Métro Belgique n°4247 15 oct 2020
Métro Belgique n°4247 15 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4247 de 15 oct 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : vers l'ISS en trois heures.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 CULTURE JEUDI 15/10/2020 1 metrotime.be VIVRE ET SURVIVRE  : STELLAN SKARSGÅRD À PROPOS DE L’HISTOIRE D’AMOUR TRAGI-COMIQUE XX ‘HOPE’MOVIES « Oh non, pas encore un film sur le cancer ! » Dans de grands succès commerciaux comme ‘Thor’et ‘Mamma Mia !’, des productions indépendantes comme ‘Good Will Hunting’et ‘Breaking the Waves’, une série télé prestigieuse comme ‘Chernobyl’, l’acteur suédois Stellan Skarsgård est à l’aise partout. Pourtant ‘Hope’est quelque chose de spécial, car le drame norvégien parle d’une période douloureuse de la vie d’une personne que Skarsgård connaît très bien. ‘Hope’est un film d’inspiration autobiographique de Maria Sødahl, qui raconte comment elle a appris qu’elle avait le cancer. Vous jouez le mari. Le vrai mari de Sødahl cependant est le réalisateur norvégien Hans Petter Moland, avec lequel vous êtes très ami. Quel effet cela fait de jouer un ami proche ? « Ce film reflète en effet précisément ce que Maria a vécu, mais j’ai décidé dès le début que je ne jouerai pas Hans Petter Moland. La responsabilité serait trop grande pour moi. Il est impossible aussi d’incarner parfaitement une personne existante. Ce sera toujours une fiction. Anja et Tomas, les personnages du film, ne sont donc pas les vrais Maria et Hans Petter. » Quelle était votre première réaction quand Maria Sødahl vous a proposé ce projet ? « Honnêtement ? Je ne savais pas ce que je devais en penser. Je me disais ‘Oh non, pas encore un film sur le cancer ! Ou voit-elle ce film comme une manière de faire une auto-thérapie ?’Je n’avais aucune envie de ça. Alors elle m’a envoyé un résumé d’une ou deux pages, et c’était fichtrement drôle ! Le REVIEWS HOPE Anja avait imaginé tout autre chose pour Noël. Elle forme avec son mari Tomas une famille recomposée chaotique, mais sympa, avec six enfants, et fait une belle carrière de metteure en scène de théâtre. Mais elle a souvent des maux de tête lancinants. Après une IRM, arrive le terrible diagnostic  : elle a une tumeur au cerveau. Le drame norvégien ‘Hope’retrace avec précision la façon dont Anja réagit à la terrible nouvelle et comment son entourage tente de l’aider. La réalisatrice Maria Sødahl sait aussi de quoi elle parle, carelle se base sur sa propre expérience pour ce film d’une grande honnêteté. Les frustrations et la peur d’Anja, les tensions inévitables entre elle et Tomas, les réactions des enfants, les maladresses des médecins, ‘Hope’regorge de scènes intenses. À la fin du voyage, toutefois, il se focalise beaucoup plus sur la vie -notez les moments de légèreté inattendus- que sur la mort imminente. Et cela fait toute la différence. (rn) ●●●●○ personnage principal était bizarre et étrange et complètement stone la plupart du temps, et en réalité pas très agréable. À ce moment-là, j’ai réalisé que Maria pouvait prendre suffisamment de distance pour s’attaquer à cette période de sa vie. J’ai donc tout de suite accepté. » Le film ne brosse pas nécessairement un portrait très positif de Hans Petter Moland. « C’est exact. Mais il s’est montré très généreux. Il trouve que c’est la version des faits de Maria. Elle raconte les choses telles qu’elle les a vécues. D’un autre côté, elle en a tout de même fait une belle histoire d’amour. Cela en dit long aussi. » Avez-vous parlé du rôle avec lui ? « Non. Nous avons, bien sûr, blagué à ce propos. Il se sent un peu mal à l’aise, car il trouve que le film ne donne pas de lui une image juste. Il se fait du souci à propos de ce que les gens vont penser de lui désormais en Norvège. Mais je lui ai dit qu’après ce film, il aura justement une bien meilleure réputation qu’avant. » (rires) Le fait de connaître Maria et Hans TROLLS 2  : WORLD TOUR (LES TROLLS 2  : TOURNÉE MONDIALE) Vous aussi, petit(e), vous avez sûrement joué avec les Trolls, ces petites poupées aux cheveux fluo créées par le Danois Thomas Dam en 1959, devenues par la suite un succès mondial et intergénérationnel. Le studio d’animation Dream- Works en a acquis les droits en 2016, et après le succès du premier volet, la franchise est donc de retour, dans un second opus tout aussi coloré et entraînant. Cette fois, la reine Poppy et son acolyte Branche font face à une menace… d’ordre musical. Une reine rock d’une autre contrée menace l’harmonie et la diversité de la contrée Troll. Dynamique, drôle, inventif (le duel K-pop VS reggaeton nous a épatés) et sous-tendu par un message éducatif sur l’inclusion, les studios américains confirment leur talent pour le divertissement, sublimant un scénario prévisible qui ne surprendra que les enfants. (em) ●●●○○ Petter vous a-t-il aidé pour jouer le rôle ? « J’ai essayé de m’en tenir le plus possible au scénario. La vie de Hans Petter est totalement différente de la mienne. Il travaille beaucoup plus dur que moi, par exemple. (rire) Là où j’ai pu m’identifier en revanche, c’est le sentiment que vous avez en tant que partenaire d’une personne qui a le cancer. Ma première femme a également eu ce diagnostic un jour. Tout d’un coup, tout tourne autour de cette personne malade et, en tant que partenaire, vous vous sentez totalement désemparé. Il n’y a rien que vous puissiez faire. Vous ne pouvez même pas soutenir convenablement la personne que vous aimez, car elle est pétrie d’angoisse et cette angoisse éclipse tout. » Qu’avez-vous fait, alors ? « Je me suis jeté sur toutes les questions pratiques. Nous avions six enfants, et j’ai veillé à ce que le ménage tourne et que les enfants aient tout le nécessaire. » Avez-vous remarqué que vous apportiez ainsi un peu de réconfort quand même ? « En réalité, non. Quand vous avez le cancer, vous ne vous souciez pas de ces choses pratiques. Cette maladie accapare toutes vos pensées. Vous vous en fichez complètement de savoir si la lessive est faite ou pas. (rires) » AFTER WE COLLIDED (AFTER  : CHAPITRE 2) Deuxième chapitre attendu de cette saga post-ado imaginée par la romancière Anna Todd, après le succès financier de la première adaptation -69 millions au box-office- quand même (et les chapitres 3 et 4 ont été confirmés). On retrouve donc Tessa (Josephine Langford) et Hardin (Hero Fiennes Tiffin). Elle a un stage chez Vance Publishing, et un collègue qui lui fait de l’œil. Lui est aux prises avec des traumatismes d’enfance, qu’il gère à coup d’alcool. Mais malgré leurs différences, cette ‘fille bien’et ce ‘bad boy’(inspiré de Harry Styles des ‘One Direction’) finissent par se retrouver… Entre le scénario convenu, les dialogues sirupeux, les personnages stéréotypés (rivalités féminines éculées) et les scènes érotiques (qui manquaient apparemment au premier), on ne sait pas ce qui nous a le plus gênés. Mais le film s’adresse à un public spécifique… donc passez votre chemin si vous n’êtes pas un(e) adolescent(e) en exploration de son indépendance et de sa sexualité. (em) ●○○○○ Ph. D.R. ‘Hope’est surtout l’histoire d’une relation et d’une famille. Vous avez vous-même huit enfants. Quel genre de père êtes-vous ? « Difficile à dire. J’essaye de donner à mes enfants le sentiment qu’ils ont leur propre valeur et que nous les aimons. Et je ne leur mens jamais. Ce principe est sacré pour moi. Je n’ai jamais dit le moindre mensonge à mes enfants. » J’ai encore une question un peu bizarre. Je connais peu d’acteurs capables d’avoir un regard aussi triste. Quel est votre secret ? « (rires) Je pense que c’est lié à la pesanteur. Je deviens un peu vieux, et alors les muscles de votre visage se relâchent un peu, c’est automatique. C’est pour ça que j’ai souvent l’air triste. (rires) » Ruben Nollet @rubennollet LORD OF THE RINGS  : EXTEN- DED EDITION (LE SEIGNEUR DES ANNEAUX VERSION LONGUE) Est-ce raisonnable ces temps-ci d’aller voir un film de quatre heures au cinéma ? À vous de voir. Mais s’il y a un film qui le mérite tout de même, c’est la trilogie ‘Le Seigneur des Anneaux’. Et certainement les versions longues, que l’on peut voir actuellement pour la première fois sur grand écran, avec à chaque fois une semaine d’intervalle. Vous pourrez non seulement y retrouver enfin vos personnages bienaimés, comme Tom Bombadil et la Bouche de Sauron (mon préféré), mais grâce aux scènes ajoutées, les films en tant que tels accèdent aussi à un autre niveau. Avec ‘Le Retour du roi’notamment, c’est comme si, soudain, tout respirait à nouveau et se réveillait. Plus d’action, plus d’humour, plus de Gollum, plus de surprises, voici enfin la version que voulait le réalisateur Peter Jackson. Installez-vous donc tranquillement dans votre fauteuil et laissez-vous emporter par ce cinéma magique. (rn) ●●●●●
metrotime.be JEUDI 15/10/2020 CULTURE 7 Du cœur à l’orage Exilé une partie de l’année sur l’île danoise de Samsø, Nicolas Michaux y a trouvé le ton juste pour évoquer ses amours et ses colères. Une musique qui touche directement au cœur et à l’esprit sans s’encombrer de superflu. Vous habitez une partie de l’année sur la petite île danoise de Samsø. À quel point cet endroit a-t-il influencé l’écriture de cet album ? « Je dois juste préciser que je ne vis pas toute l’année làbas. Je partage ma vie entre Bruxelles et Samsø. Ma compagne et ma fille vivent là. Mais en effet, l’île a été centrale dans ce disque, et un peu paradoxalement parce que certaines chansons ont été écrites avant que je connaisse l’existence de l’île. D’autres ont été déclenchées par la découverte de cet endroit. Mais, plus fondamentalement, l’enregistrement s’est passé là-bas. J’ai posé mes valises, et j’ai remis tout cela ensemble, retravailler toute la matière et enregistrer l’album intégralement à la maison chez moi. J’ai d’abord enregistré tout seul sur des boîtes à rythme, mais en jouant tous les instruments mélodiques. À la fin du processus, j’ai demandé à mon collaborateur Morgan Vigilante de venir me rejoindre pour placer les batteries. Je voulais que tout soit fait dans la même ambiance, le même son et, plus important, le même état mental. » Si je devais résumer cet album en un mot, je dirais ‘ambivalence’. Le morceau « Amour colère », qui donne le titre à l’album, est à la fois langoureux mais avec une pointe d’inquiétude. « Justement, je pense que ce disque ne pouvait pas se résumer en un mot, c’est pour cela que je l’ai résumé en Nicolas Michaux « Amour colère » deux (rires). Parce que j’ai besoin, quand je m’exprime artistiquement et pour me sentir légitime et honnête, de donner le tableau complet. Si je n’avais que le versant ‘amour’, cela n’aurait parlé que de ma vie sur l’île, de mon potager, de ma fille, de ma compagne, etc. Et cela aurait été un mensonge par omission, parce que je suis fait de plein de choses. Ces dernières années, j’ai été habité par des envies de néo-ruralité, de retour à la terre, à des choses plus simples, etc., mais j’ai été aussi habité de colère, de frustration et de révolte par rapport à la marche du monde et à la façon dont nous sommes dirigés par une classe dirigeante qui nous mène à la catastrophe totale. Si j’avais fait un album qui n’était qu’amour ou que colère, j’aurais eu l’impression de ne pas dire tout ce que j’ai à dire. » Mais de cette colère, on ressent un côté observateur extérieur, presque contemplatif. « Oui, d’une certaine façon, c’est à ça que je sers. Lou Reed disait que faire une chanson, c’est proposer une vision du monde, il disait qu’il prenait un bout de la rue et qu’il le mettait sur un disque. Il y a une prise de parole qu’il faut prendre, on n’est pas là juste pour divertir. » Cela parle d’amour, de paternité, de l’état du monde, mais musicalement, il y a quand même un fil rouge. Si c’est un artiste que l’on tenait à l’œil depuis un bon nombre d’années, Nicolas Michaux passe clairement à la vitesse supérieure avec cet « Amour colère » sombre et lumineux à la fois. S’il puise dans ses racines musicales dans l’écriture des textes (de Neil Young à Bob Dylan), c’est très clairement du côté d’un Baxter Dury, par exemple, qu’il faut ranger son esprit des formes et ses arrangements. Ici, rien ne dépasse car tout est important. Les fioritures sont rangées au placard, tandis que son cœur battant puise sa force dans une sobriété contemplative qui n’a rien de désincarnée. Une forme d’apesanteur qui pourtant nous ancre les pieds bien à terre. (pj) ●●●●○ « C’est exactement cela que j’ai voulu faire. Le sujet est multiple et complexe, je l’attaque par différents côtés, mais la musique, et son côté mystique et réparateur, tient les choses ensemble et fait les liaisons. Un morceau comme ‘Parrot’, par exemple, que j’avais avant même d’arriver à Samsø, a été terminé en dernier parce que j’avais besoin de savoir à quoi ressemblait l’album pour trouver le bon arrangement. La version finale est très dépouillée. Un journaliste anglais a parlé de rock et de funk spartiate. D’une certaine façon, c’est un peu Samsø qui m’a inspiré pour faire ce genre d’arrangement-là sur une chanson comme ça. » Cette capacité à créer une Écoutez Nostalgie Belgique ipl dobn Ingrid Ph. AlessandroBertoncini musique « spartiate » me rappelle celle de Baxter Dury. Le concept est assez similaire. « Ah oui, j’aime beaucoup. Baxter Dury a parfois des morceaux presque disco mais de façon très dépouillée avec une batterie, un synthé, quelques notes et une voix féminine. Et moi, j’adore. J’aime les choses bien dessinées, les lignes droites et les angles précis. Je ne suis pas pour les productions avec énormément d’éléments. Écoutez Nostalgie du 12 au 23 octobre et gagnez... Ingrid SOUNDCHECK C’est cette philosophie sousjacente du ‘lessis more’, d’être dans la récup’, un peu dans le low-tech… Tout cela traverse notre société en ce moment et je trouve cela très intéressant. Faire beaucoup avec peu nourrit aussi mon travail. Ce sont aussi les films de Pialat, de Bruno Dumont, des Daerden… Des films qui collent à la réalité. Ce n’est pas l’économie de moyen qui est intéressante mais transformer cette faiblesse en force. » Pierre Jacobs Bruno NOSTALGIE une furieuse envie de chanter



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