Métro Belgique n°4240 2 oct 2020
Métro Belgique n°4240 2 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4240 de 2 oct 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : le gouvernement De Croo est lancé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« Aujourd’hui encore quand je bosse avec des acteurs que j’admire, j’ai l’impression d’être la jeune fille de Megamix ! » De Megamix sur Club RTL à son nouveau rôle dans « Adieu les cons » de Albert Dupontel, en passant par des films cultes tels que « 20 ans d’écart » ou « Victoria », Virginie Efira n’a décidemment plus rien à prouver. Elle a, sans aucun doute, plusieurs cordes à son arc. Et quel arc ! L’actrice franco-belge a accepté de nous rencontrer spécialement pour le 20 e anniversaire de Metro. L’occasion de revenir sur ses multiples talents et sa carrière exceptionnelle. MAÏTÉ HAMOUCHI Metro fête son 20 e anniversaire. On le retrouve notamment dans les transports en commun. À l’époque de Megamix, il y a plus ou moins 20 ans, les preniez-vous souvent ? « Pour être honnête, non. J’ai toujours été à la masse pour les transports en commun. À cause de ça, je suis certainement passée à côté d’un bon nombre de rencontres providentielles possibles. Bon à côté aussi de choses plus embêtantes comme les retards, l’agglutinement. (rires). Tout le monde se fout de moi depuis que je suis ado tellement je suis à la masse sur ce sujet. » Vous n’avez jamais pris les transports en commun ? « Évidemment que si. Mais je ne sais pas si vous connaissez ce film de Maïwenn, ‘Le bal des actrices’, dans lequel Karin Viard joue une actrice complètement déphasée par rapport à la réalité ? Elle a une assistante qui lui fait faire quelques voyages en bus et elle dit qu’elle trouve ça complètement merveilleux ! Ça m’a fait rire parce qu’on dirait moi (rires). Alors bien sûr que j’ai déjà pris le bus, je n’avais pas les thunes pour prendre le taxi en permanence. Mais j’avais à l’époque des gros problèmes de ponctualité, je partais toujours au dernier moment… Tout l’argent que je gagnais, je le gaspillais pour rattraper mon retard ! » Aujourd’hui encore, vous avez ces problèmes de retard ou vous essayez d’être plus ponctuelle ? « Je suis beaucoup plus ponctuelle. J’ai plus d’impératifs qui ne me permettent pas d’arriver en retard. Je ne peux pas imposer aux autres mes problèmes de ponctualité, comme par exemple à ma fille quand je l’emmène à l’école. Avant, il y avait comme un flou. C’était presque psychologique. Tu as un rendez-vous à 13h30 et à 13h25 tu es encore chez toi à te dire que tu dois absolument faire quelque chose avant de partir. J’avais un problème qui s’est finalement résolu. C’était trop embêtant pour les autres ! Et puis, il y a suffisamment de gens qui ont râlé pour que je ne le fasse plus. Bon après je ne suis pas encore au stade d’arriver à la gare une heure à l’avance (rires). » En plus de 20 ans de carrière, il s’en est passé des choses ! Vous avez été animatrice TV, notamment pour l’émission-culte Megamix, vous jouez au théâtre, dans des comédies, dans des drames aussi… Ressentez-vous ce besoin de tenter à chaque fois de nouvelles choses, de vous renouveler ? AFP/L. Venance « L’éternelle reproduction d’une même manière d’expression enlève de la vitalité. Ce qui est intéressant est de partir à la découverte, de trouver de nouvelles choses en soi et en les autres. Ce n’est pas l’idée de la fuite car j’estime que toute vie a besoin d’une constante dans certains domaines. Mais c’est une question de curiosité. » Vous avez mené énormément de projets. Vous considérez-vous comme une acharnée du travail ? « Je dois jouer en moyenne dans deux-trois films par an. J’adore travailler, oui c’est sûr. Ça me passionne. Mais je ne pense pas être une acharnée du travail. J’aime bien être sur une chose à la fois. J’aime cette forme de lenteur. Quand tu tournes, tu es sur une seule chose. Mais c’est vrai que le métier d’acteur, ce n’est pas seulement tourner. C’est aussi lire des scénarios, rencontrer des réalisateurs, proposer des idées... C’est vrai que ça prend beaucoup de temps, et ça peut se faire en parallèle. » Aujourd’hui, comment choisissez-vous vos projets ? « Il y a une part instinctive. Tu le sens quand il y a quelque chose qui t’intéresse. Et puis cela dépend aussi des personnes avec qui tu travailles. Tu peux parfois te planter... Mais le réalisateur ou la réalisatrice est quelqu’un qui tient quelque chose qu’il ou elle a envie de raconter, qui a une exigence, qui a des envies de cinéma. Ce que j’aime dans ce métier, c’est quand tu sens que toute une équipe a la volonté de travailler ensemble pour es-
Metro a 20 ans ! vendredi 2 octobre 2020 07 Megamix Photos D.R. Sibyl Ph. Cédric Sartore 20 ans d’écart Ph. EuropaCorp Distribution sayer de faire quelque chose qui est au-dessus de nous. J’aime quand il y a une unité. Je veux aussi travailler pour des films qui donnent accès à la beauté, qui éveillent les spectateurs. Pour moi, les films ont toujours été constructeurs. Quand j’étais plus jeune, ils étaient très importants. » Avez-vous déjà refusé un scénario fantastique parce que vous ne le sentiez tout simplement pas ? « Oui bien sûr, j’ai déjà refusé de très bons scénarios qui n’étaient pas dans le style de ce je voulais faire. Comme je me suis déjà plantée… Plantée par rapport à mes goûts. Si je refuse un scénario et que le film fonctionne, ça ne change rien pour moi. L’idée n’est pas de choisir un scénario car il va cartonner. Je m’en fiche. Ce qui est important pour moi est d’y trouver un intérêt, d’avoir l’impression que je peux y apporter quelque chose. Ce n’est que grâce à ça que le spectateur peut réellement ressentir quelque chose. C’est quand il y a un véritable investissement. » Vous ne pourriez pas travailler pour un blockbuster, un gros film américain à succès ? « La question ne se pose pas. Ce n’est pas demain qu’on va me le proposer. Je pourrais toujours dire ‘nan, ça m’intéresse pas…’. Et bien ça tombe bien, on ne comptait justement pas te le proposer (rires). Par contre, oui, je trouve qu’il y a parfois dans les blockbusters quelque chose d’intéressant. Avec le confinement, j’ai regardé plein de films que je n’avais jamais vus. J’ai également visionné « Ce n’est pas demain qu’on me proposera de jouer dans un blockbuster » Le Siffleur Ph. Pascal Chantier des séries américaines que j’ai beaucoup aimées. J’ai vu, par exemple, ‘Watchmen’, et je n’en suis pas revenue. Ce que je trouve dément, c’est quand tu arrives à faire quelque chose qui plait au plus grand nombre et qui, à l’intérieur, a quelque chose de particulier. Un Chaplin par exemple. C’est pour tout le monde mais ça ouvre sur quelque chose de plus subtil. » Que dirait la jeune fille de Megamix si elle voyait ce que vous êtes devenue aujourd’hui ? « Je pense qu’elle aurait été contente mais qu’elle n’y aurait pas trop cru. J’ai toujours voulu être actrice. Mais mon parcours avant mon arrivée dans l’émission tendait à me montrer que je n’étais peut-être pas assez douée, que j’avais trop peur aussi. Je me sentais trop petite. Je ne voyais pas comment trouver ma place dans tout ça. C’était effrayant. Quand tu deviens animatrice, tu ne peux pas le faire en espérant faire autre chose car pour bien faire les choses, il faut être dans ce que l’on fait. Donc si on est en train d’animer une émission musicale pour ados, on l’anime sans penser à autre chose. Il faut le faire vraiment. Il y avait donc, à l’époque, comme une forme de renoncement, même en arrivant en France. Et puis, il y a eu ce moment où j’ai voulu faire autre chose, pour me sentir plus vivante. Quitte à échouer. Ce n’était pas grave. Il faut chercher ce qui est intéressant pour soi quand on en a la possibilité. Si ce n’est pas la jeunesse qui offre cette possibilité, alors c’est quoi ? Encore aujourd’hui, je pense souvent à ça. Je suis très loin d’être blasée. Je suis encore INTERVIEW 20 ANS Votre roman préféré paru ces 20 dernières années  : « Un livre sur la révolution égyptienne  : ‘J’ai couru vers le Nil’d’Alaa al-Aswany. C’est un livre merveilleux sur l’idée que se rebeller contre quelque chose, même si tu ne vas pas au bout ou que tu rates, est déjà énorme puisque tu as au moins essayé. C’est sublime ! » Votre film préféré de ces 20 dernières années  : « J’ai revu un film de David Lynch durant le confinement  : Blue Velvet. Mais je ne sais pas s’il a été réalisé ces 20 dernières années (il est sorti en 1986, NDLR). » Votre dessin animé préféré  : « Je vais en citer deux. J’ai beaucoup aimé ‘J’ai perdu mon corps’qui est plutôt un film d’animation pour adultes. Et dans l’absolu, je dirai un Miyazaki. Pour notamment la musique  : Le voyage de Chihiro. » Votre humoriste préféré  : « Pierre Desproges, Blanche Gardin... » Votre chanson ou artiste musical préféré  : « Je dirai deux choses totalement différentes  : Nick Drave avec la chanson Riverman. Et pour le moment, Stevie Wonder avec Overjoyed (sorti en 1985, NDLR). » Votre made in Belgium préféré  : « La première personne à laquelle je pense directement, c’est François Damiens. Il est empreint de gentillesse et d’intelligence. Oh et je peux en dire un autre ? J’ai joué dans le film de Dupontel et j’ai eu la chance de tourner une scène avec Bouli Lanners. Bouli est un être exactement comme on pense qu’il est. C’est quelqu’un qui a une douceur, un regard sur le monde, une drôlerie incroyable. Tu as envie d’être dans ses pas, il est génial ! » étonnée. Aujourd’hui encore quand je bosse avec des acteurs que j’admire, j’ai l’impression d’être la jeune fille de Megamix ! » Cela fait des années que vous habitez en France. Avez-vous gardé des expressions belges, des mimiques bien de chez nous ? « Moi j’ai l’impression que non. Mais environ trois fois par semaine, on me dit oui… Ce n’est pas quelque chose que tu travailles. C’est un mimétisme qui se met en place tout seul. Si je passe une semaine dans ma famille, je parle exactement comme je parlais avant. Après c’est normal, j’ai vécu la majeure partie de ma vie en Belgique. En plus si jamais tu es fatigué, si tu as picolé ou si tu es énervé... alors là c’est clair (rires) ! Mais je dois dire que la Belgique a été principalement une aide. Si je m’énervais sur un tournage, on s’étonnait que je puisse riposter. Car comme je suis Belge, je suis censée être hyper cool et sympa tout le temps. Non mais attends, on n’est pas sympa tout le temps ! (rires) » Où vous voyez-vous dans 20 ans ? « Je ne me vois nulle part. Je n’aime pas du tout l’idée d’un but ou d’un accomplissement. Dans 20 ans, j’aurai… 63 ans ! Bien sûr, il y a les gros aléas de la vie mais pour moi, si tu essaies de remplir pleinement ton présent, ce qui va suivre sera juste. »



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