Métro Belgique n°4204 26 jun 2020
Métro Belgique n°4204 26 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4204 de 26 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : un flot de couleurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 CULTURE VENDREDI 26/6/2020 metrotime.be Un second album tout en nuances Avec « Overcome », TheColorGrey frappe un grand coup dans l’univers du hip-hop belge. Ce second album aborde les nombreux obstacles que l’on peut rencontrer dans la vie, notamment quand on est une personne de couleur. Le rappeur anversois a livré son regard sur l’actualité, étroitement liée à la thématique la plus abordée de son album  : le racisme. À l’origine, tu devais sortir ton album en mars, la sortie a finalement été repoussée fin avril. « Le monde a été complètement focalisé par le problème du coronavirus et ça me semblait évident de reporter la sortie de l’album. Je sentais que ce n’était pas le moment de donner un coup de projecteur sur mon projet. » Dans une de tes chansons, tu dis « I just wanna isolate myself for like five days straight ». Pour le coup, tu as eu beaucoup plus que cinq jours pour cela, comment l’as-tu vécu ? « Le confinement ne m’a vraiment pas dérangé car j’ai pu me recentrer sur moi-même, m’adonner à mes hobbies pour la lecture ou le cinéma. Je suis assez casanier de base, donc mon quotidien n’a pas été bouleversé. Mais j’ai été déçu de ne pas pouvoir faire la promotion de mon album. » Pour rester dans l’actualité, tu parles beaucoup de racisme dans tes textes, quel est ton regard sur l’actualité et sur les événements qui découlent de la mort de George Floyd ? « Je suis déçu de la façon dont se sont déroulées les choses en Belgique, car on n’a pas profité du momentum mondial. Les politiques ne se sont pas dit que c’était l’occasion d’agir concrètement et d’aider les personnes de couleur. Je n’ai pas senti qu’il y a eu un dialogue qui fait en sorte qu’on aille ensemble dans la bonne direction. » Le bateau ou l’amour ? Dans « Twice as hard », tu parles de chaînes invisibles qui existent encore pour la communauté noire. Est-ce que ce genre de momentum va permettre de finalement les briser un jour ? « Je ne pense pas que je verrai ce changement, mais j’espère que ce sera pour les générations à venir. Je trouve que ces derniers jours, on a essayé de fermer les yeux sur le problème réel qu’est le racisme et, tant que cela existe, le changement ne peut pas avoir lieu. Si tu n’es pas une personne de couleur, tu ne peux pas comprendre ce qu’est le racisme, mais ce n’est pas grave. Il faut juste voir la souffrance de l’autre, l’entendre et voir ce qu’on peut faire ensemble. » Toujours dans Twice as hard, tu dis  : « Most of us black kids once wanted to be white, Only years later comes appreciation ». On peut conclure de ces paroles que tu t’acceptes comme tu es, mais que ça a pris du temps ? « Dès notre plus jeune âge, on est confrontés au racisme à l’école. Pour raconter une anecdote, lorsque mes cousins et moi nous avions 5-6 ans, nous avions des cassettes de Michael Jackson. On se battait littéralement pour être le MJ blanc et pas le noir. Avec le recul, c’est triste de réaliser que, dès l’enfance, notre estime de nous-même est plus basse parce qu’on est Noir. J’ai fini par me documenter et par faire des rencontres qui m’ont permis de comprendre tout ça Dans les années 30, Ange-Clovis, marin-pêcheur de l’île d’Yeu, aime son bateau, l’ange d’Yeu. Cet attachement lui pose tout de même quelques questions. Dans ses rêves, Ange-Clovis est régulièrement propulsé dans le passé. À chaque fois, des situations critiques lui imposent de choisir entre son embarcation et son épouse, la belle Agathe. Et à chaque fois… c’est son épouse qui fait les frais de ce choix cornélien. Ce premier tome est le prétexte à de superbes dessins historiques. Du côté de l’intrigue, on découvre qu’à côté de ses interrogations, Ange-Clovis doit faire face à la menace bien réelle du receveur des postes local, bien décidé à lui faire des histoires afin qu’Agathe cesse de refuser ses avances. Ce premier opus se conclut en pleine Seconde Guerre mondiale, alors que le marin est éloigné tant d’Agathe que de son bateau. On attend le deuxième tome avec impatience. (cg) « L’ange d’Yeu,t. 1 », de Pascal Davoz et Nicolas Bègue, éditions paquet, 48 pages, 14 € ●●●○○ Ph. Julia Dubois Rosca SOUNDCHECK et de m’accepter comme je suis. Ma maman me disait qu’avec le temps, je serais révolté par le racisme ordinaire, et elle avait raison ! » Est-ce que tu trouves que c’est aussi vrai dans le milieu du rap, qui est assez diversifié, qu’un Noir doit travailler deux fois plus que les autres pour réussir ? « Non j’ai l’impression qu’il n’y a pas de différence, surtout en Flandre. Je ne pense pas pouvoir citer cinq rappeurs noirs qui passent à la radio ici. Le hip-hop est une musique noire et chez nous, ils ne sont presque pas représentés ce que je trouve profondément injuste. Il y a très peu de personnes de couleur dans l’industrie musicale en Flandre, et les choses sont très différentes quand je vais en Angleterre, en Hollande, voire même en Wallonie. » Cet album semble beaucoup plus mature que le premier. Est-ce grâce au band qui t’a accompagné ou grâce à une démarche plus personnelle ? « C’est un combo dans deux. J’avais Au cœur de la révolution cubaine besoin de mon live band pour traduire mes idées musicales. Même si j’étais à la production du premier album, je ne joue pas à proprement parler d’un instrument. Le groupe qui m’accompagne m’a permis de dynamiser les instrus et de leur donner le poids qui leur manquait auparavant. Après cela fait trois ans que j’ai sorti mon premier album, j’ai certainement évolué depuis ce moment-là. » Tu touches à toutes les palettes du hip-hop dans ton album, c’est pour t’adresser à un public aussi large que possible ? « C’est à mon image car j’aime les sous-genres dans le hip-hop. On retrouve beaucoup de RnB, mais aussi du rap parfois plus fort, et parfois plus doux. Cela fait partie de mon univers. Mon ADN est composé de rock, de rap, mais aussi de funk et de soul. Pour un morceau comme ‘Nothing at All’, je me suis inspiré de Childish Gambino, alors que pour ‘What’s New ‘, je me souviens qu’on a beaucoup écouté Rage Against the Machine. Deux salles deux ambiances ! » On parlait de racisme, Romelu Lukaku est aussi une personnalité qui s’engage en ce sens. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur votre relation et votre collaboration ? « Un jour, Romelu m’a proposé de l’aider sur une vidéo promotionnelle avec Puma. On a une trajectoire de vie assez similaire, avec une enfance parfois difficile et des racines congolaises. J’ai adoré travailler avec lui et je le remercie encore régulièrement de m’avoir offert cette possibilité. On se connaissait déjà avant et on est en contact régulièrement, c’est un ami ! » (sp) TheColorGrey sera en concert à l’Ancienne Belgique le 17/12/2020. BD La cinquantaine passée et le plus fort de sa gloire derrière lui, l’acteur Errol Flynntente de se refaire une santé financière en allant interviewer le maquisard Fidel Castro. Celui-ci est alors en pleine marche victorieuse pour déboulonner le dictateur Fulgencio Batista, qui règne sur Cuba. Flynnembarque avec lui son vieil ami photographe Frank Spellman. Le hic, c’est que celui-ci ne connaît pas tous les tenants et aboutissants du projet. Tout au long du récit, on voit avec amusement Flynnjouer avec les nerfs de son ami qui découvre les vrais objectifs du voyage. Spellman, finalement embarqué dans l’aventure avec plus ou moins de bonne volonté, se retrouve vite en première ligne de l’avancée des rebelles. Il nous fait ainsi découvrir le quotidien, un peu idéalisé, des révolutionnaires. L’épopée est particulièrement bien mise en image par Agustín Ferrer Casas. Les récits qui mêlent fiction et réalité laissent parfois une sensation peu agréable au lecteur, qui ne sait s’il doit prendre sa lecture pour une réalité ou un simple récit. On apprécie donc particulièrement le dossier historique qui accompagne l’album. (cg) « Tempête sur Cuba », d’Agustín Ferrer Casas, 144 pages, EP Comics, 18 € ●●●○○
metrotime.be VENDREDI 26/6/2020 MADE IN BELGIUM 9 SERENA KNAPEN, CONSEILLÈRE EN FORMALITÉS APRÈS FUNÉRAILLES AU LIMBOURG « À la longue, nous n’arrivions plus à traiter tous les dossiers ! » Ces derniers mois, de très nombreuses personnes ont dû dire adieu à des membres de leur famille ou à des amis d’une manière horrible. Le coupable ? L’impitoyable coronavirus. Une dure réalité, à laquelle le secteur des pompes funèbres a aussi dû s’adapter. Serena Knapen, conseillère en formalités après funérailles, nous explique comment le virus s’est emparé de sa vie et de son travail. « J’ai été surprise de voir comme les proches peuvent s’adapter. » « Mon job a d’emblée changé tant sur le plan émotionnel que physique lorsque la crise du coronavirus a éclaté », rapporte Serena Knapen au début de notre entretien. Cette Limbourgeoise travaille comme conseillère en formalités après funérailles pour Dela et a dû complètement changer de façon de travailler du jour au lendemain. « Les gens s’adressent à nous après un décès pour régler les aspects pratiques. En tant que conseillers, nous nous rendons au domicile de ces personnes et nous avertissons ensuite toutes sortes d’instances afin de modifier ou de supprimer certains services, comme tout ce qui concerne les opérations bancaires, ou expliquer les droits de succession. » UNE OREILLE ATTENTIVE Pour Dela, comme pour Serena, arrêter la prestation de services lorsque le coronavirus a commencé à se répandre en Belgique ne faisait pas partie des options, même si des choses ont dû être modifiées. Cela ne faisait aucun doute. « Il a été décidé que nous devions effectuer nos entretiens par téléphone. Nous continuions en principe à faire la même chose, mais nous avons bien immédiatement senti que les entretiens se passeraient différemment », explique Serena. « Je trouve particulièrement difficile de ne plus avoir le contact personnel avec les familles, vous leur offrez après tout une oreille attentive dans une période de deuil où l’implication et l’intégrité sont quand même au premier plan. Cet aspect de notre travail a actuellement en grande partie disparu. Comme nous devions effectuer les entretiens par téléphone et via Skype, c’était parfois difficile pour moi d’évaluer si les familles avaient bien tout compris, j’avais le sentiment de ne plus avoir le contrôle sur ce Ph. D.R. point. Je n’expliquais dès lors pas les choses dix fois, mais 30 fois. » Le coronavirus n’a pas seulement allongé la durée des entretiens, il les a toujours plus multipliés. « Mensuellement, nous traitons normalement 40 à 44 dossiers en moyenne, mais au cours de la période avril/mai j’étais à 66 dossiers par mois. C’est arrivé comme une bombe. Ma région, le Limbourg, a été particulièrement touchée par le coronavirus, si bien qu’à un moment des collègues d’autres régions ont dû intervenir parce que nous étions débordés. » « J’ai aussi pris conscience que pour ces familles le processus de deuil était totalement différent  : vous ne pouvez pas faire vos adieux à la personne défunte et les funérailles ne peuvent pas se dérouler comme vous le souhaitez. C’est vraiment dur. Et pour moi, cela a été de ce fait d’emblée une évidence  : je n’allais pas me donner à 100%, mais à 200% ! », précise Serena. Elle a aussi constaté que les familles avec lesquelles elle travaillait comprenaient la situation exceptionnelle. « J’ai été surprise de voir comme les gens peuvent s’adapter dans une telle période de deuil. » LE SOUTIEN DE LA MAISON La combinaison vie professionnelle/vie privée a aussi été difficile pour Serena  : « Comme tout se passe par téléphone, je télétravaille, mais j’ai aussi mon fils de trois ans qui n’a plus pu aller à l’école du jour au lendemain. Au début, je culpabilisais énormément parce que je devais constamment lui demander de ne pas faire de bruit parce que ‘maman doit téléphoner’. Je ne pense pas que Vote pour ta recette BBQ préférée ! Metro et Tabasco sont à la recherche des recettes BBQ préférées des lecteurs Metro. Participe sur fr.metrotime.be/bbq et tente de remporter un barbecue Weber ! j’aurais pu continuer à gérer cette situation sans le soutien et l’aide de mon mari. Mais c’est aussi grâce à ma supérieure hiérarchique que j’ai pu traverser cette période sans en pâtir  : elle m’a donné des conseils ou m’a indiqué que je devais lever le pied quand cela n’allait pas. Son écoute chaleureuse valait de l’or ! » « Pendant cette crise, nous avons été bien soutenus par Dela », poursuit Serena. Une fois par semaine, la conseillère avait un entretien avec ses collègues et sa cheffe au cours duquel elle avait la possibilité d’exprimer tout ce qu’elle avait sur le cœur. « On nous a vraiment accordé la priorité en tant qu’employés, on nous a immédiatement communiqué le moindre changement et on nous a surtout suivis sur le plan émotionnel. Je constate que Dela veut continuer sur cette lancée après cette crise  : on nous a demandé comment nous avons vécu cette période et quels sont les éléments qui doivent être conservés pour qu’à l’avenir nous puissions être encore mieux à l’écoute des autres et de notre famille. Je suis convaincue, malgré cette période très difficile, que de belles choses vont en sortir. » Silke Vandenbroeck barbecue à gagner ! en collaboration avec



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