu’il était dans ma mémoire, mais je voulais en faire tout autre chose. » Comment avez-vous travaillé sur cette réinterprétation ? « Je voulais parler de cet animal à travers le filtre de toute notre perception actuelle de la nature, c’est-à-dire cette tension qu’il y a entre l’espèce humaine et sa planète. Un animal, surtout un animal qui sort du commun, ça confronte l’humain. Le Marsupilami est un magnifique révélateur, même si on ne le sent pas encore tout à fait dans le premier tome. J’ai aussi essayé de donner un regard le plus personnel possible. Je crois qu’une reprise n’a d’intérêt que lorsque c’est personnel. Je ne voulais pas redessiner le Marsupilami à la manière de Franquin. Tout l’intérêt est de faire une autre proposition avec le même personnage. » Comment s’est passée la collaboration avec Zidrou ? « On venait de terminer le Spirou et Fantasio ensemble. Je savais que c’était l’un des scénaristes idéaux pour moi, car il mélange l’humour, l’action et l’émotion. C’est très difficile à réussir et c’est le mélange grand public par excellence. C’est ce que je voulais faire avec le Marsupilami  : garder cette tradition grand public tout en réussissant un mélange qui va du rire aux larmes. C’est compliqué à faire mais Zidrou est un maître là-dedans. » Dans ce premier tome, il y a surtout beaucoup de larmes… « Évidemment, c’est le début de l’histoire. On voulait cette arrivée très contrastée avec le personnage que l’on connaît pour bien marquer cette différence. Il fallait couper avec le Marsu de Franquin. Ensuite, cette amitié entre le petit garçon et l’animal va grandir et toutes les qualités d’empathie du Marsupilami vont se développer et fleurir. » Savez-vous déjà comment cette aventure va se terminer ? « J’ai déjà tout le scénario du tome 2 et je suis occupé à le dessiner. Après le tome 2, on fera un album sur toute la biologie du Marsupilami. Ce sera un album d’illustrations et de textes qui va se faire en collaboration avec des scientifiques et des musées pour explorer toute l’écologie et l’éthologie du Marsupilami comme s’il existait. » Le récit s’arrêtera donc après deux tomes ? « Oui. Au début, c’était un seul tome mais nous sommes très vite partis sur deux tellement il y avait de matière. Le deuxième tome est encore plus gros que le premier, il fait 200 pages. Il devrait sortir dans deux ans car 200 pages couleur directe, c’est beaucoup de travail. » Cet album transpire la Belgique, aussi bien dans les lieux, dans les culture Frank Pé revisite le Marsupilami de manière sombre et puissante Photos D.R. expressions que dans les plats. Pourquoi était-ce important pour vous ? « C’était presque même ma volonté numéro un. J’étais vraiment chipoté par le fait d’aller à la rencontre de ces vieilles impressions qui sont au fond de moi, lorsque j’étais tout gamin. J’habitais à Saint-Josse et je me souviens lorsque ma mère m’emmenait faire des courses à L’Innovation, à la rue Neuve. Je me rappelle aussi du grand bâtiment néo-classique, tout noir et triste, de la Poste sur la place de la Monnaie. Comme ce sont des émotions très vieilles remontant à l’enfance, elles sont très fortes et forcement elles vont être justes. Chaque fois que j’avais besoin de quelque chose, j’allais puiser dans mes souvenirs et pas dans la documentation. Je savais que ça allait être plus juste comme ça. En plus, le Marsu a été créé à cette époque et Franquin vivait à Bruxelles dans les années 1950. Tout BD cela faisait sens. C’est un tout cohérent. » Cet album étonne aussi par son format. Était-ce votre choix ? « Oui. C’était l’une des premières visions que j’avais de cette histoire. On voulait adapter le Marsupilami dans quelque chose de contemporain, de nouveau, de grand public et j’ai senti que ce bouquin devait être comme ça. Cela m’arrangerait bien, car ça fait des planches avec moins de cases et ça me permet d’insérer plus de belles planches et de doubles planches. Pour cette histoire-là, je savais que j’avais besoin de cela, et ce format carré est vraiment très intéressant. Il donne beaucoup d’importance à l’image. » « La Bête », de Frank Pé et Zidrou, éditions Dupuis, 156 pages, 24,95 € ●●●●● Thomas Wallemacq



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :