Métro Belgique n°4170 5 fév 2020
Métro Belgique n°4170 5 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4170 de 5 fév 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : un Belge infecté par le coronavirus.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 CULTURE MERCREDI 5/2/2020 metrotime.be NIKO TACKIAN « Un roman n’existe pas sans sincérité » Niko Tackian et sa plume percutante sont de retour avec un nouveau polar, « Celle qui pleurait sous l’eau ». Un roman captivant sur fond de violences conjugales. On retrouve à nouveau l’enquêteur Tomar Khan dans cette affaire. « Tomar Khan a des embrouilles particulières qui sont aussi importantes que l’enquête. Il a vécu un événement traumatisant et, à travers ses enquêtes, il essaye de réparer son passé et de contenir une certaine forme de violence. Tomar a une autre particularité  : il a de l’épilepsie cérébrale, des absences. Dans ce troisième roman, on lui reproche la mort d’un inspecteur qui enquêtait sur lui… et il n’est pas persuadé de ne pas être l’auteur de ce meurtre. Il va donc devoir enquêter sur Clara, retrouvée morte dans la piscine, et savoir s’il a tué, ou pas, cet inspecteur. » Dans quel état d’esprit aborde-t-il cette nouvelle affaire ? « C’est surtout Rhonda qui l’aborde. Cette enquête qui est liée aux violences faites aux femmes, et en particulier aux suicides forcés. J’ai voulu montrer à quel point il a fallu qu’il se passe quelque chose pour que les consciences s’éveillent sur les inégalités et les violences. Rhonda symbolise ça. C’est la seule à se dire que cette jeune femme solaire ne s’est pas suicidée par hasard. Elle essaie de réveiller ses collègues masculins qui ne sont pas phallocrates, mais pas du tout conscients que ça puisse exister. C’est un miroir de la société  : il a fallu une affaire Weinstein et un hashtag #MeToo pour que des mecs qui ne s’étaient jamais rendu compte que ça existait se réveillent soudainement. Ce qui a aussi été mon cas. » ALBUMS C’est donc une démarche sincère, de faire écho à votre propre « réveil » ? « La seule raison pour laquelle j’écris des romans, c’est la sincérité. Un roman n’existe pas sans sincérité. Mes sujets naissent sur quelque chose qui me choque dans la société, qui me donne envie de hurler, de me rebeller. En l’occurrence, c’était la couverture des Inrockuptibles avec Bertrand Cantat. Ça me dégoûtait tellement, le livre est né de cette révolte. J’ai besoin d’un truc qui me prenne aux tripes, et tous mes personnages aussi du coup. » L’amour peut conduire à la mort ? « L’amour, c’est à la fois une force et une faille. Des gens y entrent en bien, pour combler la faille d’amour, ou en mal, pour la fissurer encore plus. Dans ce roman, il y a plusieurs types d’amours et de profils. Il y a un vrai prédateur qui a des problèmes psychiatriques, et puis des gens normaux qui gèrent des situations amoureuses. L’amour peut sauver, l’amour peut détruire. » Pourquoi avez-vous évité le terme « pervers narcissique » ? « Est-ce que c’est un pervers narcissique ? Certainement, mais pas seulement. Au-delà, c’est quelqu’un qui va jouir de la destruction de l’autre. D’autant plus que ses cibles sont des femmes brillantes avec des vies bien remplies et pleines de projets… Ce sont des femmes trophées pour ces hommes-là. Plus elles sont brillantes, plus ils aiment les descendre, leur faire perdre l’estime de soi, les isoler… ‘Pervers narcissique’, ça drainait trop de chose, je voulais aller dans quelque chose de plus spécifique. » C’est pour cela que vous parlez de « meurtrier psychique » ? « Oui, c’est l’appellation moderne. Meurtrier psychique parce que ces meurtriers ne tuent pas directement les personnes. Elles les détruisent jusqu’à ce qu’elles se tuent elles-mêmes. Je pense qu’on finira par avoir ça dans la loi. Un des problèmes soulevés dans ce roman est que l’on n’a pas d’arsenal juridique et policier pour travailler sur ce type de violences qui entraîne la mort par personne interposée. Une autopsie psychologique, c’est ce que l’on devrait faire sur les victimes de ce type de cas. » Green Day « Father of All Motherfuckers » Attention ! Coup de vieux en vue  : le premier album de Green Day « 39/Smooth » est sorti il y a… 30 ans ! Mais Billie Joe Armstrong et ses amis n’avaient qu’à peine 18 ans à l’époque. Cela fait donc trois décennies qu’ils sont les chefs de file d’un courant pop-punk qui a eu beaucoup d’adeptes aux États-Unis. Avec ce 13 e album, l’énergie reste, mais le côté punk se dissout dans l’indie et l’alternatif, voire même du pur rock’n’roll. S’ils ne renient pas leurs origines, on peut les entendre clamer « I was a teenage teenager full of piss and vinegar. » Dix morceaux, 26 minutes chrono ! Le Thème ? « Not giving a fuck », selon Billy. Vous voilà prévenu. (pj) ●●●○○ MI mi 3 EN QUELQUES LIGNES Niko Tackian revient avec un nouveau polar, « Celle qui pleurait sous l’eau ». Elle, c’est Clara, une jeune femme qui s’est tranchée les veines avant de se jeter dans une piscine municipale. Le commandant Tomar Khan découvre son corps flottant au milieu du bassin. Le verdict semble sans appel  : c’est un suicide. Seule femme dans une équipe d’enquêteurs pleine de testostérone, Rhonda sent que quelque chose se cache derrière la mort de cette jeune femme. Elle sent une présence. Malgré les obstacles, l’enquêtrice décide de tout faire pour lui rendre justice. Elle pourra compter sur l’appui de Tomar, pourtant préoccupé par une autre affaire qui le met en danger. Soupçonné d’un meurtre dont il n’est pas certain d’être innocent, il sent l’étau se resserrer autour de lui. Dans ce nouveau polar aussi captivant que percutant, Niko Tackian explore les ressorts de la manipulation psychologique et des violences conjugales. Une double enquête addictive. (or) « Celle qui pleurait sous l’eau », de Niko Tackian, aux éditions Calmann-Lévy, 250 pages, 18,50  € ●●●●○ Vous écrivez  : « aujourd’hui la société est prête à entendre ces femmes qui crient leur douleur ». Vous pensez vraiment que la société est prête à entendre toutes les femmes ? « Elle n’a jamais été aussi prête. Et elle va devoir le faire qu’elle soit prête ou pas. Le mouvement des femmes, aussi relayé par des hommes, fait pencher la balance. Le chemin va être long avant de redresser un truc qui date de millénaires. Mais au regard de millénaires de silences et de souffrances, ça va relativement vite. Notre société étant finalement très violente, un mec comme Weinstein se retrouve très vite traîné dans la boue. » Sa position fait que sa chute est rapide, mais ce n’est pas pareil pour les personnes anonymes… « C’est beaucoup plus compliqué et ce Lil Wayne « Funeral » BOOKS Ph. Stéphane Bouquet sera beaucoup plus long parce que ça veut dire qu’il faut que la justice rentre dans la sphère privée. Ce qu’elle refuse depuis toujours de faire. Elle met des freins parce qu’elle a peur d’être dépassée le jour où il y aura une jurisprudence qui condamne un mari pour l’homicide interposé de sa femme. Mais il y a quand même un mouvement qui avance. » Tomar Khan reviendra ? « Oui, tant qu’il y a des trucs qui m’indignent… donc ça risque de durer un certain temps ! Le prochain sera sur les enfants, sur la violence du monde dont on les préserve vraiment mal. On les balance dans des milieux très hostiles psychologiquement. Ce sont souvent mes angoisses qui font mes sujets… et j’ai deux enfants. » Oriane Renette SOUNDCHECK À 37 ans à peine, Lil Wayne fait déjà presque figure de vétéran du rap. Il faut dire qu’il n’avait que neuf ans quand il a signé sur le label Cash Money Records, qu’il a quitté aujourd’hui d’ailleurs. Son dernier album remontait à 2015, mais son retour était annoncé depuis 2016. Et l’accueil est mitigé dans le milieu. Encensé d’un côté, démoli par l’autre. Et pourtant, Weezy n’a rien perdu de sa superbe. « Funeral » n’a rien d’un enterrement de première, mais tient plutôt de la résurrection avec une férocité assez jouissive, d’autant qu’il s’acclimate parfaitement du style rap actuel. (pj) ●●●○○
metrotime.be MERCREDI 5/2/2020 CULTURE 13 Dans la peau d’un explorateur spatial Premier jeu des Canadiens de Typhoon Studios, Journey to the Savage Planet est un jeu d’exploration spatiale, coloré et bourré d’humour. La bonne surprise de ce début d’année. Journey to the Savage Planet vous met dans la peau de la nouvelle recrue de Kindred Aerospace, une entreprise d’exploration spatiale. Votre mission est de déterminer si la planète Ary-26, sur laquelle votre vaisseau vient de se poser, est habitable pour les humains. Pour cela, vous allez devoir explorer cette planète de fond en comble, répertorier la faune et la flore locale grâce à votre scanner et trouver les ressources et les technologies nécessaires pour améliorer votre équipement mais aussi, à terme, pour répartir de cette étrange planète. VOYAGE, VOYAGE À première vue, avec son concept, ses couleurs chatoyantes et ses créatures étranges, Journey to the Savage Planet peut faire penser à No Man’s Sky. S’il y a bien quelques éléments de ressemblances, les deux jeux sont cependant bien différents. Dans Journey to the Savage Planet, rien n’est généré de manière procédurale. Le joueur explore ainsi le monde tel qu’il a été créé et voulu par les développeurs. Ensuite, le jeu se distingue par un humour omniprésent. La VF du jeu est doublée en français québécois BD Du cul, du cul et du cul avec un accent très prononcé. Certains y seront allergiques mais nous, on a adoré. Lorsqu’on regagne le vaisseau, on reçoit des messages vidéo hilarants et des faux spots de pub futuristes déjantés, drôles et bien trouvés. Journey to the Savage Planet ne se prend jamais au sérieux et l’effet est très réussi. PLACE À L’EXPLORATION Si quelques combats sont inévitables, Journey to the Savage Planet est axé sur l’exploration, toujours en vue FPS. Pour mener à bien votre mission, vous disposez d’un pistolet dans la main droite. C’est la seule et unique arme du jeu. Dans la main gauche, vous pouvez tenir une petite dizaine de gadgets différents  : de la « grenade » de snacks pour attirer les créatures à la gelée extraterrestre que vous pourrez utiliser comme trampoline. Enfin, au fur et à mesure de l’aventure, vous débloquerez des capacités comme le jet pack ou le grappin qui vous permettront de poursuivre votre exploration et d’atteindre des endroits qui étaient inaccessibles auparavant. Il n’y a qu’une seule planète à explorer. Elle se divise en plusieurs binômes très Dans « Les joies du sex-toy et autres plaisirs coupables », Erika et Matthew annoncent directement la couleur  : « Content de vous revoir, mes chers pervers ! Bienvenue dans ton guide illustré des merveilles du sexe ». Vous l’aurez compris, cette BD de 300 pages n’y va pas par quatre chemins et n’élude aucune thématique. Ce couple de testeurs de sex-toys aborde des sujets variés comme la masturbation, l’art d’assurer dans des plans à trois ou encore le fétichisme. Dans les textes comme dans les dessins, le couple va droit au but mais sans jamais tomber dans la vulgarité. Ils prouvent qu’il est possible de parler de sexualité de manière à la fois franche, légère et amusante. (tw) « Les joies du sex-toy et autres plaisirs coupables », de Moen et Nolan, éditions Glénat collection Porn’Pop, 320 pages, 25  € ●●●○○ Un été à la mer Pas besoin de longs textes et dialogues pour transmettre des émotions. La preuve avec « L’été à Kingdom Fields », une BD venue d’Angleterre et signée Jon Mc- Naught. Entre intimité et mélancolie, l’auteur et illustrateur britannique illustre les vacances d’été de deux jeunes ados et leur mère dans un bungalow au bord de la côte sauvage britannique. Les mots sont rares, l’action aussi. Il ne se passe pas grand-chose mais avec ces magnifiques illustrations, Jon McNaught retranscrit parfaitement ce temps qui passe et cette histoire de vacances. (tw) « L’été à Kingdom Fields », de McNaught, éditions Dargaud, 104 pages, 18  € ●●●●○ différents ayant chacun leurs créatures étranges et leurs ressources à récolter pour ensuite les utiliser dans l’imprimante 3D qui se trouve dans le vaisseau. On peut bien sûr mourir lors de la mission mais le game over n’est jamais punitif. Si on meurt à cause d’une mauvaise chute ou d’un ennemi trop puissant, on retourne dans le vaisseau. Il suffit alors de se déplacer au point de téléportation le plus proche et de récupérer les ressources perdues dans une caisse. Visuellement, Journey to the Savage Planet n’a pas l’ambition d’être le jeu le plus beau de l’année. Mais les graphismes cartoons et colorés sont plaisants. Mention spéciale pour les différentes créatures, pas toujours hostiles et souvent très étonnantes. L’aspect sonore Une nouvelle saga pour toute la famille est également très réussi avec le doublage, les bruitages mais aussi la bandeson discrète mais plaisante. Jouable seul ou à deux via le mode coop en ligne, Journey to the Savage Planet offre une aventure d’une quinzaine d’heures au prix sympa de 30  € . NOTRE VERDICT Premier essai réussi pour le studio canadien de Typhoon Studios, Journey to the Savage Planet est un jeu attachant et plaisant. Pour moins de 30  € , il propose aux joueurs PS4, Xbox One et PC un voyage unique sur une planète inconnue remplie de créatures étranges. (tw) Dans la ville de Londres de l’époque victorienne, Lord Harold est un adolescent privilégié puisqu’il est l’héritier de l’une des plus riches familles d’Angleterre. Mais il n’a qu’une envie  : devenir policier. Pour réaliser son rêve, il se rend dans le commissariat du quartier le plus dangereux de Londres  : Blackchurch. Naïf mais volontaire et intelligent, le jeune héros va découvrir un univers à mille lieues de la noblesse dans laquelle il a grandi. Xavier Fourquemin au dessin et Philippe Charlot au scénario, qui avaient déjà collaboré pour « Le train des orphelins », signent le départ d’une nouvelle saga familiale prometteuse et plaisante qui plaira aux jeunes ados comme aux lecteurs avertis. (tw) « Les enquêtes de Lord Harold –t.1  : Douzième du nom », de Charlot et Fourquemin, éditions Glénat, 56 pages, 14,5  € ●●●○○ La mort aux trousses GAMES L’histoire de « Muertos » se déroule au Mexique, au début du 20 e siècle. Des créatures étranges, muettes et possédées, prennent d’assaut les campagnes et dévastent tout sur leur passage. Les différentes classes de la société, des bourgeois aux contremaîtres en passant par le curé, tentent d’échapper à cette mystérieuse invasion. Entre une ambiance western et morts-vivants, Pierre Place signe un scénario, ultra-dense et prenant. L’approche est très cinématographique puisque l’album est découpé en dizaines de scènes, faisant chacun quelques pages. Le dessin est en noir et blanc et le trait ultra-détaillé. De l’art, du grand art ! (tw) « Muertos », de Pierre Place, éditions Glénat, 152 pages, 25,5  € ●●●●● ●●●●○



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