Métro Belgique n°4118 12 nov 2019
Métro Belgique n°4118 12 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4118 de 12 nov 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (259 x 365) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : retour à la normale sur le rail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
Mardi 12 novembre 2019 metro 10 GREEN Des espaces verts pour s’adapter au changement climatique Les espaces verts qui parsèment les territoires sont désormais au cœur de stratégies pour favoriser le retour de la biodiversité et contribuer à l’adaptation au changement climatique. Le parc Duden, à Forest, est un exemple de ce qui peut se faire en la matière. DE NOUVEAUX ARBRES FACE AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Le parc Duden constitue le principal espace de nature du sud-ouest de la Région bruxelloise, dans une zone très densément peuplée. Il est donc devenu assez naturellement un lieu prisé des familles, des promeneurs, ainsi que des coureurs. Mais l’espace légué par Wilhelm Duden en 1911 à condition qu’il devienne un parc ouvert au public fait aujourd’hui face à des difficultés. Le réchauffement climatique, notamment, menace les hêtres centenaires. En juin dernier, la commune a dû autoriser l’abattage de cinq arbres qui menaçaient de tomber sur les visiteurs, après que la canicule de l’été précédent les a considérablement affaiblis. Le bourgmestre a donné l’autorisation d’abattage en urgence, par nécessité, mais à contrecœur. « On a également commencé à travailler étroitement avec Bruxelles Environnement afin de trouver des solutions pour s’adapter à cette situation et éviter que cela ne se reproduise », explique la porte-parole du bourgmestre. À l’avenir, des solutions d’élagage ou de soutien seront mises en place pour éviter de nouveaux abattages, souligne encore la commune de Forest. Il faudra surtout s’adapter à la nouvelle réalité climatique. Bruxelles Environnement travaille depuis plusieurs années avec des experts forestiers afin de développer une stratégie de régénération des massifs, « afin de permettre aux jeunes arbres, qui seront les arbres de demain, de se développer et de faire face aux changements climatiques ». Les espèces qui La sixième extinction des espèces La vie sur la Terre est bien malmenée par les activités humaines. La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, qui fait référence en termes de recherche scientifique sur la biodiversité), prévient qu’une sixième extinction de masse est à l’horizon. Plus d’un million d’espèces sur les huit millions que compte la planète seraient menacées. En Belgique, les espèces les plus menacées sont les reptiles (57%), les fourmis (52%) et les amphibiens (43%). La situation est également délicate pour des insectes comme les araignées et les libellules. La survie de près de 30% des oiseaux et de 28% des mammifères est également compromise. La plateforme de scientifique a fourni un éventail de recommandation afin d’enrayer le processus, notamment pour les zones urbaines. Ph. Pexels sont replantées ont été choisies en veillant à leur adéquation avec le sol, mais également en prenant en compte les aspects historiques et paysagers ainsi que les changements annoncés. Ce sont ainsi des hêtres, chênes, érables, merisier, mélèzes et tilleuls qui ont été sélectionnés pour assurer le couvert forestier des décennies à venir. Cette liste pourrait encore évoluer, en fonction du changement du climat et des connaissances sur ce phénomène. DES TRONCS MORTS Les gestionnaires du parc ont également décidé de laisser des troncs morts sur pieds, mais aussi au sol, pour garantir un accueil de qualité pour la biodiversité des lieux. Une fois les arbres morts, leurs troncs se laissent envahir d’une quantité d’organisme qui s’y nourrit. Scarabées et fourmis, notamment, s’y réfugient, et transportent avec eux des bactéries qui vont travailler au démantèlement de l’arbre. Il deviendra ainsi un humus fertile, au bénéfice de toute la zone qui l’entoure. PROTÉGER LE SOL DU PIÉTINEMENT Dernièrement, les usagers du parc ont pu constater que des barrières de bois ont été installées en bordure des sentiers, limitant l’accès aux zones boisées. « Ces zones maintenues à l’écart du piétinement garantissent à de nombreuses petites plantes à fleurs la possibilité de réaliser leur cycle de reproduction, couvrant le sol d’un véritable tapis végétale coloré. La diminution du tassement du sol est bénéfique pour la flore en général, y compris pour les vieux arbres », souligne Bruxelles Environnement. Combinée à la bonne utilisation des troncs morts, cette mesure doit permettre d’offrir à la faune et à la flore locale l’opportunité de s’exprimer en trouvant des refuges adaptés, mais aussi, et surtout, permettre aux nouveaux arbres plantés de s’enraciner pleinement pour pérenniser le couvert arboré du parc. LIMITER L’ÉROSION On compte une différence d’altitude de 45 mètres entre le bas et le haut du parc. Dans ces conditions, le risque d’érosion est réel. Des fascines tressées ont été installées afin de retenir la terre ainsi que les résidus organiques qui avaient tendance à dévaler vers le bas du parc. « Nous essayons, avec notre équipe de jardiniers, de maximiser au mieux la matière organique qui pourrait être considérée comme ‘déchet’en les réintégrant directement dans le site. À l’instar d’une sorte ‘d’économie circulaire’ », explique Simon Fierens, de Bruxelles Environnement. Petit à petit, une végétation va s’y développer, et les racines permettront de fixer le sol. RÉAPPROVISIONNER LA NAPPE PHRÉATIQUE Du fait du fort dénivelé, il n’était pas rare de voir les eaux ruisseler sur les pentes du parc en cas de fortes pluies, Bruxelles Environnement pour se retrouver dans le bas de Forest et saturer le réseau d’évacuation des eaux de pluie. Des trous ont été creusés dans le sol, avec quelques rigoles pour y diriger l’eau en cas de fortes pluies. Cela doit permettre de garder un maximum d’eau dans le parc, afin que la végétation trouve l’humidité dont elle a besoin. Quand les précipitations sont suffisamment importantes, cela doit également « permettre à l’eau de s’infiltrer dans le sol et de réalimenter la nappe phréatique », souligne Simon Fierens. Enfin, la restauration du cycle naturel de l’eau permet de déconnecter les eaux pluviales du réseau d’égouttage. Cet aspect est d’autant plus important que la « artificialisation des sols », qui sont de plus en plus souvent recouverts de béton et d’asphalte, nuit à l’écoulement naturel de l’eau, et provoque des inondations. Camille Goret @camille_goret
metro Mardi 12novembre 2019 GREEN 11 Chaufferettes et climatiseurs, les tueurs du climat Le Qatar a récemment annoncé sa volonté de climatiser ses rues. L’annonce de cette absurdité écologique n’a pas manqué de soulever des critiques dans l’opinion publique européenne. À y regarder de plus près, cette décision n’est pourtant que le parallèle d’une habitude bien ancrée en Europe… celle de chauffer les terrasses des cafés et restaurants en hiver. Les températures estivales peuvent fréquemment atteindre les 46 o C au Qatar. Face à cette chape de chaleur qui s’abat sur le petit État, des climatiseurs ont été installés un peu partout  : dans les logements d’abord, puis dans les centres commerciaux, désormais dans les stades, et voici venu le temps des climatiseurs installés en rue. UNE DÉCISION ABSURDE… MAIS À RELATIVISER L’annonce a fait bondir plus d’un observateur. Et pour cause  : 60% de la consommation électrique du Qatar est déjà consacré à la climatisation (sur près de 16.000 kwH, BELGA/E. Lalmand soit le double de la Belgique). Et ce chiffre devrait encore doubler d’ici 2030. « Sans ces climatiseurs, la vie Un appel à projet pour faire la promotion des SDG Chaque année, les organisations nommées SDG Voices ont pour mission de faire connaître ces 17 objectifs de développement durable. Un nouvel appel à projet est lancé pour nommer les SDG Voices 2020. Les Sustainable Development Goals (SDG, Objectifs de développement durable), avaient été adoptés par l’Assemblée générale de l’Onu en 2015. D’ici 2030, les 17 SDG qui sont liés à 169 objectifs doivent former un plan d’actions afin de libérer l’humanité de la pauvreté et de remettre la planète sur la voie de la durabilité. Ces objectifs, qui ne font qu’un et qui sont indissociables, reflètent les trois dimensions du développement durable  : les aspects économique, social et écologique. La ministre en charge du Développement durable, Marie-Christine Marghem, et l’Institut fédéral pour le Développement durable sont à la recherche de six nouveaux SDG Voices pour 2020. Leur rôle sera d’informer sur le sujet, tout en diffusant leur enthousiasme afin d’encourager les citoyens et les organisations à se retrousser les manches. Pour ce faire, les organisations choisies, entreprises ou associations, disposeront d’un budget de 25.000 € . La campagne s’étalera sur un an. Toute organisation qui peut raconter une histoire passionnante autour des SDG est éligible, qu’il s’agisse d’asbl, d’ONG, d’organisations sectorielles, d’écoles et universités,de syndicats,de pouvoirs locaux,de petites ou grandes entreprises… Parmi les objectifs qui doivent être mis en avant, on retrouve aussi bien la lutte contre la faim, contre la pauvreté, la promotion d’une éducation de qualité, la préservation des mers et océans, le développement d’institution durable et d’un monde sûr. La particularité de cet ensemble d’objectif est qu’il s’adresse à tous les pays du monde, et non uniquement aux pays développés, comme cela a souvent été le cas des agendas du développement international. www.sdgs.be Votre organisation deviendra-t-elle la SDG Voice 2020 ? Posez votre candidature ! à l’extérieur serait tout simplement insupportable », fait valoir dans Le Parisien Yousef al-Horr, fondateur de l’Organisation du Golfe pour la recherche et le développement. Sur Twitter, certains se sont interrogés sur le sens de développer des villes dans des zones aussi chaudes, réclamant de telles quantités d’énergies. Et si la décision qatarie n’était que le reflet d’une habitude européenne, celle de chauffer les terrasses des bars et restaurants dès que les températures baissent ? « ‘Putain mais le Qatar qui va climatiser les rues c’est vraiment un pays de gros cons irresponsables.’Signé ; le pays aux terrasses ouvertes et surchauffées sept mois sur douze », ironise ainsi un twittos qui tient à remettre les choses à leur place. Des plaids en terrasse Face aux craintes de voir les terrasses se vider, la commune de Namur se veut rassurante. Lors du vote, l’échevine en charge de l’urbanisme, Stéphanie Scailquin relativisait le problème. « Si vous allez à Budapest ou dans d’autres villes dans le monde,les terrasses sont animées malgré l’absence de chauffage. Il faut mettre à disposition des couvertures ou des plaids. » Cette solution pourraitelle inspirer les tenanciers bruxellois ? Philippe Trine, le président de la fédération bruxelloise de l’Horeca, n’y croit pas une seconde. « Est-ce que nos clients vont en vouloir ? », interroge-t-il. « Et puis ensuite, on va nous critiquer pour cette solution qui a recours à de la laine de mouton ? », dit-il redouter. Face à cette défiance, il faudra attendre encore quelques années pour savoir si la solution du plaid a réussi à s’implanter à Namur. DES MESURES CONTRE LES CHAUFFERETTES D’après un calcul réalisé par le cabinet français Carbone 4, le bilan carbone d’une terrasse équipée de quatre braseros allumés pendant huit heures est équivalent à celui d’un trajet de 350 km en voiture. Cette question interpelle de plus en plus de communes belges. Namur a décidé d’interdire ces dispositifs de chauffage extérieurs en 2021. Woluwe-Saint-Pierre a pris une décision similaire. Face à ces décisions, Philippe Trine, président de la fédération Horeca à Bruxelles, ne décolère pas. « Je ne vois pas en quoi ça gêne qui que ce soit qu’un exploitant chauffe sa terrasse au gaz », peste-t-il. « C’est le problème du propriétaire », estime celui qui s’estime victime d’un « effet Greta ». Il peste contre l’idée de fournir des plaids (voir ci-contre), et insiste sur le fait que « les fourneaux des cuisines consomment plus d’énergie ». Derrière ce coup de sang, se cache surtout l’inquiétude que des investissements effectués par des exploitants perdent toute leur valeur d’un coup. « Certains gérants ont engagé des dépenses pour installer une belle terrasse, ont acheté des chaufferettes… une telle interdiction serait un coup dur pour le secteur », metil en garde. Du côté de la ville de Bruxelles, aucune décision à ce sujet n’a encore été prise, assure l’échevin Fabian Maingain (Défi). « Nous allons en discuter avec le secteur afin de voir ce qui peut être fait pour arranger la situation. L’objectif est de trouver une solution ensemble », soulignet-il. L’échevin reconnaît toutefois qu’« évidemment, on se pose des questions dans le contexte actuel du changement climatique. » Des villes françaises et allemandes réfléchissent également à cette question. « Il faudra bien finir par faire sans », concède, fataliste, un fumeur installé sur une terrasse d’un bar bruxellois. (cg)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :