Métro Belgique n°4155 15 jan 2020
Métro Belgique n°4155 15 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4155 de 15 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : des phoques relâchés à la côte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 CULTURE MERCREDI 15/1/2020 metrotime.be 11 LES SIFFLEURS  : HUMOUR ET SÉRIE NOIRE DANS LE NOUVEAU FILM DE CORNELIU PORUMBOIU « Il y a plus de corruption dans mon film que dans mon pays… enfin j’espère ! » Il fait partie des représentants de la Nouvelle Vague du cinéma roumain, celle qui ravit les festivals depuis une quinzaine d’années. Mais pour son dernier film ‘Les Siffleurs’, le cinéaste Corneliu Porumboiu fonce tête baissée dans le divertissement, à mi-chemin entre le polar et la comédie. Rencontre sous le soleil de Cannes, où il était en compétition. Tout votre film est basé sur un langage sifflé utilisé par des malfrats pour communiquer à distance. Comment l’avez-vous inventé ? Corneliu Porumboiu  : « Je sais que c’est fou mais ce langage est bien réel ! Il y a dix ans, j’ai vu un reportage sur ce moyen de communication. J’y ai directement vu un langage secret. Je trouvais ça drôle d’inviter ce type de communication ancestrale dans un monde où la technologie a pris tant de place. Il y a une certaine poésie visuelle dans ces conversations marquées par la distance. Et puis sur le tournage est apparu son intérêt sonore. C’est joli en fait. Il n’a pas fallu longtemps pour que les acteurs se fassent des blagues en sifflant. » Votre film parle de flics corrompus, comme pas mal d’autres films roumains. Ça va si mal que ça chez vous ? « Je ne sais pas, je ne pense pas… Je ne l’espère pas en tout cas (rires) ! Mais le cinéma a besoin de drame. En fait je suis parti du personnage d’un de mes films précédents appelé’Policier, Adjectif’. Un flic hyper malin, déjà joué par l’acteur Vlad Ivanov. Je me suis demandé ce qu’il serait devenu dix ans plus tard, après une crise de la cinquantaine. Il ne croit plus en rien, et ça change tout. Le film est basé sur la question de son intégrité. » EN QUELQUES LIGNES La plupart de vos films partent de faits réels. C’est le cas ici ? « Non, c’est une fiction totale. Et je me suis autorisé à prendre beaucoup de liberté pour composer. J’avais envie d’apprendre. Par exemple, il y a cinq ans, j’aurais juré que jamais je n’utiliserais de flashbacks dans mes scénarios. Mais avec ce langage sifflé comme fil rouge, je trouvais ça intéressant de voir les personnages obligés de l’apprendre pour une raison, et finir par en avoir besoin pour une autre. » Vous nous aviez habitués à des films moins comiques. « Je pense que j’essaie de me remettre en question à travers chacun de mes films. Je ne veux pas me répéter. Le premier montage durait 30 minutes de plus que celui que vous avez vu. Il s’agissait surtout de dialogues comiques qui marchaient très bien mais qui affaiblissaient la tension de l’intrigue. Et puis j’ai aussi pris plaisir à styliser la mise en scène pour appuyer la fonction de fable. Je suppose qu’il y a quand même des ponts avec le reste de ma filmographie. » Vous multipliez les références à d’autres films. Vous en regardez beaucoup ? « Oui ! Ça dépend des jours mais disons que j’aime la Nouvelle Vague française de Godard et Rohmer, et les Quelle serait votre arme secrète pour monter une évasion ? Pour Cristi, un flic corrompu fraîchement débarqué aux Îles Canaries, ce sera le sifflement ! Ou plus précisément un drôle de dialecte local qui lui est enseigné par la belle Gilda pour aider un truand à s’évader. Le tout avec un gros pactole à la clef. Après avoir installé son nom grâce à ses films teintés d’ironie et d’absurdité, le cinéaste roumain Corneliu Porumboiu change de disque avec un septième long-métrage rythmé et particulièrement divertissant. Avec une aisance déconcertante, Porumboiu combine le ton léger d’un polar humoristique avec une métaphore cérébrale sur le pouvoir trompeur du cinéma. Chansons rock, structure en chapitres à-la-Tarantino et fusillade digne d’un western moderne, tout se marie parfaitement dans un bain d’intrigues, de vacheries et de sang. Bon, on regrette un peu que l’histoire d’amour improbable entre le vieux flic et sa belle arnaqueuse sente le fantasme ringard. Mais devant tant de maîtrise, on échange volontiers les sifflements pour des applaudissements. (si) ●●●○○ Ph. Vlad Cioplea films noirs comme’Le Faucon maltais’ou’Le Troisième homme’. En tant que cinéaste, je me dois de voir beaucoup de films. Car je peux apprendre quelque chose de chacun d’entre eux, quel qu’en soit le genre. Comme le disait Borges :’Même le pire des poètes doit avoir quelques vers de génie’. Au bout du compte, faire des films est mon boulot, et je dois continuellement chercher ce qui me plaît. Une scène, un plan, telle lumière, tel jeu… Ça peut être un détail, mais on peut en tirer tellement au passage. » Le cinéma roumain a le vent en poupe ces temps-ci. REVIEW THE GRUDGE MOVIES « Oui, la fameuse’Nouvelle Vague roumaine’… Je crois qu’il n’y a pas vraiment d’explication. Quelques gars ont fait de bons films au même moment, et voilà. Il n’y a pas de potion magique dans l’eau de Bucarest. Et puis il y a eu des films roumains à Cannes trois ans d’affilée, et ça a généré un intérêt spécifique. Comme on se connaît entre réalisateurs et qu’on parle ensemble, ça a cimenté l’idée d’un mouvement. D’ailleurs je parle presque tous les jours avec Cristian Mungiu (lauréat de la Palme d’Or à Cannes en 2007 pour ‘4 Mois, 3 semaines, 2 jours’). Nos enfants vont à la même école (rires). » Stanislas Ide Lorsque le réalisateur japonais Takashi Shimizu avait réalisé luimême, en 2004, le remake américain de son film à succès ‘The Grudge’, cela avait donné un vrai film d’horreur effrayant. L’histoire avait peut-être ni queue ni tête, mais Shimizu parvenait régulièrement à prendre le public par la peau du cou. Le ‘reboot’qui nous est proposé en salles dès cette semaine, fait plus ou moins le contraire. Le réalisateur américain Nicolas Pesce, qui a Ph. D.R. impressionné avec ses deux premiers films ‘The Eyes of My Mother’et ‘Piercing’, tente quelque chose de nouveau avec la série. Le point de départ reste le même  : lorsqu’un meurtre sanglant est commis dans une maison (japonaise), l’esprit de la victime continue de hanter les lieux et se venge sur tous ceux qui y mettent les pieds. Tout comme dans le premier remake, cet esprit suit une femme américaine qui travaillait au Japon et l’accompagne jusqu’aux États-Unis où il se met à sévir également. La différence avec le ‘Grudge’d’il y a 16 ans, c’est que Pesce expérimente avec le temps et avec l’idée de la souffrance et du chagrin, un point de vue qui fascine certainement et donne quelques excellentes scènes dramatiques. Le revers de la médaille, c’est que Pesce a beaucoup moins de flair que Shimizu pour les moments vraiment palpitants. Ce ‘Grudge’repose davantage sur l’atmosphère que sur les chocs, mais comme il tente malgré tout de faire sursauter le spectateur, de manière peu inspirée, il se retrouve régulièrement entre deux chaises. (rn) ●●○○○
metrotime.be MERCREDI 15/1/2020 CULTURE ICI 13 Pico Bogue s’expose au musée de la BD L’une habite à Bruxelles, l’autre à Paris. L’une est scénariste, l’autre est dessinateur. L’une est mère, l’autre est son fils. Ensemble, Dominique Roques et Alexis Dormal ont créé Pico Bogue. Douze ans plus tard, leur petit héros s’expose pour la première fois au musée de la BD. Comment cette expo est-elle née ? Alexis Dormal  : « Il y a un an, Mélanie Andrieu, la commissaire, nous a contactés pour nous demander si nous étions partants. Nous l’étions évidemment. Nous nous sommes rencontrés deux ou trois fois chez Dargaud à Bruxelles et je lui ai apporté des dessins originaux. J’ai également fait quelques dessins supplémentaires pour venir compléter le fil de l’exposition. Lorsque j’ai découvert le résultat, c’était une surprise. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi varié, avec notamment le côté ludique et les jeux pour enfants avec Ana Ana (NDLR  : La petite sœur de Pico qui fait l’objet de livres jeunesse). » Qu’est-ce que ça fait d’être exposé au Musée de la Bande Dessinée ? AD  : « Je ne vous dirai pas que ça ne me fait pas plaisir ! C’est une reconnaissance incroyable. » Dominique Roques  : « Moi, ça me fait plaisir pour Alexis mais sinon je suis une vieille amortie, alors je m’en fiche. » AD  : « Moi comme je ne suis pas encore tout à fait amorti, ça peut toujours m’être utile ! (rires) Et surtout, je trouve que l’expo est bien faite et pétillante. Ça m’a revigoré dans l’envie de continuer à dessiner. » Comment est né Pico Pogue ? DR  : « Alexis dessine depuis qu’il est tout petit. Il faisait des études à rallonge. Après le cinéma, ces dernières études portaient sur le dessin. Je me suis dit qu’il faudrait qu’il ait quelque chose à montrer à des éditeurs et qu’ils voient qu’il sait dessiner des histoires. Au début, je ne voulais pas devenir le scénariste d’Alexis, je voulais simplement qu’il ait quelque chose à montrer. Finalement, à force de faire des essais, nous avions une BD qui était terminée. Nous l’avons envoyée à plusieurs éditeurs et Dargaud nous a dit  : ‘Ok c’est parti’. Après, ils nous ont demandé d’en faire d’autres et me voici devenue scénariste pour mon fils. » Comment avez-vous l’habitude de travailler ? AD  : « Tout part de l’idée de maman. Les premières années, nous travaillions ensemble dans la même maison. Maintenant, on travaille à distance grâce à FaceTime. Ce qui est génial, c’est que comme on s’adore, on peut tout se dire et on est vraiment complémentaires. C’est un tel luxe de pouvoir tout se dire et de travailler sans stress. Parfois, on se complète aussi dans l’écriture. Il n’y a pas vraiment de limites. Elle peut me conseiller sur le jeu d’acteur comme moi je peux lui suggérer un mot. » DR  : « Quand il lit le sketch, il sait pourquoi je l’ai écrit et ce que je veux dire. » Dominique, où trouvez-vous toutes ces nouvelles idées ? vaila -3105211 IPICO etOGU EN FAMILLE EN a:1N Mtlill Ph. Daniel Fouss - Musée de la BD Enfin un bon jeu de tennis ! Bonne nouvelle pour les amateurs de la petite balle jaune. Après une longue traversée du désert, avec AO Tennis 2, ils ont enfin un bon jeu de tennis à se mettre sous la dent ! Alors que nous n’attendions pas grand-chose de AO Tennis 2, nous avons commencé l’année 2020 avec une bonne surprise. Car oui, AO Tennis est un bon jeu de tennis. Probablement même le meilleur depuis 2011 et la sortie de Top Spin 4. Car malgré une réalisation graphique quelque peu datée, les sensations sont bel et bien présentes. Si les versions PS4, Xbox One et PC sont similaires, cela ne semble pas être le cas de la version Switch. Notre test ne concerne donc pas cette version que nous n’avons pas testée. Développé par les Australiens de Big Ant, AO Tennis 2 propose des matchs et des tournois aux quatre coins du monde, en simple ou en double, en dames ou en messieurs, et sur tous les types de surfaces. Le jeu dispose notamment de la licence officielle de l’Australian Open. Du côté des sportives et des sportifs modélisés, on retrouve 14 joueurs du circuit ATP (dont David Goffin et Rafael Nadal) et 11 joueuses du circuit WTA comme Ash Barty ou Angelique Kerber. Vu comme ça, avec l’absence de grands noms et de grands tournois, AO Tennis 2 pourrait paraître comme le PES du jeu de tennis. C’était sans compter la mise à disposition des joueurs d’outils de création de joueurs, de logos et de tournois. Dans le mode Académie, en quelques secondes, on peut ainsi télécharger les créations des autres joueurs et avoir accès à Federer, Djokovic ou encore aux terrains de Roland- Garros. Du côté de la jouabilité, les sensations sont au rendezvous. AO Tennis 2 est orienté vers la simulation, tout en restant relativement facile à prendre en mains. Il faudra un petit temps d’adaptation pour maîtriser toute la palette de coups disponibles (y compris le service à la cuillère !). Il faut aussi gérer à la fois le timing, la puissance et la retombée de la balle via une petite cible. Au final, cela donne l’agréable impression de pouvoir faire vraiment ce que l’on veut de la balle. Enfin, on soulignera le souci du détail avec la possibilité de faire appel au « challenge » pour vérifier une décision arbitrale, au « temps mort médical » ou encore d’exprimer sa joie mais aussi sa colère après chaque point gagné ou perdu.Jouable en solo,en multi local et en ligne, AO Tennis 2 DR  : « Mais en fait, elles sont là. Il faut simplement les prendre. » AD  : « On a l’impression d’entendre Macron qui dit qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un boulot. (rires) » DR  : « C’est la vie qui me fait avoir ces idées. J’ai un côté qui réfléchit beaucoup donc je prends des notes. Il y a parfois des choses illogiques qui m’interpellent. Je continue aussi à lire beaucoup et à apprendre des choses. » AD  : « En fait, maman écrit sur base de tout ce qui l’énerve et il faut que ça se retourne en jubilation. Nous ne sommes pas du tout de nature dépressive mais on a commencé Pico à un moment où nous étions tous les deux assommés par des ennuis dans la vie. On a vraiment eu envie de se retaper et de se reconstruire ensemble. On s’est aussi donné un métier l’un à l’autre. On voulait se faire du bien. J’avais envie de dessiner de jolis GAMES se distingue par un mode carrière, scénarisé et ultra-complet. Après la création et la personnalisation des moindres détails de votre joueur, vous débutez au-delà de la 800 e place mondiale. Vous devrez enchaîner les petits tournois et les entraînements pour attendre le top mondial. Peu à peu, vous devrez également négocier vos sponsors ainsi que gérer votre réputation et votre image. Bref, la carrière vous réserve de longues heures de jeu ! BD bords de mer, des maisons avec des jardins. Aujourd’hui encore, je continue de m’amuser à dessiner ça. » Qu’est-ce qui vous attend en 2020 ? AD  : « On travaille sur l’album suivant, le 12 e déjà, qui sortira en septembre. Il y aura aussi deux Ana Ana. Et après, ce sera le Pico de l’année suivante. Je suis toujours tenté de me dire  : ‘Tiens, si je faisais quelque chose à côté ?’. Mais finalement, Pico me donne envie de continuer. S’il y a quelque chose de nouveau, pourquoi ça ne serait pas avec lui ? Il nous accompagne depuis des années et pourquoi, il n’évoluerait pas avec nous. » Thomas Wallemacq L’exposition « Pico Bogue en famille » est accessible jusqu’au 31 mai 2020 au Musée de la Bande Dessinée de Bruxelles. Tout n’est pas encore parfait. On regrettera la présence de quelques bugs, l’absence de certains joueurs et joueuses ou encore une réalisation graphique quelque peu datée. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir. AO Tennis 2 est le meilleur jeu de tennis sorti depuis des lustres. Avec son gameplay aux petits oignons et son excellent mode carrière, il nous a séduits et devrait ravir tous les fans de la discipline. (tw) ●●●●○



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