Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le regne supreme Connu pour être un groupe sans fioritures en live ou sur disque, Ingested monte au créneau. Défenseur de bonne musique, il entame la promotion de son nouvel album, Where Only Gods May Tread, plus brutal que jamais. [Entretien avec Jason Evans (chant) par Loïc Cormery, loic@metalobs.com] Vous êtes très attendu avec ce nouveau disque. La pression était-elle plus présente que par le passé ? Effectivement ! Mais la seule pression que nous mettons en avant c’est nous-mêmes. Nous voulons que cet album soit le meilleur possible pour nous, mais aussi pour les fans. Nous ne devons décevoir personne, c’est une règle chez nous. Ce fut un processus assez long. Nous avons enregistré dans trois endroits différents, car nous sommes un peu tous éloignés. Cela a donc pris du temps et nous étions crevés, mais le résultat est là et, pour nous, c’est vraiment du bon boulot. Where Only Gods May Tread regroupe-t-il les mêmes éléments que par le passé, au niveau des textes et du thème général ? Nos thèmes ont toujours été les mêmes. Nous pensons que nous sommes les meilleurs, nous devenons de meilleurs auteurs à chaque sortie. Nous avons toujours écrit la musique que nous voulons entendre. Nos paroles sont beaucoup plus personnelles sur ce disque. C’est un cadeau pour les sceptiques, un « fuck » pour faire pleurer des bébés. Quelles ont été vos inspirations ces dernières années  : culture, musique, gastronomie, politique, etc. Nous nous sommes concentrés sur les thèmes des sectes et des mouvements politiques. Nous voulions créer l’idée d’une religion. L’iconographie et le symbolisme des religions et les idéologies politiques largement répandues sont moralement répréhensibles. Nous voulions dépeindre un monde fictif où l’entité évoquée est un dieu omniprésent, induisant la peur en permanence. Le début de la fin en quelque sorte. En parlant du début de la fin, comment te sens-tu avec cette pandémie qui paralyse tout le monde ? C’est pénible, on ne va pas dire le contraire ! Nous devons patienter, mais c’est vrai qu’en période de promotion pour l’album, ce n’est pas évident. On s’occupe comme on peut et cela nous permet d’être plus avec nos familles. Mais j’aimerais que tout ce cirque disparaisse au plus vite. En tout cas, pour les concerts de l’année prochaine, nous reviendrons remontés comme jamais ! Parle-nous un peu de tous vos guests sur l’album… Déjà, Dominic Grimard (Ion Dissonance, The Last Felony) a tenu la basse sur tout l’album et c’est un grand killer ! Ensuite, trois invités de marque sont  : Kirk Windstein (Crowbar, Down), Vincent Bennett (The Acacia Strain) et Matt Honeycutt (Kublai Khan). Que des gens que l’on apprécie énormément. On voulait absolument qu’ils contribuent chacun avec leur style. C’est vraiment un pur moment de partage ! 8 METAL OBS’INGESTED Where Only Gods May Tread Brutal deathcore/Slam kings Unique Leaders Unique Leaders, nous gratifie, en ce milieu d’année, de belles surprises musicales. Ce label a du flair pour nous présenter les talents de demain. Penchons-nous sur le cas de l’excellent Ingested, groupe américain dont nous avons mis en valeur le précédent album, The Level Above Human, sorti en 2018. Produit par Christian Donaldson (Despised Icon, Beneath The Massacre, The Agonist et guitariste de Cryptopsy), le son est organique et puissant. Les atmosphères sont pesantes tout au long de l’album, comme sur « Follow The Deceiver », « Impending Dominance » et « The List ». Le côté chaotique brutal est sans conteste la touche du combo, lequel parvient à montrer une très grande maturité, pour un troisième album qui est certainement le plus abouti. On pourrait faire la comparaison avec Cryptopsy ou Beneath The Massacre sur les changements de tempos sur tout l’album, mais l’identité est bien nouvelle. « Another Breath », morceau étonnant par sa lourdeur musicale, grâce notamment à Kirk Windstein (Crowbar), provoque en nous un sentiment de confusion. On cherche encore la lumière pour s’en relever. Écoutez « Leap Of The Faithless » et ses 9 min 17s, s’il vous plaît, pour juste vous faire comprendre qu’Ingested a passé un cap avec ce morceau d’exception. Bravo ! [Loïc Cormery] En pleine face Fondé en 2015 dans la capitale, Crimson Flesh sort son premier EP intitulé Working Habits. Un disque à l’énergie death metal teinté de groove dont le résultat final est ultra bien calibré. [Entretiens avec Guillaume Fossati (guitare, chant), Max Brethenoux (guitare, chœurs), Fred Talbot (batterie, basse) par Cédric Marguier] Comment s’est déroulé l’enregistrement de votre premier EP ? Comme tout premier album d’une nouvelle formation, Working Habits représente la recherche stylistique des balbutiements originaux, mais, surtout, un questionnement sur les attentes de chacun des membres concernant la direction musicale que nous voulions adopter dès lors… C’est donc un témoignage maladroit de trois années de composition, aussi nous avons essayé d’unifier les morceaux pendant les sessions de mixage et mastering, afin de rendre le tout homogène, ce malgré la disparité entre les anciens morceaux (« Will I Come For You ? ») et les plus récents (« Blue Barber »). La pochette de votre disque est assez gore, étrange, y a-t-il un lien avec vos textes, pouvez-vous nous en dire plus ? Elle a été dessinée par JohannMadec, un artiste qui est en charge de toute l’identité graphique du groupe. Il a également conçu notre logo ainsi que notre propre typographie. Il s’occupe de tout l’univers visuel de Crimson Flesh, notamment les décors pour les concerts, les tenues, les affiches et, dernièrement, une pièce entièrement sanguinolente pour le tournage du clip de « Blue Barber ». Il est en quelque sorte la quatrième roue de notre tricycle et nous permet de générer un univers à la fois gore et coloré qui nous correspond bien. Johan s’immerge dans notre musique afin de peindre et dessiner nos visuels. C’est ce que notre musique lui inspire. Concernant le lien entre paroles et visuels, nos morceaux décrivent des mythes et des environnements assez sombres, traitant de thèmes que l’on peut retrouver dans l’univers des films d’horreur. Certaines paroles décrivent des scènes qui correspondent bien avec les visuels que Johannnous dépeint. À l’écoute de votre musique, on peut facilement dire que vous avez comme influence pour la composition de vos titres un mélange des groupes Meshuggah et Cannibal Corpse. Qu’en pensez-vous ? Il s’agit effectivement d’un point de départ collectif, en termes de références. L’idée étant plutôt de s’inspirer de ces mêmes groupes comme palette chromatique et tonale, tout en prenant soin d’y ajouter des ambitions personnelles et actuelles, en accord avec notre désir commun d’identité musicale. En résumé, on n’invente rien en la matière, mais essayons d’insuffler assez de groove pour rendre le tout intéressant, rafraîchissant et éventuellement sanglant à souhait. Vous avez réalisé un clip teaser dont le titre est « Some Paradise », tiré de votre opus, comment s’est déroulé l’élaboration de celui-ci malgré le confinement ? Au départ, nous souhaitions profiter du confinement à domicile pour faire du tri sur les prises son de batterie effectuées au studio Sainte Marthe, ou pour mettre en ligne quelques « playthroughs », mais nous avons finalement transformé le tout en exercice ludique collectif, afin de mettre en exergue l’impossibilité de pouvoir se rencontrer dans un cadre sanitaire restrictif. D’où l’idée de se filmer chacun chez soi avec un téléphone portable, pour ensuite en faire un montage vidéo rapide et presque ludique, soulignant ainsi (en partie) les aléas de la distanciation sociale. Sur une note un chouia plus sérieuse, nous mettrons en ligne à l’automne 2020 un clip pour le morceau « Blue Barber », le tout réalisé par Michel Leray, lequel a notamment travaillé avec Lofofora sur leurs deux derniers clips en 2019. CRIMSON FLESH Working Habits Death metal Autoproduction Ça démarre fort avec « Some Paradise » qui nous met directement dans le son de l’album, à savoir un enchaînement mid-tempo que l’on retrouvera sur la plupart des titres. L’excellent « Blue Barber » remet le couvert et ça reste technique comme le veut le contexte actuel. La basse est omniprésente et particulièrement mise en avant dans le mixage. La double pédale de la batterie n’est pas très sollicitée, contrairement à ce genre musical. On y retrouve bien sûr la violence des riffs, notamment sur « Satanic Mambo ». Le chant death growl renforce le sentiment de puissance au fil des morceaux. Un EP fort et sans faille. Premier coup d’essai réussi. [Cédric Marguier]
On parie sur... Efface sa peine et avance Balance Breach, groupe originaire de Finlande, rassemble des éléments musicaux riches, mais addictifs dans sa musique, passant du post hardcore au metalcore. Ce nouvel album Dead End Diaries, risque bien de déchaîner les foules du côté des fans de metalcore traditionnel. [Entretien avec Balance Breach par Loïc Cormery, loic@metalobs.com] Pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs de Metal Obs’ ? Balance Breach est un groupe de metal qui a été formé officiellement en 2015. L’histoire remonte à l’école primaire, mais avec un chanteur différent, jusqu’en 2014, et avec un autre nom jusqu’en 2015. Le moyen le plus simple de donner un petit indice sur notre musique est probablement de définir notre sous-genre comme du metalcore avec beaucoup de modes d’expression très variés ! Quels sont pour vous les éléments principaux qui peuvent intéresser la communauté metal dans votre musique ? Lorsque nous créons des chansons, nous essayons de capturer le sentiment principal de la manière la plus forte possible. Nous composons nos chansons généralement ensemble. Chaque membre apporte quelque chose qui lui est propre et je pense que notre énergie peut être entendue dans notre musique. Nous pensons avoir découvert notre son et nous mettons sur la table un mélange de nouveauté, d’émotions intenses et de belles mélodies mélancoliques. C’est vraiment honnête, nous n’avons pas besoin de simuler quoi que ce soit pour être quelque chose ou pour aller quelque part. Comment ont été les retours pour Incarceration, votre précédent album ? Incarceration a été la première chose que nous avons faite en tant que groupe. Nous commencions à comprendre comment faire de la musique ensemble. Pour autant que je me souvienne, les retours étaient plutôt corrects, à l’époque. Nous étions généralement considérés comme « un nouveau venu frais et intéressant essayant de trouver un moyen de s’exprimer ». Bien sûr, nous avons beaucoup appris par la suite et, aujourd’hui, nous savons comment nous aurions pu le faire ressembler davantage à nous. Le premier EP est toujours une partie importante de notre histoire et un énorme pas dans la bonne direction. C’est très différent de ce à quoi nous ressemblons maintenant, mais, personnellement, je pense que c’était une belle ouverture pour nous et j’en reste fier. Avez-vous des sujets plus ou moins complexes, dans Dead End Diaries ? Les sujets de l’album Dead End Diaries évoquent des thèmes et des sentiments auxquels je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier à un moment de leur vie. On pourrait donc dire que ce sont comme les pages d’un agenda ! Le processus de composition s’est déroulé d’une manière différente, car, pour la première fois, nous avons rassemblé un certain nombre de chansons pour créer un album complet. Habituellement, la base de la chanson se construit autour des riffs ou des mélodies que Terho (Korhonen, guitare) partage avec le reste du groupe. La chanson commence à prendre forme dans notre « camp de composition », où tout le groupe participe au processus. Après cela, nous commençons à faire des démos, des arrangements vocaux et synthés/effets, pour aboutir à la chanson dans sa version finale. Dans l’ensemble, le cheminement était difficile, mais aussi très amusant et enrichissant. La vidéo du single « Aurora » a eu les retours que vous espériez ? C’était agréable d’entendre qu’« Aurora » est l’une de ces chansons que les auditeurs mentionnent lorsqu’ils parlent de leurs chansons préférées de l’album. De plus, la vidéo a reçu de nombreux compliments pour ses visuels et ses sensations. Nous sommes très satisfaits du résultat, même si le calendrier était assez serré. Un grand merci à Hard Media. Pendant tout ce temps, lorsque nous composions « Aurora », nous savions que nous avions un potentiel de succès entre nos mains. Donc, quand nous avons choisi des singles d’album, il était évident qu’« Aurora » devrait en faire partie. Cela apporte également un contraste, lorsque l’on compare ce morceau à d’autres singles. Il peut toucher différents types de personnes, qui auront envie alors d’approfondir notre musique. 䈀 䄀 䰀 䄀 一 䌀 䔀 䈀 刀 䔀 䄀 䌀 䠀 BALANCE BREACH BALANCE BREACH Dead End Diaries Metalcore One Of Line Music Il y a cinq ans, Balance Breach avait marqué de son empreinte le post hardcore/metalcore, aux côtés des groupes issus de cette scène toujours vivante, évoluant de temps à autre. Le potentiel était déjà au rendez-vous, mais, là, il faut admettre que le combo finlandais vise plus haut et change. Signé chez One Of Line Music, il assure et assume son statut de groupe de metalcore et affirme son goût pour certains éléments phares de cette scène. Dead End Diaries a vraiment tout pour plaire, car il renferme d’excellents moments. Mais, surtout, il a dans ses rangs un bon frontman en la personne de Aleksi Paasonen, lequel se démarque et évolue dans son registre. Aussi mélodique que rageur, l’album s’écoute d’une traite, sans ennui aucun, et nous en retiendrons quelques titres qu’il faut écouter absolument pour tout amateur du style  : « Most Of This », le single « Aurora », le groovy « November », où la section rythmique se montre très percutante, ce qui sera la tendance sur toute la durée du skeud, avec en outre une profusion de riffs remarquables. Alors, finalement, on se prend au jeu et surtout aux mélodies de Balance Breach comme pour les meilleurs fleurons de cette scène que nous affectionnons particulièrement. Un album efficace, tout simplement. [Loïc Cormery] METAL OBS’9



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