Métro Belgique n°4206 3 jui 2020
Métro Belgique n°4206 3 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4206 de 3 jui 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : festival sur barge.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 IM MADE IN BELGIUM VENDREDI 3/7/2020 1 metrotime.be « Ce sont les gens avec moins de moyens qui sont plus exposés à la maladie » Photos D.R. Fondateur de la chocolaterie Belvas, Thierry Noesen a dû s’adapter au coronavirus qui a eu un impact sur son entreprise, mais aussi sur les différents producteurs de cacao avec qui il collabore. « Cela a eu un impact négatif. Mais je veux surtout dire qu’on a quand même encore de la chance par rapport à ceux qui ont un restaurant, ou qui ont une activité dans le textile avec un magasin qui a dû fermer », nuance d’entrée Thierry Noesen lorsqu’on lui demande l’impact qu’a eu le coronavirus sur son entreprise. Car si d’autres ont été plus impactés que lui, le coronavirus a également touché l’industrie du chocolat. « On a vendu 40% de moins en avril, et 25% de moins en mai. On a espoir que cela se stabilise et que tout se remette en route », détaille celui qui a dû faire face à de nombreuses annulations pour Pâques, pourtant une des périodes les plus importantes de l’année. Parmi les produits les plus impactés, on retrouve les truffes et les pralines. Rien d’étonnant quand on sait que ces produits sont souvent offerts comme cadeaux. Et que dire de l’échoppe ouverte fin de l’année dans le foodmarket WOLF qui a été contrainte de fermer temporairement après seulement quelques mois ? Seules les ventes de chocolat en tablettes ont profité de la période. « Il y a un côté très humain de prudence chez les gens et donc ils en ont acheté un peu plus lors de leurs courses pour faire des stocks. Et, souvent, ils en mangeaient aussi un peu plus », glisse Thierry Noesen. DES CONDITIONS SANITAIRES DIFFICILES Et si la situation est compliquée chez nous, elle est encore plus difficile pour de nombreux planteurs de cacao, en Côte d’Ivoire notamment, malgré les efforts de l’entreprise pour leur fournir un salaire juste. « Les gens ont très peur car ils n’ont parfois pas assez d’eau propre pour bien se laver les mains. Ils sont très exposés à la maladie et n’ont aucune protection. Nous avons fait une grosse opération avec une coopérative en Côte d’Ivoire en offrant des masques et des filtres à eau. On en est fiers mais on se rend compte que c’est aussi une goutte d’eau dans l’océan, c’est très peu par rapport aux besoins qu’ils ont », poursuit-il. Au Pérou, autre pays avec lequel Belvas collabore, la situation est un peu différente. « Ils ont très vite confiné. Ils sont aussi plus orientés dans le bio, donc le revenu des planteurs est un peu meilleur et on voit la différence. Ils ont un niveau de vie qui leur permet de ne pas travailler pendant un mois ou l’autre. Malheureusement, ce sont les gens avec moins de moyens qui sont plus exposés à la maladie ». De là à mettre en danger le label Fairtrade, alors que Belvas a fait du commerce équitable son cheval de bataille ? Non, pour Thierry Noesen. « On ne le sait pas toujours, mais la prime que donne le label Fairtrade aux planteurs, c’est vraiment utile. Parfois, on entend des critiques qui disent que rien ne va aux planteurs, ce n’est pas vrai ». Et selon lui, cette prime leur permet d’être mieux organisés, et donc d’être un peu mieux protégés. « ON A CHANGÉ NOTRE MANIÈRE DE FAIRE » Retour en Belgique, plus précisément à Ghislenghien où se trouve l’entreprise. Comme de nombreuses autres entreprises, Belvas a dû mettre plusieurs de ses employés au chômage économique tout en promouvant le télétravail. Mais c’est au niveau de la ligne de production que les changements sont les plus visibles. « On a changé les processus de production, en rajoutant des tapis par-ci par-là pour mettre plus de distance entre les gens, notamment entre ceux qui sont sur la ligne d’emballage. On a vraiment changé notre manière de faire. C’est moins efficace mais les gens sont plus éloignés les uns des autres. On a aussi beaucoup anticipé les règles mises en place par l’État, notamment pour les masques ». Cette période a également été l’occasion de repenser certains produits. « C’est vrai que l’on pense un peu plus à se développer dans les tablettes par exemple car c’est un marché beaucoup plus stable que les truffes et les pralines. Et comme on a des contacts directs avec les planteurs, on a quelque chose d’intéressant à proposer aux consommateurs avec des tablettes de chocolat d’origine qui ont un goût très particulier. On a aussi développé les ventes par internet, notamment pour Pâques et la fête des Mères. Cela a très bien marché, j’ai été surpris. Mais bon, cela ne compense pas les pertes ». LA PRUDENCE DES ACHETEURS Malgré tout, Thierry Noesen tente de rester positif pour le futur. « J’essaye d’être positif même si l’impact du virus est très difficile à estimer. On a un phénomène de prudence de la part des acheteurs. Par exemple, aux États-Unis, nos clients cherchent surtout des ‘proven items’, c’est-à-dire des produits qui ont fait leurs preuves auparavant. Heureusement, on a eu de bonnes ventes là-bas l’année dernière. Mais, pour tout ce qui est nouveaux produits, ils osent beaucoup moins ». Belvas compte par contre beaucoup sur le phénomène de « revenge buying », c’est-à-dire une hausse de consommation dans les pays qui sortent du confinement. « De nouveau ça ne compensera pas, mais on espère que ça fera redémarrer la machine », conclut Thierry Noesen. (cd)
metrotime.be VENDREDI 3/7/2020 MADE IN BELGIUM 15 Comment le Service Citoyen s’est adapté pour répondre à la crise du Covid-19 Ils s’étaient engagés pour servir la communauté. La crise sanitaire les a obligés à revoir leur plan. Ils n’en ont pas été moins utiles  : sur le terrain, beaucoup de jeunes engagés dans un service citoyen se sont mobilisés face à l’urgence sociétale. La crise sanitaire qui a frappé le pays n’a laissé aucun secteur intact. Le monde du bénévolat a, lui aussi, dû s’adapter. Ce genre de réorientation peut être difficile pour un bénévole qui s’est engagé dans un projet bien précis. Le Service Citoyen a toutefois repensé sa façon de fonctionner pour mettre sur pied des missions dites « de solidarité ». Ses responsables en tirent aujourd’hui un bilan très positif. REMOBILISÉS DANS LES CENTRES D’ACCUEIL… « Les premières phases de réorganisation se sont effectuées autour d’un travail de prospection et d’une plateforme en ligne réunissant les jeunes volontaires et les organismes en demande de soutien. Cette démarche a permis de proposer une aide in situ aux organismes de première ligne tels que Médecins du Monde, MSF, Bxl Refugees, la Croix-Rouge, l’Armée du Salut, les centres Fedasil… », souligne le Service Citoyen. Ségolène, une Bruxelloise de 19 ans, effectuait un service citoyen chez Happy Farmquand le confinement a débuté. Sa mission a été suspendue, et elle s’est portée volontaire pour aller aider la Porte d’Ulysse, un centre d’accueil pourmigrants. « Quand la Plateforme a lancé les missions d’urgence, j’ai direct fait  : ‘Hey ! J’suis là !’Àla Porte d’Ulysse, on arrive, on va prendre un masque et des gants, puis direction la cuisine. On se positionne aux tables de travail en quinconce pour rester à distance et on prépare le repas du soir. C’est cool, parce que tu fournis un repas à des gens qui en ont besoin et en plus, tu t’amuses. Tout le monde est super gentil, on communique comme on peut, avec les mains s’il le faut. On parle arabe, anglais, un peu de tout ! » Er si tous les jeunes s'engageaient plusieurs mois pour la solidarité ? … ET AU SERVICE DES PERSONNES ÂGÉES D’autres jeunes ont apporté leur aide dans des maisons de repos où les besoins étaient urgents. Oumaima, qui a également 19 ans, s’est engagée auprès de la maison de repos Anne Sylvie Mouzon. Chaque week-end, elle se rend sur place pour renforcer le secrétariat, qui avait besoin d’aide pour gérer les entrées et les sorties de l’établissement conformément aux nouvelles mesures d’hygiène. « J’ouvre le portail aux arrivants, je réponds au téléphone, je prends régulièrement la température des infirmiers et des aides-soignants qui travaillent sur place mais aussi celle des médecins qui viennent de l’extérieur », explique-t-elle. Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir pu aider dans cette situation, qui a été par moments très critique. Une fois la phase d’urgence passée, le Service Citoyen a proposé de mettre des jeunes en relation (téléphonique, vidéo, épistolaire…) avec des aînés isolés ou confinés. Maxime, 23 ans, passe ainsi quatre heures par jour au téléphone. « Plus, c’est pas possible… ou alors il faut commencer à 8h du matin ! Avec certaines personnes, ça ne dure que 20 minutes, pourd’autres c’est plutôt une heure. » Avec certains, il peut joindre l’image à la parole. L’une des personnes qu’il suit a appris à utiliser WhatsApp. « Le choc des générations, c’est enrichissant, l’apprentissage va dans les deux sens », constate le jeune homme. EFFORT SOLIDAIRE PLUTÔT QU’EFFORT DE GUERRE Au regard des besoins croissants, le Service Citoyen a ensuite mobilisé le réseau d’anciens jeunes ayant réalisé via ses activités. Il peut compter sur un véritable « corps civique » de quelque 1.500 jeunes ayant prouvé leurs capacités d’engagement. « Plutôt qu’un effort de guerre, c’est un effort solidaire dont notre société a besoin ! », constatent les responsables du réseau, alors que cette crise sanitaire a révélé le potentiel de solidarité latent dans notre société, en particulier chez les jeunes. Ils espèrent désormais une meilleure reconnaissance du dispositif, afin d’aller vers une solidarité plus solidaire, qui se base sur les générations qui bâtiront le ‘monde d’après’. ◀ Photos D.R. 1 d. SERVICE Moyar Le Service Citoyen A 4. a ire Le Service Citoyen est un programme de six mois dans lequel s’engagent à temps plein des jeunes de 18 à 25 ans. L’objectif est de s’engager dans des projets solidaires. Cela permet au volontaire de prendre confiance en lui, se sentir utile, et préparer son avenir tout en s’engageant pour la communauté. 80% du temps est consacré à la mission définie, et 20% est utilisé pour des formations et de l’accompagnement en vue de développer son projet professionnel. Une liste des missions disponibles peut être consultée sur le site service-citoyen.be (généralement dans les secteurs de l’environnement, de l’aide aux personnes, l’accès à la culture et l’éducation). www.service-citoyen.be



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