Métro Belgique n°4143 17 déc 2019
Métro Belgique n°4143 17 déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4143 de 17 déc 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (259 x 365) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : Bastogne se souvient.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
Mardi 17 décembre 2019 metro 10 GREEN Une plateforme pour faciliter le financement « à impact » Solifin, c’est le petit dernier au rayon « aide à l’entreprenariat » en Belgique. Cette asbl, créée en juillet dernier, met en relation investisseurs, banques, société de crowdfunding, fondations et fonds d’investissement avec des entreprises à impact social et environnemental positif qui ont besoin de financement. Dans l’univers foisonnant et complexe des start-up, Solifin serait le maillon de la chaîne qui manquait jusqu’à présent. Sa mission de mise en relation est très précise et se fait en synergie avec ses sept membres fondateurs  : Village Finance (Group One), Citizenfund, LITA.co (crowdfunding), Scale Up, Banque Triodos, Crédal et SI2Fund. Pas n’importe quel investisseur Les investisseurs membres de Solifin sont tous différents. Chaque investisseur cherche des projets différents, certains financent des projets déjà bien avancés, d’autres acceptent des projets naissants. Citizenfund, par exemple, c’est un petit fond citoyen qui investit des petits montants très tôt donc sur des projets risqués. En plus, ils investissent sur le long terme, ce qu’on appelle le ‘capital patient’, sans stratégie d’exit après trois ou cinq ans, comme c’est souvent le cas pour les investisseurs qui veulent juste se faire des bénéfices. Solifin insiste sur cette spécificité, les investisseurs présentés adoptent de nouvelles pratiques de financement visant à réellement créer et soutenir l’impact social. « Nous avons un comité éthique qui sélectionne nos membres investisseurs. Nous ne tolérons pas le greenwashing. À peu près toutes les banques aujourd’hui se targuent de faire de l’investissement responsable. Or, ‘Financité’, qui publie un rapport chaque année, dit que 90% des fonds « IL Y A PLEIN D’ARGENT EN BELGIQUE » Sevan Holemans, qui a concrétisé le projet Solifin (c’est lui aussi qui a cofondé la fameuse start-up circulaire « Le Champignons de Bruxelles ») n’y va pas par quatre chemins  : « En Belgique, il y a de l’argent partout et de très nombreuses possibilités de subsides. Et les investisseurs ont besoin de trouver des projets. Nous offrons donc une activité de sourcing. Nous dénichons les projets qui ont besoin de financement et les présentons aux investisseurs. Nous organisons par exemple une session avec six projets qui ont besoin d’un financement entre 500.000 et 3 millions €  », explique-til. Preuve s’il en faut que les investisseurs recherchent sans cesse des projets, le jeune homme précise que les membres investisseurs de Solifin, qui sont sélectionnés avec minutie, payent une cotisation annuelle pour avoir accès aux projets. Chaque mois, Solifin organise des sessions de rencontre entre porteurs de projets et investisseurs. Ph. Pexels qui se disent socialement responsables ne le sont pas. On ne dit pas que ce n’est pas bien, mais parfois cela manque de cohérence et nous ne voulons que des acteurs réellement engagés. Le comité éthique est composé de personnes du milieu académique et de la société civile et il analyse les données des potentiels membres pour les accepter et donc cela implique qu’ils fassent part de transparence dans leurs pratiques. » UNE AIDE POUR L’ENTREPRENEUR Côté entrepreneurs, Solifin propose un encadrement qui n’est pas superflu tant le secteur est complexe. D’autant que la plupart sont complètement novices à ce propos. « Aujourd’hui, en tant qu’entrepreneur, tu ne sais pas où t’adresser pour recevoir un financement. Il y a de nombreuses possibilités et cela prend un temps fou. Il y a un en plus un tas de techniques possibles  : dette, dette convertible, dette subordonnée, prise de participation (equity), bourse, don, subside, etc. L’idéal étant de faire un mix. Vous voyez, ce n’est donc pas si simple ! », explique Sevan Holemans qui précise également que Solifin va permettre aux porteurs et porteuses de projet d’avoir les idées plus claires lorsqu’ils seront en face d’investisseurs potentiels  : « C’est important d’aider l’entrepreneur en amont parce que quand il va se retrouver devant l’investisseur, ce dernier va lui poser mille questions très précises. Nous le préparons et nous le faisons rencontrer ceux qui seront pour nous les investisseurs idéaux en fonction de ses besoins et de son identité. » Parmi les projets qui sont passés par Solifin  : le média coopératif Médor, mais aussi Usitoo, ou encore Incredible Company. « CRÉER UN MOUVEMENT » Sevan insiste  : si vous êtes entrepreneur, que votre activité est un projet qui répond à un ou des enjeux sociaux et/ou environnementaux actuels, et que vous cherchez un financement, allez sur le site internet de Solifin et répondez au petit questionnaire. On trouve également sur le site une cartographie précise des acteurs du financement à impact positif en Belgique ainsi qu’un moteur de recherche intelligent pour orienter vers les meilleures options de financement. Et si en tant que particulier, vous avez envie de placer une partie de votre épargne ailleurs que sur votre compte épargne (les Belges sont de grands champions de l’épargne qui ne rapporte pourtant plus rien, avec près de 270 milliards € qui y dormaient en 2018, selon la Banque Nationale), pour le placer dans « l’impact investing », vous trouverez sur le site l’ensemble des produits de placements proposés par leurs membres. « On aimerait créer un mouvement. On aimerait inciter les particuliers aussi à investir dans des projets à impact social et environnemental positif », nous avoue Sevan Holemans avec dans la voix et dans les yeux la conviction de ceux qui veulent changer le monde. CO-FINANCEMENT ET PARTAGE « Ce qui est fabuleux aussi avec Solifin c’est la méthode de co-financement des projets », lance Sevan Holemans. « Nous fédérons des investisseurs, ce qui crée de la confiance entre les membres et favorise les pratiques de co-financement qui réduisent le risque pour chacun. » Et cette collaboration entraînerait une autre très utile conséquence  : « Il y a forcément un partage de compétences et d’information. Par exemple, si certains projets dans les portefeuilles de nos membres font faillite, on peut apprendre de leurs erreurs et partager leur expérience. Peut-être que le projet ne correspondait pas à une demande actuelle, est né trop tôt ou avait une équipe trop peu qualifiée… Il y a plein de cas de figure possibles et les nouveaux projets sont souvent des entreprises inédites, tournées vers l’avenir et on ne sait pas prévoir si cela va marcher ou pas. Je pense que la force de Solifin est justement de mettre dans un même réseau toute une série d’investisseurs d’horizons différents qui vont finalement se nourrir entre eux et faire grandir ce secteur. » MESURER L’IMPACT Un des piliers de la finance à impact, après l’intention, c’est la méthode utilisée pour mesurer l’impact. Solifin s’attelle également à créer cet outil. « Ce n’est pas évident de créer des outils pour calculer l’impact. Et pourtant c’est très important, car le troisième pilier reste le rendement financier. Mais si l’impact est bon, cela va permettre à l’investisseur, qui prend cela en compte, d’accepter d’avoir moins de retour financier. » Enfin, Solifin se décrit comme un intermédiaire ayant comme objectif d’accélérer les financements en étant complémentaire à d’autres structures d’accompagnement existantes comme par exemple Hub.Brussels, en venant renforcer le côté « levée de fonds ». www.solifin.be Ph. D.R. Lucie Hage
metro Mardi 17décembre 2019 GREEN 11 [C’était 2019 Une année de mobilisation Ph. Greenpeace/V. Moriyama Le poumon de la planète en feu L’accession au pouvoir de Jair Bolsonaro provoque l’accélération de la déforestation en Amazonie, qui se situe à 60% au Brésil. Entre janvier et août, plus de 40.000 incendies sont enregistrés. Il s’agit du nombre le plus élevé depuis le début de la collecte des données en 2013. En octobre, les flammes finissent pas se calmer. La planète entière, médusée devant ce désastre naturel, s’est mobilisée pour sauver le poumon de notre planète. Les réseaux sociaux ont été envahis par les #PrayForAmazonia ou #ActForTheAmazon et de nombreuses personnalités ont exprimé publiquement leur désarroi. L’acteur Leonardo DiCaprio, fervent défenseur de l’environnement, a fait un don de 5 millions $. L’éclosion du phénomène Greta Thunberg Icône de la lutte contre le changement climatique, Greta Thunberg démarre des grèves pour le climat tous les vendredis devant le Parlement suédois dès 2018. Cet acte militant trouvera une résonance partout à travers le monde et des millions de partisans rejoindront sa cause, avec une démonstration de force en septembre, juste avant le sommet de l’Onu. La Suédoise effectue d’ailleurs la traversée de l’Atlantique en voilier pour se rendre à cet événement. Devant les grands de ce monde, elle prononce un discours cinglant dénonçant l’inaction des puissants de la planète face au changement climatique, martelant son discours de « Comment osezvous ? » accusateurs. Régulièrement citée par parmi les favoris pour le prix Nobel de la paix, elle n’avait finalement pas été retenue. Toutefois, elle est élue personnalité de l’année 2019 par le prestigieux Times Magazine. Belga/H. Khagat AFP/N. Kamm Les étudiants mobilisés pour le climat Dès le début de l’année, des milliers d’étudiants se mobilisent tous les jeudis pour demander au gouvernement belge une action climatique plus ambitieuse.Ils souhaitent que la Belgique agisse afin de respecter les termes de l’accord de Paris.Youth For Climate Belgium est créée à l’initiative d’Anuna De Wever et Adélaïde Charlier, toutes les deux inspirées par Greta Thunberg. La mobilisation prend une telle ampleur que les jeunes, qui font l’école buissonnière pour manifester, sont rejoints par d’autres franges de la population comme les grands-parents ou les universitaires. Les manifestations ne se déroulent pas seulement à Bruxelles, mais aussi dans les principales villes du pays comme Liège, Louvain, Mons et Gand. Les États-Unis se retirent de l’accord de Paris Belga/B. Doppagne Le président américain Donald Trump avait annoncé dès 2017 la sortie des États-Unis de l’accord de Paris. L’Onu en est formellement notifiée le 5 novembre de cette année. Cette étape-clé, qui ne pouvait intervenir plus tôt en raison d’une clause inscrite dans le texte, enclenche un compte-à-rebours d’un an avant que Washington puisse effectivement quitter l’accord. Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, estime que l’Amérique est un bon élève en matière de climat, et affirme qu’elle continuera de « proposer un modèle réaliste et pragmatique dans les discussions sur le sujet ». Le retrait sera effectif le 4 novembre 2020, le lendemain de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis. AFP/B. Smlalowski Déceptions autour de la COP25 Initialement prévue au Chili, la COP 25 est déplacée à Madrid du 2 au 15 décembre à cause des tensions sociales qui frappent le Chili. Malgré des négociations marathon et un record de durée, ce sommet n’accouchera que d’un accord a minima sans s’entendre sur des points essentiels, en raison des réticences de certains États. Au lieu d’envoyer un signal clair et fort, ce sommet sur le climat a donné un spectacle d’inaction, les négociations butant notamment sur l’article 6, qui réglemente le marché du carbone. Les grands émetteurs que sont la Chine, l’Inde, les États-Unis, l’Australie ou le Brésil ont préféré faire du surplace. Les négociations sont donc remises à la COP26, qui se déroulera l’an prochain à Glasgow. EN BREF Le mouvement social écologiste Extinction Rebellion fait parler de lui dès le mois d’avril. L’organisation, qui revendique la désobéissance civile avec des actions coups de poing non violentes, souhaite inciter les gouvernements à agir contre le changement climatique. Le mois d’octobre est marqué par des semaines de rébellion internationale dans de nombreuses villes occidentales. Le Sommet Action Climat se déroule le 23 septembre au siège de l’Onu, à New York. Les dirigeants du monde, notamment des gouvernements, de la finance, du milieu des affaires et de la société civile, se réunissent afin de renforcer les efforts visant à mettre en œuvre l’Accord de Paris. Le 25 septembre, un rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) révèle que la hausse du niveau des mers attendrait entre 30 et 60 cm d’ici 2100 si rien n’est fait pour freiner les émissions. Les AFP/S. Khan Belga/B. Doppagne scientifiques s’attendent à des événements naturels extrêmes plus fréquents dans les zones côtières. L’Australie fait face à des incendies d’une extrême virulence à partir du mois d’octobre. Plus de deux millions d’hectares de terrain sont détruits et le pays déplore la mort de plus de 2.000 koalas, véritables emblèmes nationaux. Les principales métropoles du pays, comme Canberra et Sidney, sont menacées par ces feux de brousse dévastateurs.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :