Métro Belgique n°4099 9 oct 2019
Métro Belgique n°4099 9 oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4099 de 9 oct 2019

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : n.v. Mass Transit Media

  • Format : (259 x 365) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Lewis Hamilton.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mercredi 9 octobre 2019 metro 10 CULTURE’CHAMBRE 212’  : LE VAUDEVILLE À L’ENVERS DE CHIARA MASTROIANNI « Les Français ne sont pas les seuls obsédés par le sexe ! » Pour leur cinquième collaboration depuis ‘Les Chansons d’amour’, Christophe Honoré et Chiara Mastroianni s’attaquent au genre de la comédie romantique pour mieux le retourner sur sa tête ! Bienvenue dans ‘Chambre 212’, une fantaisie aussi divertissante qu’inspirée. Présenté lors du dernier Festival de Cannes, le nouveau film de Christophe Honoré nous plonge dans la tête de Maria, une épouse infidèle, le temps d’une nuit. Elle y croise son mari (joué par Benjamin Biolay) 20 ans plus jeune (Vincent Lacoste), mais également sa rivale (Camille Cottin), sa mère et ses anciens amants. Chiara, comment s’est déroulé le tournage avec vos trois compagnons de jeu ? CM  : « Je connaissais vite fait Vincent, et ça a directement bien pris entre nous. Ça vaut mieux, croyez-moi. Quand on passe autant de semaines nue dans un lit avec quelqu’un, mieux vaut aimer sa compagnie. Je ne connaissais pas Camille, mais on s’est aussi très facilement entendues. Et Benjamin est mon ex-mari, j’ai un enfant avec lui. Je le connaissais donc plutôt bien (rires). » Christophe, d’où est venue l’envie de réaliser une comédie sur une crise conjugale ? Christophe Honoré  : « De mon âge, 49 ans (rires). C’est un âge où se pose la question de savoir comment aimer longtemps. » Chiara Mastroianni  : « Ah non, pouce ! C’était déjà présent dans ‘Les Chansons d’amour’. Un personnage disait même :’Aime-moi moins, mais aime-moi longtemps’. Donc ça germe dans ta tête depuis longtemps. » CH  : « Ah mince, c’est vrai ! Pour le traitement comique, je fantasmais Chiara en Cary Grant. Les vieilles comédies de remariage à l’américaine des années 40 m’ont beaucoup marqué en tant que cinéphile, et j’ai essayé de croiser ça avec un imaginaire plus français, plus proche du théâtre de boulevard. » Le cinéma américain parle beaucoup d’amour, mais rarement autant de sexe. CM  : « Ah ben dans les films de Woody Allen quand même… » CH  : « Et même dans les vieilles comédies. Il fallait lire entre les lignes mais toutes les répliques étaient à double sens. Faut pas croire que les Français sont les seuls à être obsédés par le sexe. » Maria affiche une sexualité rarement associée aux personnages féminins. CM  : « Oui, Christophe voulait une héroïne définie par des clichés qu’on attribue généralement au masculin  : des conquêtes démultipliées, et une forme de mauvaise foi quand elle explique à son mari que ses aventures n’ont aucune incidence sur sa vie de couple. J’ai trouvé ça très amusant et très original comme point de départ… même si derrière il faut assumer de se retrouver seule dans une pièce avec 20 garçons allongés sur le lit (rires). » CH  : « Le film prend en compte une domination masculine. Quand Maria dit à son mari qu’elle a besoin d’être seule, elle se retrouve dans une chambre envahie par des hommes qui veulent parler à sa place. Or, comme le film n’est qu’une construction mentale de cette femme, c’est qu’elle a intégré une parole masculine paternaliste qui l’enferme dans un discours. J’espère qu’à travers cela le film parvient à être plus déstabilisant que ce que son récit ne prétend. C’est un exercice d’affranchissement. » Croyez-vous que l’amour peut durer éternellement ? CH  : « Le problème n’est pas que l’amour ne MOVIES Ph. Xenix dure pas, mais plutôt ce qu’on en fait quand il n’y a plus de désir. » CM  : « Tout à fait. Une part des gens qu’on a aimés reste en nous. Et je ne pense pas qu’on lâche un amour pour le suivant. Je crois qu’on les additionne, comme un beau tiramisu (rires). » Charles Aznavour est très présent dans le film… CH  : « La chanson française est toujours importante dans mes films, où la musique sert de vraie séquence de scénario, et jamais d’illustration. La chanson dit :’On ne se reverra plus jamais’. Je trouvais ça beau que Maria ait Aznavour en tête quand elle quitte son amant. Des chansons comme ça nous accompagnent souvent dans nos péripéties amoureuses. » Le film bascule dans la fantaisie, notamment grâce aux décors. CH  : « C’était compliqué parce que je n’avais jamais utilisé de faux décors. On a tourné cinq semaines en studio et une semaine à Paris. Pour trouver cette touche de magie, mon chef opérateur a éclairé la rue parisienne comme si c’était un studio, et le studio comme si on était en lieu naturel. Tout a fini par se rencontrer. » Stanislas Ide
metro Mercredi 9octobre 2019 CULTURE 11 REVIEWS The Goldfinch (Le Chardonneret) Avec ses 800 pages, son prix Pulitzer et des centaines de milliers de lecteurs, adapter « Le Chardonneret » de Donna Tartt, était un défi de taille. Comment transposer ce roman-fleuve aux airs de Dickens, qui raconte l’histoire d’un garçon nommé Theo, de sa jeunesse tourmentée, des gens qu’il a aimés, et de son douloureux secret  : un mystérieux tableau où est peint un oiseau… ? Pour y répondre, Hollywood a misé sur John Crowley (‘Brooklyn’) derrière la caméra, et sur un casting éclectique qui va de Nicole Kidman (en mère adoptive huppée) à Luke Wilson (en père paumé un peu cliché), et Ansel Elgort de ‘Baby Driver’dans la peau Chambre 212 Avez-vous déjà rêvé de quitter votre moitié ? Pour Maria, dont le mari vient de découvrir l’infidélité, la question prend littéralement vie le temps d’une nuit. Enfouie dans une chambre d’hôtel juste en face de chez elle, elle fantasme des visages de son passé. Ses anciens amants, comme son époux lesté de 20 ans, débarquent pour questionner son entendement de l’amour… Christophe Honoré a le chic pour nous surprendre. Loin de ses habituels maniérismes inspirés par la Nouvelle Vague (‘Dans Paris’), il nous livre une comédie de boulevard enlevée et divertissante. Mais comme souvent chez Honoré, le cadre classique est MOVIES Warner Bros de Theo. Le résultat est un bel objet de cinéma, aux décors somptueux et aux détails soignés, qu’on admire de loin sans être touché. Le hic, c’est qu’on a l’impression de voir trois films à la fois. Conte, thriller, drame social, New York, Las Vegas, présent, passé  : le rythme effréné du scénario, qui fait le grand écart pour lier les différentes parties, rend difficile l’accès aux émotions. Le format sériel semblait plus adapté… À découvrir pour rassasier votre curiosité de lecteur, ou si vous avez une passion pour les antiquités ? (si) ★★✩✩✩ Ph. Xenix nourri de modernité, et il nous susurre des idées progressistes de façon intemporelle. Chiara Mastroianni joue l’amour et le hasard, avec un appétit et une mauvaise foi bien plus souvent observés chez les personnages masculins des comédies romantiques. Vincent Lacoste, Camille Cottin et Benjamin Biolay sont également de la fête, et se glissent avec évidence dans ce joli bal de névroses et de fantaisie. Un exercice de style réjouissant, qui devrait enfin mettre les cyniques et les romantiques d’accord. (si) ★★★★✩ ALBUMS Nick Cave and the Bad Seeds « Ghosteen » « Les chansons du premier album sont les enfants. Les chansons du deuxième album sont leurs parents. Ghosteen est un esprit migrateur. » C’est comme cela que Nick Cave a présenté son 17 e album, en deux tomes, produit avec ses Bad Seeds. Une sortie surprise que l’on n’attendait pas. Les fans tablaient plutôt sur un nouveau Grinderman. En streaming depuis le 4 octobre, et dans toutes les discussions depuis lors, l’album physique ne sortira, lui, que le 8 novembre prochain. « Skeleton Tree », sorti en 2016, était né d’une mort, celle de son fils Arthur, âgé de 15 ans, après être tombé d’une falaise. Huit morceaux déchirants, profondément marqués par cette perte et le désespoir d’un père qui perd son enfant. « Ghosteen » est aujourd’hui l’album du deuil qui sera éternel, et d’une présence perpétuelle et fantomatique qui ne le quittera plus. Rêvant à une place dans l’Eden, telle que la pochette le laisse supposer, Nick Cave ne cesse de creuser dans la noirceur pour y trouver de la lumière, en quête d’une beauté, malgré tout, si beauté il peut encore y avoir. Bien plus que la musique, lancinante, épurée et lyrique, c’est le texte qui importe. Nick Cave chante par métaphore, et évite tout pathos, pour faire de son histoire une œuvre universelle. Et on ne peut qu’applaudir, même si la retenue est de mise. (pj) Mika « My Name is Michael Holbrook » CE CONCOURS N’EST NI ORGANISÉ NI SPONSORISÉ PAR LA LOTERIE NATIONALE 25 BILLETS « WIN FOR LIFE » A GAGNER ! NEW 6026 ENVOYÉ/REÇU 1,00 EUR/SMS MT19w41 191009ZF-WFL RÉPONDEZ À LA QUESTION SUIVANTE  : Dans quel pays est le poisson-globe considéré comme un mets délicat ? A En Chine B Au Japon C Au Cameroun CONNAISSEZ-VOUS LA RÉPONSE ? Envoyez GLOBE A, B ou C (ex.  : GLOBE A) par SMS au 6026 ou composez le 0905 23 360 à partir d’un téléphone fixe et tentez votre chance de remporter 3.000 € par mois… à vie ! GAIN MINIMAL GARANTI DANS CHAQUE PAQUET Les concours de la Loterie Nationale sont interdits aux mineurs d’âge ★★★★✩ Il est clair qu’avec un tel titre, Mika, alias Michael Holbrook, avait un message à faire passer, une mise au point à faire, et peut-être un rappel pour lui-même. « No Place en Heaven », sorti en 2015, avait connu son petit succès, mais bien moins qu’espéré. Il faut dire qu’en bon invité des plateaux télés, et notamment comme juré dans The Voice, le chanteur s’était doucement dissous pour laisser la place au people. Mika s’était un peu perdu en chemin. Il a donc eu l’envie, si pas le besoin, de se retrouver, et à renouer avec une inspiration qui lui faisait défaut depuis quelques années. C’est donc dans une forme d’intimité que l’on plonge ici. Mais on ne se refait pas. L’humeur est pop, l’atmosphère est colorée, mais le propos est bien plus introspectif qu’on pourrait le penser. Il y aborde notamment des moments importants, voire douloureux, qui ont ponctué sa vie  : la maladie de sa mère, l’accident de sa sœur, la mort de proches, etc. Avec pudeur mais sans faux-semblant. Mika a voulu retrouver Michael Holbrook (qui est aussi le nom de son père), et il semble que la thérapie ait fonctionné. (pj) Angel Olsen « All Mirrors » SOUND CHECK ★★★✩✩ Folk et intimiste… Deux mots qui revenaient souvent lorsqu’il s’agissait de décrire le travail d’Angel Olsen. Avec « All Mirrors », ça l’est nettement moins. On ne demande d’ailleurs pas à une artiste de se répéter constamment. Fuyant le surplace, l’Américaine a mis davantage d’ampleur dans sa musique, comme a pu le faire The XX, dans un passé récent, ou des Cocteau Twins, dans une époque lointaine. C’est avec un certain lyrisme qu’Angel Olsen plonge dans l’introspection avec une forme de tristesse bien ancrée en elle. Comme si les larmes étaient un liquide vital. C’est elle qu’elle regarde dans tous ces miroirs, et c’est dans leurs tains qu’apparaissent certains de ses fantômes. Autrice et compositrice de ses textes, la Missourienne réussit à être à la fois sobre et atmosphérique. Il faut reconnaître qu’elle peut faire passer tellement d’émotions dans une voix qui ne joue jamais sur les effets, si ce n’est un peu de réverbe. Mais une émotion à la fois brut et baroque. (pj) ★★★✩✩ Renseignements  : 03/216 46 84 - info@mconcept.be - Participation possible jusqu’au 31/10/19 à 23h59 - Coût de participation  : par appel 2,00 EUR - par SMS envoyé/reçu  : 1,00 EUR, participation complète par SMS  : 4,00 EUR - Participation interdite aux mineurs d’âge - Les prix ne sont ni échangeables ni convertibles en espèces - Les coordonnées fournies par les participants sont enregistrées dans une base de données de MConcept SPRL et sont destinées à l’organisation et au traitement de ce concours. Les participants ont le droit de consulter, corriger et/ou effacer leurs données. Ces concours sont organisés par MConcept sprl, n°d’entreprise 0826.398.329, Desguinlei90 n°12B, 2018 Anvers. -18



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