Métro Belgique n°4205 30 jun 2020
Métro Belgique n°4205 30 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4205 de 30 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : une cathédrale pour Monet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 CULTURE MARDI 30/6/2020 metrotime.be LA CHANTEUSE A PRIS SON TEMPS POUR REVENIR AVEC « LIANNE LA HAVAS », UN DISQUE TOUCHANT ET ENSORCELANT Lianne La Havas passe du printemps à l’été avec un troisième album éponyme Après cinq ans de silence qui auront été éprouvants pour la jeune femme, Lianne La Havas revient avec un troisième album qu’elle a sobrement intitulé par son nom. La Londonienne de 30 ans, protégée de Prince, y aborde sa vie personnelle et plus particulièrement ses relations amoureuses, le tout avec une soul subjuguante et une voix sensuelle, chaleureuse, mais surtout unique. Cela faisait cinq ans que votre public attendait que vous sortiez du silence. Pourquoi est-ce que le processus d’écriture de l’album a été si long ? Lianne  : « Je n’ai même pas eu l’impression que cinq années se sont écoulées, tout s’est déroulé très vite durant ce laps de temps. De nombreuses choses me sont arrivées d’un point de vue personnel, je ne me sentais pas assez bien et je ne trouvais pas les bons mots pour m’exprimer. Je voulais simplement m’évader, notamment pour fuir la pression du label qui me demandait un nouvel album. Puis tout a été très vite, j’ai commencé à enregistrer en octobre et en janvier, ‘Lianne la Havas’était bouclé. » Généralement, les artistes nomment leur premier album avec leur nom. Pourquoi est-ce qu’il s’agissait du bon moment de votre carrière pour le faire ? « J’aurais pu faire cela dès le premier album mais je ne savais pas à l’époque qu’un jour j’aurais la volonté d’appeler un de mes disques comme ça. Quand j’ai regardé les titres, je trouvais qu’aucun ne représentait l’album dans son ensemble alors qu’il me correspond vraiment bien. Au final, j’aborde mes relations, ma vision de l’amour et mon voyage, cela m’a donc semblé naturel de l’appeler de la sorte car il reflète mon histoire personnelle. » C’est « Bittersweet » qui ouvre cet album, un titre qui parle d’une forme de renaissance. En quoi est-ce lié à votre vie personnelle ? « Lorsque j’ai écrit cette chanson, je savais que je devais changer certaines choses dans ma vie. ‘Bittersweet’parle du fait que l’on doit parfois prendre des décisions très difficiles, mais qui sont nécessaires pour se sentir mieux par la suite et pour être une meilleure version de soi-même. » Si vous deviez comparer cet album à une saison, laquelle choisiriez-vous ? « Je pense que je choisirais le passage du printemps à l’été. Certainement pas l’hiver en tout cas, car je déteste ça (rires). Au début de l’album, j’aurais répondu le printemps car cela représente l’éclosion d’une nouvelle vie, d’un nouvel organisme. Et puis à la fin de l’album, le printemps s’est bien installé et l’été a finalement pu se mettre en place… » Lorsqu’on lit les paroles des chansons de cet album, c’est principalement à propos de votre vie amoureuse, qui a été compliquée. Était-ce nécessaire de vous livrer suite à la période délicate que vous avez vécue ? « C’est simplement important pour moi d’être honnête avec mes fans. Je le suis toujours, que cela soit avec eux ou avec mes proches, même quand il s’agit de parler de ma vie personnelle. Je pense que me livrer permet aussi à mes fans de se retrouver dans ma musique et cela peut éventuellement les aider lorsqu’ils rencontrent leurs propres problèmes. » En 2020, l’égalité des sexes et l’égalité raciale font partie des sujets sociétaux les plus importants. Dans ce contexte et en tant que chanteuse, qu’est-ce que cela représente d’être une femme de couleur ? « Je me sens extrêmement chanceuse d’être une et une femme de couleur. Je suis fière de me débrouiller toute seule et d’être indépendante financièrement au sein d’une société patriarcale. Je pense que mon meilleur moyen de faire avancer les choses, c’est de continuer à travailler et à être visible. Je montre qu’une femme noire peut faire ce qu’elle veut et ce n’est pas évident car les problèmes sont structurels et EN QUELQUES LIGNES Les pépites ne seront sans doute pas nombreuses en 2020, mais « Lianne la Havas », qui sort le 17 juillet prochain en fera définitivement partie. D’entrée de jeu, le morceau « Bittersweet » révèle un côté touchant de la chanteuse, sur la difficulté de se reconstruire après une rupture. Entre douceur, sensualité, puissance et chaleur, son timbre de voix, aussi agréable qu’unique, raconte son histoire personnelle sans prétention et sans faux-semblants. Avec des titres envoûtants tels que « Paper Thin » et « Read my Mind », ou une sublime reprise de « Weird Fishes », difficile de ne pas se laisser embarquer par ce voyage entre le printemps et l’été, une belle métaphore du complexe changement qui s’est opéré chez la chanteuse. ●●●●● REVIEWS Benjamin Biolay « Grand Prix » C’est pratiquement un albumconcept que Benjamin Biolay nous offre ici avec « Grand Prix ». Amoureux de la Formule 1 depuis son plus jeune âge, il utilise cette thématique parfois au sens propre mais le plus souvent métaphorique. Véritable journal intime, Biolay parle dans cet album des « virages » pris dans son existence, et s’il évoque des personnalités telles que celles d’Ayrton Senna ou Jules Bianchi, c’est pour mieux en dresser des parallèles avec la musique. (pj) ●●●●○ Depuis 2013, Fakear a réussi à se faire un nom sur la scène électronique française qui cherche à faire du bien autant au corps qu’à l’esprit. Pour son nouvel album, il cite, parmi ses références, des noms comme Mount Kimbie, Floating Points ou encore Jon Hopkins. Il y a de cela. Mais le plaisir, chez Fakear, et plus immédiat et moins cérébral. Il a voulu ici créer un son plus organique que sur ses précédents albums, c’est pourquoi le son parle plus à l’instinct naturel qu’à l’esprit. (pj) ●●●○○ Ph. Warner Music SOUNDCHECK très sensibles. On a déjà parcouru un bout de chemin, mais la route est encore longue… » Vous êtes très actives pour aborder ces sujets sur les réseaux sociaux, mais on ne les retrouve pas dans vos textes. Pourquoi ? « Personnellement, je trouve qu’il est difficile d’aborder ces sujets très compliqués dans mes chansons. J’essaie de ne pas m’engager dans ce que j’écris car je n’ai pas la confiance suffisante pour exprimer la complexité de ces problématiques. Mais ce que je peux faire, c’est manifester, c’est informer les gens, c’est poster du contenu revendicatif et encourager les autres à faire de même. J’ai tenu à manifester malgré les mesures de distanciation sociale il y a quelques jours. Je me suis sentie tellement triste que je voulais l’exprimer aux côtés d’autres personnes. » Il y a quelques jours, vous avez sorti « Weird Fishes », une reprise de Radiohead qui figure sur l’album. Que représente cette chanson pour vous, et pour votre album ? « J’ai toujours adoré Radiohead et leur discographie, il s’agit clairement d’un groupe britannique mythique. Dans le contexte de mon album, j'adore réarranger les morceaux et me les approprier. Les paroles de « Weird Fishes » collaient parfaitement au reste du disque et ça m’a semblé faire sens, par rapport à ce que je vivais, que le morceau s’y retrouve. Par ailleurs, c’est lorsque j’ai enregistré ce titre en studio que j’ai réalisé que je voulais avoir mon propre groupe sur tout le reste du disque. » En 2016, vous jouiez sous un chapiteau de Rock Werchter votre version de « Say a Little Prayer », dont la vidéo est devenue virale. Vous vous y attendiez ? « Au moment du concert, je ne savais pas que cette version finirait sur YouTube et donnerait un coup de boost à ma carrière. Mais cette chanson d’Aretha Franklin est tellement parfaite que ça me remplit de joie de savoir qu’elle a été jouée des millions de fois. Désormais, elle fera toujours partie de mon show ! » Sébastien Paulus Fakear « Everything Will Darkstar « Civic Jams » Grow Again » Le duo Darkstar a parfaitement choisi son nom de scène car leur production est continuellement marquée par une lumière sombre. Premier album depuis « Foam Island » (2015), ce « Civic Jams » mêle autant la bass music au glitch et le shoegaze au clubbing en plongeant au plus profond de l’introspection. La musique est aérienne mais nocturne, claire mais dense, onirique mais les pieds sur terre. Une exploration personnelle autant que sonore. (pj) ●●●●○
metrotime.be MARDI 30/6/2020 CULTURE 11 UN FILS « Le film m’a tendu un miroir » Ph. Cineart Quinze ans après son prix d’interprétation à Cannes pour ‘Indigènes’, Sami Bouajila a répété l’exploit au dernier festival de Venise avec le thriller tunisien ‘Un Fils’. Il y incarne un père prêt à tout pour sauver son fils en danger. Rencontre ! ‘Un Fils’vous plonge dans un compte à rebours pour sauver votre garçon. Vous avez des enfants ? Sami Bouajila  : « Oui. Et sans en dire trop sur l’histoire, le film m’a tendu un miroir pour me poser la question  : c’est quoi être un père finalement ? » Pas trop dur de partager l’affiche avec un enfant ? « Il nous a donné une leçon d’acteur le morveux ! Il s’est montré patient, curieux et prêt à partager. On n’a jamais eu besoin d’entrer dans une forme de pédagogie et j’ai fini très complice avec lui. On se marrait bien à la cantine. » Vous avez dû bosser votre accent tunisien ? « Oh oui ! J’avais besoin de me sentir à l’aise avec le texte pour être aussi libre que possible. Il y a tellement d’humour dans cet accent. Ça m’a fait penser à mes cousines, quand j’étais jeune et que je retournais en Tunisie pour les vacances. Ces filles me sortaient blague sur blague pour me remettre à ma place. Et moi j’étais là, je n’avais pas le droit de l’ouvrir, juste d’écouter… » Le film se situe en 2011 et ce n’est pas un hasard… « Exact ! Il nous plonge dans la nervosité ambiante après le début du Printemps arabe. Nos personnages baignent dans la contradiction entre leur envie de changement et la peur du terrorisme engendré par le flou politique. » Comment comprendre la Révolution, dix ans plus tard ? « Moi je vis en Belgique et je te le dis  : pour comprendre, il faut aller voir làbas, point à la ligne ! » Stanislas Ide REVIEWS Un Fils 2011, Tunisie. En plein Printemps arabe, Fares (Sami Bouajila) et Meriem (Najla Ben Abdallah) voient une balle perdue blesser leur fils. Commence alors une véritable course contre la montre pour sauver l’enfant… et leur couple ! Mehdi M. Barsaoui Ph. Jour2fête livre un thriller bien foutu avec une puissance émotionnelle prête à vous noyer les joues. La tension baisse parfois d’un cran, mais la solide mise en place de l’intrigue et le jeu impeccable des acteurs valent franchement le détour. (si) Vote pour ta recette BBQ préférée ! Metro et Tabasco sont à la recherche des recettes BBQ préférées des lecteurs Metro. Participe sur fr.metrotime.be/bbq et tente de remporter un barbecue Weber ! MOVIES barbecue à gagner ! ●●●○○ Line of Duty Un flic courageux mais blasé (Aaron Eckhart), et une journaliste-activiste des réseaux sociaux (Courtney Eaton) font équipe malgré eux, dans une course contre la montre pour sauver la fille du chef de la police. Entre la tentative de réconcilier les générations par la communication (boomers Ph. KFD Distribution VS millenials) et la surdose de scènes d’action (hélicos, courses-poursuite, mitraillettes  : une vraie anthologie de la baston) le film ne choisit jamais son camp. Doublement frustrant. (em) ●○○○○ Escape from Pretoria Les films d’évasion sont comme les films sur le sport. On sait généralement comment cela se termine, mais si les réalisateurs s’y prennent un tant soit peu intelligemment, on se laisse quand même prendre au jeu en retenant son souffle. Mission accomplie Ph. KFD Distribution donc pour ce film d’action dramatique à la fois efficace et prévisible (basé sur des faits réels), l’histoire de deux Sud- Africains blancs qui, au début des années 1970, voient leur lutte contre l’Apartheid récompensée d’une lourde peine de prison. Dans le rôle principal, Daniel Radcliffe, alias Harry Potter pour les fans. (rn) ●●●○○ (res)sortent aussi ce 01/07  : I Still Believe, Lynn& Lucy, Les Parfums, De Gaulle, Le Miroir, Oleg, Marianne & Leonard  : Words of Love, Monos, Jumbo, Losers Revolution, L’odyssée de Tchoum… en collaboration avec



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :