Métro Belgique n°4207 7 jui 2020
Métro Belgique n°4207 7 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4207 de 7 jui 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : une fresque pour les soignants à Bruxelles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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cm 1 6 GREEN MARDI 7/7/2020 metrotime.be « Si on offre des opportunités aux femmes, leurs familles auront aussi un avenir meilleur » Il y a une très faible probabilité que nous partions en masse cet été découvrir des horizons lointains. Le tourisme a en effet été durement impacté par la crise du coronavirus. Dans ce secteur, un groupe est encore plus vulnérable, celui des femmes entrepreneures qui tirent leurs revenus des activités touristiques. Dans le cadre du projet #WomenWithImpact, ViaVia Tourism Academy et le voyagiste Joker ont collecté des histoires de femmes dans le monde entier. Des femmes qui se sont engagées pour faire la différence pour elles et leur communauté. Elles participent aux objectifs de développement durable (ODD) et elles ouvrent la voie à l’égalité entre les sexes. En montrant la force du tourisme durable, elles aident à façonner le tourisme du futur. Présenter ces « women with impact » contribue à leur donner la place d’honneur qu’elles méritent. Aujourd’hui, c’est Marie-Aimée Umugeni, entrepreneure sociale au Rwanda, qui prend la parole. Vous dirigez un centre pour femmes à Nyamirambo, un quartier animé de Kigali, la capitale du Rwanda. Comment est née votre organisation ? « Le Nyamirambo Women’s Centre a été fondé en 2007 à l’initiative de 18 femmes, dont je fais partie. Nous habitions dans le même quartier et nous étions voisines, mais nous sommes aussi rapidement devenues amies. Avec le centre, nous voulions nous soutenir mutuellement en partageant nos idées et en nous éduquant, car certaines d’entre nous ne savaient ni lire ni écrire. Les autorités locales nous ont aidées en ouvrant une classe si bien que nous avons pu recevoir et éduquer plus de femmes du quartier. Nous avons aussi fini par chercher des moyens pour que les femmes puissent avoir leurs propres revenus. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de leur apprendre à coudre à la machine. Ces compétences leur permettaient de fabriquer des vêtements, des accessoires et des uniformes scolaires et, en plus, de gagner de l’argent. » Comment votre organisation en est-elle venue à s’impliquer dans le secteur touristique ? « Nous étions désireuses de procurer un revenu à davantage de femmes encore et Community Based Tourism nous a paru être le moyen idéal pour avoir une sécurité financière. Nyamirambo est un quartier vivant qui, en plus, fait partie de la vieille ville. Les touristes ont la possibilité via des habitants de découvrir et d’apprendre sa riche histoire. « En outre, nous avons décidé de vendre les produits que les femmes confectionnent pendant les leçons de couture en tant que souvenirs fairtrade. Par ce biais, nous pouvons leur procurer un salaire. Cela donne aux femmes un énorme boost pour vendre leurs propres créations aux touristes et pouvoir ainsi nourrir leurs familles. » Quel impact ont vos projets sociaux ? « Aujourd’hui, notre organisation compte 55 femmes. Bon nombre d’entre elles restaient auparavant à la maison car c’était leur mari qui était le soutien de famille. En mettant ses femmes en contact dans le centre, elles apprennent l’anglais, fabriquent des souvenirs et élargissent leur réseau. Ces femmes ont trouvé ici une seconde famille. Nous avons noté une grande différence en peu de temps  : leur confiance en elles et leurs compétences sociales se sont rapidement améliorées, d’autant plus au contact de voyageurs du monde entier. C’est tout à fait sciemment que nous avons fait le choix de travailler avec des femmes. Quand nous avons démarré l’organisation, la plupart d’entre nous étaient des mères célibataires. Nous devions assurer notre survie, tout en voulant aussi offrir à nos enfants un bel avenir. Nous voulions aussi donner les mêmes chances à d’autres femmes afin qu’elles puissent devenir autonomes. » Comment considérez-vous aujourd’hui la situation de l’égalité entre les sexes au Rwanda ? « Il y a une énorme amélioration comparé à la période d’avant 1994, lors du génocide. Les femmes ont désormais la possibilité de posséder des biens ou de contracter un prêt auprès d’une banque pour lancer une entreprise. Petit à petit, les femmes commencent à avoir les mêmes chances que les hommes. Malheureusement, il y a encore toujours beaucoup de violence domestique, et dans la culture rwandaise les gens ne parlent pas de leurs problèmes personnels. Heureusement que les autorités publiques en sont conscientes et elles ont ouvert des centres où les femmes peuvent se présenter pour être aidées. » Quel conseil donneriez-vous à de jeunes entrepreneures qui veulent compter pour le monde ? « Je pense qu’il est important pour les entrepreneures qui veulent aider d’autres personnes via leur entreprise qu’il y ait beaucoup de femmes actives dans ce secteur. De ce fait, les femmes auront plus d’opportunités et pourront véritablement avoir un impact. C’est important pour l’avenir de notre pays, car en leur offrant des opportunités, leurs familles ont aussi plus de possibilités. Quand une femme gagne de l’argent, elle va toujours veiller à ce que sa famille ait le nécessaire. Si les femmes sont indépendantes, c’est tout bénéfice pour l’entièreté du pays. » Lisez d’autres histoires inspirantes de Women with Impact actives dans le secteur touristique dans le monde entier sur www.joker.be/womenwithimpact et découvrez comment vous pouvez soutenir des femmes entrepreneures dans le tourisme. Le projet #WomenWithImpact est une initiative de ViaVia Tourism Academy, en partenariat avec Joker et Metro. Il a vu le jour grâce au soutien financier de l’Union européenne dans le cadre du programme « Frame Voice Report » et est coordonné par Wilde Ganzen. Hannelore Akkermans et Camille Schollaert Vous pouvez partir avec le voyagiste Joker en voyage de groupe au Rwanda (incluant la visite du Nyamirambo Women’s Centre). Vous trouverez le programme de voyage sur www.joker.be/rwar. Vous prévoyez de séjourner au ViaVia Joker Travellers Café de Kigali ? Vous pourrez aussi visiter le projet dans le cadre d’une excursion d’un jour. Toutes les infos sur www.viavia.world/kigali. Marie-Aimée Umugeni Ph. Laura Agaba Ph. Niyamirambo Ph. Niyamirambo JOKER LIEJLI Uilliilll ULM 0 11:1Hil
metrotime.be I MARDI 7/7/2020 GREEN 7 Aymeric Caron déconfine l’imaginaire On connaît Aymeric Caron pour ses prises de position engagées, entre autres pour le véganisme. Le confinement lui a offert l’opportunité de réfléchir à des clés intellectuelles à faire émerger pour basculer dans le monde d’après. Dans « La revanche de la nature », il analyse son ressenti et les événements au jour le jour. Il passe du particulier à l’universel en dégageant 27 « leçons » constituant autant de plis à prendre pour rétablir l’équilibre. Pour quelles raisons avez-vous décidé d’écrire ce livre ? « J’étais en train d’écrire un autre ouvrage quand la crise du Covid-19 nous est tombée dessus. J’ai trouvé qu’il y avait urgence à écrire sur cette crise inédite qui s’est imposée à tous de manière brutale. Mais je ne voulais pas faire un journal nombriliste, essentiellement intime. Je voulais que ce soit une analyse plus large, politique et un peu philosophique. » Vous attendiez avec impatience les journaux télévisés quotidiens ? « Non, je les ai regardés quatre ou cinq jours puis j’ai abandonné la télé. Je lisais plutôt la presse écrite. J’ai trouvé les débats télévisés très pauvres. Les gens réellement intéressants, comme le personnel soignant par exemple, ont autre chose à faire que d’aller sur des plateaux télé. » Les théories du complot selon lesquelles le virus a été fabriqué par l’homme ou est une erreur de procédure en labo, vous y croyez ? « Je l’évoque car c’est une hypothèse mais aucun scientifique sérieux ne l’accrédite. Et puis ce type de virus, comme les autres zoonoses, provient des animaux. Et vu le contexte de perte de biodiversité et de contacts de plus en plus étroits entre les humains et les animaux sauvages, ces maladies, comme d’ailleurs Ebola ou le SRAS, se multiplient de plus en plus rapidement, c’est logique. » Cela entre en résonance avec un de vos combats  : vous êtes ouvertement antispéciste… « J’ai effectivement tout de suite fait le lien entre le Covid-19 et la consommation de viande. Je suis vegan et je milite pour que l’on arrête de manger de la viande pour plusieurs raisons  : environnementales, économiques, éthiques, de santé. Imaginons que l’on n’est pas d’accord sur l’argument éthique de la souffrance animale, très bien, mais le bon sens aujourd’hui nous dit que nous devons au moins fortement diminuer cette consommation de viande pour un tas d’autres raisons, dont les zoonoses. » Vous écrivez que les politiques essayent de réparer en palliant les conséquences de l’épidémie et non les causes. Pensez-vous que cela va changer avec cette crise ? « Non, pas du tout ! Je l’ai espéré mais je ne vois pas de prise de conscience politique. Des mesures sont prises pour remédier à la crise économique et rien ne va dans le sens d’une protection de la biodiversité. On reste dans un capitalisme moderne, néolibéral, qui injecte de l’argent quand cela va mal. » Vous structurez le livre en 27 leçons pour construire le monde d’après. Quelle est la plus importante selon vous ? « Changer l’imaginaire sur lequel la société se construit. J’appelle cela ‘déconfiner l’imaginaire’. Les sociétés humaines reposent sur une illusion sociale importante et inamovible, comme cela l’a été chez nous avec la religion par exemple. Et puis l’argent a tué Dieu. Notre paradigme repose à présent sur la croissance économique. On est éduqués dans l’idée de chercher la croissance économique personnelle, à être productif. Il est nécessaire de décaler cet imaginaire pour inventer un autre chemin. Je m’inspire de plusieurs économistes mais surtout de philosophes comme Castoriadis pour proposer ce nouvel imaginaire. Par exemple, je propose dans mes leçons une certaine déconsommation, de remplacer la puissance par la plénitude, d’identifier l’essentiel, d’accepter que l’humanité est une ou encore de retrouver l’humilité. » Vous considérez-vous comme un philosophe ? « Non, je vulgarise les philosophes. Je les cite dans mes livres et j’espère donner envie aux gens d’aller les lire car les médias n’en parle pas ou donnent seulement la parole à des philosophes de pacotille qui ont bien scolairement intégré des philosophes classiques mais qui n’apportent rien de consistant et de nouveau dans le débat. » Vous citez Lao-Tseu  : « L’homme n’est pas fait pour construire des murs mais pour construire des ponts. » Cette crise du Covid a-t-elle construit des ponts ? « Oui, je pense que nous nous sommes rendu compte que l’humanité est une. Certains ont voulu nous faire croire que cette crise nécessiterait de reconstruire des murs, de fermer des frontières… Mais devant le virus, nous sommes tous égaux, quels que soient notre nationalité ou notre pouvoir d’achat. Même si attention, certaines personnes ne sont pas égales face aux moyens de se protéger du virus ou de la crise économique bien sûr. » aiguillette de poulet à partir du LUNDI 06/07 jusqu’au SAMEDI 11/07 Vous avez recontextualisé, jusqu’à définir même ce qu’est un virus et son rôle très positif, aussi, pour l’humain. Ce qui va plutôt à contre-courant du flux actuel d’informations… « J’ai eu envie de consacrer un chapitre sur ce sujet car le rôle des virus est très important dans l’apparition des cellules complexes, du placenta, de l’ADN, et dans l’apparition des mammifères tout simplement. Mais aussi pour la régulation de la population des espèces et des équilibres de la nature. D’ailleurs, le sujet de la démographie est très peu abordé dans nos sociétés. C’est une sorte de tabou. » Une de vos leçons a comme titre  : Être épicurien, déconsommer ! Quels petits bonheurs vous ont sauté aux -37% 10.43 6 49 1 kg encore plus d‘avantages grâce à l‘applidl plus Ph. Kamil Szkopik yeux pendant le confinement ? « Passer du temps avec ma fille, c’est le plus grand des bonheurs pour moi. Mais aussi être bien seul avec soi ou en l’occurrence avec ma compagne. Ce confinement a permis une espèce de tri dans les relations sociales. Socialement, j’ai assez bien vécu cette mise à l’écart. » Lucie Hage « La revanche de la nature », d’Aymeric Caron, éd. Albin Michel, 265 pages, 16,90  € Aiguillettes de poulet - 1 kg Jusqu’à épuisement du stock. Les stocks par magasin étant limités, il est possible que certains articles soient épuisés prématurément. Images sont indicatives. Sous réserve d’erreurs typographiques. É.R. LIDL Belgium, Guldensporenpark 90 blok J, 9820 Merelbeke.



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