Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Acide vicious Depuis 1979, Geoff Thorpe défend fièrement un style de heavy metal aussi soucieux de respecter ses racines que de les projeter vers l’avenir. Et si son Vicious Rumors est encore là aujourd’hui, c’est que le guitariste de la Bay Area de San Francisco s’est bien gardé de suivre les courants en vogue, pas même la vague thrash qui semblait quasi obligatoire dans son secteur au milieu des années 80. Celebration Decay ne fait pas exception à la règle, ce treizième album sonnant comme si le groupe s’était formé il y a deux ou trois ans. [Entretien avec Geoff Thorpe (guitare, chant) par Jean-Pierre Sabouret — Photo  : DR] Comme à l’époque du premier album, Soldiers Of The Night, que j’ai eu l’honneur de chroniquer en 1985, Vicious Rumors fait partie des rares groupes californiens qui pratiquent un style de heavy metal paradoxalement aussi classique que moderne, mais toujours à part. Cela n’a pas rendu la vie facile au groupe, mais, 35 ans plus tard, on imagine que vous ne regrettez pas une telle obstination... Oh que non ! Avec le recul, nous sommes de ceux qui ont créé leur propre genre. Mais nous n’avions pas forcément de mérite, c’était simplement ce qui ressortait le plus naturellement du monde, lorsque nous avons commencé à jouer dès la fin des années 70. Mais ce fut tout de même fantastique d’assister à une véritable explosion de musique du côté de la Bay Area. Nous n’avions pas d’autre ambition que d’être un petit groupe local, comme on en voit dans n’importe quelle grande ville. Nous ne nous doutions pas que le monde entier aurait les yeux rivés sur la Bay Area grâce à quelques groupes de thrash ou de power metal qui ont connu un succès inimaginable. Alors, c’est vrai, Vicious Rumors est resté dans son coin. Mais il est tout aussi vrai que nous sommes l’un des rares à être toujours en activité aujourd’hui grâce à ça. Ce qui est complètement d’actualité, ce sont les thèmes abordés dans Celebration Decay. L’album est presque prophétique, alors qu’il a été terminé sur le fil avant que la pandémie ne paralyse les États-Unis... Nous avons bouclé le mixage le 27 février. À ce moment-là, dans les journaux télévisés, on racontait que le virus se répandait partout sauf aux États-Unis. Et on croyait encore que ce serait comme pour le SRAS ou Ebola et qu’on n’avait pas à s’inquiéter. Depuis, on sait tous à quel point on se trompait. Tu n’es pas le premier à me dire que l’on pourrait croire que les textes ont été inspirés par l’épreuve que nous traversons. Mais ce n’est pas le cas. Je n’ai pas eu besoin de la pandémie pour réaliser que le monde est devenu bien plus sinistre et dangereux qu’à l’époque où j’ai lancé le groupe. C’était le thème central de l’album et la crise ne fait qu’appuyer notre propos. Maintenant, tout ce qu’on peut souhaiter, c’est la planète trouve un moyen de se soigner et que nous puissions tous repartir sur les routes pour nous donner sur scène avec encore plus de motivation qu’avant. C’est d’autant plus frustrant que Vicious Rumors revenait dans une nouvelle incarnation avec notamment Nick Courtney, un chanteur digne du regretté CarlAlbert (disparu dans un accident de voiture en 1995)... Je ne te le fais pas dire. Et j’ajoute que, non seulement Nick m’a complètement bluffé sur cet album, mais Gunnar DüGrey a ressuscité le son de guitare typique de Vicious Rumors. Nous avons eu la chance de donner plus d’une centaine de concerts avant d’entrer en studio et cela a permis aux nouvelles recrues de comprendre vraiment ce qui convenait ou non à Vicious Rumors. 40 METAL OBS’VICIOUS RUMORS Celebration Decay Heavy metal Steamhammer/SPV Groupe respectable s’il en est, Vicious Rumors ne trompe pas son monde depuis ses origines. Si son heavy metal reste ancré dans un certain classicisme, sans aller jusqu’à l’intégrisme, il est aussi décalé que pertinent. Certes, la formation s’est judicieusement renouvelée, mais le maître des clés, Geoff Thorpe, a su préserver un style qui faisait l’admiration de ses pairs dans la Bay Area des années 80, tout en effectuant une saine, mais très légère, mise à jour. [Jean-Pierre Sabouret] Rock’n’roll Attitude Ayant une longévité à faire pâlir certains groupes (18 ans quand même), le quartette nantais El Royce nous revient avec Dirty White Blues, un quatrième album de bon gros rock où les guitares lourdes et puissantes s’en donnent à cœur joie. [Entretiens avec Lolo Vernier (guitares, chœurs), Maël Legallo (batterie, chœurs), Richard Royce (chant, guitares), Steff Desideri (basse, chœurs) par Cédric Marguier — Photo  : DR]. Pouvez-vous nous raconter comment s’est déroulé l’enregistrement de votre nouvel album ? Tout d’abord, il y a eu pas mal de travail de répétition et de préproduction en amont. Les démos étaient assez basiques et chacun a dû s’approprier ses parties. On a enregistré l’album une première fois en home studio, avant d’aller enregistrer « en vrai », au Black Desert Studio avec YoannAubé. On se connaît très bien. On a fait un EP et trois albums chez lui. Les prises batterie ont été réalisées à l’été 2019. On a poursuivi pendant l’automne. Le mixage a été finalisé en novembre et le mastering a été fait en décembre par Pierrick Noël, qui bosse notamment avec Chris Edrich sur le projet 1543 Brothers. Évidemment, les évènements sanitaires ont un peu perturbé la sortie du disque. Dirty White Blues est votre quatrième album, quelle a été votre motivation pour refaire un nouvel opus ? Tant qu’il y a de bons riffs, que les titres ne sont pas des redites du passé, il y a de la musique qui mérite d’être enregistrée. On ne va pas se mentir, si on n’a pas d’actualité à proposer, ça sent la fin de partie. Nous ne sommes ni Black Sabbath, ni Iron Maiden. On ne peut pas attirer du monde juste sur notre nom et notre back-catalogue. Ce disque a été un peu un challenge, parce qu’on a dû sortir de nos automatismes. Chaque disque est un projet, une histoire à raconter. C’est ce qui nous permet d’aller de l’avant. À l’écoute de cet album, on ressent une évolution certaine par rapport au début de votre discographie. Serait-il l’album de la consécration ? La consécration… houlà, si on est obligé d’en refaire presser quatre fois, alors oui peut-être (rire). En tout cas, c’est un disque un peu particulier, différent, notamment, des deux précédents. Au départ, avec les premières démos, on n’était pas certains de les destiner à un album d’El Royce. On a même pensé monter un side-project. Sur ce disque, on s’est autorisé à faire tout ce qu’on n’avait jamais fait avant. Du piano, des arrangements de cordes, de la guitare acoustique. Ben Bridgen est venu jouer de l’Hammond sur un titre, Manu Leduc du lap steel sur un autre. On a même des guitares en son clair ! Avec ce disque, on a avant tout voulu se faire plaisir. Vous dégagez une incroyable énergie en live, pouvez-vous nous dire qu’elle est la formule pour cela (rire) ? Quand tu as à côté de toi un bassiste qui s’agite comme Angus Young, c’est difficile de rester planté là comme un nigaud (rire). On a grandi en absorbant une énorme quantité de clips de Kiss, Van Halen et consorts. On a pris ça pour un mode d’emploi. On ne force pas le trait. C’est notre culture, notre façon de vivre la musique sur scène. Peu importe la taille de la salle ou du public. Quand on n’a pas de pyrotechnie, il faut savoir retrousser ses manches. Et quand les gens rentrent chez eux avec la banane, c’est qu’on a bien fait le job. EL ROYCE Dirty White Blues Heavy rock classic Black Desert Records Le premier titre, l’excellent « Get Some Dirty White Blues », à l’accent blues rock américain, met directement l’auditeur dans le cœur de l’album. On évolue dans le hard rock classique avec « Cold As Ice », à la mélodie entrainante et aux influences The Cult et Soundgarden. On pourrait citer tous les autres titres de l’album, tant le rendu est irréprochable. Les compositions mid-tempo et les rythmiques soutenues constituent un opus fort et sans faille. Un groupe à ne pas manquer en concert, car c’est bien sur scène qu’il excelle le plus. [Cédric Marguier]
Le hardcore des montagnes Pas besoin d’aller bien loin pour avoir du hardcore de qualité. Nous partons aujourd’hui dans la montagne noire pour retrouver nos gaillards qui n’ont qu’une envie  : envoyer du gras et tout ça en moins de 30 minutes. Excellente découverte et le moment est venu pour nous de discuter avec son principal compositeur. [Entretien avec Simon (Guitare) par Julien Meurot, julien@metalobs.com] Avant de commencer, un petit mot sur la façon dont s’est passé ton confinement. Tu sais, ici au milieu de la montagne, il n’y a pas beaucoup de personnes, donc nous n’avons pas été très touchés dans notre quotidien. Nous avons échangé des idées et, comme nous avons un nouveau depuis le début d’année, nous avons en avons profité pour refaire les lignes de basse, que j’ai intégrées. Franchement, nous avons été assez tranquilles. Comme tu viens de le dire, tu as ajouté les lignes de basse. Tu es donc au four et au moulin sur ce disque. Tout à fait  : l’enregistrement, le mixage… Et, après, je suis parti faire le mastering chez le gars à côté de chez nous qui a un gros studio. Comme il n’est pas spécialiste en metal, je suis allez chez lui pour l’assister. Quand on n’est pas familier du style, ce n’est pas une formule toute prête et il faut vraiment réussir à tout faire sonner correctement. On retrouve des samples en français sur votre album. Peux-tu nous éclairer ? Le premier vient de Retour Vers Le Futur, c’est Mr Strickland. Le deuxième c’est dans Rick & Morty, il y a Evil Dead 3 et le dernier vient d’Enfermés Dehors avec Dupontel. La durée de l’album est optimum avec moins de 30 minutes. Le risque avec des titres courts c’est d’en écrire de trop. Comment appréhendez-vous cet aspect ? Moi, je viens du hardcore, avec des pavés de 30 minutes. On avait encore quelques morceaux non finalisés, mais je préfère un pavé de 25 minutes bien efficace, plutôt que de remplir pour remplir. Encore une fois, c’est vraiment une question de culture. Des titres rapides de 40/50 secondes, avec parfois des titres un peu plus longs, c’est notre façon de voir les choses. En toute honnêteté, ce disque transpire la sincérité. Ça fait vraiment plaisir. Nous avons fait écouter ce disque à des amis qui ne sont pas forcément dans le style et ils ont aimé, ce qui fait super plaisir. Nous n’avons jamais essayé de faire comme untel ou untel. Il y a les influences, c’est évident, mais nous venons autant du hardcore que du death. La vraie question que l’on se pose, c’est celle de l’efficacité (rire). Pour le style, nous verrons dans l’avenir, car notre bassiste est très death et il est très inspiré. Nous, ça nous va très bien, car nous n’avons aucune limite. BLACK MOUNTAIN BASTARDS Walnut Groove Hardcore Auto Production Et si on parlait du hardcore des montagnes. Car ici nous sommes face à un album qui regroupe tout ce que l’on recherche. Authenticité, groove et accroche de folie. Nos gars de la Montagne Noire savent y faire et, même si parfois les influences sont palpables, Walnut Groove respire la sincérité. Avec ses 25 minutes au compteur, c’est une autoroute vers un cassage de nuque en règle. La production est parfaite pour le genre et que dire de plus ? Pas grand-chose, mis à part que ce disque se doit d’être écouté, car il donne une vraie joie de vive et la passion qu’il véhicule est communicative. Une très belle découverte ! [Julien Meurot] LA LAME a L’ŒIL Year Of The Knife, un groupe du Delaware (sur la côte est des États-Unis), sort Internal Incarceration. Une très bonne occasion pour Metal Obs’de poser plusieurs questions sur l’album, les conditions d’enregistrement et d’autres sujets à Brandon Watkins. [Entretien avec Brandon Watkins (guitare) par SANTE Broccolo — Photo  : DR] Que peux-tu nous dire des conditions d’enregistrement de l’album ? En fait, c’est la première fois que nous enregistrons un album dans ces conditions. Nous avons logé deux semaines dans un appartement, juste au-dessus du studio. Imagine-toi, c’était vraiment impressionnant  : tu te lèves, tu enregistres, tu manges, tu dors et tu remets cela le jour suivant ! Vouliez-vous franchir une étape ? Dans quelle mesure Internal Incarceration se différencie-t-il de l’album précédent ? Internal Incarceration reflète davantage ce que Year Of The Knife est aujourd’hui. Ce n’est pas une suite de démos, nous avons beaucoup joué depuis la parution de l’album précédent. J’ai souhaité pousser les qualités d’Ultimate Aggression à l’extrême, avec des parties rapides qui foudroient et des parties heavy qui écrasent. Nous avons voulu être conquérants ! Est-ce un album qui résulte d’une collaboration de l’ensemble des membres, ou est-ce le fruit d’un seul homme ? Notre façon de composer est très fluide. On s’adapte facilement. Je compose bon nombre de morceaux complètement à la guitare et, ensuite, je les propose aux autres. D’autres titres sont écrits par Tyler et par moi-même. Les textes parlent de situations difficiles (violence, meurtres, société sans avenir, etc.). Cela reflète-t-il ce que vous ressentez ? Avez-vous vécu de telles situations ? Les chansons de Year Of The Knife sont personnelles et reflètent en effet nos propres expériences et sentiments. Entre nous, je n’irai pas jusqu’à dire ce que nous sommes des modèles ! Tu sais, je pense que, le plus souvent, tu joues du hardcore ou des musiques extrêmes par réaction à ce que tu as vécu. Souhaitez-vous délivrer un message déterminé ? Le message est simple. Ne laisse à personne le soin de guider ta conduite ! Pense par toi-même, sois toi-même ! Quels groupes considères-tu comme vos références ? Il y en a des tonnes et dans des genres différents ! Parmi mes favoris, il y a Slayer, Metallica, Cannibal Corpse et Morbid Angel. Nous traversons une période pénible et, en Amérique, la pandémie frappe durement. Comment le groupe vit-il cela ? Ce sont en effet des temps étranges, mais cela s’est bien passé pour nous. Nous nous sommes vus régulièrement et nous avons discuté ensemble pratiquement chaque jour. J’ai beaucoup écrit et proposé pas mal de choses. En mars, nous avons réalisé une vidéo pour Hate5six livestream et pour laquelle nous n’avons répété qu’un seul jour. Depuis que le groupe existe, nous avons beaucoup joué, mais, ces derniers mois, c’est tout le contraire ! Très étrange ! Mais c’est en train de changer et nous allons à nouveau nous y remettre. YEAR OF THE KNIFE Internal Incarceration Hardcore Pure Noise Records Un an après Ultimate Aggression, Year Of The Knife revient avec un nouvel opus qui, soyons clairs, contient les mêmes ingrédients, et ce bien que les compositions soient ici plus élaborées. Le groupe semble en effet avoir franchi une étape, avec treize titres relativement courts où le chanteur, Tyler Mullen, mène la danse, suivi de près par les guitares et par la section rythmique. Les soli sont rares, là n’est pas l’objectif ! Le but est de fournir des morceaux dont l’agressivité musicale colle à celle des textes où l’on retrouve les thèmes chers à l’Amérique des moins nantis  : violence, meurtres, absence de perspectives... Et là, c’est vraiment réussi ! Tout cela nous est servi avec une production soignée qui présente le groupe comme un tout cohérent et complémentaire. Il est simplement dommage qu’il sacrifie parfois la diversité de ses compositions à l’agressivité ! [Sante Broccolo] METAL OBS’41



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