Métro Belgique n°4192 11 mar 2020
Métro Belgique n°4192 11 mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4192 de 11 mar 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : festival de couleurs à Mumbai.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 CULTURE MERCREDI 11/3/2020 metrotime.be REVIEWS Hope Gap Ph. Origin Pictures Après 29 ans de mariage, Edward décide de quitter sa femme Grace. Pas de chance pour leur fils Jamie, l’annonce tombe justement quand il rentre au bercail. Avec ses somptueux décors de falaises, cette adaptation d’une pièce de théâtre nous donne un goût de huis-clos en bord de mer, puisant toute sa force dans de longs dialogues bien aiguisés. De quoi donner la matière nécessaire aux acteurs pour explorer la chute de domino psychologique qui les unit. Dans la peau d’un mari croyant que sa bienveillance suffit à expliquer sa passivité, Bill Nighy (le rockeur sexagénaire de ‘Love Actually’) prouve une fois de plus qu’il est charmant en toutes circonstances. Mais le duo mère-fils attire toute notre attention. Annette Bening rugit avec la même intelligence que dans ‘American Beauty’, pendant que Josh O’Connor (le Prince Charles dans la série ‘The Crown’) réalise doucement qu’il n’a jamais tué ses parents. Un film un peu verbeux mais très juste, à ne jamais voir en famille ! (si) L’histoire tourmentée de l’Agneau mystique ●●●○○ Peintre du duc de Bourgogne Philippe le Bon (1396-1467) et artiste au service de la cour et des riches habitants de villes comme Bruges et Gand, Jan van Eyck était le meilleur peintre de son époque. Parmi ses chefs d’œuvre, l’Agneau mystique est probablement le plus connu. C’est aussi une réalisation qui a marqué l’histoire de l’art pour les péripéties qu’elle a connues. Sauvée des iconoclastes au 16 e siècle, des conflits qui ont suivi la révolution française au 18e, mis en danger lors de la Première Guerre mondiale, pas loin de succomber dans la folie destructrice du 3 e Reich en 1945… Comme si cela ne suffisait pas, l’Agneau Mystique est désormais au cœur d’une énigme, puisqu’un de ses panneaux a été volé en 1934, et jamais retrouvé depuis. Alors que l’année van Eyck bat son plein (avec notamment une grande exposition à Gand), Harry de Paepe et Jan Van der Veken reviennent pour le grand public sur ces événements qui ont fait l’histoire du tableau. Intriguant et passionnant ! (cg) « L’Agneau mystique  : admiré et volé », de Harry de Paepe et Jan Van der Veken, éditions Casterman, 112 pages, 20  € ●●●○○ Woman Queen & Slim Ph. Cherry Pickers Ph. WW Entertainment Mondialement connu depuis 1999 avec ses photos de la Terre vue du ciel, le photoreporter et écologiste YannArthus-Bertrand est une personnalité controversée  : loué pourson travail artistique et son engagement écologique, il est critiqué pour ses liens avec les grands groupes de l’industrie capitaliste. Coréalisé avec Anastasia Mikova, son nouveau documentaire ‘Woman’reprend le principe des précédents (‘Home’et ‘Human’)  : des témoignages face caméra venus de toute la planète, jusqu’aux coins les plus reculés. Cette fois, les femmes sont au cœur du sujet. Les histoires intimes se mêlent, joyeuses ou douloureuses, souvent bouleversantes. Les sponsors clinquants du film (BNP, le géant du luxe LVMH) lui confèrent des moyens inédits en termes de diversité et de qualité.Pourcertains,ils en fixent aussi les limites éthiques. Cela étant dit, ces femmes aux mille visages différents méritent d’être vues et écoutées, et ‘Woman’est une occasion unique pour le grand public de les rencontrer. (em) La chute du Donald Trump du neuvième art ●●●○○ Avec des sagas comme « Blast », « Le Combat ordinaire » ou encore « Le Retour à la terre », Manu Larcenet s’est imposé comme un auteur et dessinateur majeur de la bande dessinée francobelge. Sa « Thérapie de groupe » risque néanmoins de déstabiliser son lectorat. Il se met en scène dans la peau de Jean-Eudes de Cageot-Goujon, une star internationale de la BD, surnommée le Donald Trump du neuvième art, qui n’a plus d’inspiration. À travers son personnage, il parcourt ainsi l’univers de la création au fil de l’Histoire. L’album part rapidement dans tous les sens. Le lecteur peut ainsi se retrouver plongé en 2047 et la page suivante, avec des hommes préhistoriques dans une caverne. Si le scénario est original mais très décousu, graphiquement, « Thérapie de groupe » fourmille de bonnes idées. Les styles ne cessent de changer et chaque page, ou reste, constitue une surprise. Un OVNI déstabilisant mais intéressant. (tw) « Thérapie de groupe,t.1  : L’étoile qui danse », de Manu Larcenet, éditions Dargaud, 56 pages, 15  € ●●●○○ MOVIES À la base, c’était juste un rendez-vous Tinder. Mais sur la route, la voiture se fait arrêter  : simple affaire de clignotant mal réglé. Mais le policier est blanc, eux sont noirs, et la situation va déraper… On pense forcément à ‘Bonnie and Clyde’ou ‘True Romance’devant ce premier film de Melina Matsoukas, qui a fait ses armes avec les clips de Lady Gaga ou Beyoncé. Mais si ‘Queen & Slim’n’échappe pas aux poncifs du film de cavale amoureuse, il renouvelle le genre avec brio grâce à sa dimension politique sagace. De ‘Loving’à ‘Selma’, on n’avait jamais vu les tensions raciales des USA abordées sous cet angle-là. Rajoutez l’alchimie fiévreuse entre Jodie Turner-Smith et Daniel Kaluuya (‘Get Out’), les seconds rôles qui font mouche (Flea des Red Hot, Indya Moore de la série ‘Pose’) et la mise en images ambitieuse et soignée, et vous obtenez un des films les plus forts de l’année. Aux Oscars, le nom de Matsoukas figurait sur la robe brodée de Natalie Portman dédiée aux réalisatrices snobées. (em) Seules à Berlin BD ●●●●○ La bande dessinée permet parfois de rendre vivantes des pièces historiques. Nicolas Juncker y parvient parfaitement dans cet album qui raconte la prise de Berlin par les Russes en 1945. On y suit Ingrid l’Allemande, qui va cohabiter pendant quelques jours avec Evgeniya l’interprète russe. La rencontre est fictive, mais ces deux destins sont bien réels. La victoire sur le Troisième Reich s’accompagne alors de son lot d’horreurs. L’auteur nous plonge dans les carnets de souvenirs de ces deux femmes plongées dans l’enfer de la guerre. Les extraits du journal intime d’Ingrid, particulièrement poignants, racontent les viols à répétition subis par les femmes du pays vaincu. On y découvre aussi avec horreur comment certaines « se cherchaient un gradé », histoire de « n’être la propriété que d’un seul » plutôt que de subir les agressions à répétition des soldats. Un récit effrayant. (cg) « Seules à Berlin », de Nicolas Juncker, éditions Casterman, 200 pages, 25  € ●●●○○
Vous êtes venu rencontrer des jeunes ici en Belgique pour les sensibiliser à certaines thématiques. Lesquelles vous tiennent à cœur ? « Surtout celles que j’ai abordées dans l’album ‘Il était une fois…’. J’ai un peu le rôle du grand frère et j’évoque ce qui les touche le plus. Par exemple, le harcèlement scolaire, l’idée que l’on peut tout perdre du jour au lendemain, les valeurs maternelles, la chance que l’on a d’avoir une bonne santé, la dangerosité des réseaux sociaux, etc. Je parle de tout cela à travers mon album et cela m’a amené ici aujourd’hui parce que ça les touche directement. Quand on m’a dit que ces élèves m’avaient choisi, j’ai annulé mes journées à Paris pour venir les rencontrer. » Vous parlez du harcèlement dans le titre « Lucien ». C’est quelque chose dont vous avez aussi souffert ? « Non, je ne l’ai pas vécu, parce que je ne me laissais pas faire. Par contre, avec du recul, je me suis rendu compte que je l’avais vu dans les cours de récré. J’ai vu des jeunes se faire harceler, mais à cet âge-là, on ne se dit pas que c’est du harcèlement scolaire. On se dit que ce sont juste des camarades qui embêtent un autre camarade. Mais en réalité, les scènes que j’ai vues étaient assez difficiles. En fait, je n’avais pas la maturité de dire ‘arrêtez, les gars’. On n’en rigolait presque. C’est pour cela que j’ai écrit ce morceau. » Vous prenez à cœur ce rôle de grand frère ? « Oui, parce que j’ai aussi deux petits frères et une petite sœur. Et oui, c’est une responsabilité. Il faut leur parler et montrer l’exemple. Mais toute notre famille est très proche. J’ai un frère qui fait aussi du rap, on se parle souvent. » Le morceau « Ainsi valse la vie », c’est pour exorciser une sorte d’angoisse de ne pas retomber dans la pauvreté ? « Il y a de ça. Mais c’est surtout parce que je l’ai vécue. On s’est fait expulser moi et ma famille. On a vécu trois mois à la rue. Mais grâce à des proches qui nous ont toujours soutenus, nous avons logé à gauche et à droite. Mais on n’avait pas de domicile fixe, donc on était SDF. Suite à cela, quand ma mère a trouvé un autre logement, je me suis automatiquement rapproché des gens qui dorment dehors. Je me suis fait plein d’amis SDF, j’ai appris leur mode de vie, ils ont appris à me connaître, certains m’ont vu grandir. J’en ai vu mourir malheureusement. Tout cela m’a marqué, et c’est pour cela que j’ai écrit ce morceau. Les hauts et les bas, cela peut arriver à tout le monde, surtout à ceux qui sont en haut. Plus dure est la chute. » Quand on écoute l’album, il a comme un côté autobiographique. « Je n’avais pas en tête une autobiographie, mais je voulais u metrotime.be MERCREDI 11/3/2020 CULTURE 11 BLACK M À LA RENCONTRE DES JEUNES BELGES POUR ÉVOQUER SON EXPÉRIENCE Il était une fois Black M Black M était de passage chez nous, il y a quelques jours, afin de rencontrer près de 1.000 élèves venant de 13 écoles à l’Athénée du Sippelberg à Molenbeek. L’occasion pour lui de sensibiliser les jeunes au décrochage scolaire et au harcèlement. Des thématiques qu’il aborde d’ailleurs dans son dernier album « Il était une fois » dans lequel il se livre tout entier. Le temps d’un album, Black M se dévoile et évoque ses expériences, bonnes et mauvaises, ses origines, ses amours et son parcours de vie. Ph. D.R. SOUNDCHECK évoquer l’histoire de ma vie en tant qu’être humain, et ce qui m’entoure. Et je me suis dit que ce qui me touche allait toucher tous les êtres humains. Ici, je ne suis pas dans une formule ‘tube’, je ne fais pas danser pour rien, je raconte quelque chose à chaque fois. Je ne l’avais pas encore fait dans ma carrière, même si ce n’est que le troisième album. Les deux premiers avaient davantage une connotation fête. Là, il fallait que je raconte quelque chose, pour que les gens se rendent compte que chez BlackM, il y a le fond et la forme. J’en avais besoin. D’ailleurs, je commençais à avoir l’étiquette ‘BlackM, ce n’est que pour les enfants, et pour faire danser, il n’y a rien de profond’. Et sachant d’où je viens, je voulais parler clairement de ce qu’il y avait dans ma tête. » « Léa », c’est une chanson d’amour très intime pour votre femme. « Oui, il le fallait, parce que ça fait 12 ans qu’on est ensemble. C’est une femme que j’ai rencontrée à mes tout débuts. Je n’avais rien, c’est elle qui me payait le restaurant. On est toujours ensemble, on a un fils. C’est l’hommage parfait pour moi. » C’est assez rare sur un album de rap. « Oui mais pas tant que ça. Regardez ‘Caroline’de MC Solaar. Ce sont des morceaux comme ça qui marquent, surtout venant d’un rappeur. Gims l’a fait aussi il y a quelques années avec ‘Bella’. Et il y en a plein d’autres. Mais les gens n’y prêtent pas attention. » On a l’impression que le rap et la musique vous ont sauvé. « Ah oui, clairement. Ça m’a même sauvé avant d’être connu, parce que j’étais un enfant de la rue. Au lieu d’aller vers l’une ou l’autre bêtise, j’allais au studio de musique. » Vous aimez intégrer vos origines guinéennes dans votre musique. « Mes origines, c’est moi, mes parents, ma famille. Donc, en parler n’est pas difficile pour moi. Je suis d’origine Peuls, une ethnie de l’ouest qui sont les nomades de l’Afrique. Je comprends très bien la langue. D’ailleurs, sur le morceau que j’ai écrit sur la Guinée et qui s’appelle ‘Maître Yaya’, il y a un sample d’une grande chanteuse guinéenne Fatou Linsa qui est décédée récemment. Je lui rends ici hommage. » Pierre Jacobs



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :