Métro Belgique n°4124 20 nov 2019
Métro Belgique n°4124 20 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4124 de 20 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (259 x 365) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : il faudra lever le pied à Bruxelles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 Mercredi 20 novembre 2019 metro 12 CULTURE Pourquoi avoir écrit et dessiné ce livre ? Pas facile de choisir 30 personnalités qui ont marqué le monde « J’avais envie de mettre en avant des modèles. Ce livre est fait pour des adolescents pour avoir, chacun à leur manière, refusé l’ordre établi et tenté un peu informés et pour des adultes. Je ne de changer le cours de l’histoire. Jean-Michel Billioud s’est prêté cherche pas à leur dire  : ‘regardez ces gens, à l’exercice, et dresse le portrait de personnalités hors du commun, qui donnent envie de s’engager. Il explique ses choix. prêt à mettre son énergie au service d’un comme ils s’engagent, c’est bien’. Je veux donner envie à chacun de s’engager, d’être combat. Et cela, même si le risque de succès est faible. J’ai gardé dans ma sélection Ludwik Zamenhof, l’inventeur de l’esperanto. Son combat n’a pas abouti, mais il s’est battu comme un lion pour faire avancer son projet et les valeurs qui vont avec. C’est cet engagement que je veux mettre en avant. » Vous avez choisi 30 personnalités, plus ou moins connues. Comment avezvous fait votre choix ? « Ça n’a pas été facile. Je souhaitais que chaque combat inclue une certaine universalité, qu’ils parlent à tout le monde. Il fallait donc ne pas couvrir uniquement le 20e siècle, mais aussi d’autres périodes. Je voulais raconter des combats qui me parlent, qui représentent quelque chose à mes yeux. Et je souhaitais également une égalité entre hommes et femmes. Sur ce dernier aspect, ça n’a pas été simple. Non que les femmes se soient moins battu que les hommes, mais leurs combats ont souvent été moins médiatisés. » EN QUELQUES LIGNES BD Un huis clos familial passionnant Que vous soyez passionné d’automobile ou pas, MALALA, VICTOR HUGO, ERNESTO GUEVARA… Trente modèles pour donner envie de s’engager Pas facile de tirer son épingle du jeu parmi toutes les sorties de fin d’année. Et pourtant, « Sombres citrouilles » a réussi à nous captiver. Ce roman graphique de 160 pages est inspiré d’un roman jeunesse éponyme sorti en 1999. Vingt ans plus tard, il revient sous la forme d’une bande dessinée longue et passionnante. Chaque année, le 31 octobre, tous les membres de la famille Coudrier se réunissent dans la maison familiale où vivent Mamigrand et Papigrand pour célébrer l’anniversaire de ce dernier. Frères et sœurs, cousins et cousines, se retrouvent dans une maison isolée au milieu des bois. Malgré l’aspect festif de ce rendez-vous annuel, l’ambiance est pesante. De nombreux membres de la famille semblent avoir des secrets, ou du moins des choses à cacher. Et lorsque les enfants vont découvrir le cadavre d’un homme dans le jardin, cela ne va pas arranger les choses. Qui l’a tué ? Pour quelles raisons ? Quels sont les secrets de la famille Coudrier ? En suivant tour à tour différents protagonistes, Malika Ferdjoukh, auteure du roman original, plonge les lecteurs dans un huis clos familial passionnant. Au dessin, le Belge Nicolas Pitz dépeint ce récit très cinématographique dans des tons automnaux qui lui conviennent si bien. Il dessine superbement la nature et les animaux de nos campagnes, tout en éparpillant dans l’album de superbes illustrations qui recouvrent des pleines pages. Une belle découverte ! (tw) « Sombres citrouilles », de Ferdjoukh et Pitz, éditions Rue de Sèvres, 160 pages, 16 € ★★★★✩ Retour sur un duel mythique Une fois ces critères établis, le choix a-t-il été simple ? « Certains personnages m’ont posé question. Il y a par exemple Émile Zola. Il s’est battu contre la peine de mort et s’est insurgé contre l’antisémitisme, en prenant le parti de Dreyfus. Mais avant cela, il avait tenu des propos très limite sur les juifs ! De même, Ernesto Guevara. Il a combattu pour des idéaux, mais il y a bien des aspects de sa personnalité qui posent question, ça n’était pas un tendre. Au final, c’est toujours la notion d’engagement qui l’a emporté. Et l’un comme l’autre se sont pleinement engagés, malgré les réserves que l’on peut avoir. » À l’inverse, y a-t-il des personnages que vous regrettez ne pas avoir sélectionnés ? « Il y a une dizaine d’individus que j’ai dû laisser de côté. Il y en a deux que je regrette un peu plus. J’aurais voulu raconter le travail de Sigmund Freud, mais en l’occurrence, ça n’était pas forcément un ‘combattant’, malgré son puissant engagement. Je regrette aussi de ne pas avoir gardé le Docteur Denis Mukwege (récent prix Nobel de la paix, qui lutte contre l’utilisation du viol comme arme de guerre,ndlr). Il mène un combat indiscutable, et nous avons malheureusement peu d’Africains dans ce livre. » Camille Goret @Camille_Goret Bartholomé De Las Casas, Émile Zola, Martin Luther King, Maria Montesori, Jane Goodall… Ils étaient écrivain, religieux, ou militant. Chacun à leur manière, ils ont contribué à changer le monde. Jean-Michel Billioud et Nicolas André dressent ici le portrait de 30 personnalités dont l’engagement a apporté un plus à l’humanité. Pour chacun d’entre eux, une brève présentation est suivie d’une double page en BD qui raconte un moment clé de leur combat. Ensuite, une dernière page fait le point sur ce que ce combat a apporté, qu’il se soit agi de lutter contre l’esclavage, contre la haine, ou pour l’éducation. On y découvre que le résultat de certains combats que l’on imagine gagnés reste très précaire, et que pour d’autres, tout reste à faire. Les auteurs alternent entre des personnages déjà connus que l’on prend plaisir à redécouvrir, et d’autres, moins célèbres ou dont on ne connaît que le nom, dont on découvre la vie et le combat. (cg) « Les Combattants », de Jean-Michel Billioud et Nicolas André, Casterman, 126 pages, 18,5 € ★★★★✩ en cette fin d’année, il vous sera difficile de passer à côté de du mythique duel entre Ferrari et Ford qui a animé les 24 heures du Mans entre 1964 et 1967. Parallèlement à la sortie du film « Le Mans 66 » avec Matt Damon et Christian Bale, Glénat lance « Le duel Ferrari - Ford ». Aux commandes de cette BD, on retrouve des habitués de la collection « Plein Gaz » avec Christian Papazoglakis et Robert Paquet au dessin ainsi que Denis Bernard au scénario. Ces trois passionnés d’automobile reviennent à l’origine de ce duel mythique, en 1963, lorsqu’Enzo Ferrari renonce au dernier moment au rachat de sa marque par Ford. Furieux, Henri Ford annonce qu’il débloquera l’argent qu’il faudra pour que ses équipes créent une voiture capable de battre Ferrari aux 24h du Mans. Il s’en suit un duel incroyable et rempli de rebondissement qui durera plusieurs années. À la fois classique et réaliste, le dessin retranscrit à merveille l’intensité de cette lutte entre les deux constructeurs. Comme la plupart des albums de la collection « Plein Gaz », « Le Duel Ferrari-Ford » transpire la passion automobile et est rempli de détails et d’anecdotes qui raviveront les passionnés de sport mécanique. (tw) « Le Duel Ferrari - Ford », de Bernard, Papazoglakis et Paquet, éditions Glénat, 48 pages, 13,9 € ★★★✩✩
metro Mercredi 20novembre 2019 CULTURE 13 LES JOLIES OREILLES DE BON ENTENDEUR « On a bien conscience de proposer un truc atypique » Quel projet original que celui du trio français Bon Entendeur. Le pitch ? Reprendre des morceaux un peu oubliés des années 60 à 70 pour se les approprier, ou discuter avec des personnalités telles que Pierre Niney, Frédéric Beigbeder ou encore PPDA pour mettre en musique leurs réflexions. Le tout sur un fond de ‘feelgood music’qui fait plaisir à entendre tant elle apaise et met le sourire aux lèvres. Ph. Alice Kong Le titre de l’album « Aller-Retour » en dit long sur vos intentions. Prendre des choses du passé et les remettre au goût du jour. Nicolas Boisseleau  : « C’est exactement ça. C’est cette idée de voyage dans le temps avec un aller dans les années 60 et 70 et un retour en 2019. Mais on voulait également un allerretour dans les styles, parce qu’on en trouve beaucoup dans le projet Bon Entendeur. Allerretour également dans les personnalités qu’on a pu rencontrer  : PPDA du milieu journalistique, Beigbeder pour le littéraire et Pierre Niney pour le cinéma. Et puis, enfin, un clin d’œil aux vacanciers sur la cover de l’album, avec ces voitures qui se croisent. D’ailleurs, on trouve que c’est un album qui s’écoute bien en voiture. La route des vacances colle bien à l’atmosphère qu’on a voulu donner à l’album. » Pourquoi les années 60 et 70 ? Pierre Della Monica  : « Pour deux raisons. Il fallait d’abord qu’on bloque une période, parce qu’on ne s’en serait pas sorti si on n’avait rien défini. Et la seconde raison, c’est que, avant les années 80, les musiques électroniques n’étaient pas encore arrivées. Et il est plus intéressant pour nous de remixer des musiques sans électro dedans. Et puis, c’était une telle effervescence musicale qu’il y avait plein de choses à faire. » ALBUMS Carla dal Forno « Look Up Sharp » Quelle est la limite entre un morceau et un remix de Bon Entendeur ? NB  : « Le remix, c’est d’avoir toutes les pistes séparées, qu’on appelle les stems. Avec cela, on peut vraiment aller dans les entrailles du morceau. Nous, ce qu’on a fait, c’est une revisite parce qu’on a reçu le morceau de base comme un bloc, et on l’a retravaillé par-dessus. Ce n’est pas du tout la même façon de travailler même si ça peut sembler similaire. » C’est un projet assez osé pour un premier album. Arnaud Bonet  : « On avait une petite appréhension vis-à-vis de certains fans des morceaux originaux qui nous auraient dit qu’on a massacré la chanson. Ça ne s’est pas produit, les gens étaient plutôt bienveillants par rapport à notre approche. Mais il y a quand même des morceaux où l’on s’est dit ‘Non, là, on ne peut pas trop toucher’. » PDM  : « C’est pour cela qu’on se concentre aussi sur des morceaux moins voire pas connus. Et c’est une volonté de notre part de se perdre dans une discographie, et pas seulement taper sur le web ‘meilleures chansons des années 70’et prendre les 40 premières. » AB  : « Il y a une volonté de faire ressortir des morceaux un peu oubliés. » NB  : « Mais au départ, on avait bien conscience de proposer un truc atypique, en tout cas pas commun, mais ça nous allait bien. Au tout début de nos mixtapes, certains Carla dal Forno, c’est une petite perle à écouter… Mais une perle de pluie, tant l’ambiance reflète l’air d’un crépuscule de bruine automnale sur une vaste étendue. Son style est à la fois trouble, sombre, expérimental et folk. Ce qui fait qu’on a du mal à la ranger dans une catégorie. Les mots qui reviennent le plus souvent sont post-punk, lo-fi folk, trip-hop, dark pop, électro et new wave. Vous pouvez faire votre marché dans tout cela, mais c’est beaucoup plus clair et plus pur à l’écoute. Cette chanteuse australienne, compositrice et muli-instrumentiste, est aujourd’hui installée à Berlin et nous avait déjà proposés, en 2016, un premier album « You Know What It’s Like », un bijou de mélancolie et de psychedelic folk. Elle revient aujourd’hui avec cette subtile façon d’user des lignes de basses minimales et envoûtantes sur quelques points de sonorités électro 80. Le tout rehaussé d’une voix éthérée qui ne semble pas toujours être de ce monde. Elle sera en concert au Botanique ce vendredi 22 novembre. (pj) ★★★★✩ trouvaient bizarres que l’on met les voix. Et puis, au final, c’est ce qui a fait qu’on s’est un peu démarqué. Et ce format qui pouvait étonner a finalement plus. En tout cas, c’est un projet qui nous ressemble et dont on est fier. » Il est clair qu’un morceau comme celui d’Isabelle Pierre « Le temps est bon » n’évoque plus grand-chose aujourd’hui. PDM  : « Initialement, ce son est ressorti grâce au film de Xavier Dolan ‘Les Amours imaginaires’en 2010. Dans les années 70, c’était presque un hymne au Québec. On a reçu plein de messages de là-bas de personnes qui étaient très contents de le réentendre. » NB  : « C’est un son qu’on aimait bien mettre entre nous, en tournée, en 2015-2016. Il nous plaisait à tous les trois. Et Stéphane Venne, l’auteur-compositeur, est l’équivalent d’un Michel Berger au Québec. » C’est aussi l’occasion, par exemple, de se rappeler que Nino Ferrer avait écrit autres choses que des « Mirza ». PDM  : « Oui, il est connu pour les ‘Mirza’, ‘Gaston’et autres ‘Cornichons’, mais c’était une personnalité sombre. Cette chanson-là, elle est très triste d’ailleurs. Ce décalage entre la mélodie solaire et les paroles Beck « Hyperspace » plutôt sombres nous plaisait, et c’est ce qu’on a voulu amplifier en rendant le côté joyeux encore plus présent malgré des textes qui l’étaient nettement moins. » On a l’impression que vos influences musicales sont à chercher du côté de Sébastien Tellier, Yuksek ou encore Air. NB  : « Wow… c’est très très flatteur. Ce sont vraiment des producteurs qu’on écoute beaucoup et qu’on adore, et qui peut-être inconsciemment nous ont aussi inspirés. » PDM  : « On est souvent associé à Yuksek sur des line-up. On le croise souvent en soirée. Donc, vous n’êtes pas le seul à en parler. » Ce choix de nom ‘Bon Entendeur’est très explicite quant à votre rapport à la musique. PDM  : « On a une façon de consommer la musique qui est impressionnante. On passe notre vie en écouter soit pour en jouer soit pour nous inspirer pour l’album soit pour le live. On passe des heures et des heures à écouter de la musique, et puis on range ça dans notre cloud. Mais à la base, le projet Bon Entendeur, c’est trois amis passionnés de musique qui passent leur temps à en chercher pour la faire partager. » J’ai lu qu’au départ le projet est parti d’une blague. NB  : « En fait, la première mixtape qu’on a sortie et sur laquelle on a mis des voix, c’était DSK. Contrairement aux 45 autres qui ont suivi et qui étaient vraiment des hommages à des personnalités, celle de DSK venait de son discours au JT de 20h quand il essayait de se dépatouiller de sa situation après l’affaire du Sofitel. Il utilise la langue de bois pendant près de dix minutes. On comprenait tout ce qu’il disait mais ça ne voulait rien dire. C’était très fort. Ça nous a amusés, donc on l’a découpé puis mis en musique. Et ça nous a donné envie de continuer parce que nos fans ont apprécié. Mais on a très vite corrigé le tir en parlant de choses plus sérieuses et en mettant les personnages à l’honneur. » Bon Entendeur « Aller-Retour » SOUND CHECK Pierre Jacobs La discographie de Beck, c’est une suite de hauts et de bas. Et pourtant, la sortie d’un nouvel album reste toujours un événement pour celui qui est devenu une figure majeure de l’indé-poprock américain. Le précédent, « Colors », sorti en 2017, ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable (euphémisme), mais cet « Hyperspace » se présente sous de meilleures dispositions. Le problème avec Beck, c’est qu’en son temps, il nous avait habitués à être surpris. Il y avait toujours une bonne dose d’audace, d’inventivité et d’originalité dans sa musique et son écriture. Mais cela, c’était avant. Aujourd’hui, le natif de Los Angeles est rentré bien plus dans les rails et dans une forme de convenance pop. C’est désormais un bon « faiseur ». Compositions, production, arrangements… Tout cela sent la patte d’un musicien qui connaît son domaine. Et en ce sens, « Hyperspace » aurait été un bon petit album chez n’importe qui d’autre. Mais on aurait surtout aimé sentir la patte de l’artiste iconoclaste. (pj) ★★★✩✩



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