Métro Belgique n°4167 31 jan 2020
Métro Belgique n°4167 31 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4167 de 31 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : goodbye Britain...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 NEWS VENDREDI 31/1/2020 I metrotime.be AFP/D. Leal-Olivas Des habitants en moins Vendredi à minuit, l’Union européenne va pour la première fois perdre un État membre, qui plus est l’un des plus grands et des plus riches pays du bloc. Avec le départ de 66 millions d’habitants, l’UE verra sa population passer à quelque 446 millions. Son territoire diminuera de 5,5%. Si jamais le Royaume-Uni décidait un jour de revenir, il devrait se soumettre à la procédure d’adhésion habituelle. Après le Brexit, l’UE prépare son avenir LONDRES C’est ce vendredi minuit (23h, à l’heure de Londres) que le Royaume-Uni refermera derrière lui les portes des instances de décision d’une Union européenne à laquelle il participe depuis près de 47 ans. Au cours de la période de transition qui s’ouvrira le 1er février pour onze mois minimum, le pays sera toujours soumis aux règles européennes mais n’aura plus voix au chapitre pour les modifier. Ce mardi se tient la dernière réunion d’un Conseil de l’UE à laquelle un ministre britannique est invité. Ironie de l’histoire, elle portera sur la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Plus que 15 pays pour la majorité qualifiée Belga/D. Le Lardic UNE PAGE SE TOURNE Les partisans d’une intégration plus poussée de l’Union verront ainsi partir un gouvernement volontiers souverainiste, qu’ils considèrent comme un cheval de Troie au sein de l’UE pour les avoir bloqués à de nombreuses reprises par le passé. Cela n’a pas empêché la création de l’euro, de l’espace Schengen, d’une charte des droits fondamentaux, etc., mais au prix Aujourd’hui, la plupart des décisions du Conseil de l’UE sont prises à la majorité qualifiée, notamment en matière de climat, transport, marché intérieur ou migration. Celle-ci est atteinte dès lors qu’une décision est soutenue par 55% des États membres, pour autant qu’ils représentent au moins 65% de la population de l’UE. Avec le Brexit, le calcul de la majorité qualifiée est modifié  : 15 pays et non plus 16 seront nécessaires pour le premier seuil puisque le départ des Britanniques signifie que 12% du peuple européen s’en va aussi. En gros, désormais  : plus un pays dispose d’un nombre élevé d’habitants, plus il accroît son poids relatif. À ce jeu-là, la Belgique y gagne quelque peu elle aussi. Seuls les plus petits États membres, de moins de 4,5 millions d’habitants, y perdent. ◀ AFP/D. Leal-Olivas d’options de retrait garanties pour les Britanniques. LE VETO EUROPÉEN Une chose est sûre  : il n’y aura plus de veto britannique. Il faut dire que ce veto trouvait moins à s’exprimer ces dernières années, vu le recours plus fréquent au vote à la majorité. L’unanimité des États membres est encore requise en matière de politique étrangère, politique fiscale ou pour l’approbation de la programmation budgétaire pluriannuelle, mais même dans ces domaines, il y a belle lurette que les Britanniques n’étaient La droite renforcée au Parlement européen Après l’adoption d’une décision du Conseil, c’est au tour du Parlement européen de voter. Là, ce ne sont pas tant les rapports de forces nationaux qui priment, mais bien ceux entre familles politiques. Et là aussi, le Brexit rebat les cartes. Des 73 sièges abandonnés par les élus britanniques, seuls 27 seront redistribués entre 13 États membres (la Belgique n’en fait pas partie) qui sont actuellement sous-représentés au regard de leur démographie. Ce qui fera passer l’hémicycle de 751 à 705 sièges, les 46 sièges restants étant gelés dans l’éventualité d’un nouvel élargissement. C’est à droite que l’on retrouve les gagnants de la redistribution  : les démocrates-chrétiens du Parti populaire européen (PPE), qui forment déjà le plus grand groupe politique avec 181 députés, ne comptent aucun Britannique dans leurs rangs et récupèrent cinq sièges. Les grands perdants de la redistribution des sièges sont les libéraux et macronistes de Renew Europe (108 sièges), qui voient partir 17 élus Libdems et ne récupèrent que six nouveaux arrivants. Renew reste toutefois la troisième force politique de l’hémicycle, derrière les socialistes et sociaux-démocrates du S&D. ◀ Belga/K. Tribouillard Des droits conservés Environ 1,2 million de citoyens britanniques vivent dans un pays de l’UE, principalement en Espagne, Irlande, France, Allemagne et Italie. Selon l’office britannique des statistiques, 2,9 millions de ressortissants des 27 pays de l’UE vivent au Royaume-Uni. En vertu de l’accord de retrait, les expatriés installés de part et d’autre de la Manche avant la fin de la période de transition conserveront leurs droits de résider et de travailler dans leur pays d’accueil. plus les seuls à freiner. Avant comme après le Brexit, des pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas continueront de serrer la vis sur les dépenses budgétaires. ◀ La minorité de blocage affectée Belga/C. Rehder Autre mécanisme du Conseil influencé par le Brexit  : la minorité de blocage, qui nécessite au moins quatre États membres représentant 35% de la population de l’UE. Cette minorité permet de bloquer l’adoption d’une décision qui doit être adoptée à la majorité qualifiée. À ce jeu, c’est l’Allemagne qui a le poids le plus important. Quant aux tenants d’une libéralisation plus poussée du marché intérieur, de grands accords commerciaux de libre-échange et de moins de protectionnisme, ils perdront avec le Brexit un allié important. Les Pays-Bas, la Suède et le Danemark font partie de ce groupe. Avec l’Irlande et les pays baltes, ils forment la « nouvelle ligue hanséatique ». Mais même ensemble, ce groupe ne dispose pas d’une minorité de blocage. ◀
metrotime.be I VENDREDI 31/1/2020 NEWS IM 7 LE BREXIT  : DU 23 JUIN 2016 AU 29 JANVIER 2020 Des mois d’incertitude avant le grand départ LONDRES Les Britanniques se sont prononcés en 2016 en faveur de la sortie de l’Union européenne. Il aura fallu trois ans et demi d’un feuilleton haletant pour officialiser le verdict des urnes. 23 JUIN 2016  : LE « LEAVE » L’EMPORTE Pour beaucoup, c’est la douche froide. Alors que le Royaume-Uni discutait depuis longtemps de la perspective de quitter l’Union européenne, bien peu imaginaient que les électeurs britanniques s’engagent vraiment dans cette voie. Le 23 juin 2016, le « Leave » l’emporte pourtant sur le « Remain » avec 51,9% des suffrages. Les Brexiters exultent. OCTOBRE 2016  : EN ROUTE VERS UN BREXIT DUR Le choix du Brexit acté, reste à décider de la forme qu’il prendra  : « Brexit mou », en s’alignant sur la majorité des normes européennes, ou bien « Brexit dur », avec fin de la libre circulation pour les Européens, sortie du marché unique, rejet des décisions de la justice européenne… Theresa May, qui est alors Première ministre, donne le ton  : sous la pression de son parti, elle se prononce pour un Brexit dur. 29 MARS 2017  : ACTIVATION DE L’ARTICLE 50 Neuf mois après le choix du Brexit, rien n’est encore décidé quant à la date de sortie de l’UE. Londres active finalement l’article 50, qui ouvre la porte à deux ans de négociations. On imagine alors que le Royaume- Uni quittera l’UE le 29 mars 2019. À Londres comme à Bruxelles, les équipes se mettent en place pour sceller l’accord de divorce. Côté européen, c’est l’expérimenté Michel Barnier qui est chargé du dossier. ÉTÉ 2018  : LES NÉGOCIATIONS PATINENT Un problème épineux apparaît aux négociateurs. En cas de Brexit dur, il faudra mettre un terme à la libre circulation entre l’Irlande du Nord britannique et l’Irlande. Il s’agit pourtant l’un des points-clé de l’accord de paix du Vendredi Saint, qui avait mis un terme au conflit irlandais. Theresa May change alors de stratégie pour se tourner vers un Brexit doux. Pour elle, c’est le début de la fin. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, claque la porte du gouvernement. Il est suivi par le ministre du Brexit, puis par d’autres personnalités plus ou moins influentes. 20 SEPTEMBRE 2018  : LA PERSPECTIVE D’UN « NO-DEAL » Et s’il était tout simplement impossible de trouver un accord ? La séparation serait alors particulièrement brutale  : du jour au lendemain, les Européens ne pourraient plus travailler au Royaume-Uni, des contrôles douaniers pénaliseraient l’économie… Chez les 27 comme au Royaume-Uni, plusieurs agitent cette menace, qui ne ferait l’affaire de personne. À l’occasion du sommet européen de Salzbourg, les dirigeants de l‘UE s’agacent du manque de « propositions sérieuses » des Britanniques. 14 NOVEMBRE 2018  : ENFIN UN ACCORD Après des mois de discussions, de coup de sang, de psychodrames… Un accord a enfin été trouvé, tout en permettant une rupture douce. Le règlement de la question nord-irlandaise est renvoyé à plus tard, grâce au maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière. Cette perspective, qui empêchera le pays de conclure un accord commercial avec des pays tiers, fait enrager les Brexiters. De nouveaux, plusieurs ministres quittent le gouvernement pour exprimer leur désaccord. AFP/D. Leal-Olivas 15 JANVIER 2019  : LE CAMOUFLET DU PARLEMENT Depuis deux mois, Theresa May s’échine à convaincre que son accord est le meilleur possible. Le Parlement britannique n’en a cure  : il rejette les textes soumis par Theresa May. 29 MARS 2019  : LA SORTIE MANQUÉE Les Brexiters attendaient ce jour. Pourtant… il ne se passe rien. Le Royaume-Uni est toujours membre de l’UE, et de plus en plus de monde se demande s’il sortira vraiment de l’UE. 24 MAI 2019  : LES LARMES DE THERESA MAY La première ministre Theresa May a été progressivement lâchée par tout son parti. Elle finit par annoncer sa démission. La voix serrée, elle annonce son départ devant le 10, Downing Street. La porte est grande ouverte pour Boris Johnson. 23 JUILLET 2019  : BORIS JOHNSON AU POUVOIR L’ancien maire de Londres s’engage à mettre en œuvre le Brexit le 31 octobre. « Je préférerais crever dans un fossé que reporter le Brexit », lâche-t-il. Du côté des Européens, on affirme aux Brexiters toujours attendre des propositions sérieuses pour régler le divorce… 28 OCTOBRE  : UN NOUVEAU REPORT Après toute une série de discussions, de votes, et de rejets, le Brexit est à nouveau reporté, quoi qu’ait promis Boris Johnson. Le lendemain, les députés britanniques acceptent le principe de nouvelles élections. Elles sont fixées au 12 décembre 12 DÉCEMBRE  : PARI GAGNANT POUR JOHNSON Après une campagne qui a tourné autour du Brexit, AFP/D. Leal-Olivas Belga/T. Roge AFP/Y. Herman les électeurs se prononcent. Ils donnent une large majorité à Boris Jonhson, qui a désormais les mains libres pour faire appliquer son plan. Ceux qui espéraient encore qu’un échec des discussions mène à un nouveau référendum en ont pour leurs frais  : plus rien ne peut arrêter le Brexit. 9 JANVIER 2020  : PLUS DE RETOUR EN ARRIÈRE POSSIBLE Il est 18h30 ce jeudi 9 janvier quand le EU-Withdrawal Agreement Bill est approuvé. Le Royaume-Uni sortira bien de l’UE à la fin du mois. 29 JANVIER 2020  : Au parlement européen, un vote acte le départ des Britanniques. Main dans la main, les eurodéputés rendent un vibrant hommage à leurs collègues qui quittent l’hémicycle. 31 JANVIER 2020  : À 23h ce soir, le Royaume-Uni ne sera plus membre de l’UE. Dans l’immédiat, cela ne devrait pas changer grand-chose. Une période de transition a été fixée afin d’éviter les soucis techniques. Elle implique que le Royaume-Uni respecte encore quelque temps différentes normes européennes. Les équipes en charge du Brexit doivent maintenant déterminer la relation future. C’est une tout autre négociation qui s’ouvre. (cg)



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