Métro Belgique n°4202 19 jun 2020
Métro Belgique n°4202 19 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4202 de 19 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : davantage de liberté pour nos aînés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 MADE IN BELGIUM VENDREDI 19/6/2020 metrotime.be TU ES JEUNE ET TU EN VEUX : COMMENT LES JEUNES DE 18 ANS VIVENT-ILS LA CRISE DU CORONAVIRUS ? « J’ai perdu ma confiance dans les Belges » La jeunesse, c’est l’avenir, mais quid si cet avenir est très incertain ? Nous avons demandé à certains jeunes quel regard ils portent sur la crise du coronavirus. Cette semaine, nous avons donné la parole à Nell (18 ans). Elle habite à Vilvoorde et est en dernière année latin-grec. Elle est aussi auteure. Son deuxième livre, intitulé « De Vijfpuntige Ster », est paru en mars. Comment as-tu passé le confinement ? « Au début, j’avais l’impression d’être dans le film ‘Maman, j’ai raté l’avion’ : ‘Chouette, je ne dois plus aller à l’école, je peux faire ce que je veux !’Cette euphorie est vite retombée à cause des mesures de confinement. Pour le reste, j’ai perdu ma confiance dans les Belges  : tous les jours, il y avait des messages pour des « lockdown-parties ». Bien évidemment, le fait qu’il y ait des gens égoïstes n’est pas nouveau, mais c’est quand même comme si notre pays ressemblait à une classe de 20 élèves qui sont collés parce qu’un seul enfant n’a pas su être sage ! » As-tu raté beaucoup de choses à cause du confinement ? « Plutôt, oui ! Depuis le début du confinement et jusqu’au 19 juin, j’ai des cours en ligne par vidéoconférence et des travaux via des plateformes comme classroom et smartschool. Le vendredi 15 mai, je devais être présente à l’école, mais c’était plus un événement social qu’une véritable demi-journée de cours. Je ne vais donc plus jamais participer à une journée d’école normale en Joue sur SAUVELEMOJI.BE et gagne ! Le jeu « Sauve l’emoji » du SFP Santé publique a pour but de faire connaître les symboles de danger figurant sur les produits chimiques aux jeunes de 10 à 16 ans. La participation est possible jusqu’au 11/07/2020 (à partir de 10 ans) ! secondaire ! En plus, mon voyage de rhéto en Sicile a été annulé, idem pour le bal, la remise des prix d’une olympiade, et pas question non plus de la traditionnelle proclamation des résultats ! Mon deuxième roman, ‘De Vijfpuntige Ster’, est paru en mars, et à cause du confinement je n’ai pas encore pu aller admirer mon livre en vrai dans une librairie. C’est vraiment dommage ! » Tu trouves que les mesures anti-coronavirus ont été trop sévères ? « Je ne suis pas experte en la matière. Mais je suis satisfaite des mesures prises par le gouvernement. Ce n’est pas gai de devoir arrêter du jour au lendemain de vivre normalement, mais je préfère respecter les mesures afin de limiter la propagation de la maladie, plutôt que de lui laisser le champ libre avec toutes les conséquences que cela implique ! » Le confinement a-t-il eu aussi un effet positif sur toi ? « Je me suis mise au jogging, alors que je ne raffole pas de faire du sport. En fait, je l’ai surtout fait pour pouvoir sortir de chez moi. Le plus positif, c’est surtout tout le temps que j’ai maintenant. Je peux jouer chaque jour de mon instrument pendant une heure, paresser au soleil si j’en ai envie, apprendre à cuisiner… Au début du confinement, j’avais aussi beaucoup d’inspiration pour écrire. Depuis, l’inspiration s’est un peu tarie, mais je ne me fais pas trop de soucis à ce propos. Mon imagination va se libérer en même temps que le déconfinement. » GAGNE UNE NINTENDO SWITCH ET D’AUTRES PRIX SYMPAS ! Peux-tu remplir cette grille de mots croisés ? Tu pourras alors sauver nos emojis ! Utilise les symboles de danger trouvés pour jouer au jeu en ligne et gagne de superbes prix. Bonne chance ! 2 3 4 5 1 Ph. D.R. Quels sont tes projets après les études secondaires ? « J’aimerais faire des études de Langue et Littérature. Les séances d’information physiques pour les nouveaux étudiants ont été remplacées par des événements en ligne, mais je ne pense pas avoir reçu trop peu d’informations, car en début d’année je m’étais déjà rendue à un salon des études et à des journées cours ouverts. La recherche d’un kot en ligne a, par contre, été plus difficile. Il ne reste plus qu’à espérer qu’on pourra effectivement commencer l’unif et qu’on ne devra pas de nouveau suivre les cours dans notre living ! » Janne Vandevelde 6 1. Peut causer des démangeaisons, rougeurs et inflammations 2. Un autre mot pour oxydant 3. Peut provoquer des brûlures 4. Peut être mortels quand on les avale, les respire ou lorsqu’ils sont absorbés par la peau 5. Dangereux en proximité d’une source de chaleur 6. Feux d’artifice
metrotime.be VENDREDI 19/6/2020 MADE IN BELGIUM 11 JAOUELLE, PROFESSEURE « On ne va pas laisser tomber les élèves » Professeure de mathématiques depuis 12 ans, Jaouelle Ouanassi est également coordinatrice des élèves de deuxième secondaire au Centre scolaire Notre-Dame de la Sagesse à Ganshoren. Ce qui l’a propulsée au premier plan lorsque le gouvernement a annoncé que les élèves qu’elle coordonne pouvaient reprendre le chemin de l’école. « Au départ, la direction a voulu savoir via un sondage comment, nous, on sentait la chose. Il y avait différentes questions du type ‘êtes-vous favorable à un retour à l’école’, ‘combien de jours par semaine’, ‘sous quelle forme’, etc. Le sondage a été décortiqué de manière générale et ensuite, avec la direction, on a pris des décisions. Par exemple, on voyait bien que les profs trouvaient que c’était mieux de faire venir les élèves deux demi-jours plutôt que deux jours complets par mesure de sécurité », explique-t-elle. Il a ensuite fallu décider quels cours seraient dispensés aux élèves. Les professeurs se sont accordés sur les cours de néerlandais, français, mathématiques et sciences, c’est-à-dire les cours habituellement évalués par le CE1D. « On a donc privilégié ces branches-là et on a divisé les élèves par niveau en fonction de leurs bulletins précédents. On les a répartis en groupes de huit. La direction ne veut pas qu’on continue dans la matière. On construit donc des synthèses en classe, on fait du dépassement, du rattrapage… Mais toujours par rapport à ce qui a déjà été vu », poursuit Jaouelle. DE NOUVELLES RÈGLES À RESPECTER Après avoir organisé les modalités de la reprise, la direction a également dû réorganiser l’école pour respecter les consignes sanitaires du gouvernement. « Le premier jour, on a distribué à chaque élève un masque. Dès qu’ils rentrent dans l’école, ils doivent mettre du gel. Ils doivent également venir par groupes, à un rythme de quatre groupes par quart d’heure, pour qu’ils n’arrivent pas tous en même temps. Le système est similaire pour les sorties », détaille la professeure. Parmi les autres mesures mises en place, on retrouve aussi des marquages au sol dans le bâtiment, la réorganisation des classes, ou l’absence de récréations. « On a décidé que les élèves ne descendraient pas en récréation. Car s’ils allaient en récréation, ils Un pays, deux approches Ph. D.R voudraient aller aux toilettes à ce moment-là et il y aurait trop d’élèves réunis en un seul endroit. Pour éviter ce problème, les élèves peuvent aller aux toilettes quand ils le demandent. On a aussi mis des profs en réserve qui viennent deux fois par semaine. Ils veillent à ce que les distanciations soient respectées, à ce qu’il n’y ait pas trop de monde devant les toilettes… ». Comme souvent en Belgique, les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles et ceux de Flandre n’ont pas été traités à la même enseigne. Les enseignants ont, par exemple, pu continuer d’enseigner de la nouvelle matière en Flandre, ce qui n’est pas le cas des Wallons qui ont dû se contenter de révisions. « Je peux comprendre qu’on ne veuille pas avancer car cela peut être discriminatoire par rapport à certains élèves qui n’ont pas d’ordinateur, qui n’ont pas les moyens d’être suivis à la maison. Mais je pense qu’on aurait pu trouver un juste milieu entre les deux », déplore Jaouelle. « À mon avis, on aurait pu trouver une solution pour que cela fonctionne. J’aurais quand même voulu, non pas pouvoir avancer de la même manière dans la matière, mais pouvoir donner un minimum de cours et surtout que ce soit obligatoire. Car ici, ce qu’il se passe, c’est que certains profs continuent sans vraiment continuer. D’autres ne donnent plus rien. Et surtout, ce qui était frustrant, en tout cas personnellement, c’est que j’ai donné du travail mais que je n’avais pas de retour. Certains élèves ne m’ont jamais répondu alors que j’ai envoyé plusieurs mails avec des révisions. Vu qu’on a dit que cette période n’était pas obligatoire et qu’elle n’aurait aucune incidence sur le futur, certains ont décidé de ne plus rien faire. Je trouvais que la ligne de conduite n’était pas claire pour tout le monde ». ◀ toxique UN RETOUR ET DES QUESTIONS Évidemment, le retour était une source d’interrogation, même si l’école savait grâce à un questionnaire envoyé par mail aux élèves qu’une majorité d’entre eux comptait reprendre le chemin des classes. « Le premier jour, quand je suis arrivée, c’était un peu bizarre, autant pour moi que pour eux. Et puis, leur présence a donné du sens à mon retour car ils étaient contents d’être là, ils avaient envie de réfléchir. Par contre, par rapport aux plus faibles, il y avait quand même beaucoup de questions sur le résultat de l’année, sur le redoublement ». Un redoublement qui devra être « exceptionnel » et qui interroge également le corps professoral. Le risque est en effet de se retrouver l’année prochaine avec des élèves qui n’auront pas les connaissances suffisantes pour l’année suivante, alors que les professeurs devront rattraper plusieurs mois de matière perdue. « Chez nous, l’année prochaine, la direction va insister pour que la matière non vue soit reprise depuis le début pour tout le groupe classe. Nous devrons nous coordonner entre professeurs pour voir ce que chacun a vu afin de créer un plan de la matière pour tous ». Une autre interrogation concerne le CE1D de 2021. « On ne sait pas si le CE1D sera adapté. Normalement ce sera le cas, mais comment ? On ne sait pas qui a vu quoi… Mais, quoi qu’il arrive, le mot d’ordre de l’école est qu’on ne va pas laisser tomber les élèves. On va créer quelque chose pour que les élèves en difficulté ne soient pas perdus dès le premier jour ». (cd)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :