Métro Belgique n°4104 16 oct 2019
Métro Belgique n°4104 16 oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4104 de 16 oct 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (259 x 365) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : des inégalités financières considérables.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 CULTURE NICK MURPHY SE RECRÉE SOUND CHECK 12 Mercredi 16 octobre 2019 metro « Ma musique vient de mon cœur, pas de mon nom » Alors que le grand public l’avait découvert sous le nom de Chet Faker avec des titres comme « Gold », « Drop the game » ou « No Diggity », il surprenait son monde il y a deux ans en changeant d’identité scénique. Il était alors revenu avec son vrai nom, Nick Murphy. Dans la foulée, le chanteur avait livré un concert, en patron, sur la scène de Forest National. Cette année, l’Australien revient chez nous, à l’Ancienne Belgique, ce 20 octobre. Il y présente son album « Run fast Sleep Naked », sorti en mars dernier. Pourquoi avoir changé de nom il y a deux ans ? « Je fais beaucoup de choses artistiquement parlant. Parfois je ressens que les gens sont un petit peu confus quant à mon travail. J’ai eu le sentiment que je devais faire de la musique librement, sans avoir à me préoccuper du nom que j’empruntais. Je suis devenu très populaire sous le nom Chet Faker, et j’en suis reconnaissant, mais avec ce nom, je me limitais à ce que les gens attendaient. Sous mon vrai nom, je peux arrêter de penser à ce que je dois faire et être moi-même, cela me permet d’élargir mon horizon. Chet Faker fait partie de moi. Ma musique vient de mon cœur, pas de mon nom. La plupart des gens ont compris ce changement. Ceux pour qui ce n’est pas encore clair le comprendront quand je sortirai des nouvelles choses car cela prendra tout son sens. » Cela veut dire qu’un retour au studio est bientôt prévu ? « Je suis toujours en train de travailler sur de nouvelles choses, cela prend simplement beaucoup de temps. L’industrie de la musique est ce qu’elle est, c’est un monde un peu pourri. Je n’ai donc pas la liberté de sortir ce que je veux, quand je le veux, par rapport aux labels. C’était plus simple avant, quand je pouvais simplement poster mes créations moi-même sur le net. J’ai énormément de contenu en stock et j’espère rapidement pouvoir sortir des nouveaux sons. Tout ce que je veux faire, c’est donner de la musique aux fans. » L’album que vous avez sorti en mars s’appelle « Run Fast Sleep Naked », d’où vient ce nom ? « J’ai trouvé ce titre quand j’avais 17 ans. Je voulais nommer mon premier album comme ça, mais j’ai fini par oublier avec le temps. J’ai rangé il y a quelque temps dans le garage de ma mère et j’ai trouvé une feuille de papier où c’était ALBUMS Kim Gordon « No Home Record » À 66 ans, Kim Gordon se lance dans sa première expérience solo. Inutile de dire que la fondatrice du groupe culte Sonic Youth n’avait pas l’intention de faire dans la pop. Quoi qu’elle fasse, il y a toujours cette envie chez elle d’expérimenter, d’explorer les codes, d’inscrire sa musique dans une sphère artistique plus globale. Ce titre « No Home Record » est d’ailleurs inspiré du dernier film de la réalisatrice belge Chantal Akerman, « No Home Movie », qu’elle n’a jamais vu d’ailleurs. À l’écoute  : une intensité sonore, du bruit comme matière première, un noise rock bien rugueux et sans fard, le tout bien mis en exergue par le producteur Justin Raisen. Un album dense et puissant. (pj) ★★★★✩ écrit. Comme je n’avais pas encore trouvé de titre pour l’album que j’écrivais, j’ai gardé « Run Fast Sleep Naked ». C’est parfaitement logique car cela correspond à la mentalité que j’avais quand j’étais plus jeune. Je voyageais partout dans le monde à un rythme fou, autant et aussi vite que je le pouvais. Revenir à ce titre pour le premier album que je sors sous mon vrai nom, ça tombe sous le sens. Ce « credo » me manque car je suis addict aux nouvelles choses. Je n’aime pas rester statique et tomber dans la routine. Je veux voir de nouvelles choses et ressentir le chaos de l’existence. C’est une démarche intense et tu ne peux pas faire cela tout le temps, sinon tu vieillis très rapidement (rires). » Ce chaos, on peut le ressentir dans votre musique, mais il semble organisé. Comment rendez-vous cela possible ? « C’est un travail très compliqué, un processus permanent et en s’y attelant encore et encore, cela finit par avoir du sens. C’est précisément le travail d’un artiste. C’est prendre ce chaos, et le traduire en quelque chose que le public peut comprendre. C’est réellement comme ça que de nombreux grands artistes décrivent leur travail. Tout le monde n’arrive pas à gérer le chaos, donc c’est mon rôle d’aider les autres à se sentir mieux et à vivre mieux. » Le public visé par cet album semble plus spécifique qu’auparavant… « Oui, car il est très personnel. J’ai appris de nombreuses choses sur moi-même durant son écriture, et je voulais capturer cela pour tous ceux qui passent par la même chose que moi, pour ceux qui sont en train d’apprendre qui ils sont. J’étais dans une phase qui m’a rendu très triste, en colère et complètement perdu. C’est normal de ressentir tous ces sentiments, mais ils ne doivent pas vous contrôler. Soyez vousmême, sans vous soucier du regard des autres ! Floating Points « Crush » C’est un cliché mais c’est tellement vrai. Les prochains albums vont ouvrir de nouvelles portes et les gens comprendront pourquoi cet opus était si important dans mon processus artistique. » À la première écoute, c’est difficile de rentrer dans l’album et pourtant, il devient meilleur après chaque écoute de plus. Comment fait-on cela en tant qu’artiste ? « Je ne sais pas, mais avant tout merci beaucoup car je prends cela comme un vrai compliment. Je ressens exactement la même chose par rapport à mes albums préférés. Parfois, les choses les plus importantes dans la vie sont comme ça. On connaît tous un garçon ou une fille qui, à première vue, nous agaçait terriblement. Puis, tu traînes avec cette personne et ce qui t’énervait chez elle, tu commences en fait à l’apprécier. Un bon album, c’est exactement comme ça  : quand il te dit la vérité, tu ne l’aimes pas à première vue puis tu finis par l’accepter. Mais c’est un processus que je ne comprends pas bien moi-même. » Vous êtes une personne plutôt introvertie. Est-ce que cela reste difficile pour vous de partager votre musique avec le public ? « Oui et non. Ça demande toujours beaucoup de se produire sur scène, je le paie cher. Depuis le début de ma carrière, j’ai joué des centaines de fois et je ne me souviens pas d’une seule fois où je me suis dit que c’était facile. Mais ça fait désormais partie de moi et je suis prêt à jouer lorsque l’on me le demande. Je pense que c’est On peut très bien être docteur en neurosciences et maître de musiques électroniques. Demandez à la généticienne Mira Aroyo, membre de Ladytron. Si Sam Shepherd, alias Floating Points, s’est d’abord fait connaître en tant que DJ en faisant danser les foules sur des playlists très inspirées, sa production personnelle est plus expérimentale. Electronica, dubstep, post-dubstep, ambient… Floating Points, c’est un peu tout cela à la fois. En tout cas, une électro davantage « cérébrale » serait-on tenté de dire en parlant de ce neuroscientifique. « Crush » l’est peut-être moins que « Elaenia ». Si ce nouvel album a des allures froides et minimalistes, on retrouve pourtant ce besoin d’une séduction immédiate et la patte du DJ qu’il ne cesse d’être. (pj) ★★★★✩ AFP/T. WargoPh. AFP/T. Wargo une bonne chose pour le public d’assister à cela sur scène, de voir que même si c’est dur je le fais quand même car je veux partager mon univers avec eux. La scène est très intense, il y a beaucoup de monde qui me regarde et je dois beaucoup donner pour eux. Tu ne peux pas être égoïste sur scène même quand tu ne te sens pas bien. Tu dois ouvrir ton cœur quoiqu’il arrive. » Quelle place a le côté visuel du show à vos yeux ? « Je m’investis toujours dans l’aspect visuel des concerts. Pour cette tournée, j’ai des effets visuels que j’adore. Cela magnifie toujours ce qui est joué sur scène. C’est amusant car notre show est plus petit, mais également plus grand que par le passé. Avant, nous étions cinq sur scène et nous ne sommes désormais plus que trois, ce qui laisse plus de place pour les images que l’on projette. C’est peut-être le côté le plus excitant de cette tournée. » La dernière fois que vous êtes venu, c’était à Forest National. Vous en gardez un bon souvenir ? « Je suis très impatient de revenir à Bruxelles, d’autant plus que le concert est sold out. Je me souviens très bien de Forest National, c’était incroyable. Un ami avait filmé l’intégralité du show et la vidéo de « Sanity » a été tournée essentiellement lors de ce concert. Cette fois-ci, j’espère pouvoir visiter la ville car la dernière fois, je n’en avais pas eu l’occasion. » Sébastien Paulus The Lighthouse « Whatever Comes Our Way » Ils étaient sortis victorieux, en 2017, du concours The Nieuwe Lichting organisé par Studio Brussel. S’en était suivi un EP gorgé de singles qui ont bien tourné en radio. Il était donc grand temps pour nos Louvanistes de sortir un premier vrai album. Et c’est chose faite avec ce « Whatever Comes Our way » plein de lumière, de couleurs et d’une bonne dose de feelgood pop-music. Des riffs espiègles, une rythmique calibrée pour faire bouger les corps, des synthés un peu old-school, et des voix qui donnent la patate… C’est donc en automne que The Lighthouse nous sort un album estival. Ça nous permettra de compenser notre manque en vitamine D. À découvrir à l’Ancienne Belgique le 26 octobre. (pj) ★★★✩✩
metro Mercredi 16octobre 2019 CULTURE 13 LE MENTALISTE FABIEN OLICARD ET LE POTENTIEL DE VOTRE CERVEAU TIME OUT Dans son spectacle « Singularité », le mentaliste Fabien Olicard vous invite à la découverte de votre cerveau et de ses incroyables capacités. Vous affirmez qu’il y a autant de définitions du mentalisme que de mentalistes. « Oui, je persiste et je signe parce qu’il n’y a pas de définition légale de ce mot vu qu’il n’y a personne qui adoube les mentalistes. Tous les mentalistes, et moi y compris, on s’est autoproclamés tel quel. C’est un mot qu’il faut un peu imaginer comme un sac. Chacun met les techniques qu’il veut dans ce sac, mais toujours dans le même but  : bluffer les gens, déduire ce qu’ils pensent, les influencer… que ce soit pour les divertir ou pour leur apprendre à se servir de leur cerveau. Mais on ne peut pas dire qu’une personne n’est pas mentaliste car le mentalisme, on ne sait pas vraiment ce que c’est. » Quelle est votre définition du coup ? « Pour moi, la définition du mentaliste c’est de prendre des outils qui viennent du monde de la psychologie, de l’influence, de l’illusionnisme et de la mémoire dans le but double de savoir mieux se servir de notre cerveau, qui est littéralement extraordinaire et qui fait des choses incroyables, mais aussi d’aller sur scène avec cette passion. J’en ai fait un oneman-show dans lequel on rigole mais où le fond du sujet est toujours le mentalisme. J’essaye de bluffer les gens, voire de les amener à se bluffer eux-mêmes. » Vous ne faites donc rien de surnaturel. « Non, je n’ai pas de don. J’adorerais savoir lire dans la tête des gens mais je n’ai pas de don de ce côté-là. » Que pensez-vous des gens qui se disent medium ou voyant ? « Je pense qu’ils ont le droit de le faire. Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a convaincu. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un capable de faire plus que ce que je sais faire moi-même. Je me dis d’ailleurs souvent que je ferais mieux avec mes techniques de mentaliste. Il faut de tout pour faire un monde mais, pour moi, cela reste de l’ordre de la croyance et il n’y a rien qui me démontre que ces personnes savent vraiment faire cela. Moi, je suis plus dans l’illusionnisme, le rationnel, la déduction. Ce que je fais est totalement explicable. » Vous vous intéressez au mentalisme depuis que vous avez 8 ans. Comment vous êtes-vous rendu compte que vous aviez une bonne mémoire ou que vous saviez lire le comportement des gens ? « Concernant ma mémoire, je m’en suis rendu compte dès le début de ma scolarité car je savais étudier mes devoirs en les lisant une fois. C’est un cadeau empoisonné parce qu’on n’acquiert aucune méthodologie de travail. En ce qui concerne l’intérêt des gens, il est venu d’un livre appelé « Cours Magica » de Robert Veno. Le dernier chapitre s’appelle « Il n’y a pas de truc » et ne parle que de mentalisme. J’ai trouvé cela génial et j’ai voulu en savoir plus. J’ai donc commencé à faire des lectures sur les sciences cognitives, le fonctionnement du cerveau, le comportement social. Je pense que quand on est petit, on brasse tous les domaines d’intérêt de la vie et il y a des thèmes qui résonnent en nous. Pour certains, c’est le sport, pour d’autres le dessin ou les jeux vidéo. Pour moi, c’était le mentalisme. J’aime bien résoudre des puzzles et quel plus beau puzzle que le casse-tête que représente notre cerveau ? » Le mentalisme, c’est quelque chose que vous faites tout le temps, au restaurant par exemple ? « Oui et non. Non car il faut être très concentré pour le faire. Mais oui car il y a des acquis contre lesquels on ne peut pas lutter. Peutêtre que je suis un meilleur communiquant, peut-être que je négocie un peu mieux et plus efficacement, que je suis plus attentif aux comportements sociaux des autres. Je ne suis pas comme dans la série mais je suis légèrement optimisé dans certains domaines. » En parlant de la série, est-ce qu’elle a permis aux mentalistes de se (re)trouver sous le feu des projecteurs ? « Oui, c’est sûr. Le mentaliste a déjà eu un gros âge d’or au 19 e siècle avec le spiritisme. Là, les mentalistes étaient plus des gens qui rentraient en contact avec des esprits. C’était considéré comme rationnel et scientifique à l’époque. Et puis le mot a été gardé en opposition au matérialisme avant de revenir à partir des années 80 via l’illusionnisme, la branche à laquelle je me raccorde. La série fait, qu’aujourd’hui, les gens ne savent toujours pas ce qu’est le mentalisme. Mais ils en ont un fantasme et c’est évident que cela nous a fait une publicité monstrueuse car le mot est rentré dans le langage courant, il a été popularisé de fou par la série. » Pourquoi chacun ne développe-t-il pas ses qualités de déduction ? « Car ils ne sont pas venus à mon spectacle et n’ont pas acheté mes livres (rires). Plus sérieusement, je ne sais pas. Par contre, les gens sont de plus en plus demandeurs. Il y a un intérêt pour savoir comment fonctionne notre cerveau et une vraie envie de savoir mieux s’en servir. » « Ce que je fais est totalement explicable » « J’essaye de créer des Big Bang dans le cerveau des gens » Ph.L. Gilli C’est pour cela que vous avez lancé une chaîne Youtube ? « Au départ, c’était pour être plus créatif. Je me suis demandé ce que j’allais pouvoir créer si je devais fournir du contenu une fois par jour pendant un an. J’ai adoré cela et, au bout de trois semaines, j’ai compris que je devais toucher à tout. Sur scène, je m’éclate et on vit des moments merveilleux mais on est là pour rigoler donc je ne vais pas très loin dans les explications alors que j’adore partager. Du coup, j’ai pu m’exprimer différemment sur Youtube tout en parlant du même sujet. » Dans votre spectacle, vous promettez de faire le Big Bang dans le cerveau des spectateurs, c’est un sacré pari. « Oui ! Mais je pense qu’on le fait quand même. Déjà, le spectacle « Singularité » ne s’appelle pas comme ça par hasard. La singularité initiale est le nom scientifique du Big Bang et je suis passionné d’astrophysique, plus particulièrement de la singularité du début de l’univers. Il y a un truc qui est fou, c’est de ce dire que quand l’univers est né il n’y avait rien, et d’un coup il y avait tout. C’est pareil pour un humain. Quand un être humain n’existe pas encore, il n’y a rien. Et d’un coup, il y a une pensée qui existe, qui est nouvelle, avec des goûts, des choix, des opinions. Et je me dis qu’il y a eu le Big Bang d’une pensée à ce moment-là. C’est un peu ce que je ressens quand j’apprends quelque chose de stimulant, j’ai l’impression de vivre un Big Bang dans ma tête. Et c’est ça que j’essaye de faire dans mes spectacles, j’essaye de créer des Big Bang dans le cerveau des gens car j’adore cette sensation. » (cd) Fabien Olicard se produira en Belgique du 29 novembre au 1er décembre ainsi que les 7 et 8 avril 2020.



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