Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Let there be rot ! Si les Ch’tis de Putrid Offal existent sur la scène death/grind hexagonale depuis des lustres (1991, mais le groupe splitta entre 1995 et 2013), ils accouchent seulement de leur second album. Avec un titre rappelant le contexte de crise sanitaire actuelle, Sicknesses Obsessions renvoie plutôt au rayon boucherie et son approche lyrique apporte un peu de sang frais dans ce monde de brutes. [Extraits d’entretien avec Franck Peiffer (chant) par Seigneur Fred — Photo  : DR] Le titre de l’album, Sicknesses Obsessions, semble tout droit inspiré de la pandémie que nous traversons à l’heure actuelle… A-t-il été écrit, composé ou enregistré durant le confinement ? Eh bien non... Désolé, mais l’album a été enregistré bien avant ! Pour tout dire, tout était fini en juillet 2019 (dernières sessions chants pour Arno de Black BombA). Il a fallu derrière effectuer le mix, choisir les sons d’instruments… Bref, tout était bouclé avant les méfaits du pangolin (sourires)… Ce qui, d’ailleurs, nous a posé pas mal de problèmes, notamment sur la date de sortie, initialement prévue en mai 2020. On a dû la reporter à septembre, donc. Plus sérieusement, de quoi traite ce second album ? De l’hypocondrie en général ? Les textes sont inspirés d’une personne en particulier, le docteur Vesalius (« André Vésale » est la forme francisée de son nom latin Andreas Vesalius), un des pionniers à réaliser de réelles autopsies. Il est considéré par de nombreux historiens des sciences comme le plus grand anatomiste de la Renaissance, voire le plus grand de l’histoire de la médecine. Avec ses travaux, ses explorations, ses croquis, il a fait entrer l’anatomie dans la modernité. On parle des obsessions à vouloir travailler la chair et notamment l’anatomie en particulier… Bref, sur l’album, on n’est pas là pour discuter de la couleur du ciel (rires). La particularité de Putrid Offal est d’intégrer à son death grindcore quelques passages de chant lyrique féminin (sur « Glorify Me », « Viscera » par ex.) ce qui n’est pas si évident dans votre musique. D’où vous est venue cette idée ? Effectivement, c’est peu commun et, quand on y réfléchit bien, nous, on adore (sourires) ! Quand on essaie de mettre en place de nouvelles choses, on ne se pose pas la question de savoir si c’est du vrai grind ou bien du brutal death ou autre… On regarde le côté « artistique ». Est-ce que cela apporte quelque chose ou pas ? La même démarche réside dans l’utilisation de chants grégoriens sur « Skilled Ritual ». Comme nous avions une amie qui a un certain talent dans les chants lyriques, nous avons tenté cette approche. Ce que l’on veut, quand on écoute le disque, c’est que l’auditeur puisse se dire qu’il a écouté dix-sept titres différents et non le même répété pendant quarante minutes. Chaque morceau doit avoir son propre ADN. C’était en tout cas notre objectif au moment de l’écriture… PUTRID OFFAL Sicknesses Obsessions Death metal/grindcore XenoKorp 28 METAL OBS’Basé sur les expériences historiques du docteur bruxellois André Vésale au XVIe siècle, ce second effort longue durée en vingt-neuf ans d’activité partielle reprend la même recette sanglante que Mature Necropsy (2015/Kaotoxin Rec.), avec toutefois plus de maturité et de finesse, à l’image de son artwork signé de son guitariste Philippe Reinhalter (Division Alpha, Undead Prophecies). La séance d’autopsie musicale s’avère intense, parfois surchargée, tant le son est dantesque. Nos cages à miel saignent  : bingo ! Le tôlier, Stéphane Buriez (Loudblast), et Arno (Black BombA) viennent taper le bœuf au micro. Bref, emballé, c’est pesé ! Et les touches de chant lyrique apportent leur lot de fraîcheur, dans un genre pourtant saturé. Ne ratez pas le DVD bonus du Hellfest 2019 ! [Seigneur Fred] Politiquement incorrects Hasard du calendrier, ou pas, alors qu’une nouvelle bombe de Napalm Death sort en cette rentrée, débarque dans le même temps un nouveau brûlot du super groupe américano-britannique de punk hardcore, Venomous Concept, rassemblant le vétéran Shane Embury et ses acolytes de Napalm Death, accompagnés de Kevin Sharp, l’ex chanteur de Brutal Truth (et actuel Lock Up). Son quatrième album s’affiche comme un pur pamphlet anti-Trump. [Extraits d’entretien avec Kevin Sharp (chant) par Seigneur Fred — Photo  : DR] Tu vis à Atlanta (Géorgie) aux États-Unis. Comment vas-tu dans ce contexte toujours inquiétant de pandémie de Covid-19 et aussi de climat sociopolitique compliqué, avec les récentes émeutes raciales ? Quelle est ton humeur ? Je n’ai jamais cessé de travailler, malgré l’épidémie et le confinement, et c’est encore vrai au moment où je te parle… C’est important, essentiel même, si on peut le faire. Mais il faut prendre cette épidémie au sérieux, quel que soit le mot qui convient… Tous ces maux que nous vivons sont comme des coups de couteau que j’inscrit sur mon bloc-notes. Cela s’ajoute au terrorisme, qui est au bas de la liste actuellement… Je suppose que tout le monde est occupé avec sa propre crise à gérer et c’est aussi mon cas. Et fermer les yeux ne fera pas disparaître cette Covid-19 qui est très loin d’être terminée. Du coup, toute cette actualité anxiogène dans notre société contemporaine décadente est-elle une grande source d’inspiration pour toi, chanteur de Venomous Concept, notamment sur le plan lyrique ? Certains thèmes du nouveau disque proviennent plus de problèmes personnels liés à des réflexions sur des problématiques qui m’entourent au quotidien. Cependant, je suis sûr que d’autres sujets d’actualité peuvent rejoindre certaines de nos chansons ou des brides de morceaux et s’intégrer dans les histoires que j’écris. Bon, n’y allons pas par quatre chemins, à l’image de votre musique toujours très directe, sans préliminaires. Qui est représenté sur l’artwork de Politics Versus The Erection, dont le ton est résolument saracastique ? On dirait un certain Donald Trump (rires)… Il s’agit du mariage graphique d’Alfred E. Newman et de Trump, en effet… Le magazine satirique américain MAD possède cette mascotte nommée Alfred Newman, qui est une parodie de la culture pop américaine à elle seule. L’art permet ainsi de dénoncer la manière dont un escroc a commercialisé la politique. Et il y a un caractère Trump chez la plupart des dirigeants des systèmes politiques actuels. De nos jours, les politiciens optent pour la peur et le fascisme sur le leadership et l’égalité. On revient en arrière en fait, avec la règle du 1% sur internet (NDLR  : théorie appelée aussi principe 90-9-1, qui reflète le fait que la participation active des membres d’une communauté en ligne est extrêmement faible. Ainsi, sur la toile, moins de 1% de la population contribue de façon active, 9% participent occasionnellement et 90% sont des consommateurs passifs, qui ne contribuent jamais). Venomous Concept a été fondé en 2003 par toi, Buzz Osbourne et Shane Embury, entre l’Amérique et l’Europe. Considères-tu votre groupe comme un simple amusement, ou bien un side-project sérieux en 2020 ? VC est un moyen que moi et Shane avons trouvé pour créer des choses en parallèle... Je dirais que Johnny « Cheeseburger » est un élément permanent du groupe. On est ravi de l’avoir avec nous, d’ailleurs, car il est formidable. VENOMOUS CONCEPT Politics Versus The Erection Punk/hardcore/grindcore Season Of Mist Chez Venomous Concept, il ne faut pas se poser de questions pour écouter et apprécier son punk hardcore aux influences grind et crust. Comme à l’accoutumée, on fonce directement dans le tas sur ce quatrième album au titre malicieux, sans préliminaires. Après un Kick Me Silly - VC III réussi en 2016, avec sa sympathique mascotte, nos vieux briscards de la scène grind (Shane Embury, Danny Herrera, et John Cooke de Napalm Death et le chanteur Kevin Sharp, ex Brutal Truth, Lock Up) nous en mettent plein la vue et les oreilles durant trentetrois minutes intenses, tout en menant une réflexion sur l’ordre politique mondial actuel, représenté ici par l’un de ses plus grands guignols. Réellement jouissif. [Seigneur Fred]
L’esprit de famille Du hard rock mélodique à l’a.o.r., il n’y a qu’un pas que Lionheart a allègrement franchi. Anciens membres fondateurs ou toujours actifs d’Iron Maiden, MSG, UFO ou Michael Schenker Fest, le haut niveau du quintette s’affiche sur les 13 titres accrocheurs de The Reality Of Miracles. [Entretien avec SteveMann(guitariste et producteur) par François Alaouret — Photo  : DR] Vous êtes tous issus de grands groupes et vous semblez réellement en phase avec Lionheart. Est-ce parce que c’est la musique que vous avez toujours voulu jouer finalement ? Exactement. Personnellement, j’adore jouer avec Michael Schenker, qui est l’un des plus grands guitaristes au monde et qui m’a toujours beaucoup inspiré. Mais, avec Lionheart, je peux jouer la musique que j’ai toujours aimée. Et je sais que c’est aussi le cas des autres. Dans les 80’s, nous étions connus pour notre son, avec de grandes harmonies vocales et des chœurs, des twin-guitars et de superbes chansons, avec des breaks mémorables, et c’est encore le cœur du son Lionheart aujourd’hui. En tant que producteur, il est important pour moi que le groupe fasse quelque chose d’un peu différent et d’avant-garde, plutôt que de simplement rester dans une approche classique du rock. Malgré vos projets personnels, vous revenez avec un nouvel album. Comment était l’ambiance durant l’écriture et surtout l’enregistrement ? Le processus a été long du fait que nous avions chacun nos projets en cours. On a commencé l’album il y a deux ans. Pour être parfaitement honnête, c’est devenu un peu frustrant, mais, une fois lancé, tout est allé rapidement comme d’habitude. À ce moment-là, notre créativité était fantastique et nous savions que cet album aurait quelque chose de spécial. Puis, nos différents engagements nous ont encore ralentis, mais, en raison de la Covid-19, j’ai pu m’enfermer dans mon studio à la maison et terminer l’album. The Reality Of Miracles sonne franchement d’enfer, avec de belles mélodies et des chansons percutantes. Commencer par jouer du hard rock mélodique et aujourd’hui de l’a.o.r. a-t-il été l’évolution naturelle du groupe ? En fait, on n’y a pas vraiment réfléchi. Oui, au début de la NWOBHM, on jouait du hard rock, mais nous sommes tous fans d’a.o.r. et c’est venu très naturellement. Nous essayons de garder un côté heavy, mais nous adorons les belles mélodies et les harmonies. Ce nouvel album a été enregistré dans ton propre studio et tu l’as aussi mixé, masterisé et produit. C’était important que cela se fasse « en famille » ? Je suis dans la musique depuis 40 ans et le travail du son m’a toujours beaucoup intéressé. Auparavant, j’ai souvent fait l’erreur de penser que les professionnels de l’industrie musicale savaient ce que nous voulions. Ce n’est pas forcément le cas, et c’est très frustrant. Du coup, il me paraissait évident de le faire moi-même. Et puis, Lionheart est une vraie famille et nous sommes entourés des meilleurs. C’est cet esprit d’équipe et de famille qui fait notre force. LIONHEART The Reality Of Miracles A.o.r. Metalville Records Composé d’anciens membres de Maiden, MSG et UFO, Lionheart a émergé à la fin des années 80, mais les multiples changements de line-up ont finalement raison du groupe. Il est revenu sur le devant de la scène depuis 2016 et The Reality Of Miracles fait suite à Second Nature, qui avait remis en scelle le quintette. Sur les fondations d’un hard rock mélodique, il a pris une orientation nettement plus a.o.r. que le guitariste SteveMann(Michael Schenker Fest) a parfaitement sur mettre en valeur (« Salvation », « Five Tribes », « Overdrive »). Avec Lee Small (ex-Shy) au chant (en pleine forme), le groupe s’est recentré sur de belles mélodies. Côté guitares, SteveMannet Dennis Stratton (ex-Maiden) apportent une remarquable dynamique, grâce à des riffs acérés et des solos tout en feeling (« Kingdom Of The East », « The Reality Of Miracles »). Gageons que le deuxième album de cette nouvelle ère de Lionheart lui offrira une pérennité méritée. [François Alaouret] Force one En cette période troublée où une immense majorité de musiciens se sont retrouvés à l’arrêt ou obligés de revoir leurs ambitions à la baisse, U.D.O. déboule avec un album où tout semble démesuré. We Are One se paie non seulement le luxe d’une collaboration intensive avec un orchestre massif (Das Musikkorps der Bundeswehr) et orienté « métal » (entendez par là plus cuivres et percussions que cordes et claviers, sauf pour les ballades), mais il s’aventure dans des styles qui vont du plus pesant, voire martial, au plus consensuel, pour ne pas dire franchement pop ou funky (et même hip-hop). Et, s’il y a pas moins de trois membres d’Accept réunis sur cette déconcertante production, le chanteur Udo, qui reste le patron, ne s’est jamais autant éloigné du groupe qui l’a fait connaître. [Entretien avec Udo Dirkshneider (chant) par Jean-Pierre Sabouret — Photo  : DR] Bien que tu aies plus d’une fois pris des risques au cours de ta carrière, ce We Are One laisse le sentiment que jamais tu ne t’es autant aventuré hors de ta zone de confort… Je dirai que cet album représente surtout un des sommets de ma carrière. Mais il est effectivement très éloigné de ce qu’on peut attendre d’un album « habituel » d’U.D.O.. L’énorme différence, c’est que tout son contenu a été composé pour une base orchestrale. Nous avions une trentaine de morceaux complets et, lors d’une réunion avec mes trois collaborateurs pour la partie orchestrale (Christoph Scheibling, Guido Rennert et Alexander Reuber), nous avons sélectionné uniquement ce qui était adapté au projet. Pour mettre tout au point, cela a pris près d’un an. Curieusement, même si nous sommes encore un groupe de metal, nous ne nous sommes jamais sentis aussi libres de faire tout ce qui nous passait par la tête. Il reste une majorité de morceaux heavy à souhait, mais « Children Of The World », « Blindfold (The Last Defender) », « Neon Diamond », « Beyond Gravity » ou « Here We Go Again » vont en étonner plus d’un… Qu’il s’agisse des ballades avec chant féminin ou du rap funky, on s’est vraiment éclatés à tenter des choses nouvelles pour nous. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette impression d’apprendre sur un album. Et c’était pareil pour les musiciens de l’orchestre. Ils ont dû apprendre à collaborer avec un groupe de heavy metal. Tout le monde est ressorti enchanté par cette expérience incroyable. C’est l’essentiel ! D’autant plus que nous avons réussi à tout terminer fin janvier, juste avant la crise. Nous avons eu énormément de chance. Le concept de We Are One est on ne peut plus adapté à l’actualité de ces derniers mois… L’Oberstleutnant (lieutenant colonel) et chef d’orchestre-arrangeurcompositeur, Christoph Scheibling, est un écologiste très actif et il a collaboré aux textes. Oui, tout comme moi. Je suis plus que jamais très préoccupé par les dangers qui pèsent sur la planète. Les paroles semblent inspirées par ce que nous vivons et pourtant tout a été écrit bien avant. On n’avait pas encore parlé de la pandémie ou même de toutes les manifestations contre le racisme, qui est aussi un thème que nous voulions aborder… Les musiciens avaient beau être des militaires, ils tenaient énormément à ce que les textes aient un sens. Ils font régulièrement des concerts où toute la recette est reversée à diverses associations. U.D.O. We Are One Heavy metal et « divers » symphonique AFM Records En fait, cet album aurait pu être baptisé « We Are Two », car il est autant le fruit du travail d’Udo Dirkshneider que celui de Christoph Scheibling. Ce dernier a non seulement dirigé l’orchestre (Das Musikkorps der Bundeswehr), mais il a activement participé à l’écriture des morceaux. D’où certainement ces « explorations » dans des territoires très inattendus pour le chanteur. Bien que majoritairement heavy, We Are One est indéniablement ce que le groupe et son leader ont proposé de plus varié et risqué à ce jour. [Jean-Pierre Sabouret] METAL OBS’29



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