Métro Belgique n°4198 5 jun 2020
Métro Belgique n°4198 5 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4198 de 5 jun 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : le monde se mobilise après la mort de George Floyd.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 MADE IN BELGIUM VENDREDI 5/6/2020 metrotime.be Le fil de la solidarité pour créer les blouses des soignants Face au risque de pénurie de blouses opératoires, le CHU de Liège a lancé un appel à la solidarité des couturiers et couturières de la région. Plus de 3.000 bénévoles se sont portés volontaires pour découper et assembler ces protections essentielles pour le personnel hospitalier. Au fil de la solidarité liégeoise, près de 50.000 blouses ont été confectionnées. En temps normal, ce sont de splendides robes de mariée qui sortent de son atelier. Mais confinement oblige, la créatrice AnnPiron a dû interrompre ses activités. « Je me suis retrouvée avec plus rien à faire et plus personne à voir puisque je ne pouvais même plus faire d’essayages. Et puis je me sentais inutile. J’avais envie d’aider. » Comme beaucoup d’autres entrepreneurs de la région, AnnPiron a donc répondu à l’appel du CHU. Au début de la crise du coronavirus, la pénurie de matériel médical menace les hôpitaux. Comme de nombreux établissements, le CHU de Liège craint de ne plus savoir protéger ses soignants contre le Covid-19. Pour faire face au risque de pénurie de blouses de protection, l’hôpital s’en remet à la solidarité des Liégeois. En quelques jours, l’opération « Coudre contre le Covid » est montée, un patron est dessiné et un appel aux couturières et couturiers volontaires est lancé. Largement suivi. Plus de 3.000 bénévoles à travers toute la province y ont répondu. « Les Liégeois sont très généreux ! », se réjouit l’équipe à l’origine du projet. « UNE CHAÎNE BÉNÉVOLE EXTRAORDINAIRE » Plusieurs entreprises de la région découpent bénévolement la matière première. « Tout le monde était novice dans ce domaine, puisque ce n’était jamais arrivé un truc pareil ! », indique AnnPiron. Avec son compagnon et son voisin, elle se lance dans la découpe de champs opératoires. « Ils s’occupaient de couper tout ce qui était droit à la rogneuse, et moi je m’occupais des arrondis à la main. » « On a essayé de faire ça de la façon la plus efficace et rapide. J’étais au début de la chaîne, et il fallait absolument que les toiles soient coupées pour les envoyer aux couturières. Les premiers jours, je me suis dépêchée à mort pour que la chaîne puisse démarrer ». Après des journées de travail, 6.000 découpes ont été réalisées dans son atelier. « Il y a vraiment eu une chaîne extraordinaire avec plein de bénévoles mobilisés. C’était vraiment chouette », souligne la créatrice. Ce tissu de solidarité s’étend rapidement à toute la province. De la logistique aux collaborateurs des hôpitaux, des découpeurs aux couturières, en passant par les livreurs et les organisateurs… Tous bénévoles, tous solidaires. À partir du CLC de Chênée (le centre de logistique du CHU), les kits de découpes sont envoyés vers différents points relais, d’où ils sont distribués aux couturières. Celles-ci assemblent 5, 10, 20 ou 100 blouses par semaine, selon leur disponibilité. Ce sont donc des pièces détachées qui arrivent entre les doigts de fées des milliers de couturières bénévoles. « METTRE MES COMPÉTENCES AU PROFIT DES SOIGNANTS » Parmi elles, Pauline, jeune styliste liégeoise qui s’est retrouvée au chômage économique complet en raison de la crise. « Pour occuper mes journées et me rendre utile, je trouvais ça chouette l’idée de venir en aide aux CHU, aux infirmières et au personnel soignant par ce biais-là. De mettre mes compétences à leur profit. » Le travail était encadré, explique la styliste. Dans ce cadre, elle était certaine de travailler avec la matière adéquate et de produire des équipements qui correspondent aux normes de sécurité et de protection, ce qui la rassurait. « C’était bien organisé. Dans le kit, on avait la matière et des explications. C’est une matière particulière qu’il faut s’approprier, mais c’est facile à faire. Il n’y avait qu’à assembler les panneaux, les manches et les liens pour pouvoir attacher à la taille et à l’encolure. Avec une organisation ‘à la chaîne’, je mettais en moyenne 18 minutes pour coudre une blouse. J’en ai cousu 35 par semaine. » Renvoyées ensuite au CLC, la qualité des blouses est systématiquement contrôlée. L’organisation ne compte que 4% de rebut. Pour la plupart des pièces refusées, il a simplement suffi d’y apporter quelques corrections. Toutes les blouses certifiées sont ensuite mises en quarantaine, avant de partir vers l’hôpital. Ph. AnnPiron Ph. D.R. Belga/E. Lalmand OBJECTIF ATTEINT Au lancement de l’opération, les besoins étaient alors estimés à 50.000 blouses de protection. Après dix semaines, cet objectif ambitieux a déjà presque été atteint. Grâce à la solidarité, la pénurie est évitée et le personnel soignant a toujours été bien protégé. « Sans ça, on n’y serait pas arrivés », pointe l’organisation. « Il faut savoir qu’au pic de l’épidémie, nos besoins étaient de 1.000 blouses par jour. » Si les besoins sont moindres aujourd’hui, ils sont toujours existants. Et la solidarité, toujours bien nécessaire. « On a encore quatre ou cinq mois, au moins, à risquer des pénuries au niveau matériel ». Heureusement, les bénévoles ne s’arrêtent pas, malgré le déconfinement. De plus, ces blouses « home made » peuvent désormais être réutilisées. « On a testé et validé le lavage. Ces blouses-là ne sont plus à usage unique, elles sont réutilisables cinq fois en moyenne ». De véritables armures solidaires pour les soignants. Oriane Renette
metrotime.be VENDREDI 5/6/2020 MADE IN BELGIUM 9 « Le métier a changé sur tous les points » À chaque parution, Metro veut mettre en avant des citoyens et leurs métiers. Aujourd’hui, nous rencontrons AhmedSall, un facteur à Schaerbeek. Inlassablement, ses collègues et lui ont continué de livrer notre courrier et nos colis malgré la pandémie de coronavirus. Comme de nombreux autres métiers, les facteurs ont pourtant dû s’adapter. Ahmedest facteur depuis six ans. Comme de nombreux autres travailleurs, il a dû s’adapter aux nouvelles conditions de travail liées au coronavirus. Lorsqu’on lui demande si son métier est plus dur maintenant qu’il y a cinq mois, sa réponse est claire. « Le métier n’est pas plus dur. Mais il a changé sur tous les points », explique-t-il tout simplement. En pratique, son métier est donc totalement différent. Les nombreux contacts humains, qui sont fondamentaux dans son boulot, appartiennent désormais au passé. « Le contact avec les collègues et les clients ont totalement disparu, mais on comprend. On a aussi une famille », confirme-t-il. La procédure pour livrer des colis a par exemple totalement changé. « Elle a été réadaptée en profondeur. Avant, on donnait la main ou on faisait la bise aux clients, maintenant on ne le fait plus. On est obligés de mettre des masques et des gants que l’on nous donne chaque jour. On ne peut simplement plus avoir de contacts avec les clients. Parfois, on ne les voit même pas. On ne fait également plus signer les gens, on le fait nous-mêmes », détaille Ahmed. Avec les collègues aussi, le contact est différent. Plus question par exemple de prendre un collègue en camionnette. « On nous a donné des camionnettes dans lesquelles il n’y a plus qu’une place. Donc, si on croise un collègue, on ne peut plus le prendre », poursuit le facteur. Toutes ces mesures, qui changent son métier, Ahmedles comprend. « Elles sont là pour nous protéger et protéger le client. Je trouve que ce sont de bonnes mesures. Si elles n’existaient pas, je n’aurais pas le courage de travailler. Moi aussi, j’ai une famille derrière, et je dois calculer l’impact de mon travail sur ma famille. Mais la direction a géré. » OPÉRATION EN MAISON DE REPOS Le courage de travailler, justement, Ahmedle trouve toujours en pensant au service qu’il rend à ses clients. Surtout qu’en toutes circonstances, ces derniers trouvent de nouvelles manières de lui exprimer leur sympathie. « Au début, les gens nous avaient un peu oubliés, ils pensaient en priorité aux policiers et aux infirmiers. Et puis, ils ont vu qu’on était aussi sur le devant de la scène. On a eu des messages sur les boîtes, des clients qui nous encourageaient à distance… » Des encouragements que le facteur a essayé de rendre à la population, notamment lors d’une expédition autour des différentes maisons de retraite de Schaerbeek. « Avec des collègues, on a fait une caravane pour passer devant les homes et klaxonner. Les résidents se sont mis aux fenêtres et cela faisait vraiment chaud au cœur. » Au moment de tirer les conclusions sur les différentes mesures prises pour assurer sa sécurité, Ahmedest positif. « Moi, personnellement, je me suis senti bien protégé avec tout ce qui a été mis en place. Les patrons viennent nous voir régulièrement pour nous encourager. » Et à l’heure où de nombreux travailleurs ont peur pour leur emploi, Ahmedest plutôt positif. « J’ai confiance car on nous a donné des garanties. Et puis Ph. D.R. ET SI ON RÉAPPRENAIT À VOLER ? chez bpost, l’avantage qu’on a, c’est qu’on a la possibilité de progresser », conclut-il. (cd) Le monde vit pour l’instant dans la turbulence. Turbulence causée par un virus. Mais lorsque la tempête se calmera, tout redeviendra-t-il comme avant ? Ou plutôt  : voulons-nous vraiment que tout redevienne comme avant ? N’est-ce pas le moment idéal pour remettre certaines choses en question ? Chez Brussels Airlines, nous souhaitons que nos passagers et notre compagnie soient portés par un vent de fraîcheur et de renouveau. Sous la devise ‘change is in the air’, nous explorerons, avec des spécialistes de différents domaines, les pistes qui mènent au changement. Comment renforcer encore la sécurité, par exemple, en portant une attention toute particulière aux nouvelles normes sanitaires ? Quelles initiatives prendre pour continuer à réduire, encore et toujours, notre empreinte carbone ? Comment faire en sorte que voler devienne un choix raisonné, plutôt qu’une simple habitude ? Le trafic international restera toujours essentiel, mais peut-être faut-il l’envisager de manière plus consciencieuse ? Nous n’avons pas encore toutes les réponses à ces questions. Mais nous voulions déjà vous donner un aperçu de ces nouvelles perspectives. Qu’ensemble, nous allons pouvoir concrétiser. D’ici là, nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont apporté leur soutien ces dernières semaines. Et en particulier, tous nos collaborateurs. Sans eux, ce nouveau départ ne serait pas possible. Nous nous réjouissons de pouvoir vous accueillir bientôt à bord d’une nouvelle façon de voler. #ChangeIsInTheAir



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