Métro Belgique n°4199 9 jun 2020
Métro Belgique n°4199 9 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4199 de 9 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : du yoga contre le coronavirus.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 MADE IN BELGIUM MARDI 9/6/2020 metrotime.be BART DE COCKER, INSPECTEUR PRINCIPAL À LA ZONE DE POLICE DE GAND « Il y a moins de proximité dans notre travail aujourd’hui » Ils veillent au respect des directives en matière de coronavirus et doivent parfois dans ce cadre faire abstraction de ce qu’ils en pensent  : les agents de police. Ces derniers ont dû aussi s’adapter à une vitesse fulgurante à la nouvelle réalité. La journée de travail ordinaire a brusquement pris une autre tournure, comme en témoigne l’inspecteur principal Bart De Cocker de la zone de police de Gand. « Le simple port du masque buccal a suffi à créer une barrière avec le citoyen. » Bart travaille depuis 12 ans au service d’intervention de la zone de police de Gand  : neuf ans comme inspecteur et ces trois dernières années comme inspecteur principal. En tant que chef d’équipe, il coordonne les patrouilles envoyées sur les appels d’urgence et il en suit le déroulement et le règlement. En cas d’incidents graves nécessitant ses compétences sur le terrain, il sort avec la patrouille. Il a aussi le choix d’accompagner ou non les patrouilles en temps normal. « Le contenu de mon service varie en fonction des appels d’urgence, des constats sur le terrain ou des notifications à notre poste fixe », explique Bart. Lorsque la crise du coronavirus a éclaté et que le confinement est entré en vigueur, le monde a complètement changé. Le corps de police CE CONCOURS N’EST NI ORGANISÉ NI SPONSORISÉ PAR LA LOTERIE NATIONALE 50 BILLETS « SUBITO » A GAGNER ! 6026 ENVOYÉ/REÇU 1,00 EUR/SMS MT20w24 200609WF-SUB Ph. D.R. n’a pas seulement dû veiller au respect des mesures strictes relatives au coronavirus, il devait aussi les appliquer en interne. « Quand nous partons en intervention, nous sondons d’abord auprès de l’appelant les risques de contamination », précise Bart. « Nous demandons, par exemple, si des membres de la famille sont malades. Sur base de cette information, nous évaluons les moyens de protection nécessaires. Ainsi, en cas de vol avec effraction, il faut seulement un masque buccal et des lunettes de protection, mais pour une intervention à la prison un demi-masque respiratoire avec filtre est requis. Il y règne en effet une certaine promiscuité. Les collègues ont aussi toujours à disposition des gants, du gel pour les mains et des masques chirurgicaux pendant leur service. Les suspects transférés reçoivent aussi des masques. » RÉPONDEZ À LA QUESTION SUIVANTE  : Comment s’appelle l’épouse de Superman ? A Lois Lane B Mary Jane Watson C Rachel Dawes CONNAISSEZ-VOUS LA RÉPONSE ? Envoyez EPOUSE A, B ou C (ex.  : EPOUSE A) par SMS au 6026 ou composez le 0905 23 180 à partir d’un téléphone fixe et tentez votre chance 50 fois de remporter 75.000 € . GAIN MINIMAL GARANTI DANS CHAQUE PAQUET Les concours de la Loterie Nationale sont interdits aux mineurs d’âge -18 Renseignements  : 03/216 46 84 - info@mconcept.be - Participation possible jusqu’au 30/06/20 à 23h59 - Coût de participation  : par appel 2,00 EUR - par SMS envoyé/reçu  : 1,00 EUR, participation complète par SMS  : 4,00 EUR - Participation interdite aux mineurs d’âge - Les prix ne sont ni échangeables ni convertibles en espèces - Les coordonnées fournies par les participants sont enregistrées dans une base de données de MConcept sp et sont destinées à l’organisation et au traitement de ce concours. Les participants ont le droit de consulter, corriger et/ou effacer leurs données. Ces concours sont organisés par MConcept sp, n°d’entreprise 0826.398.329, Desguinlei90 n°12B, 2018 Anvers. MOINS DE PROXIMITÉ AVEC LE CITOYEN Quand les mesures anti-coronavirus sont entrées en vigueur, il y a eu un branle-bas de combat dans les commissariats de police de tout le pays. À Gand aussi, il a fallu improviser et on a élaboré une stratégie en toute hâte. Bart a été à la base de la création d’un poste de commande permanent dans la ville, qui coordonne le contrôle des directives anticoronavirus  : « Nous avons rédigé une feuille de route sur la façon de réagir dans des situations différentes. Il est important de ne pas agir au hasard  : nous examinons au cas par cas. Nous tournons depuis des mois avec plus de 100 hommes supplémentaires sur le terrain, qui patrouillent pour contrôler et sensibiliser. » Un des piliers pour contrer la pandémie de coronavirus est la distanciation sociale. La police est aussi contrainte par la force des choses à prendre plus de distance avec le citoyen, et c’est là que se situe, selon Bart, la grosse différence par rapport à l’époque pré-coronavirus. « Là où les interactions avec les citoyens étaient plus libres et plus conviviales – la police de Gand est proche des gens –, elles sont aujourd’hui bien plus distantes. Le masque buccal constitue déjà une barrière à lui seul. De plus, les gens s’inquiètent beaucoup plus vite quand ils voient arriver des agents avec un demi-masque. » MOINS DE P.-V. Comme toujours, il y a aussi en période de coronavirus des citoyens qui outrepassent les limites ou se croient audessus des lois. Quid de la discipline dans la population ? « Une petite minorité ne respecte pas les règles », déclare l’inspecteur principal. « Certaines personnes sont impossibles à sensibiliser. Mais la plupart avaient rapidement compris que ce n’était pas un bête petit refroidissement. Nous avons dressé, à l’apogée de la crise, une moyenne de 200 procèsverbaux en trois jours, ce qui est nettement moins que la normale. L’augmentation attendue de la violence intrafamiliale est restée de l’ordre du raisonnable dans notre zone. » DES ÉCHAPPATOIRES Pendant le confinement, il y a eu régulièrement des incertitudes sur ce qui pouvait ou ne pouvait pas se faire dans l’espace public. Les règles étaient parfois ambiguës ou n’avaient pas de sens. Bart aussi avait ses réserves -sans perdre son professionnalisme. « Certaines règles n’étaient paso.k., aussi pour nous. Je trouve absurde de devoir interdire à des gens d’aller à la plaine de jeu, alors qu’un mètre plus loin ils peuvent s’asseoir dans l’herbe ! Mais ce n’est pas notre rôle de remettre ces règles en question. » Sans oublier le sport national en Belgique, la chasse aux échappatoires juridiques ! « Le Belge a ça dans le sang », constate Bart. « Et alors vous avez des exceptions aux exceptions aux exceptions… À la fin, les arbres cachent la forêt ! » Les leçons que le corps de police peut tirer de cette crise ? « Je pense qu’un certain nombre de processus de travail ont été revus. Certaines habitudes bien ancrées ont été remises en question et optimalisées le cas échéant. De plus, la sensibilisation aux mesures de sécurité a augmenté. Elles vont probablement s’appliquer en permanence, d’autant plus qu’on prévoit une seconde vague. L’importance de l’hygiène a aussi été revalorisée. En ce sens, le coronavirus est une bonne chose pour la propreté générale au sein du corps de police. » Quentin Soenens
metrotime.be MARDI 9/6/2020 MADE IN BELGIUM 9 « On me prend souvent pour une fille un peu allumée » Nul doute que la crise du coronavirus va entrer dans les livres d’histoire comme une des pandémies les plus impactantes que l’Homme n’ait jamais vécues. Elle n’a épargné aucune facette de notre existence. Notre liberté personnelle s’est heurtée à ses limites, le système capitaliste a révélé ses faiblesses et l’impact mental n’est pas négligeable. Pourtant, la très redoutée COVID-19 a aussi laissé une place à la beauté. Maintenant que notre cadre de vie a été déstabilisé, nous sommes en quête de nouvelles certitudes. Car oui, la crise du coronavirus pourrait être l’occasion idéale pour aborder les choses mieux qu’avant. C’est en tout cas ce que pense May Marchand, fondatrice de l’e-magazine LOEM. May, qu’est-ce que LOEM ? « Sa tagline est ‘Un magazine en ligne sans tabous’. Je veux parler de sujets que d’autres médias trouvent trop niches et qui de ce fait sont rarement abordés. Sans m’axer sur un seul et unique centre d’intérêt. Il ne faut pas privilégier une seule étiquette, comme le véganisme ou le minimalisme. C’est bien de combiner des aspects de différents modes de vie. Je veux que LOEM devienne un lieu sûr auquel tout le monde peut s’identifier. Bien évidemment, en tant que femme blanche, hétéro et disposant d’un revenu, c’est facile à dire et, parfois, ça coince aussi. Mais tout est une question de chercher le bon angle et de valoriser le plus possible tout le monde. » Vous vous axez sur des sujets comme la spiritualité, le minimalisme, la durabilité… Comment inscrivez-vous ces valeurs dans votre propre vie ? « Tous les sujets que j’aborde me tiennent à cœur. Je m’intéresse beaucoup aux cristaux et au tarot, si bien qu’on me prend souvent pour une ‘fille un peu allumée’. Mais il ne faut pas nécessairement être allumé pour en retirer quelque chose. Je veux rendre tout cela plus accessible. Je suis actuellement une formation sur le tarot et, quand j’en parle à mes parents, ils trouvent cela plutôt étrange. Mon papa m’a même demandé si j’allais tenir un stand à la foire ! Je veux mettre fin à cette stigmatisation et montrer que cela peut être une façon de s’arrêter cinq minutes sur la façon dont on se sent. Si on n’en retire rien, c’est comme ça, mais on peut au moins essayer ! » Lancer un projet en ces temps incertains demande du courage. N’avez-vous pas trouvé excitant de démarrer maintenant LOEM ? Ou, au contraire, la crise a joué en votre faveur ? « J’y songeais déjà depuis un moment et j’avais fini par acheter mon nom de domaine début mars, donc encore juste avant la crise du coronavirus. Je voulais de cette façon me donner un bon coup de pied aux fesses. Je travaille normalement à temps plein, dont trois soirées, et j’avançais dès lors comme excuse que je n’avais pas le temps. Ce qui était bien évidemment du grand n’importe quoi, car je trouvais bien le temps de binge-watcher des séries. La crise du coronavirus a supprimé mon travail en soirée et je me suis alors dit  : c’est maintenant ou jamais ! Au début, ce n’était pas évident, car sur les médias sociaux on a pu voir du jour au lendemain des gens qui faisaient du yoga deux fois par jour ou sortaient un e- book en une semaine. La pression de performance était énorme. L’intention n’est dès lors absolument pas de reporter cette pression sur les autres. Quand on a passé les neuf semaines précédentes dans son fauteuil et qu’on s’est concentré sur sa survie, je pense que c’est tout autant une victoire. Mais, pour moi, c’était le moment idéal. Après quelques semaines passées à paniquer, j’ai pris ma décision. Je suis contente d’avoir fait le pas du lancement du magazine, cela me motive à poursuivre. » Comment envisagez-vous l’avenir de LOEM ? « Je pense que les circonstances actuelles constituent un bon moment pour lancer un magazine en ligne. Les gens sont plus sur les médias sociaux et ont davantage de temps pour lire, étant donné aussi qu’ils seront peut-être moins vite enclins à se ruer dans une librairie pour acheter un bouquin ! On s’ennuie plus de ces temps-ci et tout ça, c’est du bonus pour un média en ligne ! Bien évidemment, ce serait sympa qu’un jour cela me rapporte un peu, car pour l’instant je combine LOEM avec mon job à temps plein. À long terme, j’aimerais pouvoir me consacrer un jour entier à LOEM. Mais, pour l’instant, je ne génère pas encore de rentrées financières. Cela signifie aussi que je n’ai pas encore ressenti la baisse des revenus publicitaires à laquelle les médias sont confrontés. Imaginez qu’il y ait encore des confinements, ce sera alors peut-être bien difficile de pouvoir un jour en vivre. On verra bien ! » Ph. D.R. Comment pensez-vous que nous devrons affronter l’après-coronavirus ? « Dans mon monde idéal, la crise secoue les gens. Allonsnous davantage apprécier des choses comme le télétravail, le slow living et les contacts sociaux ? Je crains que cela ne sera pas le cas dans la pratique. Quand on voit que le premier jour d’ouverture des magasins les gens faisaient la file devant le Primark, c’est un indicateur important que rien ne va changer. Je redoute donc que nous ne retournions vite à nouveau back to normal. Profit over people ÉCOUTEZ LES FOUS DUROY 20H-00H SUR Nom  : May Marchand Âge  : 23 ans Profession  : journaliste freelance DES HITS, DE LA DÉCONNE ET SURTOUT... UN GRAIN DE FOLIE ! Lieu de résidence  : Bruxelles Site web  : www.loem.be n’est pas la direction que nous devrions suivre, mais malheureusement cela revient bien à cela ! » ◀



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