Métro Belgique n°4174 11 fév 2020
Métro Belgique n°4174 11 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4174 de 11 fév 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : la tempête Ciara s'en va.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 CM GREEN MARDI 11/2/2020 1 metrotime.be Quand les artistes se bougent pour la planète User de sa notoriété pour faire évoluer les mentalités en ce qui concerne l’écologie, c’est bien entendu quelque chose qui ne date pas d’hier. Toutefois, les moyens utilisés et les causes défendues sont aussi divers et variés qu’il existe d’artistes engagés. L’émergence des réseaux sociaux a permis à nombre d’entre eux de transmettre un message à leur public autrement que par le biais de l’art. L’année 2019 de Roméo Elvis aura été chargée musicalement mais pas uniquement. Dès janvier, l’artiste a choisi de faire la guerre au plastique, mais surtout aux bouteilles d’eau, en lançant le magourdeàmoi et en concevant sa propre gamme de gourdes, afin de lutter activement contre les déchets en plastique. Il s’était aussi, par le biais d’une pétition, adressé au gouvernement belge pour que celui-ci agisse auprès de la jeunesse. Il souhaitait en effet l’installation de points d’eau dans les écoles et la fourniture de gourdes aux élèves de 6 à 18 ans. Fin 2018, plus de 20 personnalités belges s’étaient mobilisées pour convaincre la population d’aller manifester pour le climat le 2 décembre. La vidéo, où l’on retrouvait Angèle, Philippe Gelluck, les frères Dardenne, mais aussi BJ Scott, avait fait le tour des réseaux sociaux. Résultat  : quelque 70.000 citoyens défilaient dans les rues de Bruxelles pour demander au gouvernement belge une politique climatique plus ambitieuse. « Si t’utilises des bouteilles en plastique, t’es raciste, homophobe sexiste et méchant envers la planète, alors montre-moi ta gourde » Roméo Elvis Belga AFP/R. Beck LA FRANCE PAS EN RESTE Naturellement, l’engagement pour le climat ne se cantonne pas aux frontières de notre royaume et nos voisins français multiplient également les démarches pour la planète. En novembre dernier, une soixantaine d’artistes signaient une tribune sous le nom de collectif « The Freaks ». Dans cette déclaration, nommée « Des paroles aux actes », des artistes comme Zazie, Calogero, Matthieu Chedid ou Nagui, faisaient part de leur engagement climatique et souhaitaient « bousculer les habitudes » avec 42 gestes concrets. Plus discrète mais tout aussi engagée, la chanteuse Pomme se sert de ses réseaux sociaux pour partager son quotidien marqué par un engagement climatique marqué. Végétarienne, la jeune femme a pris des bonnes habitudes en matière d’alimentation et consomme uniquement local. Pomme avait également confié ne plus acheter de vêtements neufs  : « Je m’habille uniquement dans des friperies. L’industrie textile figure parmi les plus gros pollueurs. Je n’ai pas envie de cautionner ça. » HOLLYWOOD CONCERNÉ Sous l’impulsion de la star du « Joker », Joaquin Phoenix, et d’autres acteurs, même les Golden Globes et les Oscars se sont mis au vert. En effet, ils ont décidé de proposer un repas respectueux de l’environnement  : bouteilles plastiques interdites sur les tables et menus végétariens. « L’Académie rassemble les storytellers du monde entier, et nous devons à notre communauté internationale un engagement pour aider la planète », a déclaré l’Académie des Oscars, devant les appels de phare des artistes engagés pour le climat. Et la personnalité qui porte sans doute le mieux cet engagement, c’est l’acteur Leonardo di Caprio. Pionnier en la matière, c’est suite à une rencontre avec le vice-président Al Gore en 1998 que la nouvelle sensation d’Hollywood, alors en pleine explosion, crée sa fondation pour la protection de la biodiversité et des communautés, la conservation des océans et contre le changement climatique. Son engagement lui vaudra d’ailleurs d’être nommé messager de la paix pour la lutte contre le réchauffement climatique de l’Organisation des Nations unies (Onu) en 2014. Au fil des discours et des documentaires, l’acteur a toujours souhaité faire passer un message écolo. Vegan, au volant d’une voiture hybride et consommant local, la star garde cependant ses paradoxes avec des voyages en jet privé… SE DÉPLACER AUTREMENT C’est d’ailleurs les modes de transport qui sont souvent au centre de la réflexion des artistes qui multiplient les trajets pour leurs tournées et autres déplacements promotionnels. Coldplay avait d’ailleurs surpris tout le monde en indiquant que le groupe ne ferait pas de tournée pour son album « Everyday Life », sorti en novembre, tant qu’il ne trouverait pas de solution pour faire des concerts avec une neutralité carbone. Même son de cloche du côté des Anglais de Massive Attack, qui ont choisi de ne se déplacer qu’en train pour leurs concerts, et qui financent en parallèle une étude sur le bilan carbone de l’industrie musicale. Radiohead et Thom Yorke aussi ont tenu à ne se rendre que dans des lieux facilement accessibles en transports en commun. « Nous sommes les femmes et les hommes de l’orchestre. Mais pas n’importe quel orchestre, celui du Titanic » The Freaks Et lorsque les artistes marquent leur engagement, les festivals passent au vert. Ces dernières années, de nombreux festivals ont décidé de réduire leur utilisation de plastique. Si certains traînent encore la patte en la matière, les choses bougent dans le bon sens partout en Belgique, et c’est sans doute aussi grâce à l’investissement des artistes pour la cause écologique. Sébastien Paulus
metrotime.be MARDI 11/2/2020 GREEN 13 Des collants durables et moins polluants, c’est possible Ils sont accusés d’être des grands pollueurs et même d’obsolescence programmée. Les bas filent un mauvais nylon. Faut-il pour autant faire l’impasse sur les collants et les bannir de votre dressing ? Pas forcément puisque des alternatives écologiques, durables et plus résistantes font leur apparition. LE BAS BLESSE Dans un futur proche, les collants pourraient être les premiers concernés par le « köpskam ». À l’instar du « flygskam » (la honte de prendre l’avion pour des raisons écologiques), ce nouveau concept venu de Suède signifie d’avoir honte d’acheter des vêtements neufs à cause de leur impact écologique. Il faut dire que les chiffres concernant le marché des bas en nylon ont de quoi donner le tournis. Ainsi une seule paire de collants nécessite à elle seule 14.000 m de fil de nylon et 750 litres d’eau. Il n’existe Comment est né votre projet ? « Nous avons toutes les deux travaillé dans la mode et dans le luxe. Nous aimions beaucoup ce milieu très créatif mais ce sont des grosses institutions dans lesquelles les process pour s’orienter vers des développements plus écologiques sont plus compliqués et mettent beaucoup de temps. On est arrivées à un point où ça a fini par entrer en contradiction avec nos valeurs. Nous avons donc regardé ce que nous pouvions faire nous-mêmes, à notre échelle, pour réconcilier la mode et l’écologie. Nous avons constaté qu’il n’y avait rien, ou presque rien, concernant les collants. » Comment avez-vous fait ? « Tout d’abord, on a regardé ce qu’on pouvait faire concernant la matière et on s’est rendues compte qu’on ne pouvait pas trouver d’autres matières pour faire des collants que le polyamide (NDLR  : le fameux nylon) car sinon il n’y a pas le même rendu sur la jambe. pas de données chiffrées pour la Belgique mais chez nos voisins français, pays de 67 millions d’habitants, 104 millions de collants seraient jetés à la poubelle chaque année. DE L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE ? En 2018, l’association française HOP était allée plus loin en soupçonnant les fabricants de collants d’user d’obsolescence programmée. Ce terme est habituellement utilisé pour les produits électroniques, dont la durée de vie serait volontairement limitée par les constructeurs, mais HOP l’a appliqué au marché des collants. Les résultats d’une enquête menée auprès de 3.000 personnes montraient que dans 40% des cas, les collants finissaient à la poubelle après deux ou trois utilisations, essentiellement parce qu’ils avaient filé ou s’étaient troués. Dans 72% des cas, le collant ne dépasse pas six utilisations. Sans pouvoir le Ph. Rev Society Les collants écolos en fibre recyclée de Rev Society Diplômées de Science Po il y a moins d’un an, Aurore et Laetitia, 26 et 25 ans, ont décidé de quitter leur emploi pour de grands créateurs de mode (Louis Vuitton et Lanvin) dans le but de créer leur propre marque de collants écologiques. Un pari ambitieux et en passe d’être réussi ! On a donc sélectionné un polyamide recyclé à partir de déchets industriels et qui ne vient pas de l’autre bout de la planète. Notre fil vient d’Italie et est créé à partir de chutes de bobines et de vêtements en polyamide. Avant, ces déchets étaient brûlés ou enfuis. Le polyamide est une matière qui peut être recyclée à l’infini, ou presque. Aujourd’hui, nous avons la technologie pour le recycler et refaire un fil qui a les mêmes qualités qu’un fil vierge. Cette technique utilise 80% d’eau en moins qu’un fil vierge et émet 90% de CO 2 en moins dans l’atmosphère. Nous avons ensuite étudié le design du collant pour augmenter sa qualité et sa durabilité. Nous avons opté pour un tricotage fait en Italie avec une maille resserrée. Nous avons également choisi un tricot 3D qui permet d’augmenter la résistance. Enfin, on a fait des choses très simples mais qui n’existent pas sur la majorité des collants en mettant des renforts à la pointe du pied et du talon, les deux endroits où les collants filent prouver, l’association estimait que les fabricants jouaient sur les additifs chimiques pour rendre un collant plus ou moins robuste, et ainsi programmer sa fin de vie. À l’époque, HOP appelait l’industrie à rendre les Ph. Rev Society collants plus durables mais aussi recyclables. Deux ans après cette vaste enquête, des progrès ont été faits. DES ALTERNATIVES EXISTENT De plus en plus de marques le plus facilement à cause du frottement. » Quel sera le prix de vente et vos collants seront-ils livrables en Belgique ? « En France, le prix moyen d’un collant bas de gamme et sans engagement est de 9  € . Pour rentrer dans nos frais et faire fonctionner la marque, nous arrivons à 24  € pour le modèle 30 deniers semi-transparent et à 27  € pour le modèle 50 deniers qui est presque opaque. Ce coût s’explique PIill11.11111111J11lllll in., commencent à proposer des alternatives durables aux collants traditionnels. En Belgique, la chaîne de magasins Veritas a lancé une gamme de collants éthiques et fabriqués dans le respect de l’environnement. En France, deux jeunes femmes ont fondé la marque REV Society et ont mis au point « des collants écolos en fibre recyclée » (voir ci-dessus). Fondé en 2012 par deux Suédoises, Swedish Stockings propose également des collants durables et écologiques, fabriqués à partir de nylon recyclé. La marque Adèle commercialise quant à elle des collants en coton bio 100% made in France. Enfin, la marque britannique Tought conçoit depuis plusieurs années déjà des collants résistants fabriqués à base de bambou. Bref, si vous souhaitez opter pour des collants respectueux de l’environnement, vous commencez à avoir le choix ! parce que la matière recyclée est plus chère que la matière vierge, que nous avons choisi un tricotage de qualité et que nous faisons tout en Europe. Notre produit est un peu plus cher que ce qu’il y a sur le marché mais c’est aussi un gage de qualité. Bien sûr, ils seront livrables en Belgique. Nous avons d’ailleurs eu pas mal de vente en Belgique via notre crowdfunding. » (tw) www.rev-society.com Thomas Wallemacq



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