Métro Belgique n°4192 11 mar 2020
Métro Belgique n°4192 11 mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4192 de 11 mar 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : festival de couleurs à Mumbai.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 CULTURE MERCREDI 11/3/2020 metrotime.be « ET LES VIVANTS AUTOUR », LE NOUVEAU ROMAN DE BARBARA ABEL « J’ai un instinct naturel à traiter mes idées en thriller » Après « Derrière la haine », « Je sais pas » et « Je t’aime », la reine du thriller belge est de retour. Très attendu, le nouveau roman de Barbara Abel, « Et les vivants autour », vient de sortir en librairie. L’auteure bruxelloise nous plonge dans les tourments de la famille Mercier, déchirée autour de Jeanne, plongée dans le coma depuis quatre ans. Comment définiriez-vous le thriller à la Barbara Abel ? « Mon terrain de jeu de prédilection, c’est la famille. Je ne peux pas le nier ! Mais plus que la famille, ce sont les gens ordinaires. J’aime bien les mettre dans des situations extraordinaires. C’est ça qui me plaît. C’est du thriller psychologique, donc je dois imaginer l’histoire de ces gens ordinaires, densifier les personnages, et forcément les inscrire dans un contexte familial. C’est pour cela que je parle de famille. » Quels sont les ressorts essentiels dans la manipulation du lecteur ? « Les ressorts sont pratiquement toujours les mêmes. Le thriller, c’est avoir une bonne situation de départ, c’est-àdire un conflit entre les personnages. Première chose, il faut bien présenter les personnages pour que les lecteurs les connaissent. On a besoin de les connaître pour avoir de l’empathie, pour être touché. Deuxième chose, c’est savoir quelles informations donner au lecteur, et l’ordre dans lequel on va les donner. Le moment est déterminant. Tout ne tient pratiquement qu’à ça. » Comment arrivez-vous à créer une telle empathie pour vos personnages ? « Je mets de moi dans tous les personnages. Pour chacun d’entre eux, je me mets à leur place. On a tous ressenti la jalousie, la haine, l’amour, la tristesse, la joie… Même si je ne suis pas dans la même situation que mes personnages, je puise dans mes souvenirs émotionnels pour tenter de décrire leurs émotions. J’essaye de rester la plus honnête et sincère possible. Je pense que cette sincérité transparaît malgré tout et fait que j’embarque le lecteur avec moi. Et puis, j’essaie toujours que mes personnages ne soient pas clichés mais profondément humains. Je n’ai jamais aucun personnage qui est tout mauvais ou tout bon. Ils ont chacun leurs failles et leurs bons côtés. » Vous vous attachez souvent à la figure maternelle dans vos romans. Cela vient plutôt de vous ou de votre mère ? « Les deux. J’ai une relation très forte Ph. M. Avanzato avec ma mère. Je lui suis profondément attachée, il y a un amour inconditionnel entre nous. Et je suis maman moimême, de deux enfants de 19 et 12 ans, avec tout ce que cela implique comme montagnes russes émotionnelles ! Forcément, étant fille et mère, c’est quelque chose d’important pour moi. J’arrive à puiser plus facilement dans les émotions maternelles, puisque ces émotions-là sont très importantes à mes yeux. » C’est donc pour puiser dans vos émotions que vous choisissez plutôt des personnages féminins ? « Oui. Il n’y a pas un seul de mes livres où le héros est masculin, tout simplement parce que je crois que j’aurais du mal à me mettre à la place d’un homme. J’ai un besoin d’identification. Et puis, la majorité du lectorat est féminin. Les lectrices vont plus s’identifier à une héroïne féminine. Enfin, c’est bizarre de le dire dans cette période de féminisme exacerbé, mais il n’y a rien à faire, on est ET LES VIVANTS AUTOUR ET LES VIVANTS AAJTEM ? plus en empathie avec un personnage féminin en danger qu’avec un personnage masculin dans la tourmente. » Vous explorez la situation des femmes dans ce roman… « C’est la thématique principale. Ça parle du corps de la femme, de la place de la femme à travers tous les personnages. Celui de Jeanne, à travers ce corps qui est muet et incapable de se défendre. C’est quand même le plus gros #MeToo de toute l’histoire des #MeToo. Celui de Charlotte qui veut absolument un enfant parce qu’il y a le diktat de la société qui est là, alors qu’au fond d’ellemême elle n’a pas envie d’enfant. Micheline, enfin, qui a sacrifié sa carrière professionnelle et sa vie de femme pour ses enfants et son mari. À un moment donné, elle se pose la question  : ‘Au nom de quoi ? Pour sauver quoi ?’ » BOOKS Qu’est-ce qui peut provoquer ce déclic dans l’esprit des femmes ? « L’actualité fait beaucoup. Après, chacun a son rôle à jouer. On doit se demander ‘Qui suis-je ? Qu’est-ce que je veux ?’Toutefois, je pense que le vivre ensemble demande des concessions. On ne peut pas faire toujours ce que l’on veut en tant que mère, femme, professionnelle… Mais au-delà de ça, c’est à nous de nous demander quelle est notre limite et à savoir dire ‘Non. Stop, maintenant ça suffit’. Et d’agir en conséquence. C’est ce qu’elles font et c’est ce que nous faisons toutes. » Vous avez envie d’explorer d’autres genres que le thriller psychologique ? « Non. À un moment, je suis sortie du thriller pour écrire deux comédies, en 2008. Ça a été une catastrophe commerciale retentissante. Ça m’a refroidie et depuis, je ne me pose plus la question. En dehors de ça, à chaque fois, j’ai un instinct naturel à traiter mes idées en thriller. Oriane Renette Jeanne, 29 ans, est plongée dans le coma depuis quatre longues années. Sa vie s’est mise en pause, celle des autres a continué, en suspens. Jusqu’à ce que l’impensable se produise. Autour de ce corps inerte, mais bien vivant, une famille se déchire autour d’un dilemme insoutenable. Dans son nouveau roman, Barbara Abel nous plonge dans les pensées les plus intimes de ses personnages et expose les failles de l’être humain. Au plus près de leurs émotions, la psychologie des personnages est disséquée en toute subtilité. L’auteure réunit tous les ingrédients qui font le succès de ses romans. Pour notre plus grand plaisir, elle nous manipule habillement au gré des événements, des histoires de famille, des secrets et des mensonges. Une thématique forte, un thriller percutant et questionnant. (or) « Et les vivants autour » de Barbara Abel, édition Belfond, 448 pages, 19,85 € ●●●●○
metrotime.be MERCREDI 11/3/2020 CULTURE 13 ARTUS SE FAIT PLAISIR DANS UN WESTERN COMPLÈTEMENT DÉLIRANT « Rire, manger et baiser sont les trois choses les plus plaisantes de la vie » Début avril, Artus et sa troupe fouleront les planches belges pour présenter « Duels à DavidéJonatown », un western loufoque dans lequel les habitants de DavidéJonatown doivent choisir un nouveau shérif en s’opposant dans des duels à mort. Dans les personnages du spectacle, on retrouve le bon, la prostituée, le truand, un membre du KKK… Vous ne vous êtes rien refusé ! « Non, parce qu’il ne faut pas. Si on commence à se censurer, c’est la fin de l’humour. On ne s’est mis aucune barrière dans ce spectacle. » Vous ne vous êtes donc jamais censuré ? « Franchement non, parce que je ne me pose même pas la question. Il y a des sujets où l’on sait qu’on aura des problèmes mais c’est comme ça. Un humoriste qui n’a pas de problèmes n’est pas un bon humoriste. » Et vous avez des problèmes pour l’instant ? « Oui, tout le temps. Il y a toujours des associations qui viennent nous chercher des poux. » Vous leur répondez quoi ? « Avec plus de pincettes, mais ‘allez voir ailleurs’. » Dans le spectacle, vous jouez trois personnages différents, en avez-vous un préféré ? « J’aime bien le méchant, Bobby Dick, car c’est toujours agréable de jouer un rôle de méchant que ce soit au cinéma ou sur scène. Ce sont des choses qu’on a envie qu’on nous propose parce qu’on ne l’est pas dans la vie. Plus le personnage est méchant, plus il est agréable à jouer. » Pourquoi avoir voulu jouer trois personnages ? « Parce que, quitte à faire son projet soi-même, autant se faire plaisir et se donner le plus de matière à l’amusement possible. Si j’avais pu en faire 12, j’en aurais fait 12, je pense. Après, au niveau de l’histoire, il faut rester un peu cohérent. » Vous avez aussi apporté une attention toute particulière aux décors. « Oui, je voulais que les décors et les costumes soient beaux, bien faits, pas kitsch. Plus les gens sont visuellement dans l’univers western, plus on peut, nous, se permettre de sortir de la pièce pour y rentrer de nouveau. Donc c’était vraiment un souhait et cela n’était pas négociable  : je voulais de beaux décors et de beaux costumes. » Quel est le plus gros challenge quand on met un spectacle en scène ? « C’est surtout de gérer les copains afin qu’il n’y ait pas de guerre d’ego. C’est compliqué de diriger des amis. Quand ce sont des gens qu’on ne connaît pas, c’est plus facile. Mais pour le coup, j’ai une super troupe, donc il n’y a eu aucune prise de bec et tout s’est très bien passé. » Cela fait près de trois ans que la pièce existe, a-t-elle évolué ? « Oui, je pense qu’en trois ans il y a eu 200 pièces différentes. Elle évolue tout le temps, tous les jours, et cela va continuer d’évoluer jusqu’à la fin. » Avec le recul, jugez-vous l’expérience satisfaisante ? « Oui, même sans recul ! Cela a été très satisfaisant dès le début. Dès le début, on s’est amusés. C’est pour cela qu’on a joué une seconde année alors que la pièce ne devait durer qu’un an à la base. On devait aussi seulement jouer à Paris car c’était compliqué de partir en tournée, puis on s‘est dit qu’on devait partir en tournée. À chaque fois, on trouve un moyen de prolonger le plaisir et de continuer l’aventure. » Cherchez-vous encore à la prolonger ? « Alors là non, elle va s’arrêter fin juin car je vais retourner au one-man-show. Mais on n’est pas à l’abri qu’elle revienne dans quelques années. » De quoi parle votre prochain one-man-show ? « Ce sera sur tout ce dont on nous dit qu’on n’a pas le droit de dire en ce moment. Je suis en train de l’écrire ». On vous a vu dans « Danse avec les Stars », « le Bureau des légendes », vous faites du théâtre, de la scène. Vous avez ce besoin de vous exprimer dans des registres différents ? « Pour moi, c’est le même métier en fait. Je me considère comme comédien. C’est comme si je vous disais Ph. D. Jonatown. e211% TIME OUT Ph. D.R. que vous êtes cuisinier et que vous ne pouvez rester qu’aux carottes. Pourquoi voudriez-vous faire des patates, des navets, de la viande ? Parce que c’est plus intéressant ! Il faut savoir varier les plaisirs. Je trouve cela bizarre de vouloir se cantonner. En plus, on aime bien mettre les gens dans des cases, surtout en France. Donc si on arrive à en sortir, c’est encore mieux. Si on me demandait de choisir, je ne saurais pas quoi choisir. » Vous avez toujours gardé un lien avec la cuisine, c’est important pour vous ? « Oui, c’est très important. Cela fait partie des plaisirs primaires qui me touchent. Pour moi, rire, manger et baiser sont les trois choses les plus plaisantes de la vie. » Quel est le plus plaisant ? « Les trois séparés. Si on mange en baisant et qu’on est mort de rire, c’est bizarre. » À quel moment avez-vous réalisé que vous ne vouliez pas faire de la cuisine toute votre vie ? « Au moment où je me suis rendu compte que j’avais envie d’avoir une vie sans que mes doigts puent la bouffe toute la journée (rires). J’étais passionné mais pas assez. Il y avait des gens plus passionnés que moi et j’avais une autre passion qui était la scène. Elle m’a attiré et cela s’est fait assez naturellement. » Que gardez-vous comme souvenirs d’« On n’demande qu’à en rire » ? « Plein de bons souvenirs. Cela a été ma première télé, ma première scène tout seul. Et puis, cela a été un accélérateur, grâce à Laurent Ruquier et cette émission j’ai gagné pas loin d’une petite dizaine d’années. Donc je suis très content, ce n’est que du positif. » Vous avez encore beaucoup de contacts avec les autres humoristes ? « Pas tous car on a tous des parcours différents et on a globalement beaucoup de travail. Ceux dont je suis le plus proche, c’est Vérino, Florent Peyre, Jérémy Ferrari et Arnaud Tsamère. » (cd) La comédie déjantée « Duels à DavidéJonatown » fera halte en Belgique les 2 (Mons), 3 (Charleroi), 4 (Louvain-la-Neuve) et 5 (Bruxelles) avril.



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