Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Un petit tour et BOOM ! ! Tel un coucou suisse, Amaranthe nous revient avec son sixième album. Pas de grandes surprises au menu, mais une efficacité redoutable qui positionne ce nouvel opus en bonne place dans sa discographie. Nous voici donc dans un bel hôtel parisien pour notre première interview en « face to face » depuis le confinement. [Entretien avec Olof Mörck (Guitare) et Elize Ryd (Chant) par Julien Meurot, julien@metalobs.com] Comment avez-vous vécu ce confinement ? Olof  : Je suis resté créatif et j’ai presque de quoi faire un nouvel album (rire). Nous avons continué à communiquer, nous avons pu travailler sur l’album, fait un peu de stream. Finalement, ce n’était pas terrible. Elize  : Exactement, même si les choses se sont arrêtées brutalement et qu’elles ne reprendront pas de si tôt, nous n’avons pas réellement souffert de la situation. D’ici la fin de l’année, j’espère passer mon permis de conduire, il est temps (rire). L’album est encore une fois coupé en deux avec une première partie assez classique et une deuxième plus expérimentale. Vous avez définitivement besoin de cet équilibre pour ne pas décontenancer vos fans ? Olof  : Effectivement, nous avons cette volonté de garder ce schéma. Nos fans sont attachés au style qui est le nôtre depuis 10 ans. Ce côté un peu « pop metal », alternant les trois types de chants. Pour la seconde partie, il y a plus de prise de risque, avec des parties plus extrêmes, des expérimentations électroniques, tout en gardant notre identité. Elize  : Pour ma part, j’aime bien cette sorte de dualité. Quand j’écoute Manifest, je commence par la seconde ou la première partie, en fonction de mon humeur. Cela veut-il dire que « Boom ! ! » ne serait pas un bon titre d’ouverture ? Olof  : Non, effectivement (rire). Ce titre est tellement extrême — pour nous en tout cas — qu’il se peut qu’il ne plaise pas à certains de nos fans. Elize  : Le titre d’ouverture est censé donner la couleur de l’album. Du coup, s’il est trop dur, nous risquons de perdre certains fans. Même si, avec les listes de lecture aléatoires, notre travail sur l’ordre des pistes est un peu mis à mal. L’édition limitée comprend une version acoustique d’« Adrenaline » assez surprenante. Olof  : C’est une version flamenco assez cool. Le but était de bien s’amuser et de proposer quelque chose de sensiblement différent. Je pense que nous avons réussi notre coup (grand sourire). La promotion de l’album a commencé par le clip de « Do Or Die », avec Angela Gossow. Pour autant, cette version n’est que sur l’édition limitée. Pourquoi ce choix ? Elize  : Depuis qu’Angela nous a pris sous son aile, nous avions cette idée de la faire intervenir sur l’un de nos titres. Après, il était important pour nous d’avoir une version avec tous nos chanteurs. Nos fans auront le choix comme ça. Vous pourriez lancer un challenge à vos fans, en leur proposant de mixer les deux versions, non ? Elize (visiblement très enthousiaste)  : J’adore cette idée ! Cela serait vraiment original. Je suis certaine que nous aurions de bonnes surprises. 36 METAL OBS’AMARANTHE Manifest Heavy metal Nuclear Blast On prend les mêmes et on recommence. Le groupe poursuit son ascension, en conservant sa ligne de conduite. Nous nous retrouvons donc avec un album dont la première partie est très classique, avec une alternance typique entre les trois chanteurs. Les refrains sont accrocheurs, mais rien de bien neuf. La deuxième partie est la plus intéressante, avec des titres plus extrêmes et des lignes de chant plus dense. L’album est gavé de guests, dont l’apport est plus ou moins notable. Le plus dommageable reste l’absence de « Do Or Die », avec Angela Gossow, cette version étant réservée à l’édition limitée. La production très clinique fonctionne avec l’univers du groupe. Efficace !!! [Julien Meurot] Cow-boy d’acier Pour son premier album, Who I Am, Cory Marks a décidé de prendre tout le monde de court avec un registre entre country music et hard rock. Produit par Kevin Churko (Ozzy Osbourne), le style du Canadien suit des chemins de traverse pour obtenir une réalisation hybride et très originale. [Entretien avec le chanteur par François Alaouret — Photo  : Jodi Domingue] Tu es originaire de North Bay en Ontario au Canada, comment est la scène làbas ? Tu dois être l’un des rares à jouer ce style de musique, non ? North Bay compte de nombreux et grands musiciens. C’était génial d’avoir grandi dans une ville comme celle-là. Avant de devenir chanteur, j’ai commencé comme batteur dans des groupes de hard rock où j’ai développé une passion pour le rock et la country. C’est vrai que je dois être l’un des seuls à jouer ce style de musique actuellement par ici. Who I Am est un premier album très abouti. Tu as peaufiné ces chansons longtemps ? En fait, j’ai débuté l’écriture de l’album en 2015 et les morceaux représentent plusieurs étapes de ma vie. J’ai terminé l’ensemble en 2018. Mes chansons parlent des bons et des mauvais moments de mon existence, auxquels tout le monde doit pouvoir s’identifier, je pense. Comme très souvent en country, l’album est fait de storytellings autobiographiques. C’est une chose à laquelle on ne peut échapper dans ce style ? Who I Am contient des chansons basées sur des histoires que j’ai vécues. Tout ça m’est vraiment arrivé. Ensuite, avoir quelqu’un comme Kevin Churko à la production leur a donné vie en mélangeant hard rock et country. Parlons un peu du morceau « Outlaws & Outsiders » où l’on retrouve Ivan Moody de FFDP, Mick Mars de Mötley Crüe et Travis Tritt, une figure de la country. Un casting électrique ! Comment s’est montée et déroulée cette collaboration ? Sur cette chanson, on ne voulait pas n’importe qui, on tenait à ce que chacun apporte quelque chose. Tout le monde a adoré le morceau et ce n’était pas seulement un honneur de les avoir tous, mais aussi, et surtout, une belle expérience. Je leur suis vraiment très reconnaissant pour cette collaboration, ainsi que toute l’équipe. Beaucoup de chansons sonnent très rock avec toujours un fond de country. On pense à Zac Brown, Luke Combou Brad Paisley. Alors que beaucoup d’artistes country se tournent vers la pop, tu as choisi le rock brut avec beaucoup de confiance… Ces trois artistes sont géniaux ! Je suis fan de Paisley depuis le lycée ! D’autres, comme Eric Church, ont également apporté un côté rock et je pense que ce style a encore besoin d’évoluer, car ça tourne un peu en rond. C’est vrai que beaucoup se sont orientés vers la pop depuis 2014. Je veux rester en dehors des sentiers battus et jouer ma musique. Et j’espère aussi que les fans de rock et de metal se mettront à écouter de la country ! CORY MARKS Who I Am Hard country rock Better Noise Music Né à North Bay, en Ontario, Cory Marks a grandi en écoutant de la country et aussi le rock de Rush et des Rolling Stones. Du coup, il n’a pu se résoudre à choisir entre les deux styles. Sauvage, le registre du chanteur est plein d’énergie positive et de riffs aux frontières du Hard. Avec Who I Am, on parcourt sa vie à travers des chansons autobiographiques. Le fameux storytelling inhérent à la Country Music. « Blame It On the Double », « Devil’s Grin », « Drive » et « Better Off » s’inscrivent dans une veine country musclée, à grand renfort de refrains entêtants. Et sur « Outlaws & Outsiders », le Canadien s’est fait plaisir en invitant Ivan Moody (Five Finger Death Punch), Mick Mars (Mötley Crüe) et la légende country Travis Tritt. Premier essai discographique plus que réussi pour Cory Marks ! [François Alaouret]
Gonfles a bloc Passées les présentations sur notre page Facebook au printemps dernier (rubrique « Band of the week ») à l’occasion de la sortie de son premier opus autoproduit, il était temps pour nous de faire plus ample connaissance avec cette formation lyonnaise très prometteuse comme en atteste leur solide Requiem. [Extraits d’entretien avec Benjamin Lamy (guitare) et Lény Garcia (guitare) par Seigneur Fred — Photo  : DR] S’il fallait définir l’identité de Prismeria, quelle serait-elle ? Qu’est-ce qui caractérise le groupe et façonne votre son très actuel et puissant selon toi ? La volonté de se diversifier, d’essayer de ne pas se répéter musicalement et d’aller explorer de nouveaux territoires le plus souvent possible. On aime ce challenge, se découvrir nous-mêmes en tant que musiciens... On a également un réel attrait pour la scène  : partager, diffuser de l’énergie au public, c’est essentiel pour nous ! Quant au son de Prismeria, je ne saurais trop dire… On a la particularité de jouer principalement en accordage de Mi standard et quelques titres en Drop Ré ou en Ré standard, et d’y mélanger diverses influences (death, thrash…), de telle sorte qu’elles existent toutes pleinement, se mariant les unes aux autres de la manière la plus fluide possible. Votre premier album, Requiem, est sorti en plein confinement. Avec la communication sur internet et sa distribution numérique (peut-être plus tard en CD aussi), quel est ton ressenti sur les premiers retours de l’album quelques mois après ? Pour le moment, on n’a pas de distributeurs physiques officiels, juste un distributeur digital (iMusician). Nous nous occupons nous-mêmes, en fait, de notre promotion physique et digitale (agences de promo, playlists des plateformes de streaming…), mais on souhaite cependant passer à la vitesse supérieure. On a démarché de nombreux webzines metal et obtenu une dizaine de chroniques un peu partout dans le monde (Canada, Italie, Royaume-Uni, Grèce, etc.). Les retours sont plutôt très positifs. On est donc ravis sur ce point ! Un clip très pro et énergique, à l’image de votre album, a été réalisé pour le titre « Native Spirit » visible sur le net. Peux-tu nous parler de l’aspect lyrique et de l’esprit justement de cette chanson, avec son concept vidéo (une femme, maquillée telle une indigène, avale une pierre dans une ambiance shamanique…) ? Au niveau du chant, on a voulu dynamiser cette chanson avec des alternances de growls et screams sur une rythmique résolument heavy. On avait envie de beaucoup de mouvement dans la voix à ce moment-là tout en restant vénère. La thématique traite en partie d’une société (non existante dans notre monde) qui, faisant face au risque de sa propre extinction, sombre dans le mysticisme et la folie. Eva (l’actrice) y incarne une femme de cette société. La pierre qu’elle ingère est liée aux pratiques fanatiques. Après, pour le message on en a un pour chaque chanson, mais on ne le communique pas. Chacun est libre d’interpréter à sa manière… Le line-up a évolué dernièrement. Qui est le remplaçant d’Alexandre Gros, qui jouait masqué, à la basse ? Et quels sont vos projets, malgré le flou artistique actuel ? Hé oui, Alex était en avance sur tout le monde depuis deux ans déjà (rires) ! Notre nouveau bassiste s’appelle Xavier Loche (Warband, STFU). La tournée européenne de septembre est reprogrammée à février-mars 2021. Tout a donc été chamboulé par la Covid-19. On a quelques dates de prévues en France en cette fin d’année, malgré tout. En attendant, on reste actifs  : on compose le second album. Mais on prend notre temps, car on veut défendre à fond Requiem. Sinon, on fait aussi des shootings photo et peut-être bientôt un nouveau clip ! PRISMERIA Requiem Power thrash/deathcore metal Autoprod. Ce quintette originaire de la capitale des Gaules vous file d’emblée la pêche avec « North », un premier titre nerveux et énergique qui donne le cap à ce Requiem, catchy et puissant, rapidement suivi par « Native Spirit » à l’esthétique réussie. Prismeria développe sa fusion thrash/deathcore teintée d’influences groovy djent et power. On apprécie les passages plus mélodieux (l’instrumental « Life » ou le mélancolique « Low Hopes Of Men ») , même si, par endroit, un chant clair aurait été judicieux, pour apporter plus de contraste. Dotée d’un réel potentiel, la formation lyonnaise s’ouvre de larges horizons (« Deep Into Dementia » et ses percussions ou l’acoustique « Low Hopes Of Men ») , préparant déjà son second album. [Seigneur Fred] Pleine face ! Huit albums, dont quatre certifiés platine, pour Seether qui revient avec un Si Vis Pacem Para Bellum percutant et explosif. Avec l’arrivée d’un guitariste supplémentaire, les Sud-Africains se montrent plus incisifs, en gardant ce côté « fabricants de hits ». [Entretien avec John Humphrey (batteur) par François Alaouret — Photo  : courtesy of Fantasy Records] Votre nouvel album s’appelle Si Vis Pacem Para Bellum (« Si vous voulez la paix, préparez la guerre »). Le premier sentiment est qu’il semble être plus agressif et même politique. Vous vouliez dénoncer certains abus de notre société dans ces nouvelles chansons ? Je ne peux pas vraiment parler à la place de Shaun (Morgan, chanteur et guitariste). Mais je sais que les paroles peuvent parfois avoir des significations aussi littérales que figuratives, laissant généralement une interprétation libre à l’auditeur. Cette fois, vous êtes allés à Nashville enregistrer votre album, qui est produit par Shaun et enregistré et mixé par Matt Hyde (Deftones, AFI). Offrir un album puissant était une priorité ? Oui, c’est la deuxième fois que Shaun et Matt travaillent ensemble sur nos albums. Ils en ont gardé une belle expérience avec d’excellents résultats, notamment avec notre précédent album, Poison The Parish. Le songwriting est toujours aussi mélodique et reste très rock. Avez-vous composé en Afrique du Sud ou aux États-Unis où vous avez enregistré ? Aux États-Unis, car la tournée « Poison » s’est terminée fin 2018. Cela faisait environ 16 mois que nous étions sur la route. Donc de retour aux États-Unis, nous sommes tous rentrés dans nos familles et sommes retournés à notre vie habituelle. Alors qu’il était chez lui à Nashville, Shaun a travaillé dans son propre studio pour rassembler plus de 21 chansons. Il a ensuite envoyé ces démos à Corey, Dale et moi-même. Seether a toujours mélangé le metal alternatif et le post-grunge. Aujourd’hui, on a l’impression qu’il y a de moins en moins de groupes dans ce registre. Vous n’avez jamais voulu vous écarter de votre style d’origine ? Je pense que musicalement le son du groupe a mûri au fil des ans, mais on a toujours gardé l’identité de Seether. Nous ne cherchons pas à forcer les choses, il faut que ça vienne naturellement. Mais c’est amusant d’expérimenter et d’essayer de nouvelles choses. Et je crois que nous l’avons fait sur ce nouvel album. Quand on écoute Si Vis Pacem Para Bellum, il est difficile de compter le nombre de hits potentiels. Est-ce une chose sur laquelle vous avez beaucoup travaillé ? Tout d’abord, merci. Cela dit, je ne crois pas que ce soit un effort conscient de faire de chaque chanson un « hit ». Nous essayons simplement de travailler nos chansons de la meilleure façon possible. SEETHER Si Vis Pacem Para Bellum Alternative metal Fantasy Records/SpinefarmLe groupe de Pretoria, en Afrique du Sud, signe un album massif et toujours aussi mélodique. Dès les premiers accords, on retrouve la patte du combo. Le trio accueille également en son sein Cory Lowery (guitariste, chanteur et fondateur de Saint Asonia et Stuck Mojo), qui apporte du souffle et de gros riffs bien aiguisés. Shaun Morgan (guitare et chant), Dale Stewart (basse et chant) et John Humphrey (batterie) semblent avoir trouvé le musicien capable de faire encore passer un cap à Seether. Comme à l’accoutumée, Si Vis Pacem Para Bellum regorge de hits potentiels et est d’une redoutable efficacité (« Dangerous », « Beg », « Failure »). Le quatuor affiche plus d’agressivité dans ses nouveaux morceaux, même si les refrains imparables de Shaun Morgan restent toujours aussi addictifs (« Dead and Done », « Written in Stone »). Assuré comme jamais, Seether se montre prêt à en découdre. [François Alaouret] METAL OBS’37



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