Métro Belgique n°4202 19 jun 2020
Métro Belgique n°4202 19 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4202 de 19 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : davantage de liberté pour nos aînés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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metrotime.be VENDREDI 19/6/2020 CULTURE 9 La filière du livre mise sur le belge pour redémarrer À l’image de l’entièreté du secteur culturel, le monde de l’édition souffre énormément de la crise sanitaire. Le secteur entame sa relance, entre craintes et espoirs pour l’avenir de la filière du livre en Belgique. Mars 2020, le monde s’est confiné et les livres, plus que jamais, ont été évasion, voyage, réconfort. Faute de nouveautés, c’était l’occasion idéale pour se plonger enfin dans la fameuse « pile à lire ». Avec la fermeture des librairies, c’est toute la chaîne du livre qui s’est retrouvée paralysée par la crise du coronavirus. Les diffuseurs, distributeurs, maisons d’édition et auteurs ont progressivement cessé leurs activités. « ANNÉE APOCALYPTIQUE » S’il est encore tôt pour évaluer avec précisions l’impact de cette crise sur la filière, l’ADEB (Association des éditeurs belges) estime néanmoins que le chiffre d’affaires baissera de 25 à 60% selon les secteurs éditoriaux. « On se situera entre une très mauvaise année et l’apocalypse », prévient Benoît Dubois, directeur de l’ADEB. « Toute la chaîne du livre s’est retrouvée impactée. Les impacts seront de très longue durée et différés dans le temps. » Heureusement depuis leur réouverture, les lecteurs sont au rendez-vous dans les librairies, avec un panier moyen en hausse. Mais les points de vente ont surtout misé sur les blockbusters de l’été (Guillaume Musso, Joël Dicker, ou bientôt Elena Ferrante). Conséquence  : les éditeurs belges auront difficilement de la place avant septembre dans les rayons. « Le report de nouveautés belges à l’automne va créer des dégâts irrémédiables et une reprogrammation complète de tout ce qui était prévu », développe le nouveau directeur de l’ADEB. Les effets de la crise se feront ressentir « jusque fin d’année, voire mi-2021 ». La crainte de faillites plane sur le secteur. De nombreux acteurs font face à d’importantes difficultés de trésorerie. « Et pour ceux qui auront survécu aux problèmes de liquidités, il faut craindre des questions de solvabilité pour 2021 », ajoute Benoît Dubois. « Ce sera une triple peine  : la crise en 2020, le refus de crédit bancaires dès l’année prochaine et l’inaccessibilité au marché public. » Quant aux auteurs, ils subiront les effets de la baisse des ventes en 2021, quand les droits d’auteurs devraient être payés. DES AIDES INSUFFISANTES « De manière très paradoxale, de toutes les industries créatives et culturelles, le livre est celle qui offre la plus haute valeur ajoutée. Simultanément, c’est le secteur qui est le moins soutenu, le moins écouté », déplore celui qui dirigeait les éditions Averbode. Pour relancer ce secteur, la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est dotée d’un plan élaboré par les acteurs de la chaîne du livre, rassemblés au sein du PILEn. Avec, entre autres, un achat massif de livres belges, un plan de promotion de la littérature belge francophone, des bourses d’aide pour les auteurs, ainsi que des fonds pour les libraires et éditeurs. Or, les mesures réclamées par le PI- LEn ont été « sévèrement amputées ». « L’attrape-nigaud réside dans le fait que sur les 2,6 millions accordés, 900.000  € étaient déjà des moyens normaux, récurrents. Donc le plan d’urgence n’est en réalité qu’un plan d’1,7 millions  € . » En outre, si l’annonce a été faite il y a trois semaines, seuls les budgets traditionnellement octroyés ont aujourd’hui été libérés. À croire que la notion d’urgence n’est pas la même du côté du terrain que de celui des administrations. « Ça n’a d’urgence que le nom », tranche Benoît Dubois. « Je crains que l’aide n’arrive pas avant le mois de septembre, ce qui, pour beaucoup, sera probablement trop tard. » LIRE NOIR-JAUNE-ROUGE Autre absence à déplorer  : celle des chèques-livres, le pilier du plan proposé par le PILEn. Le directeur de l’ADEB dénonce une « déresponsabilisation politique de la FWB vers le fédéral, et du fédéral vers les entreprises », qui pourront offrir des « chèques corona » défiscalisés. « Nous n’en sommes pas heureux du tout. Entre utiliser ces chèques pour aller à Walibi, s’acheter un steak, payer une tournée ou acheter un livre… Le livre ne sera pas nécessairement gagnant. » Or, poursuit-il, « la crise doit être résolue par la relance de la consommation des livres belges via les librairies belges. Il manque ce ressort à donner au niveau du marché, pour encourager le public à découvrir les richesses du patrimoine éditorial belge. Comme avec le cinéma, on peut être étonnés de découvrir certains talents que l’on a en Belgique ! » Alors pour soutenir ce secteur en crise, lisons noir-jaune-rouge ! Benoît Dubois partage deux de ses coups de cœur 100% belges  : « la maison d’édition On Lit, avec notamment le dernier roman d’Aliénor Debrocq, ‘Cent jours sans Lily’. Et les éditions Weyrich, avec le polar ‘Orange Sanguine’de Francis Groff. C’est du local, même dans le crime ! » Oriane Renette Ph. Aurore Delsoir Cet été, lisons belge ! La crise du Covid-19 a frappé de plein fouet le monde de l’édition. Alors cet été, que vous passiez vos vacances dans les Ardennes, à la Côte, sur votre balcon ou ailleurs, lisez du belge ! Mais qu’est-ce qu’un livre belge ? C’est un ouvrage écrit par un auteur belge, ou illustré par un belge ou encore édité par une maison installée en Belgique. Notre plat pays compte plus d’une centaine d’éditeurs actifs ! Bandes dessinées, manga, livres de jeunesse, de littérature, de sciences humaines ou encore de poésie… Demandez conseil à votre libraire, il dénichera forcément ce qui fera votre bonheur ! Acheter local, c’est aussi soutenir une production belge, et tout un circuit-court d’imprimeurs, de graphistes, d’illustrateurs, de correcteurs, de libraires, de diffuseurs, de distributeurs… Alors participons au grand challenge lecture de l’été, un défi noir-jaunerouge. Le principe est simple  : emmener un livre belge en vacances, à la plage ou au parc. Lire un livre belge à un enfant. Lire un livre dont l’action se déroule en Belgique. Ou encore prêter un livre belge à un proche… Et partager ce moment sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #DLBDLV ou #DesLivresBelgesDansLaValise. À la clé  : des packs de livres, belges bien entendu ! Boom du numérique ? comburant BOOKS Le confinement aura été propice à bien des changements dans nos modes de vie. Le livre n’y fait pas exception. Depuis le mois de mars, la consommation du livre numérique a connu un boom important. Certes, le point de départ était assez bas (4 à 5%) mais selon l’ADEB, la hausse se chiffrerait en dizaines de pourcents. « C’est une révolution technologique importante, avec en corollaire, un grand danger et une grande opportunité pour l’édition belge », précise le directeur de l’ADEB, Benoît Dubois. « Le danger, c’est de ne pas être prêt à temps et de rater le train au moment où il démarrera. Et l’opportunité, c’est que la révolution numérique remet pratiquement tous les acteurs éditoriaux au même niveau. Faire sa promotion via les réseaux sociaux est à la portée de tous, que l’on soit un petit éditeur ou une très grosse maison d’édition. » Toutefois, de nombreux sites de vente échappent aux circuits belges. Alors que l’on soit adeptes du format papier ou du format électronique, préférons les sites, éditions ou librairies belges pour soutenir la chaîne du livre belgo-belge en ces temps de crise.



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