Métro Belgique n°4129 27 nov 2019
Métro Belgique n°4129 27 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4129 de 27 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (259 x 365) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : Bruges égalise et garde espoir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mercredi 27 novembre 2019 metro 10 CULTURE ‘TOUTE RESSEMBLANCE’, LE PREMIER FILM DE MICHEL DENISOT « Je joue avec la fiction à partir d’histoires vraies » Pigiste à l’ORTF, commentateur sportif sur TF1, il a fréquenté les monstres sacrés de la télé française comme Guy Lux, Yves Mourousi ou Thierry Roland. Mais il fut surtout le visage du Grand Journal de Canal+ de 2004 à 2013. Journaliste, animateur et producteur depuis plus de 40 ans, Michel Denisot signe à 74 ans son premier film, ‘Toute Ressemblance…’. Une comédie déjantée menée par Franck Dubosc sur les coulisses de la télé, qui confirme que le show-business est une drogue dure  : difficile à arrêter. ‘Toute ressemblance’est truffé d’anecdotes sur le milieu de la télé. J’imagine qu’on vous demande souvent si c’est vrai ? Michel Denisot  : « Oui, et je réponds toujours cette phrase de Boris Vian qui est au début du film  : ‘tout est vrai puisque je l’ai inventé !’Ça résume bien la façon dont j’ai travaillé. Je joue avec la fiction, mais uniquement à partir de choses qui sont vraies. Je mélange des histoires pour en faire une. » Malgré ce titre, il y a bien des aspects de votre film qui vous ressemblent ? « Je voulais qu’il n’y ait rien de moi, mais forcément c’est impossible. Je n’ai jamais présenté le journal de 20 heures, je suis marié depuis 45 ans, je ne prends pas de drogues… Malgré tout, les gens qui me connaissent m’ont dit que le film me ressemblait. Le ton, par exemple, c’est moi. Ou la musique. Le mélange des genres aussi, j’adore ça. D’où l’idée de faire jouer Franck Dubosc face à Denis Podalydès de la Comédie Française (rires). » Votre métier de présentateur télé implique de fréquenter beaucoup de monde du milieu culturel, politique… Comment on évite le conflit d’intérêts, le manque d’objectivité journalistique ? « Quand on fait une émission quotidienne, on ne reçoit pas que des gens qu’on aime. D’ailleurs ce n’est pas notre métier ! On est censés interviewer tout le monde de la même façon. Ce n’est pas facile, mais c’est ça qui intéressant. Après, il faut essayer d’entretenir des bonnes relations, pour avoir les contacts directs, court-circuiter les communicants… Bon, je dis ça, mais moi je ne le faisais pas (rires). Je n’ai jamais invité quelqu’un de connu de chez moi ! » Votre pire interview ? « (Il réfléchit) Je ne veux pas être désagréable avec les gens, mais j’ai reçu Dorothée il y a très longtemps (animatrice d’émission pour enfants sur TF1 de 1987 à 1997, NDLR). Je voulais faire une interview d’elle en tant que personne (son vrai nom est Frédérique Hoschedé, NDLR), mais elle refusait de sortir du personnage de Dorothée. Toutes mes questions hors Dorothée, elle me les renvoyait, pas moyen de les poser ! » Une interview qui vous a touché particulièrement ? « Il y en a beaucoup… Je dirais Jacques Higelin et sa fille Izïa, chantant ensemble pour la première fois. C’était vers la fin du Grand Journal, un moment très émouvant. (Le Grand Journal s’est arrêté en 2017, et Jacques Higelin est mort en 2018, NDLR). » Un de vos pires moments de télé ? « (Réfléchit) À Cannes, quand un type est arrivé avec un pistolet et une grenade. (En 2013, durant l’émission du Grand Journal MOVIES « Ce n’est pas facile d’arrêter la télé ! » Ph. JMH délocalisé à Cannes pour le festival, un homme tire des balles factices sur le plateau, provoquant la panique et l’arrêt de l’émission, NDLR). Je ne sais même pas pourquoi il a fait ça. Après coup ils se sont avérés factices, mais sur le moment on a paniqué. On s’est enfermés avec Daniel Auteuil et toute l’équipe pendant dix minutes dans le local à côté. C’est là où j’ai dit ‘j’arrête’. Je vois des signes dans les choses  : c’était ma neuvième année, je commençais à sentir que je n’avais plus le même appétit… » Vous avez pris la bonne décision, alors ? « Ah oui. Mais ce n’était pas facile  : c’était tellement bon (rires) ! » Elli Mastorou @cafesoluble
metro Mercredi 27novembre 2019 CULTURE 11 REVIEWS Toute ressemblance… Le titre du film nous prévient d’emblée, mais impossible de ne pas chercher les ressemblances avec la vraie vie dans cette histoire sur les coulisses de la télé. Mensonges, coups bas, drogues, compliments  : tout est inventé, mais tout est vrai. Pour son premier essai derrière la caméra, le journaliste et présentateur Michel Denisot brouille les pistes pour raconter l’histoire de CSG, alias Cédric Saint-Guérande (Franck Dubosc). Présentateur vedette du journal de 20h et très populaire auprès des Français, il n’évitera aucun sale coup quand le nouveau directeur de la chaîne tente de le remplacer. Sorte de’99 francs’version Paysage Audiovisuel Français, on ne retiendra pas de ‘Toute ressemblance’son scénario, qui s’éparpille autour de son héros aussi charmant que salaud. Mais on ne lui demande pas tant. Niveau divertissement, le cahier des charges est largement rempli, Knives out (À couteaux tirés) Petite leçon d’Anglais  : savezvous ce qu’est un ‘whodunnit’(prononcez ‘houdeunite’) ? Ce terme qu’on pourrait traduire en Français par ‘kicékilafé’, désigne un roman d’énigme classique. Un genre popularisé notamment par Agatha Christie avec son détective belge Hercule Poirot (‘Le Crime de l’Orient-Express’). Un genre que Rian Johnson (‘Star Wars  : The Last Jedi’) a décidé de Sympathie pour le diable « Le journaliste se doit d’être à l’endroit exact où on lui interdit d’être », disait Paul Marchand. Un principe que ce reporter de guerre appliquait férocement. En 1992, grâce à un humour réparti entre comique de situation et répliques bien senties, mais aussi au défilé de stars et personnalités qui ont revisiter… avec une dose de modernité. Le pitch ? Alors que toute la famille vient d’arriver dans son manoir pour fêter ses 85 ans, le romancier célèbre Harlan Thrombey est retrouvé assassiné. Et selon le détective Benoit Blanc (Daniel Craig, épatant en anti-James Bond), tous, de la nièce bobo-écolo (Toni Collette) à l’oncle réac (Don Johnson) en passant par le neveu fauché Ph. Shayne Laverdière Monkey Pack Films Gofilms accepté de se prêter au jeu. Ph. JMH (em) ★★★✩✩ (Chris Evans), ont une bonne raison d’être suspectés. Entre deux disputes sur la politique de Trump, le spectateur est invité à chercher les indices et deviner le meurtrier. Casting cinq étoiles, répliques qui tuent et indices à deviner  : bienvenue dans une partie de Cluedo explosive, qui chatouille malicieusement nos pires défauts en tant que société. (em) ★★★★✩ Ph. Impuls Pictures Marchand couvre le siège de Sarajevo. En première ligne face à la barbarie humaine, sa voiture zigzaguant entre les obus avait ces mots écrits sur le toit pour les snipers  : « ne gâchez pas vos balles  : je suis immortel ». Reprenant le titre d’un de ses livres, ‘Sympathie pour le Diable’, Guillaume de Fontenay reprend son récit de ce conflit sanglant. Le résultat est une plongée brûlante dans l’enfer des reporters de guerre, sur le fil entre film biographique et le film historique. La rage au ventre, Niels Schneider (‘Diamant Noir’) est saisissant dans le rôle de cet homme de terrain engagé, dont les méthodes atypiques ne faisaient pas l’unanimité. Fort de reconstitutions impressionnantes et de seconds rôles remarqués (Vincent Rottiers mais aussi le Belge Arieh Worthalter de ‘Girl’), ‘Sympathie pour le diable’est un bel hommage à cet homme qui en 2009 a perdu le combat contre l’immortalité. (em) ★★★✩✩ Last Christmas Difficile de savoir par où commencer pour raconter ce film, dont le scénario ressemble à un pot-pourri d’idées farfelues qu’on a voulu absolument combiner. À la base, c’est (presque) simple  : c’est une romance de Noël, bercée par les chansons de George Michael (et son fameux ‘Last Christmas’lancinant). Celle de Katia (Emilia Clarke de ‘Game of Thrones’), employée maladroite dans un magasin de décorations à Londres, et de Tom (Henry Golding de ‘Crazy Rich Asians’). Le truc, c’est que Tom a un secret… Et à cela, il faudra aussi rajouter la carrière avortée de chanteuse de Katia, un souci de santé, Emma Thompson en immigrée yougoslave (si, si), un centre pour SDF, une dispute avec sa sœur… bref, si le courant passe entre les deux protagonistes, et que le premier quart d’heure est divertissant, ‘Last Christmas’se transforme rapidement en une guimauve indigeste et multicolore qui, sans dévoiler son dénouement, aurait pris la célèbre chanson de George Michael un peu trop sérieusement. (em) ★✩✩✩✩ PALAIS 12 CLUB BRUSSELS EXPO ph. Universal Pictures VENDREDI 8 MAI2020 TICKETS : GREENHOUSETALENT.BE



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