Métro Belgique n°4243 8 oct 2020
Métro Belgique n°4243 8 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4243 de 8 oct 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : bars et cafés fermés pour un mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 Cil CULTURE JEUDI 8/10/2020 metrotime.be ‘PARENTS D’ÉLÈVES’  : CAMÉLIA JORDANA NOUS DONNE UNE LEÇON DE COMÉDIE « J’ai eu un énorme crush pour la réalisatrice du film » Plus rien ne freine Camélia Jordana ! Quelques semaines après avoir porté le film d’auteur ‘Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait’, et en attendant la sortie de son troisième album, elle nous revient en duo avec Vincent Dedienne dans ‘Parents d’élèves’, la bonne surprise de la rentrée ciné. Comment avez-vous embarqué dans l’aventure de’Parent d’élèves’ ? Camélia Jordana  : « Noémie Saglio, la réalisatrice du film, est venue me proposer le rôle de la professeure qui doit gérer tous ces parents. Mais elle a voulu me rencontrer avant, et j’ai eu un énorme ‘crush’pour elle. J’ai dit oui sans hésiter, d’autant plus que ça me donnait l’occasion de travailler avec Vincent Dedienne. » Votre alchimie crève l’écran, ça se travaille ? « Non franchement, on s’aime juste très fort. À chaque fois qu’on se voit on se saute au cou ! Alors comme on doit jouer les amoureux, forcément, ça va assez vite. » Les vannes fusent non-stop. CE CONCOURS N’EST NI ORGANISÉ NI SPONSORISÉ PAR LA LOTERIE NATIONALE 50 BILLETS « SUBITO » A GAGNER ! 6026 ENVOYÉ/REÇU 1,00 EUR/SMS MT20w41 201008WF-SUB Ph. Vertigo Films Il y a eu beaucoup d’impro sur le tournage ? « Oui ! L’intelligence de Noémie a été de chercher des gens qui ne sont pas forcément ‘bankables’ou qu’on a l’habitude de voir au cinéma. Elle a choisi des comédiens de théâtre qui comprennent l’esprit de troupe. Ça a donné une grosse bande ravie de se retrouver tous les matins. On était sur la même longueur RÉPONDEZ À LA QUESTION SUIVANTE  : o d’ondes, on marchait à la joie. Dans cette ambiance si porteuse, l’improvisation venait spontanément. » L’univers de l’école et des parents d’élèves, ça vous parle ? « Pas vraiment parce que je n’ai pas d’enfants. Ce qu’on a voulu saisir, c’est à quel point ce monde est drôle ! On a appuyé Quel animal est appelé woodpecker en anglais ? A Un pic B Un corbeau C Un castor CONNAISSEZ-VOUS LA RÉPONSE ? ImEr Envoyez WOOD A, B ou C (ex.  : WOOD A) par SMS au 6026 ou composez le 0905 23 180 à partir d’un téléphone fixe et tentez votre chance 50 fois de remporter 75.000  € . GAIN MINIMAL GARANTI DANS CHAQUE PAQUET Les concours de la Loterie Nationale sont interdits aux mineurs d’âge Renseignements  : 03/216 46 84 - info@mconcept.be - Participation possible jusqu’au 31/10/20 à 23h59 - Coût de participation  : par appel 2,00 EUR - par SMS envoyé/reçu  : 1,00 EUR, participation complète par SMS  : 4,00 EUR - Participation interdite aux mineurs d’âge - Les prix ne sont ni échangeables ni convertibles en espèces - Les coordonnées fournies par les participants sont enregistrées dans une base de données de MConcept sp et sont destinées à l’organisation et au traitement de ce concours. Les participants ont le droit de consulter, corriger et/ou effacer leurs données. Ces concours sont organisés par MConcept sp, n°d’entreprise 0826.398.329, Desguinlei90 n°12B, 2018 Anvers. -18 l’idée que tous ces gamins vont très bien, mais que leurs parents ont tendance à projeter leurs angoisses sur eux. On voit des gens super dévoués à l’éducation de leurs enfants, mais oubliant parfois que la réussite des autres élèves participe au succès des leurs. Ça traduit quelque chose d’assez collectif finalement. » Cette idée de passer par le collectif pour sauver l’individuel traverse le film… « Oui, il y a l’histoire d’amour entre Vincent et moi, mais le cœur du film c’est le groupe de parents ! Après, on ne nous a jamais présenté le projet comme une comédie de gauche. Noémie a tous les traits d’une bourgeoise, blanche et blonde aux yeux bleus, et puis quand on parle avec elle on se rend compte que c’est une féministe de gauche super cultivée et ouverte d’esprit. Elle fait du cinéma populaire, et elle se sert de ça pour dessiner des idées importantes. » MOVIES On le ressent dans la diversité des personnages aussi… « Vous pensez aux parents célibataires, homos et étrangers ? Cette diversité est d’abord anecdotique. Elle est glissée juste comme ça, mais elle fait partie du film, on ne peut pas passer à côté. Ces gens existent et ressemblent à une France réelle, mais parfois oubliée dans les médias ou les lois. En fait ce film est à l’image de la France que je côtoie, et c’est agréable de la montrer. Sans besoin de la pointer du doigt non plus, c’est juste l’écosystème dans lequel évoluent nos héros. » Pas trop chaotique le tournage avec tous ces enfants ? « Non ça allait… Enfin oui, il y a eu plusieurs moments de gros bordel (rires). Mais Noémie n’a pas choisi des enfants-acteurs avec des agents, des comptes en banque et compagnie. Ces gosses débarquaient sur un plateau pour la première fois, et ils étaient complètement émerveillés ! » Deux films pour la rentrée, et bientôt un nouvel album… « Je suis en train de le finir et j’espère qu’il sortira à l’automne, disons début novembre. J’ai l’impression que ça va sonner comme il faut, et je suis très impatiente de le partager avec le public. Et puis j’ai tellement hâte de refaire de la scène ! » Avec un passage par la Belgique ? « Ah mais évidemment, j’adore chanter au Botanique ! » Stanislas Ide stanislas.ide g
metrotime.be 1 JEUDI 8/10/2020 CULTURE 9 ‘UN PAYS QUI SE TIENT SAGE’  : DAVID DUFRESNE QUESTIONNE LA VIOLENCE D’ÉTAT « La République n’existe que si elle est critiquée » Journaliste, écrivain, réalisateur, David Dufresne s’intéresse à la police depuis son adolescence dans les années 80, marquée par la musique punk, les fanzines, et l’assassinat de Malik Oussekine. Préférant les enquêtes au long cours au journalisme à sensation, son travail concilie la documentation factuelle et la vision personnelle. Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes en France, il recense les violences policières sur son compte Twitter (@davduf). Des images qui ont fait l’actualité, pérennisées désormais sur grand écran dans ‘Un pays qui se tient sage’. Un film présenté début septembre au Brussels International Film Festival (BRIFF). Après les tweets (‘Allo Place Beauvau’) et le roman (‘Dernière Sommation’), pourquoi ce film documentaire sur les violences policières ? David Dufresne  : « L’un est venu après l’autre. ‘Allô Place Beauvau’, c’est provoquer le débat. ‘Dernière Sommation’, c’est ma vision intime. Le film, c’est une proposition d’analyse collective, dans laquelle je m’efface. Pas tout à fait bien sûr, puisqu’il y a mon point de vue, mais je ne suis pas à l’écran. Mais le cinéma étant pour moi LE lieu de l’expérience collective, de l’émotion. J’ai fait ce film REVIEWS UN PAYS QUI SE TIENT SAGE Le procédé est aussi simple qu’il est percutant. Assis dans l’ombre, des intervenants sont confrontés à des images, qu’ils sont invités à commenter conjointement. Des images qui ont parfois fait la une des journaux, qui ont tourné sur les réseaux sociaux. Après bientôt deux ans de ‘Gilets Jaunes’en France, et de manifestations émaillées de violence, David Dufresne invite des hommes, des femmes, juristes, journalistes, syndicalistes, historiennes, ouvriers, anonymes ou pas, contre la police ou pas, à venir nourrir le débat. À partir de la phrase de Max Weber ‘L’État revendique le monopole de la violence légitime’, le film questionne cette revendication. Jusqu’où peut aller son bras armé ? Qui est bourreau, qui est victime ? Un documentaire qui mêle réflexions philosophiques et récits de vie pragmatiques, à voir de toute urgence, peu importe où on se place sur le spectre politique. (em) ●●●●○ Ph. Obrother distribution pour nourrir le débat, après l’avoir provoqué, avec d’autres. » Le terme même de ‘violences policières’rejeté par le gouvernement, fait débat en France. « Oui, en gros, ‘si vous êtes contre la police, vous êtes contre la république’  : ça, ce sont les règles du débat dans lesquelles on veut nous mettre, et c’est insupportable. On peut très bien critiquer la police et rester dans le camp républicain ! L’idée qu’on ne pourrait pas critiquer la police sous prétexte qu’elle représenterait, pour la France, la République, c’est une confusion. La Police, ce n’est pas la République. L’idée du film, c’est de dire qu’on peut discuter PARENTS D’ELEVES Il paraît que le pire dans une école, ce sont les parents ! Partant de ce constat, la réalisatrice Noémie Saglio (‘Connasse, princesse des cœurs’) tire une comédie dans la veine de ‘La Lutte des classes’, avec une arme secrète  : l’humoriste Vincent Dedienne. Connu pour ses chroniques dans ‘Le Quotidien’de YannBarthès, il monte sur le devant de l’affiche avec un charme désarmant, qui devrait lui garantir une carrière ciné toute tracée. La formule est pourtant classique  : Vincent est un loser qui a oublié de grandir, contraint de jouer au baby-sitter pour arrondir ses fins de mois. Et quand le jeune Bart le présente comme son père à la maîtresse (Camélia Jordana), c’est un nouveau rôle qui l’attend  : celui de parent d’élève ! Il y a comme un goût américain dans cette comédie française, avec un plaisir visible d’en faire des caisses pour finir en grande pompe avec une déclaration d’amour, hyper assumée. Peut-être pas le film de l’année, mais la meilleure surprise de la rentrée ! (si) ●●●○○ de toutes ces choses-là. La République n’existe que si elle est critiquée. Sinon… c’est une dictature. Et la police, c’est pareil, ça ne doit pas être accepté d’un bloc. Si elle veut représenter le peuple, elle doit être soumise au regard du peuple. Elle ne peut pas agir en toute impunité. » Pour qu’il y ait débat, c’était donc important d’avoir le camp d’en face, comme les représentants du syndicat policier, qu’on voit dans le film… « Oui, bien sûr. Le but, c’est donner une chance à la conversation. C’était donc extrêmement important qu’il y ait une parole diverse  : des hommes, des femmes. Qu’on ne reste pas non plus entre mecs à MON GRAND-PÈRE ET MOI (THE WAR WITH GRANDPA) On se souvient de ‘Mon beau-père et moi’, qui opposait Ben Stiller à Robert De Niro dans un combat de coqs rempli de mauvaise foi. Vingt ans plus tard, De Niro troque son rôle de beau-père possessif pour celui du grand-père s’installant dans la maison de sa fille. Plus précisément dans la chambre de son petit-fils, relégué au grenier, mais bien décidé à se venger… Sur papier, l’association entre les deux films est évidente (jusqu’à la traduction trompeuse du titre en français, bien éloigné de l’original ‘The War with Grandpa’). Mais le parallèle s’arrête au coup de marketing, tant on frôle le niveau zéro de la comédie. Avec un pitch pareil il y avait de quoi sortir l’artillerie lourde, mais rien ne sauve le naufrage auquel nous sommes conviés. Ni les vannes téléphonées, ni le montage à côté de la plaque, ni la présence surréaliste d’Uma Thurman dans le rôle de la mère. Face à une guerre aussi fade, une seule option  : la désertion ! (si) ○○○○○ parler violences policières. Donc tout ça est tout à fait pensé. Mais ça ne tombe pas du ciel, c’est des années de travail. Ça fait 30 ans que je travaille, en partie, sur la police. Les syndicalistes, s’ils me parlent, c’est parce que certains sont là depuis longtemps, qu’on se connaît… » Le film est fait de discussions de différents intervenants, à partir d’extraits de manifestations de Gilets Jaunes. Des vidéos souvent devenues virales sur les réseaux sociaux… « La force des réseaux sociaux, c’est leur rapidité, et leur limite, c’est leur côté éphémère. En les plaçant sur grand écran, déjà on les inscrit dans un moment, et puis surtout, on leur donne leur vraie force  : ce sont des images historiques. Ce sont des images beaucoup plus grandes que nos téléphones ! La même image que vous voyez défiler sur votre portable, vous la projetez sur un écran, et c’est tout à fait autre chose. D’autant plus que dans le dispositif du film, on voit des gens en train de les regarder. C’est vous, les spectateurs, en train d’analyser, de les vivre, et pas simplement de les scroller (faire défiler, NDLR) sur votre téléphone. Le scroll, c’est beau, et c’est catastrophique. Entre deux notifications, tout est perdu. » Elli Mastorou @@cafe_soluble @cafesoluble CORPUS CHRISTI Il paraît que l’habit ne fait pas le moine, mais ‘Corpus Christi’a de quoi vous faire changerd’avis.Daniel, détenu dans un centre pour délinquants juvéniles, n’attend pas grandchose de la vie. En tout cas pas une place au séminaire,avec son casierjudiciaire. Le prêtre du centre lui trouve un travail dans la menuiserie d’un village voisin. Mais quand Daniel arrive, un quiproquo va le mener à un autre job… plutôt inattendu ! Ne vous laissez pas tromper par l’atmosphère lourde et les tons froids de ce film polonais, car derrière sa critique de l’hypocrisie sociale et des institutions religieuses, c’est aussi une formidable comédie. Certes, une comédie sombre, à l’humour glacial, émaillée de moments violents. Mais une comédie cinglante, aux personnages parfaitement dessinés, écrite avec une grande maîtrise et beaucoup de subtilité. Pas étonnant qu’elle ait été nommée à l’Oscar du meilleur film étranger ! (em) ●●●●○



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