Métro Belgique n°4147 3 jan 2020
Métro Belgique n°4147 3 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4147 de 3 jan 2020

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (235 x 315) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : la police traque les émeutiers du nouvel an.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INFO SNCB sncb Nous vous souhaitons un agréable voyage en 2020
Little Joe est une plante dont le parfum rend heureux. Mais un parfum peut-il vraiment apporter le bonheur ? Jessica Hausner  : « Tout le film tourne autour de cette question  : c’est quoi le bonheur ? Est-ce qu’Alice finit par le trouver vraiment ? On ne peut pas savoir si la plante fonctionne vraiment, et c’est toute l’ambiguïté du film. Mais au fond, le bonheur ne ressemble peut-être pas du tout à ce qu’on s’imagine… » Le film repose beaucoup sur l’ambiguïté, qui fonctionne notamment parce qu’il est impossible de filmer une odeur, ou un sentiment… « Oui, exactement… mais j’essaye quand même (rires). Même si les dialogues aident, le cinéma repose principalement sur des images. Mes films sont comme des puzzles, avec quelques pièces manquantes. Je n’ai pas toutes les réponses  : j’invite le public à participer ! Parce qu’au fond, aucune personne n’a toutes les réponses. On essaye tous de trouver un sens à la vie. Mais je pense que tout ça, c’est dans notre tête. » Selon vous, qu’est-ce qui empêche Alice d’être heureuse ? « Son sentiment de culpabilité. Beaucoup de mères connaissent bien cela. Alice a peur de perdre son fils parce qu’elle se concentre trop surson travail. Sa psy lui dit de ne pas se laisser influencer par cette culpabilité. Et à la fin elle y arrive, donc c’est une sorte de happy end ! C’est en quelque sorte une argumentation féministe cachée dans le film, qui parle aussi, au fond, de maternité. » La maternité qui est souvent vue comme le bonheur ultime… « Oui, et ça a été une surprise, quand je suis devenue mère, de voir que j’aimais toujours autant mon travail (rires). Bon, j’aime mon enfant, bien sûr. Mais je pensais que tout ne tournerait plus qu’autour de lui, et que mon travail ne m’intéresserait plus,que je finirais inconnue et pauvre (rires). Cette idée qu’une mère devrait aimer son enfant avant tout reste très ancrée dans la société. Beaucoup de ça est entré dans l’histoire de ‘Little Joe’. » Quelle est votre odeur préférée ? « J’aime les odeurs chaleureuses, poudrées et boisées. Comme mon parfum. » Sélectionnée pour la première fois au Festival de Cannes avec ce film, et Emily Beecham a reçu le prix d’interprétation pour Alice  : avec le recul, quels souvenirs gardez-vous de cette folle expérience ? « C’était un sentiment agréable, de pouvoir entrer dans cette compétition ! Le film a reçu beaucoup d’attention, et s’est vendu dans de nombreux pays. Je me souviens bien de la remise de prix  : j’étais détendue,parce que je savais que c’est Emily qui allait devoir monter sur scène,et pas moi (rires).Mais j’étais très fière d’elle, et de notre travail à tous. Donc tout s’est bien passé, le seul truc désagréable c’était le froid et la pluie  : je n’avais que des habits légers, donc je me les gelais ! La prochaine fois j’emmène un manteau d’hiver (rires). » Vous étiez une des rares femmes en compétition, on vous en a beaucoup parlé ? u metrotime.be VENDREDI 3/1/2020 CULTURE 13 « Mes films sont comme des puzzles avec des pièces manquantes » Si on vous offre une plante en vous disant que son odeur vous rendra heureux(se), est-ce que vous auriez envie d’y mettre votre nez ? C’est ce que vous propose ‘Little Joe’de Jessica Hausner, film inodore mais parfumé d’ambiguïté, à travers l’histoire d’Alice, et de sa propre quête de félicité. Après sa première mondiale au Festival de Cannes, le film était présenté en octobre au Film Fest Gent, où l’on a papoté avec sa réalisatrice. CHARLIE’S ANGELS Bien sûr, c’est une bonne chose que les femmes s’attirent de plus en plus les feux des projecteurs. D’après les données les plus récentes de la Banque mondiale, elles représentent en fin de compte 49,5% de la population mondiale. Lorsqu’on a dû jouer les seconds couteaux pendant aussi longtemps, je peux parfaitement m’imaginer qu’on saisit à deux mains chaque occasion de raconter son histoire. Et si ‘Charlie’s Angels’prouve quelque chose, c’est bien que la frustration est profonde. «Je pense que les femmes peuvent tout faire,» est une des premières choses qu’on entend dire le personnage de Kristen Stewart. Ensuite, elle joint le geste à la parole en éliminant, avec sa collègue des ‘Angels’(des agents secrets qui se mobilisent pour sauver le monde), un méchant. ‘Charlie’s Angels’, c’est du girl power in overdrive, et en réalité, il ne se rend pas service de cette manière. La réalisatrice, coscénariste et actrice Elizabeth Banks hurle tellement fort ses intentions dans le mégaphone, que sa comédie d’action légère a du plombdans l’aile. Que subsiste malgré tout une soirée cinéma acceptable, en dit long sur le potentiel de la série. Partons du principe que Banks a suffisamment évacué ses frustrations ici pour en faire quelque chose de vraiment amusant la prochaine fois. (rn) ●●●○○ LITTLE JOE CATS Près de quarante ans après avoir marqué l’histoire de Broadway, ‘Cats’débarque sur le grand écran avec son lot de stars pour nous faire ronronner … ou pas ! On y suit les aventures d’une bande de félins réunis pour leur bal annuel, où chacun est invité à se présenter dans un numéro de chant. Sur scène, l’expérience donnait déjà de quoi aliéner le public se méfiant des comédies musicales. L’histoire se contentait d’aligner les descriptions de chats (le voyou, le gros matou, le p’tit filou, vous avez compris), en comptant sur l’émerveillement du public pour les costumes et les pas de danse. Un peu maigre si on ne raffole pas de paillettes ou de boules de poils. MOVIES Ph. D.R. Le bonheur pour vous c’est quoi ? Le bruit des vagues, un câlin, un morceau de chocolat ? Alice, scientifique spécialisée en botanique, a créé dans son labo une plante qui répond à cette question. Elle s’appelle Little Joe, elle a une belle couleur rouge, et si vous vous en occupez bien, son parfum vous rendra heureux. Fière de sa création, Alice offre un spécimen à son fils Joe. Mais quand Joe commence à changer de comportement, Alice se demande si sa plante antidépressive n’aurait pas des effets pervers… Couleurs éclatantes, gestes lents, humour décalé  : bienvenue dans le cinéma de Jessica Hausner. À la manière de son compatriote Michael Haneke, ou d’un Yorgos Lanthimos, les films de cette cinéaste autrichienne installent une aura de mystère, invitant le spectateur à trouver ses propres réponses. Après la foi (‘Lourdes’) ou la passion (‘Amour Fou’), ‘Little Joe’questionne notre vision du bonheur. Un drame psy fin, mené avec sensibilité… et un zeste d’étrangeté. (em) ●●●○○ « Oui, pas mal. C’est vrai que depuis MeToo, la conscience publique est plus forte, et la pression sur ces institutions d’inclure davantage les femmes l’est aussi. J’en suis très contente, je n’arrive pas à croire que ça ait pris autant de temps, et j’espère que ça ne s’arrêtera pas. Que les femmes, de plus en plus, viendront se mettre au premier rang. » Elli Mastorou @cafesoluble Avec son premier degré intact et son avalanche d’images de synthèse ratées, la version cinéma prend des allures de drôle de trip sous LSD. Imaginez la séquence musicale ‘C’est la fête’dans ‘La Belle et la Bête’, mais durant deux heures. Avec une liste sans fin de vedettes dans le rôle de l’argenterie (Idris Elba, Taylor Swift, Jason Derulo, Judi Dench, Ian McKellen, James Corden, Rebel Wilson). Un peu dépassé, le réalisateur oscarisé Tom Hooper semblait bien plus à l’aise avec ‘Le Discours du roi’, mais il a le mérite de foncer tête baissée dans le délire. Reste à savoir si c’est votre came… (si) ●●○○○



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