Métro Belgique n°4211 24 jui 2020
Métro Belgique n°4211 24 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4211 de 24 jui 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : objectif Mars pour la Chine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 CULTURE VENDREDI 24/7/2020 metrotime.be Tessa Dixson révèle ses multiples facettes dans « Genesis » Découverte en Flandre, où elle a reçu le prix de la révélation Studio Brussel de l’année en 2019, Tessa Dixson ne veut pas s’enfermer dans un genre. La jeune femme, décontractée mais déterminée, propose avec « Genesis » un album qui prouve qu’elle a de la suite dans les idées. Entourée par le gratin de l’industrie musicale belge, la chanteuse sort ce qui pourrait bien être la genèse d’une aventure prometteuse, chez nous et au-delà de nos frontières. « Genesis », c’est un terme qui signifie le début de quelque chose, mais cela fait un moment que tu as commencé à chanter. C’était pour marquer le coup ? « C’est plutôt une redécouverte de moi-même musicalement. J’ai commencé assez tôt à chanter et j’ai eu du mal à trouver ma route artistiquement. ‘Genesis’, c’est une nouvelle direction musicale qui est très variée et qui montre de nombreuses facettes de ma personnalité avec plein de styles musicaux différents. » Est-ce que cela a un rapport avec la Bible ? « Oui, je ne suis pas catholique mais il y a beaucoup de références à la religion car c’est un sujet très vaste, duquel on peut faire énormément de choses artistiquement. Je pense notamment à la ‘Divine Comédie’de Dante qui m’a pas mal inspirée. En plus, il y a un côté visuel dans cet univers biblique qui me plaît beaucoup et j’ai donc voulu moderniser tout cela à ma façon. » Avant de voler de tes propres ailes, tu as collaboré avec quelques artistes comme Romeo Elvis ou Warhola. Qu’as-tu retiré de ces expériences ? « J’ai d’abord collaboré avec Stereoclip, qui m’a ouvert les yeux sur l’univers électro. Ensuite, Romeo m’a donné la chance de faire ma première scène, au Recycl’Art. C’était très intimidant, car c’était dans une atmosphère quasi uniquement masculine. Puis il y a eu Warhola, qui a été un gros coup de chance étant donné qu’il avait besoin d’une chanteuse live et que, comme on a accroché, on a décidé de faire un morceau ensemble. Chacune de ces collaborations m’a apporté quelque chose de nouveau, mais Warhola m’a vraiment permis de m’habituer à la scène et de gérer le public. J’ai fait ses premières parties, mais je revenais aussi lors de son live pour notre chanson commune. J’en suis vraiment très reconnaissante. » Il semble que tu as toujours voulu être chanteuse. Il n’y a jamais eu de plan B ? « C’est vrai que j’ai toujours été déterminée et j’ai toujours su que je voulais faire ça. Depuis que j’ai trois ans, je suis sur scène et je considère cet endroit comme ma maison. J’ai tout de même entamé des études de graphisme parce que cela m’intéressait aussi, mais, depuis 2018, je me consacre entièrement à la musique et je vis mon rêve à fond. Je suis vraiment contente de pouvoir faire ce qui me passionne et d’en vivre, car c’est rare. Je le souhaite à tout le monde. » Est-ce que ton passage par « The Voice » quand tu avais 16 ans a été une expérience enrichissante ou un tournant ? « C’était une expérience comme une autre. J’avais 16 ans et je ne savais pas trop ce que je faisais musicalement. Je n’y allais clairement pas pour gagner mais je me suis dit  : ‘Pourquoi ne pas essayer ?’A cet âge-là, j’ai appris à être sur scène, à être à l’aise face à une caméra et à créer des liens avec des inconnus, donc cela m’a plus aidé socialement que musicalement. » Quelle a été l’importance de ton label PIAS dans l’émergence de ton projet ? « J’ai eu de la chance car PIAS me laisse énormément de liberté artistique. Ils m’ont signée il y a trois ans et je ne savais pas vraiment dans quelle direction j’allais. Ils m’ont permis de grandir et de me découvrir musicalement. Là, je décide de tout et ils me soutiennent derrière, c’est un pari osé ! » On retrouve de tout dans cet album qui est très varié… « Oui, c’est notamment grâce à Reinhard Vanbergen et sa femme Charlotte Caluwaerts qui m’ont appris à penser autrement. Je ne voulais pas faire que de la pop car je pense qu’à l’heure actuelle, le genre est fini. Cette notion de se mettre dans une case est assez dépassée à mes yeux. Je suis contente de faire partie de ce renouvellement car cela me permet de rester ouverte. » Il y a une sorte de fil rouge tout au long de l’album, mais, au milieu, on tombe sur « Promised Land » qui est a capella. D’où sort ce titre ? « C’est un morceau que j’ai écrit pour ma grand-mère décédée il y a quelques années. C’est quelque chose que l’on n’a pas l’habitude d’entendre et, naturellement, je me suis dit que ça me semblait être la chose à faire. » Le côté visuel a l’air de beaucoup compter dans ton univers… « Personnellement, je ne voulais pas être juste une voix. J’ai d’ailleurs étudié le graphisme et j’ai donc une vision artistique qui va audelà de cela. Pour moi une chanson, c’est aussi un clip, une pochette et une direction artistique musicale. Tout s’emboîte et c’est effectivement super-important pour moi. » Ton album s’inscrit dans un univers plutôt nocturne et urbain, mais tu conclus avec « Morning light », qui est une balade un peu plus lumineuse. Est-ce la direction que tu comptes prendre ? « Pas du tout ! L’album est un reflet de ma personnalité et ses nombreuses facettes, c’est ce que je voulais entretenir. ‘Morning light’est effectivement une balade qui rappelle les matins où l’on se réveille avec le soleil dans les yeux. Je l’ai mis en dernier car ça rendait l’album plus léger, mais ça n’est pas ce que je vais faire dans le futur, au contraire (Rires) ! » Après la sortie de ton album, tu te produiras assez rapidement à l’AB. Est-ce que tu es stressée à l’idée de ce concert ? « Pour l’instant je ne suis pas prête. J’ai déjà fait plusieurs scènes mais là il s’agit d’un réel tremplin. J’ai beaucoup évolué depuis deux ans et, là, on est en train de répéter pour offrir un concert SOUNDCHECK Ph. V. Pattyn dansant. Je suis très perfectionniste, donc je veux que le tout soit cohérent et que tout s’imbrique. J’accorde aussi beaucoup d’importance à la scénographie et je veux que le public qui vient me voir ressorte de la salle en ayant vécu une expérience. » « Genesis » est sorti le 12 mars. Tessa Dixson sera en concert à l’Ancienne Belgique le 9 septembre. HEC Iiii SUMIN Ili 03.07 > 30.08 Concerts Theatre Workshops Kids activities Happenings Artistic projects... el www.hellosummer.be 1111 IfivABRumuis = FM= bsi lyrumoàs:-
metrotime.be VENDREDI 24/7/2020 CULTURE 9 ‘CRASH’ET ‘LA LEÇON DE PIANO’  : LES JOURS DE GLOIRE DE HOLLY HUNTER « Je savais que ‘Crash’choquerait certaines personnes » Ces derniers temps, Holly Hunter apparaît surtout dans des séries télé (‘Top of the Lake’, ‘Succession’). Dans les années 1990, cependant, la pétillante Américaine était une vraie vedette de cinéma. Le hasard veut que nous revivions aujourd’hui cette glorieuse époque sur le grand écran, dans les versions restaurées de ‘Crash’et (la semaine prochaine) de ‘La leçon de Piano’. Un flash-back en compagnie de l’actrice. ‘Crash’et ‘La leçon de Piano’sont aujourd’hui des classiques. Comment avez-vous décroché ces rôles ? Holly Hunter  : « En talonnant les réalisateurs. Dans le cas de ‘Crash’, je voulais absolument travailler avec David Cronenberg. Lorsque j’admire le travail d’un réalisateur, je le crie sur tous les toits. J’ai aussi demandé à mon manager de ne pas lâcher David d’une semelle. Et cela a marché manifestement (rires). ‘La leçon de Piano’, je voulais le faire à tout prix, car je n’avais jamais lu un scénario aussi fort. Après dix pages, je savais déjà que je devais jouer ce rôle et que je le jouerais. » Beaucoup de gens ont crié au scandale lorsque ‘Crash’a été présenté à Cannes. Comment avez-vous vécu cela ? « Je savais que le film choquerait certaines personnes, car le livre original de JG Ballard est très provocateur. Il parle REVIEWS CRASH (1996) – VERSION RESTAURÉE 4K En 1996, David Cronenberg avait mis en émoi le festival de Cannes. Pourtant ‘Crash’, d’après le roman de JG Ballard, ne compte pas de scènes d’horreur extrêmes qui ont fait la réputation du réalisateur. Après un grave accident de voiture, le personnage principal entre en contact avec des personnes qui ont une vie sexuelle très singulière  : ce qui les excite, c’est la mécanique et l’impact de machines sur le corps humain. Cronenberg filme ce monde étrange avec une précision clinique et un humour savoureux, tandis que ses acteurs oublient toutes leurs inhibitions et que le compositeur Howard Shore se surpasse. Un quart de siècle plus tard, le film est toujours aussi percutant. (rn) Ph. D.R. tout de même de sexe et de mort et d’accidents de voiture. J’ai été néanmoins profondément déçue que le film soit interdit dans certains pays. En Grande- Bretagne par exemple ! Je trouvais cela plutôt pathétique. » ‘Crash’et ‘La leçon de Piano’sont pleins de moments osés. En fait, vous avez un peu fait carrière avec des films qui vont jusqu’au bout des choses. Vous arrive-t-il d’avoir peur ? « Oh, j’ai déjà peur pour beaucoup moins que ça. J’ai peur des scènes ‘normales’qui mènent à ces moments osés. Je pense tout le temps que je ne vais pas m’en sortir. C’est ma grande angoisse, que je ne vais pas suffisamment décortiquer mon rôle et que je serai à côté de la plaque. Comparées à ces petits moments, les grandes scènes d’émotion ou les scènes osées sont en fait plutôt simples, aussi pénibles soient-elles. Là Ph. D.R. au moins, vous savez ce qui vous attend. » Comment surmontez-vous cette peur ? « Cela dépend. Parfois, vous en parlez avec le réalisateur. Je me souviens très bien de la première fois où je me suis sentie aussi angoissée. C’était dans ‘Broadcast News’. Dans une scène insignifiante avec William Hurt, je ne parvenais plus à dire mon texte tout d’un coup. James Brooks, le réalisateur, ne MADRE JEUNESSE SAUVAGE THE OLD GUARD Dix ans après avoir perdu son fils sur une plage, Elena tient le coup en travaillant dans un bar proche du lieu de sa disparition, espérant le voir revenir un jour. Jean, seize ans au compteur, va bousculer sa vie en lui commandant un café… Le réalisateur du brillant ‘El Reino’est de retour et prouve à nouveau qu’il maîtrise l’art de la tension avec classe et créativité. Sa mise en scène faite de longs plans-séquences nous plonge dans les pensées de cette femme, et c’est captivant ! L’intrigue ne suit malheureusement pas cet élan, et finit par laisser une impression de poudre aux yeux. Mais quelle jolie poudre… (si) ○○ Un premier long-métrage avec une énergie aussi fougueuse que son titre ! ‘Jeunesse Sauvage’raconte l’histoire de Raphaël, un adolescent livré à lui-même suite à la mort de sa mère. Chef d’une bande de jeunes pickpockets qu’il entraîne à frapper dans les rues de Sète, il essaye par ailleurs d’aider son père, devenu SDF. Mais surtout, de survivre lui-même à la dure loi de la rue… Des bagarres à la rédemption, l’histoire a des gros airs de déjà-vu… Mais on en retient la mise en scène nerveuse, l’énergie féline de son jeune premier aux faux airs de DiCaprio, et la discrète mais remarquée Léone François (héroïne de la websérie RTBF ‘La Théorie du Y’). (em) ○○ Ph. Cherry Pickers Films Fratel FilmsAlibi Communication Ph. Netflix MOVIES comprenait rien de ce qui se passait et cela l’irritait et il s’impatientait. Bill Hurt m’a alors sauvée. Il m’a prise par la main et m’a entraînée à l’extérieur. Et il m’a dit  : ‘Je sais ce qui se passe. Tu as peur. J’aimerais pouvoir te dire que cette peur disparaît à la longue, mais ce n’est pas le cas. La seule chose que je puisse dire, c’est que je le comprends.’Et c’était comme si le soleil transperçait les nuages. Depuis, j’accepte ma peur. » Ruben Nollet @rubennollet Cet été, le ciné s’annonçait musclé… jusqu’à ce qu’un petit virus ne change la donne. Reportés à l’automne, les blockbusters ont du coup laissé le champ libre aux plateformes VOD, pour assouvir notre envie d’explosions et d’héroïsme ! Notre attention se porte sur ‘The Old Guard’(Netflix)  : l’histoire d’un groupe de mercenaires immortels dirigé par Charlize Theron… et notre Matthias Schoenaerts national ! L’intrigue ne vole pas très haut, et on sent bien que la réalisatrice Gina Prince-Bythewood s’intéresse plutôt au spleen éternel de ses soldats increvables. N’empêche, le cahier des charges est rempli, et a de quoi divertir sur le canapé, pour celles et ceux encore trop frileux pour la salle ! (si) ○○○



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