Métro Belgique n°4160 22 jan 2020
Métro Belgique n°4160 22 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4160 de 22 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : cow-boys à ski !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 CM CULTURE MERCREDI 22/1/2020 1 metrotime.be ‘BAD BOYS FOR LIFE’  : LE DUO BELGE ADIL ET BILALL DÉBARQUE À HOLLYWOOD « On pensait se faire massacrer par la critique » Ph. Sony Pictures Après avoir impressionné tout Hollywood grâce à leurs films d’action made in Belgium (‘Black’, ‘Patser’), les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah accomplissent leur rêve de gosse en prenant les commandes de ‘Bad Boys For Life’avec Will Smith. Pari réussi pour les petits Belges  : leur film semble ravir la critique et trône depuis une semaine en tête du box-office américain. Que représentait le premier’Bad Boys’pour vous deux ? Adil El Arbi  : « On a grandi avec ! C’était comme’Le Flic de Beverly Hills’, le genre de films que tu vois dix fois à la télé, avec des acteurs noirs en haut de l’affiche. Ça m’a presque donné envie de devenir flic (rires). » Bilall Fallah  : « Moi j’étais super fan du duo de Will Smith et Martin Lawrence. Je regardais’Le Prince de Bel Air’tous les jours après l’école. Je me EN QUELQUES LIGNES vois à dix ans, jouant au bad boy dans la cour de récré. » Et voici le troisième ! Quels sont les ingrédients d’une bonne suite ? AEA  : « Il fallait que ce soit autre chose qu’une copie des deux premiers. Les héros sont plus âgés cette fois-ci et il ne fallait surtout pas le masquer. Il y en a un qui veut rester jeune, et l’autre non. » BF  : « En lisant le scénario, j’ai senti qu’il y avait un bon film à faire, et pas que pour le fric. Avec une dimension un peu plus profonde sur l’évolution de leur amitié. » Comment avez-vous été choisis ? AEA  : « On savait que le film était prévu mais que ça n’avançait pas. Nous on rêvait d’aller à Hollywood et de réaliser cette suite. » BF  : « Tu peux vérifier, on le disait déjà dans nos premières interviews, quand on tournait nos courts-métrages. » AEA  : « Ensuite on a rencontré Jerry Bruckheimer (le producteur du film, NDLR). Quand il nous a demandé ce qu’on voulait faire, on a directement répondu  : ‘Bad Boys 3’ ! Puis le réalisateur de On se souvient tous de Mike (Will Smith) et Marcus (Martin Lawrence), les policiers les plus givrés de Miami. Après un premier film ayant propulsé Will Smith vers la célébrité mondiale, et un second tombé dans l’oubli collectif, les voici de retour avec leurs prises de bec explosives et leurs lunettes de soleil. Mais quand un vengeur masqué se met à éliminer leurs collègues un à un, Marcus se dit qu’il est temps de raccrocher. Les flops de ‘Rambo’et ‘Terminator’viennent de nous le montrer  : la nostalgie ne suffit pas, il faut du talent pour réveiller une franchise ! Heureusement, les producteurs ont eu la bonne idée de miser sur le duo belge Adil et Bilall (‘Black’, ‘Patser’), qui réussit son entrée à Hollywood avec style. Fini la surenchère d’action dans un montage incompréhensible, et place à un énorme clin d’œil aux comédies d’action des années 90… et même à la Belgique, puisque tout commence avec une balle de la FN Herstal ! On a connu plus original, mais on sent que ça vient du cœur, et ça marche ! (si) ●●●○○ l’époque a lâché le projet, et on était là (rires) ! » Il y a eu de mauvaises surprises ? AEA  : « C’est bête mais ce qui m’a le plus surpris, c’est le manque de sommeil. Tous les jours, il y a 200 personnes autour de toi qui te posent des questions non-stop ! Et parfois t’aimerais bien pouvoir répondre  : ‘Euh… j’sais pas !’(rires). Ou quand les acteurs sentent que tu as un doute sur un détail, et que Will Smith annonce devant tout le monde  : ‘OK les mecs, tout le monde rentre chez soi, on doit parler pendant une heure’ ! » Comment s’est passée votre rencontre avec Will Smith ? AEA  : « La toute première fois, c’était en 2015. On était tout discrets… et puis il se pointe devant toi comme un pote à qui tu as parlé deux jours plus tôt. » BF  : « Je le suivais sur les réseaux sociaux avant, et je peux te dire qu’il est pareil dans la vraie vie  : authentique, honnête, respectueux. En fait il est aussi sympa que tout le monde l’imagine. » Vous pensez avoir apporté quelque chose de belge sur le tournage ? AEA  : « Notre caméraman MOVIES (rires) ! On n’a pas cherché à faire les Européens, on a surtout voulu rendre un hommage aux films d’action des années 90. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu un film comme ‘Piège de cristal’ou ‘L’arme fatale’. » Est-ce qu’il y a eu un moment où le studio vous a fait comprendre que vous aviez relevé le défi ? AEA  : « On n’est toujours pas sûrs à 100% en fait (rires). C’était tellement difficile ! Et on a eu tellement de doutes que quand on entendait des compliments on répondait  : ‘C’est ça, casse-toi’ ! Et puis toutes les bonnes critiques se sont mises à sortir. » BF  : « On croyait qu’on allait se faire massacrer mais à chaque nouvel article qui tombait on se regardait tout contents en se demandant  : ‘Putain, mais qui a écrit ce truc ?’ » Le film cartonne au box-office, et vous voilà en Belgique pour le présenter. Vous êtes fiers ? AEA  : « C’est comme revenir avec la coupe du monde ! C’est top, ça fait plaisir. On a l’impression d’avoir été dans l’espace, sur une autre planète, et que maintenant on revient sur Terre. » Stanislas Ide
metrotime.be MERCREDI 22/1/2020 CULTURE 13 TROIS QUESTIONS AU RÉALISATEUR JAYRO BUSTAMANTE AU SUJET DE ‘LA LLORONA’« Le génocide est la forme d’horreur la plus absolue » Un vieux général au passé sombre entend des voix et se dit hanté par un esprit. Dans l’intriguant ‘La Llorona’, le cinéaste guatémaltèque Jayro Bustamante raconte un drame politique sous la forme d’une histoire de fantôme à l’atmosphère bien rendue. Vos films précédents [‘Ixcanul’et ‘Temblores’,ndlr] étaient respectivement une tragédie ethnique et un mélodrame. ‘La Llorona’joue avec l’horreur. Aimez-vous ce genre cinématographique ? « Je n’avais certainement pas un film d’horreur commercial en tête, mais je trouve le genre intéressant, car il vous donne beaucoup de libertés pour jouer avec votre public. Que les choses soient claires  : ce n’était pas comme si je voulais absolument faire un film d’horreur. J’avais longtemps cherché la meilleure manière de raconter une histoire sur le génocide au Guatemala en 1982. Le sujet est toujours particulièrement sensible dans mon pays. C’est ainsi que j’ai abouti au film d’horreur. Un autre atout, c’est que le genre bénéficie actuellement d’une grande popularité. Les jeunes au Guatemala ne regardent plus que des films d’horreur et des films de super-héros. En habillant mon histoire d’une atmosphère horrifique, je peux peut-être encore dire des choses à ces jeunes sur leur passé récent. En général, ils sont très peu au courant. » Pourquoi la jeunesse est-elle si mal informée au Guatemala ? EN QUELQUES LIGNES MOVIES Ph. D. R. « C’est à cause d’énormes défaillances dans l’enseignement. Les cours d’histoire sont plutôt des leçons de patriotisme. Il n’y a aucun sens critique. Cela va plus loin que l’idée que les livres d’histoire sont écrits par les vainqueurs. À l’école, vous n’entendez tout simplement pas parler de ce qui s’est passé il y a 38 ans. Singulièrement, le thème est quand même abordé de façon régulière dans les journaux, dans des livres, des documentaires et sur internet. J’espère que mon film incitera quelques-uns de ces jeunes à se lancer dans des recherches. Je serais déjà content avec ça. » Qui dit que les contes populaires effrayants ne servent qu’aux films d’épouvante ? Quelques mois après le ratage horrifique ‘The Curse of La Llorona’(‘La Malédiction de la Dame Blanche’), la légende de la Pleureuse, l’esprit qui pleure ses enfants disparus, fait son retour dans les salles de cinéma. Mais cette fois, c’est sous la forme d’un drame fascinant. Le réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante se sert du mythe largement répandu pour dénoncer le génocide du peuple maya après le coup d’état militaire de 1982. Et le cinéaste critique vivement, du même coup, la mentalité macho dans son pays. Comme si cela ne suffisait pas en soi, Bustamante en fait en outre une histoire de fantômes inquiétante et rajoute par-dessus, aux moments les plus inattendus en effet, un trait d’humour tout en finesse. De par son tempo… mesuré, pour employer un euphémisme, ‘La Llorona’ne conviendra pas à tout le monde, mais si vous parvenez à vous laisser immerger par le film, vous vivrez certainement une expérience unique. (rn) ●●●●○ REVIEW Pourquoi la légende de La Llorona, la Mère Pleureuse, est-elle si parfaite pour cette histoire ? « Lorsque j’ai su que je voulais raconter une histoire sur le génocide, ce qui est pour moi la forme d’horreur la plus absolue, j’ai abouti presque automatiquement à La Llorona. Pratiquement tous les pays latino-américains ont vécu une dictature. L’idée est celle d’une Mère-terre qui pleure ses enfants disparus et assassinés. Là où ces dictatures ont sévi, vous trouvez beaucoup de mères pleureuses. La légende de La Llorona existe aussi dans toute l’Amérique latine, même si elle est connue en Amérique centrale surtout. Just mercy (La voie de la justice) Pour les enfants, c’est le monstre qui viendra les chercher s’ils ne sont pas sages, mais des adultes aussi y croient encore. Moi-même, j’ai grandi avec La Llorona. Il ne faut pas oublier que le Guatemala vit surtout de l’agriculture. Dans les plantations et les fermes, les légendes populaires de ce genre sont aujourd’hui encore monnaie courante. Il y a 20 ans, les gens dans les campagnes n’avaient pratiquement pas accès à l’électricité. Et, dans l’obscurité totale, La Llorona semble encore plus crédible qu’on ne le voudrait. » Ruben Nollet @rubennollet Diplômé de Harvard, Bryan Stevenson (Michael B. Jordan de ‘Black Panther’) aurait pu exercer n’importe où son métier d’avocat. Mais cet Afro-Américain opte pour un des États les plus racistes du pays  : l’Alabama. En 1995, avec son amie Eva Ansley (Brie ‘Captain Marvel’Larson), il y ouvre une fondation pour aider les prisonniers injustement condamnés à mort. Un de ses cas emblématiques sera celui de Walter McMillian (Jamie Foxx)… Après le percutant ‘Short Term12’et l’ambitieux ‘Glass Caste (Le Château de Verre)’, on attendait avec impatience le nouvel Ph. Warner Bros opus de Destin Daniel Cretton. Et on l’avoue, on est un poil déçus. ‘Just Mercy’vaut le détour pour les solides performances de Jordan et Foxx, luttant comme ils peuvent face à un système corrompu. Mais le film s’éparpille vite entre le biopic, le film de procès et le brûlot politique. La réalisation ronronnante, qui traîne en longueur, finit par diluer la tension. Une bonne histoire sur le papier, maladroite dans son exécution. (em) ●●○○○



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