Métro Belgique n°4149 7 jan 2020
Métro Belgique n°4149 7 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4149 de 7 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Bruxelles se prépare à la zone 30.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
12 GREEN MARDI 7/1/2020 metrotime.be 11 « Le changement global passe par un changement intérieur individuel » Il y a quatre ans, la Bruxelloise Caroline Vermeersch lançait un blog  : « The Lemon Spoon ». Son objectif  : soutenir le changement en donnant des pistes de solution pour consommer de manière plus responsable. Ce joli blog s’est petit à petit transformé en plateforme et en « mouvement ». Si bien que le petit zeste de citron est suivi actuellement par 15.000 personnes sur Instagram et 6.500 sur Facebook. Un succès rare dans le monde des « influenceuses » belges francophones… @hadrienhanse. Comment l’aventure « The Lemon Spoon » est-elle née ? « Il y a quatre ans, je vivais à Barcelone lorsque j’ai lu le premier livre de Deliciously Ella, où elle explique que son changement d’alimentation l’a soignée d’une maladie que la médecine traditionnelle ne parvenait pas à guérir. C’est là que j’ai commencé à changer moi aussi mon alimentation, à respecter ce que je mettais dans mon corps. J’ai réalisé que lorsque l’on respecte d’où l’on vient (son corps, la nature), on a naturellement envie de respecter également ce qui nous entoure. Le deuxième déclic a donc été l’arrêt soudain de shopping. Lorsque j’ai pris conscience de l’impact négatif environnemental, mais également sur mon portefeuille ainsi que sur mon mental (les plaisirs compulsifs activent la dopamine qui ne devient autre qu’une addiction) qu’avaient les tonnes de fringues achetées dans les grandes enseignes de fast fashion, j’ai voulu créer un guide pour aider les gens à trouver des alternatives de consommation durables dans leur vie. » Pourquoi ce nom The Lemon Spoonn ? « Cette petite dose de citron c’est la petite dose de pep’s qui te manque dans ta vie. Cette sensation d’appréhension ou même de peur que tu as quand tu sors de ta zone de confort pour la première fois, c’est comme la première fois que tu mets ta petite langue sur une rondelle de citron, ça pique aussi ! Mais après, tu t’y habitues et ça devient plutôt agréable, ça apporte un petit twist de plus dans les petits plats, et dans ta vie. Et c’est là que tu comprends que ta zone de confort était en fait inconfortable et qu’il devient plus confortable d’en sortir le plus possible pour être bien. » À quoi ressemble aujourd’hui l’activité de ton asbl ? « The Lemon Spoon a commencé par une activité digitale. On sensibilise via notre plateforme et les réseaux « C’est là que tu comprends que ta zone de confort était en fait inconfortable » Quels sont tes objectifs pour le futur ? « Bientôt une mise à jour de notre identité visuelle et de notre stratégie, ainsi qu’un nouveau site internet. Depuis qu’on se diversifie dans l’organisation des conférences, notre positionnement n’était plus très clair auprès de notre audience. On a tellement hâte de faire peau neuve ! La grande inauguration est prévue pour début 2020. Sinon on travaille sur le programme des conférences pour 2020 et on développe en parallèle le lancement d’une activité pour accompagner les entreprises dans leur transition écologique. » As-tu observé un changement dans les mentalités ces quatre dernières années ? « Oui énormément ! Au début, les gens de mon entourage ne donnaient pas beaucoup de crédibilité à ce que je faisais. Aujourd’hui, tout le monde surfe sur la vague du green. Ce qui en devient presque agaçant car c’est une tendance pour beaucoup, alors qu’en réalité c’est une vraie urgence. Les entreprises proposent de plus en plus de produits green, sans pour autant toujours en incarner profondément les valeurs. Greenwashing ou réel désir de faire évoluer leur business modèle ? ! La question se pose souvent parce que nous sommes beaucoup sollicités par ces gros poissons pour collaborer en échange de partenariats financiers. Or, nous tenons absolument à ne pas trahir nos valeurs. Le challenge est donc de trouver le juste équilibre. » Ta société idéale ce serait… « Plus de vert dans les villes, moins de béton. Plus de producteurs locaux, moins d’industrie agro-alimentaire. Plus de vélos, moins de voitures. Plus de trains, moins d’avions. Plus d’argent distribué de manière équitable, moins de pauvres. Plus d’amour et de joie, moins de haine et de nouvelles négatives. Dans un ma tête, c’est un monde de Bisounours, je l’avoue. Mais rêver c’est vital, et agir pour que nos rêves deviennent réalité c’est l’objectif d’une vie… » Quelques conseils pour nos lecteurs pour avoir une empreinte écologique plus faible et un niveau d’énergie plus haut ? « Manger plus végétarien, local et de saison. Prendre l’air et Ph. Pexels sociaux où nous sommes d’ailleurs très actifs. On a également lancé une nouvelle activité de conférences, depuis que nous avons intégré le nouveau projet SEE U. Nous faisons partie des 60 porteurs de projets qui ont été sélectionnés pour l’occupation temporaire des anciennes casernes de la gendarmerie à Ixelles. Un écosystème incroyable qui nous permet d’organiser des conférences dans les magnifiques salles d’époque. C’est une expérience unique que l’on offre jusqu’en 2021  : deux conférences par mois sur des thématiques diverses mais toujours liées au bien-être de l’humain et de la planète. Nous avons jusqu’ici déjà accueillis plusieurs speakers incroyables comme Julien Vidal (‘Ça commence par moi’), Marc de la Ménardière (‘en quête de sens’), Ferdinand Richter (du moteur de recherche Ecosia), ou encore Guibert del Marmol (Fondation Lunt), pour ne citer qu’eux… » Te considères-tu comme une blogueuse aujourd’hui ? « Ha non ! Je n’aime pas du tout ce terme pour être honnête. Je trouve qu’il a une connotation péjorative parce qu’il me fait penser à un panier fourre-tout de personnes adeptes de promotions inutiles, de surconsommation et de selfies. Ce qui est l’antithèse de tout ce que je prône. Bon évidemment c’est dans ma tête et très jugeant tout ça, car finalement ce mot ne fait que désigner sur Internet, celle qui tient un blog, sorte de carnet de bord dans lequel il exprime ses points de vue, ouvrant son espace aux réponses d’internautes. Le terme ‘influenceuse’est plus soft dans mes oreilles, bien que je ne trouve pas non plus qu’il me définisse. Premièrement parce que je ne suis plus seule aujourd’hui dans ‘The Lemon Spoon’, nous sommes une petite équipe, et ensuite parce que les activités sont diverses et pas seulement sur les réseaux sociaux. C’est un guide, une plateforme et des événements au travers desquels on informe, on inspire, on challenge. » Lucie Hage Les prochaines conférences Le 20 novembre  : Voyager autrement, par Camille Etienne. Le 25 novembre  : Zéro waste home, par Béa Johnson. www.thelemonspoon.com faire de l’exercice en privilégiant la marche et le vélo. Faire des week-ends en pleine nature plutôt que des citytrips. Méditer et faire du yoga pour se reconnecter à son corps et à sa petite voix intérieure. Finalement, l’acte le plus durable selon moi c’est de prendre soin de soi avant tout. Je pense vraiment que le changement global passe par un changement intérieur individuel. » Lucie Hage
metrotime.be MARDI 7/1/2020 GREEN 13 Un éclairage public adapté aux chauves-souris L’éclairage public a un impact important sur les populations de chauvessouris, d’oiseaux et d’insectes. Le projet Interreg Grande Région Smart Light HUB a pour objectif de limiter cet impact en étudiant les alternatives possibles. Dans ce cadre, Natagora se charge de l’étude de terrain. Le projet Smart Light HUB vise à mesurer l’impact de l’éclairage public sur plusieurs espèces animales. L’étude de terrain de Natagora, qui commencera au printemps 2020 et se reproduira en 2021, se déroulera en milieu ouvert (prairies, bocages) puis en milieu fermé (bois). Son but est d’évaluer l’effet de lampes LED dites « impactantes » (4.000 kelvins) et d’autres lampes moins impactantes (2.200 kelvins) SOMBRES EFFETS DE L’ÉCLAIRAGE NOCTURNE En quoi l’éclairage public des routes et chemins peut-il constituer un problème pour certaines espèces animales, et notamment les chauves-souris ? Les lampadaires et autres PASSER D’UNE VALORISATION ÉCONOMIQUE… Quand une entreprise ouvre son capital à des investisseurs extérieurs, elle passe par un processus de « valorisation » qui dépend de facteurs divers (fonds propres, rentabilité, trésorerie, brevets…). Ces calculs sont également souvent subjectifs. On se souvient du rachat de WhatsApppar Facebook, où la première avait été valorisée à 14 milliards € par le second, ou de l’acquisition par Bayer de Monsanto, estimé valoir 54 milliards € . Ces valorisations tiennent surtout Ph. D. Goethals spots semblent en effet leur fournir un accès facile à la nourriture. Les insectes habitués à voler selon un cap constant par rapport à la lumière de la lune tournent frénétiquement autour des lampadaires. Par une belle soirée d’été, en se promenant le long d’une route de campagne, impossible donc de manquer les pipistrelles, les sérotines ou les noctules, autant d’espèces de chauves-souris en chasse autour des lampadaires. Le problème est qu’en tournant autour des lampes, les insectes ne se nourrissent pas, ne se reproduisent pas et finissent par mourir épuisés (ou mangés) sans avoir pu perpétuer La valeur d’une l’entreprise est-elle uniquement financière ? Lorsque notre argent ne dort pas sur un compte épargne, nous l’investissons souvent dans la pierre ou dans un but de rendement, souvent financier. Mais la finance est aussi un outil pour maximiser notre impact positif sur le monde et donner du sens à son épargne. Pour cela, la valeur des entreprises dans lesquelles nous avons l’opportunité d’investir, même de petits montants, devrait aussi être calculée selon des dimensions sociales et environnementales.compte de la valeur financière de l’entreprise et se basent sur leur potentiel de croissance, afin d’indiquer aux investisseurs-acheteurs à quel point l’entreprise leur rapportera ou non dans les années à venir. Or dans une économie de plus en plus tournée vers les services, c’est davantage le capital « immatériel » de l’entreprise qui doit être pris en compte, comme la fidélité des clients, la capacité à innover, à attirer des talents… Ces facteurs, qui ne sont pas repris au bilan comptable, assurent la pérennité de l’entreprise. De plus petit à petit, nous l’espèce. L’éclairage a donc un effet négatif sur leurs populations, et, par contrecoup, sur de nombreuses espèces de chauves-souris. En effet, seuls les chiroptères à vol rapide profitent de la manne apportée par l’éclairage. Toutes les autres espèces fuient les lieux éclairés et voient leurs opportunités de chasse significativement diminuées. Plus que la lumière, les chauves-souris fuient en réalité les prédateurs. En Wallonie, les faucons pèlerins et hobereaux sont capables d’attraper un chiroptère en vol. L’éclairage public leur permet de chasser après le coucher du soleil. Or, les chauves-souris, qui n’ont prenons conscience des défis de notre temps et prenons en compte l’impact positif ou négatif de ces entités dans nos choix de financement. … À UNE VALORISATION RESPONSABLE… Dans une logique où la finance ne représente pas la seule raison pour soutenir le secteur privé, une entreprise qui crée de l’emploi localement et qui n’émet pas de CO2 dans ses activités quotidiennes pourrait être plus attrayante qu’une entreprise avec un potentiel de croissance économique considérable mais qui participe à l’épuisement de ressources rares et offre de mauvaises conditions de travail à ses employés. Nous sommes de plus en plus nombreux à soutenir des entreprises en fonction de critères humains et écologiques plutôt que selon des qu’un petit par an, ne supportent quasi aucune prédation. Les espèces qui volent lentement sont des proies plus faciles, et fuient donc logiquement la lumière. L’éclairage des bâtiments n’est pas à négliger non plus. Les combles des églises, par exemple, attirent souvent des colonies de chauves-souris. Mais la lumière modifie leur comportement. Les colonies de chiroptères qui séjournent dans des bâtiments illuminés sortent 30 minutes plus tard que celles qui vivent dans des bâtiments non illuminés et ratent ainsi le pic de concentration d’insecte au crépuscule. Les jeunes sont dès lors moins bien nourris et abordent l’hibernation avec des réserves insuffisantes. Cela entraîne une augmentation de la mortalité hivernale et les colonies finissent souvent par péricliter. MISE EN PLACE D’UN RÉSEAU D’ÉCHANGES Il existe heureusement des solutions  : les éclairages publics peuvent être adaptés. Une possibilité est de limiter l’éclairage. Une deuxième solution consiste à choisir la longueur rentabilités promises à deux chiffres. Cela nous permet de donner du sens à notre argent et de contribuer à notre économie, de façon visible et palpable. LITA.co, plateforme d’investissement responsable, encourage cette tendance et met en avant des projets dont les impacts sociaux et environnementaux ont été évalués tout autant que les prévisions financières. C’est ce qui s’appelle l’impact investing. … ET DONNER DU SENS À SON ÉPARGNE ! L’investissement d’impact a le vent en poupe. Il reste, en revanche, un point d’interrogation lié à la comparaison entre entreprises  : comment combiner les métriques économiques, sociales, et environnementales ? Nombreux sont ceux qui cherchent une réponse à cette question. Dès lors, choisir où investir son d’onde lumineuse la moins nocive pour l’environnement. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet Smart Light HUB, financé pour un total d’1,78 millions € . Dans ce cadre, l’Université de Liège organisera des sessions de sensibilisation et des sessions de « cocréation » (ateliers d’hybridation) art-science-entreprenariat visant à imaginer des dispositifs lumineux innovants et inspirants. Le Territoire naturel transfrontalier propose que ses parcs soient des lieux démonstrateurs et de sensibilisation quant à la problématique et aux solutions. Quant à l’Université de Trêves, elle travaille à la diffusion vers les acteurs économiques et le marché. L’ensemble des partenaires de ce projet novateur vise ainsi à mettre en place un beau réseau d’échange sur la thématique. www.natagora.be/art-nature-innovation natagora argent aujourd’hui, dépend essentiellement de préférences personnelles mais aussi de la compréhension des investissements et véhicules de placement. De plus en plus de banques proposent d’investir responsablement, de plus en plus de coopératives cherchent des coopérateurs, de plus en plus de projets passent par du crowdfunding solidaire pour se financer. Le mouvement est en marche. Posons-nous la question de savoir quelle société, quel environnement nous voulons laisser aux générations qui nous suivront  : donnerons-nous de l’importance aux composantes responsables lors de notre prochain investissement ? Céline Bouton MUER.co Li, ust.Act



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :