Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
Les Suedois levent le voile Après le sixième album studio, Sovran, qui introduisit avec délicatesse sa nouvelle muse, Heike Langhans, en 2015, la formation suédoise de doom/gothic metal atmosphérique s’était un peu effacée, au sortir de sa tournée européenne. Alors qu’elle aurait pu davantage enchaîner pour profiter de cet élan artistique. Le destin en a voulu autrement. Under A Godless Veil, prêt depuis un an, ne débarque que maintenant, mais l’attente en valait la chandelle… [Entretien avec Anders Jacobsson (chant) par Seigneur Fred — Photo  : DR] Pourquoi un tel délai entre Sovran et Under A Godless Veil, alors que les conditions étaient réunies pour enchaîner avec un nouveau disque rapidement, après le recrutement réussi de votre nouvelle chanteuse Heike ? C’est vrai que ce fut un peu long pour moi aussi, je te rassure (rires) ! En fait, l’album est prêt depuis presque un an, le mastering était fait. Les chansons avaient été écrites il y a déjà quelques années, enregistrées et mixées. Ensuite, on a pris un peu de retard à cause de l’artwork de l’album. Et puis l’épidémie de Covid-19 est survenue ! C’est le label qui a décidé de le sortir plus tard, fin octobre 2020, du fait de l’annulation de nos participations aux festivals d’été et de la tournée à venir s’il sortait en juin. On est donc impatients qu’Under A Godless Veil sorte à Halloween, comme Sovran, paru fin octobre 2015. Sinon, je pense qu’Heike s’est bien intégrée et a accompli de grands progrès au fur et à mesure avec les années depuis son arrivée. Cela fait déjà huit ans en fait qu’elle est dans Draconian, avant Sovran. Au départ, certains membres étaient un peu circonspects. Heike a dû attendre son renouvellement de passeport, en habitant chez moi, puis elle est retournée chez elle, en Afrique du Sud. Et, enfin, elle a emménagé à Säffle, en Suède. Qu’avez-vous fait durant ces cinq dernières années, si tu avais à les résumer, car je vous ai trouvés discrets ? Non, on a fait une mini tournée en Suède d’abord, puis une tournée européenne quand même, avec Harakiri For The Sky. En 2016 si je ne dis pas de bêtise. On a fait deux tournées, mais plus éparses, ici et là, pour la seconde. Ensuite, on a attaqué Under A Godless Veil, que je considère vraiment comme un nouveau départ pour Draconian, dans une direction plus énigmatique et personnelle. C’est quelque peu différent. Et on démarre la promotion assez tôt, l’album étant prêt depuis un an. Sur Under A Godless Veil, vous auriez pu intégrer certains éléments electro propres à l’univers de Heike, qui vient plus de la scène dark/electro gothic, avec son projet LOR3L3I, un peu comme le fit dans les années 2000, Theatre Of Tragedy. Qu’en penses-tu ? Eh bien, les trucs electro, ça n’a jamais été vraiment le style de Draconian. Nous ne voulons pas trop de ça dans notre musique. Cependant, si tu écoutes bien le nouvel album, tu y entends beaucoup de choses provenant de Heike… DRACONIAN Under A Godless Veil Doom/gothic metal Napalm Rec. 26 METAL OBS’Sur ce second opus des Suédois avec la chanteuse sud-africaine Heike Langhans (LOR3L3I), priorité est donnée aux longues atmosphères à la fois sombres et magiques, grâce à des claviers hypnotiques et aux duos façon La Belle Et la Bête, avec un léger avantage en faveur des growls écrasants de « la bête » et cofondateur, Anders Jacobsson, « la belle » gothique se faisant plus mystérieuse. Si les guitares de Johan Ericson sont plus dissonantes et torturées que par le passé, l’ensemble demeure d’une redoutable efficacité (« Moon Over Sabaoth ») et d’une puissance organique à vous donner la chair de poule (« The Sacrificial Flame », « The Sethian »). Moins évident que Sovran, ce septième chef d’œuvre de Draconian dévoilera ses charmes aux disciples les plus ardents. [Seigneur Fred] Un chasseur sachant chasser On se souvient encore du passage des Suédois en première partie d’Avenged Sevenfold et Five Finger Death Punch au Zénith de Paris en 2013. Aujourd’hui, ils n’ont de cesse d’insister, proposant d’excellents albums et une générosité sans pareille envers leurs fans en live. Avec Avatar Country en 2018 et le live The King Live In Paris, c’est un chapitre qui se referme. Hunter Gatherer arbore un tout nouveau visage et on ne pouvait pas s’empêcher d’en parler avec le groupe. [Entretien avec John Alfredsson (batterie) par Archie — Photo  : DR] Vous allez malheureusement louper une tournée avec Iron Maiden, pour qui vous étiez censés ouvrir, et j’imagine une tournée en tant que tête d’affiche également… Dans les deux cas, c’est évidemment très frustrant. Pour ces deux projets, nous serons de retour l’an prochain. Avec plus de rage. Pour le moment, nous nous concentrons sur ce que nous pouvons faire, ça n’aurait aucun intérêt pour nous de monopoliser notre énergie et nos pensées sur des choses impossibles dans l’immédiat. C’est vraiment une année étrange, non ? Quand on voit ce qu’il se passe avec l’épidémie, et également au niveau sociétal. Vous avez été un peu visionnaires avec les thèmes abordés dans l’album, qui est infiniment plus sombre que le précédent. Nous abordons beaucoup l’humanité et ses dérives dans Hunter Gatherer. Nous voulions mettre en avant cette approche dans la musique d’Avatar. Avec Avatar Country, nous avions privilégié tout ce que nous aimons dans le heavy metal. Nous tenions à rappeler qu’on pouvait rigoler avec cette musique, que le heavy pouvait être drôle. Ça nous arrive d’être sérieux, mais nous sommes surtout des déconneurs et Avatar Country représentait cet aspect de nos personnalités. D’ailleurs, l’album a rencontré un sacré succès grâce à ça. Vos fans ont vraiment épousé l’idée du Roi et tout le délire autour, avec le film, les clips, etc. Vous n’avez pas eu peur qu’on ne vous résume plus qu’à ça ? Je ne dirais pas qu’on a eu peur de ça, mais nous y pensions, évidemment. C’était clairement quelque chose qu’il fallait éviter. Il y avait Avatar avant cet album et nous ne mettions pas en avant une facette humoristique si prononcée. C’est pour ça qu’on ne pouvait faire cet album qu’une fois ! Il y a un côté très naturel qui ressort de Hunter Gatherer, tu as la sensation que vous avez aussi parlé de vous dans cet album ? Peut-être, oui… Après, c’est difficile de l’affirmer, car je ne suis pas seul dans Avatar. Mais, personnellement, je m’y retrouve. Cela dit, comme tu le sais, l’album a été enregistré dans des conditions « live », cela apporte également ce feeling très naturel à l’album. Nous n’avons pas cherché la meilleure prise de batterie, puis de guitare etc. Vous aviez aussi procédé comme ça sur Hail The Apocalypse, il me semble. Tout à fait ! Finalement, tu enregistres tous les instruments d’un coup, c’est du live, et c’est une prise ! Tu ne peux pas mentir comme ça et tu te livres de manière plus honnête. J’aime beaucoup travailler de cette manière. Bon, nous ne composons pas non plus en passant notre temps à jammer en studio, en plus on déteste l’idée de jammer. La composition se fait avant l’entrée en studio. Disons qu’on allie un peu le meilleur des deux mondes ! AVATAR Hunter Gatherer Heavy metal eOne Hunter Gatherer est un album d’excellente facture qui propose un Avatar plus sombre. On pourrait parler pendant des heures de « Silence In The Age Of Apes » et ses accents quasiment black metal qui viennent sublimer une nappe d’énergie déjà fortement conséquente. « A Secret Door » nous ramène au meilleur de Feathers And Flesh, tout en s’imprégnant de l’ambiance décidément bien plus austère de l’ensemble. Le triptyque dantesque de fin d’album, à savoir « Gun », « When All But Force Has Failed » et « Wormhole », est d’une justesse rare, alternant chaque aspect de la personnalité d’Avatar pour, au final, les mêler comme jamais. Un must have ! [Archie]
Traitement de choc Pour souffler les 30 bougies du groupe, les Nord-Irlandais de Therapy ? ont décidé d’offrir un joli cadeau à leurs fans. Le trio s’est engouffré dans les mythiques studios d’Abbey Road pour y réenregistrer 12 de ses plus grands succès. Retour sur trois décennies de rock brut et intemporel ! [Entretien avec Michael McKeegan (bassiste) par François Alaouret — Photo  : DR] Pour vos 30 ans de carrière, vous avez entrepris d’aller aux célèbres studios Abbey Road réenregistrer vos plus grands succès. Pourquoi ce choix ? Au départ, on voulait sortir un album Live, parce que nous avions déjà sorti un best of il y a 10 ans. Du coup, nous avons rassemblé nos plus grands succès et l’idée de leur donner un nouveau souffle en les réenregistrant nous paraissait être un concept agréable pour tous. C’est une belle surprise pour vos fans d’être retournés en studio… Exactement, on tenait à donner à ces morceaux un son très actuel, tout en gardant l’énergie live. C’était donc la meilleure manière d’aborder les choses. Et puis, Abbey Road est l’un des rares studios londoniens dans lesquels nous n’avions jamais enregistré. Presque tout le monde a adoré l’album et j’en suis ravi. De « Babyteeth » à « Cleave », vous parcourez toute votre carrière. Même si tous les morceaux ont été classés dans les charts britanniques, ça n’a pas été trop difficile au moment du choix ? C’est vrai. Déjà, pour constituer les setlists des concerts, on faisait toujours des déçus. En reprenant les titres ayant figuré dans les charts, c’était plus facile. Le fait d’avoir autant de hits nous a bien aidés. Et pour les fans de la première heure, nous avons ajouté un deuxième CD, entièrement live, issu de nos archives personnelles. C’était sympa à faire, car nous avons des centaines d’enregistrements inédits couvrant la période 1990-2019. Quelle était votre intention première ? Réarranger les chansons, car elles proposent un son très actuel et puissant ? Nous avons voulu respecter les morceaux sans trop toucher leurs structures. Et puis, notre ami James Bradfield, de Manic Street Preachers, a apporté un réel frisson avec sa voix et sa guitare sur « Die Laughing ». C’est vrai que musicalement, les morceaux n’ont pas tellement changé, mais ils dégagent une force nouvelle… On voulait garder les deux aspects  : la clarté du studio et l’énergie de la scène. On a passé du temps à bien placer les micros et on a juste fait une ou deux prises. Par la suite, on a ajouté quelques chœurs et quelques overdubs. Un bon mix entre un son hi-fi et l’agressivité du concert. D’ailleurs, votre producteur Chris Sheldon vous accompagne toujours. Vous êtes devenus inséparables ! Peut-être pas inséparables (rires), mais c’est un tueur et un musicien fantastique qui sait tout faire. Et puis, aussi bien personnellement que professionnellement, nous nous entendons super bien, ce qui est très important. THERAPY ? Greatest Hits (The Abbey Road Session) Rock punk/metal Marshall Records Tous les titres présentés sur ce Greatest Hits ont figuré dans le Top 40 britannique (ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça !) , ce qui rappellera de bons souvenirs à beaucoup. Il est constitué de morceaux parus entre 1990 et 2018 et toujours produit par Chris Sheldon (à qui l’on doit notamment l’excellent Troublegum). La tracklist de Therapy ? n’a pas pris une ride, comme le son qui s’est même éclairci et actualisé. La bonne idée de réenregistrer ces morceaux permet ainsi de retrouver des titres intemporels comme « Diane ». Et avec sa fougue légendaire, le groupe enchaîne les classiques, de « Teethgrinder » à « Screamager », en passant par « Church of Noise » et l’emblématique « Nowhere ». La guitare et le chant d’Andy Cairns font toujours mouche, de même que la monstrueuse et très groovy basse de Michael McKeegan, en accord parfait avec la frappe aérienne de Neil Cooper. Therapy ? fait partie de ces groupes évoluant dans un registre qui ne vieillira jamais. Alors, pour ceux qui seraient passés à côté de ce trio mythique, c’est une belle occasion de se rattraper. [François Alaouret].. BAD TOUCH Kiss The Sky Hard rock/classic rock Marshall Records e-nee)ce, !..e CH Ciel et poivre À peine sorti, le quatrième album de Bad Touch grimpe à la quatrième place des Charts anglais. Une bonne occasion de nous y intéresser et de nous entretenir avec Stevie Westwood (chant). [Entretien par Sante Broccolo, photo  : DR] Comment te sens-tu après l’enregistrement de cet album ? Je suppose que l’accueil des premiers jours doit fortement te réjouir ! Tu sais, nous sommes un groupe qui aime le live et qui atteint sa plénitude en concert. Lorsque nous enregistrons un album, nous essayons de capturer le son live et de le transposer sur les enregistrements studio. L’accueil que nous avons reçu nous remplit de bonheur, dans la mesure où les fans nous confirment que nous avons réussi notre coup ! Mais nous avons vraiment envie de tourner... Dans quelle mesure vos fans et leurs retours sont-ils importants pour vous ? Le contact avec les fans et les concerts sont primordiaux pour nous. C’est pour cela que nous jouons ! Que peux-tu nous dire sur l’enregistrement de l’album ? L’un de vous a-t-il pris l’ascendant ? Nous n’avons pas enregistré l’album ensemble. Nous avons d’abord enregistré des bouts d’essai chacun de notre côté. Par la suite, nous avons tout rassemblé et nous en avons discuté afin d’affiner les morceaux. Enfin, nous avons enregistré nos parties séparément, nous les avons transmises au studio et eux ont tout mis en place. Je trouve qu’ils ont fait un boulot remarquable et nous sommes très contents du résultat final, ça sonne super bien ! ! J’ajouterai que tous les membres ont donné leur maximum et ont vraiment relevé le défi. Comment vivez-vous la période actuelle de confinement ? Ce n’est pas le martyr, pour vous qui appréciez tant le contact avec le public ? En effet, c’est non seulement dur pour nous qui aimons tellement la scène, mais c’est également une catastrophe pour le milieu du spectacle. Tu es peut-être au courant, mais nous avons participé activement à la campagne « Save our Venues » qui vise à aider le monde du spectacle. Nous avons également enregistré un morceau pour cette initiative et, par bonheur, ils ont recueilli une belle somme d’argent depuis. D’autres groupes comme Black Stone Cherry y ont également participé ! Aussi dur que cela puisse être, je n’ai qu’une chose à dire  : soyez prudents et portez-vous bien ! À certains moments, les parties musicales me faisaient penser à Bad Company ou à des groupes tels que Lynyrd Skynyrd, que vous appréciez, je suppose... En effet, nous apprécions ce genre de musique. Nous sommes assez fans de Bad Company. Dès le premier morceau, ou même les premières notes, bienvenue dans le monde de Bad Company (apparemment une référence pour ces sujets de Sa Majesté), de Black Crowes, de Lynyrd Skynyrd ou d’autres dans ce genre-là. À chaque début de morceau, on se dit qu’on connaît le riff, mais alors qu’on croit pouvoir se rattacher à un groupe ou à un morceau, la voix et les guitares ressortent et donnent à Bad Touch toute son originalité. Le titre du single « Strut » est une bonne illustration de ce qui précède, tout comme la reprise de « I’ve Got The Music In Me » (The Kiki Dee Band). Tout au long de l’album, on sent la complicité des membres et cela confirme que les morceaux proposés ont bien fait l’objet d’une concertation. Que dire du travail en studio ? Sinon qu’il est vraiment de qualité et qu’il capture les musiciens au mieux de leurs prestations. Rien d’étonnant à ce qu’ils en soient pleinement satisfaits ! Soyons clairs, l’ascension dans les Charts n’est pas due au hasard. Fans de Bad Company, The Black Crowes, Lynyrd Skynyrd et autres ne pas s’abstenir ! [Sante Broccolo] METAL OBS’27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :