Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L’effet papillon Au sortir de l’aventure Too Late, le chanteur Vartan Yorganciyan n’avait l’ambition que d’alimenter une chaîne YouTube de reprises, en commençant par le « Snuff » de Slipknot. Rattrapé par le projet Despite The End, celui-ci donne désormais la priorité à la promotion de l’EP Butterfly Effect, préambule à un album complet… Et, nous confie-t-il en off, une reprise de System Of A Down. [Entretien avec Vartan Yorganciyan (chant) et Ludovic (guitare) par Jean- Christophe Baugé — Photo  : Thomas O’Brien] Vartan, as-tu auditionné tes nouveaux guitaristes, Pierre et Ludovic ? Vartan  : J’ai passé des annonces sur le net, et j’ai rencontré Pierre et Ludovic très rapidement. Je ne leur ai pas demandé de jouer ni de me montrer ce qu’ils avaient déjà fait. J’ai surtout écouté leurs discours  : quel lien avaient-ils avec la musique ? Après ce que j’ai vécu au sein de Too Late, j’accorde plus d’importance à la motivation qu’aux capacités techniques… Finalement, j’ai obtenu les deux. Es-tu plus à l’aise en chant clair ou saturé ? Et pourquoi l’anglais plutôt que le français ? Je suis à l’aise dans les deux styles. En ce moment, je travaille beaucoup l’endurance et la justesse en condition live. Et je préfère chanter en anglais. J’aime cette langue, mon oreille y est habituée, mais je ne me refuse pas le français dans le futur. Je veux prendre le temps de bien travailler les textes  : notre langue est plus noble, il faut trouver le bon équilibre pour que ça ne vire pas au ridicule. Ludovic, est-ce que le fait d’avoir 3 enfants est un frein pour s’investir dans un groupe ? Ludovic  : Non, dans la mesure où je ne les ai à charge qu’à mi-temps. Non, nous nous arrangeons facilement, avec leur mère, en cas de besoin. À qui doit-on les ambiances successives de « Butterfly Effect » ? Vartan  : Pierre a composé la plupart des riffs jusqu’au pont, en s’appuyant sur mes lignes de chant. Puis Ludovic s’est chargé de la progression en deuxième partie. À quel effet papillon fais-tu référence ? Dans le morceau, il est question d’écologie. Tous ces déchets accumulés vont nous mener à notre perte si nous ne réagissons pas à grande échelle. Peux-tu nous traduire l’outro, en arménien ? « Regarde une dernière fois le ciel rempli de fumée et de cendres. L’homme a inventé et bâti de ses mains, avant de tout détruire. Reste avec moi, reste pour l’éternité. Merci, poète, d’être resté jusqu’à la fin. » Quels sont tes autres thèmes de prédilection ? Le confinement, les révoltes, les inégalités sociales… J’aime les histoires ancrées dans la réalité. Par exemple, au cinéma, je suis très peu attiré par la S.F.. 20 METAL OBS’DESPITE THE END Butterfly Effect Metal moderne My Ouai Production Créé en septembre 2019, Despite The End reprend les forces vives de l’obscur Too Late, Vartan Yorganciyan (chant) et Victor (basse), en jachère musicale depuis 10 ans. Il offre, via ce premier EP, du contenu au compte-goutte pour répondre aux nouvelles contraintes du marché. En chant clair, Vartan, qui a baigné dans le folklore arménien grâce à son père chef de chœur, évoque naturellement System Of A Down. Mieux encore  : « Despite The End », compo de Ludovic, retoquée par Deep In Hate (ancien groupe du guitariste), car trop peu brutale, présente une outro chantée en V.O. avec maman. Le jeune homme, qui évolue dans le milieu associatif — My Ouai est la première société de production sociale et solidaire —, a construit « Butterfly Effect » autour de paroles écoresponsables, façon pastèque  : vert écolo à l’extérieur, rouge coco à l’intérieur. On l’attend au tournant sur d’autres sujets brûlants, comme l’épidémie de Covid 19 ou le révisionnisme historique par les minorités. Pour l’heure, « We Won’t Obey », charpenté par le riffing moderne de la paire de guitaristes Ludovic/Pierre, est porteur d’espoir pour l’album prévu fin 2021. [Jean-Christophe Baugé] Comme des lions en cage Vétéran de la scène heavy metal française, Nightmare a parcouru un sacré bout de chemin et les musiciens qui sont passés dans ses rangs sont nombreux. Sur Aeternam, le quintette se présente avec une nouvelle chanteuse, une grande créativité et une forme olympique. [Entretien avec Yves Campion (basse) et Madie (chant) par François Alaouret — Photo  : DR] Mine de rien, Nightmare a plus de 40 ans d’existence. Quel regard portez-vous sur une telle longévité ? Yves  : C’est tout d’abord une grande fierté ! Aucun regret sur le parcours et tout ce qui a été réalisé… Il y a eu des hauts et des bas, mais tout a été source d’enseignement, a servi à évoluer et chaque expérience de line-up a été enrichissante… Madie, tu t’es fondue très naturellement dans le groupe. Tu as aussi apporté un souffle nouveau. Nightmare sonne nettement plus puissant, mais également plus mélodique… Madie  : Intégrer une formation musicale sans rien lui apporter n’était pas envisageable. Débarquer au pied levé au sein d’un groupe d’une telle envergure fut un vrai challenge. Je fonctionne à l’émotion. Je pense que le public metal tend aujourd’hui vers un élargissement des codes et une grande mixité musicale. Je suis heureuse que ce « souffle nouveau » se ressente. D’ailleurs, sa palette vocale fait penser à des chanteuses comme Doro, avec un esprit très metal. Finalement, vous restez ancré dans un registre très heavy metal… Yves  : Il était important pour nous de ne pas dénaturer le groupe, nous ne voulions pas une énième chanteuse soprano lyrique… Dans le potentiel vocal de Madie, il n’y avait pas ça et c’est ce qui a vraiment confirmé notre choix… Madie  : Je suis totalement autodidacte. J’ai la chance d’avoir une assez bonne amplitude vocale. Une chose est sûre, je suis une chanteuse qui se révèle sur scène. Je compte bien enrager et captiver notre public. J’espère enrichir de ma petite patte la grande carrière de Nightmare et entretenir la fidélité de ses fans. Aeternam sonne, bien entendu, très heavy, mais certains titres proposent des arrangements entre power et symphonique, avec même quelques touches progressives. C’est votre façon de rendre le son de Nightmare toujours plus actuel ? Ou ce sont des courants dans lesquels vous vous êtes naturellement engouffrés ? Madie  : Les orchestrations (signées Eliott Tordo), mêlées à l’agressivité des instruments, à mon spectre vocal s’harmonisent bien et offrent justement toutes ces différentes touches plutôt nouvelles. Nous avions envie de tenter un album presque théâtral avec Aeternam. Aeternam bénéficie d’une production massive et tout en percussion. C’est Simone Mularoni qui est aux manettes. Yves, est-ce le travail effectué ensemble sur Archon Angel qui a fait pencher la balance ? Yves  : On connaissait déjà Simone depuis longtemps. J’étais fan du travail qu’il avait réalisé sur le dernier album de Noveria. Avec lui, les guitares et la basse ne sont jamais noyées dans le mix malgré les orchestrations. NIGHTMARE Aeternam Heavy metal AFM Records Dès « Temple Of Acheron », Nightmare rentre dans le vif du sujet et Aeternam s’annonce fougueux, vigoureux sur une entrée en matière des plus fracassantes. Premier album, également, pour la nouvelle chanteuse, Madie, qui reprend le flambeau fièrement et avec assurance. Toujours soudé autour de l’inamovible Yves Campion à la basse, le quintette a musclé son heavy metal et il fait plus que flirter avec le power (« The Passenger ») et les arrangements symphoniques font aussi leur apparition (« Downfall Of A Tyran »). Toujours aussi épique, le groupe semble plus soudé que jamais et les guitaristes, Franck Milleliri et Matt Asselberghs, rivalisent de virtuosité sur des solos acérés et des riffs tranchants (« Under The Ice »). Et, avec un Niels Quiais très « affûté » derrière ses fûts, Nightmare sort probablement son album le plus abouti et le plus inspiré (« Anneliese »). Grosse claque ! [François Alaouret]
Une Alchimie musicale parfaite Nous avons rencontré dans les locaux de Metal Obs’les membres d’Elyx qui nous ont expliqué ce qui fait l’originalité de leur formation. [Entretien avec Elyx par Théo Sanchez Lucu, photo  : DR] Revenons sur les origines du groupe, cela fait combien de temps que vous jouez ? On a débuté à quinze ans, c’était vraiment un petit groupe de lycée. Cela s’appelait Pulse, on a commencé à intégrer des sons electro. Elyx date de 2015 et la première démo, Transcendance, de 2016, avec une autre en 2017, Impact, qui nous a permis de tourner et d’avoir de l’expérience live. D’où vient votre nom ? Elyx, cela vient à la base d’élixir, notre idée est de créer une potion explosive, un peu à la manière d’un scientifique fou, en mélangeant plusieurs aspects de la musique que l’on aime bien, l’énergie, l’émotion, les messages… Et d’où la notion que vos musiciens se déguisent en chimistes ? En fait, l’idée est que l’on part sur une expérience chimique en live  : Elyx et élixir. Comme tu as pu le voir sur le clip, on fait une réaction chimique, on le fait tout le temps, pour créer toute une mise en scène à la Frankenstein, du savant fou qui réveille les pantins. On travaille pas mal la mise en scène. Vous apportez un grand soin aux visuels. Ce n’est pas que la musique qui compte. Il faut se démarquer par les prestations live. Comment envisagezvous cela, c’est l’expérience « Elyx musique et live », plutôt que la musique tout court ? C’est vraiment avoir cet esprit, cet esprit show, un vrai délire, d’avoir quelque chose qui marque, quelque chose qui fait qu’à la fin du concert, on se dit  : c’était vraiment unique. Cela vous a permis de faire des festivals en Vendée et dans le coin, et le Off du Hellfest. Oui, voilà. Et, en 2019, on a sorti notre cd Animation Partie 1. On a enregistré chez Nomad Audio. Et c’est celui qui mixe Sticky. Oui, Fabien Guilloteau. ELYX Annihilation - Partie 1 French neo metal M&O Music Autant vous le dire, je sors juste de ma dernière hibernation. J’ai la gueule pâteuse, mais grand faim ! La lumière du soleil m’empêche encore de bien distinguer où se pose mon doigt pour lancer le premiermp3 à portée de groove. Purée ! Me voilà transporté en 1978 avec le « Electric Delight » des Rockets ! … Euh non, c’est du Jean-Michel Jarre. Tout faux y a d’la guitare… Indochine ? Non, ça pulse… plus. Excusez-moi d’avoir 52 ans. Annihilation – Partie 1, sa troisième sortie, date de 2019 et s’inscrit dans un metal de notre époque  : dynamique, sautillant, mélodique, le français comme langue d’expression et alternant le chant clair et guttural. Évidemment, Mass Hysteria est une influence proche pour le metal et peut-être un Shaka Ponk, pour le contrepied electro, et alors ? On est loin du rock’n’roll, mais le groove y est. De plus, l’interprétation est sans faille. Puisque c’est en français, écoutons le discours… Là, désolé les jeunes, je suis un vieux singe. Allez au-delà du constat, trouvez les solutions en les cherchant, quitte à parfois sortir de la bienpensance. Niveau production, c’est très propre, surement trop pour mes oreilles fatiguées, avides de basses lourdes. J’ai connu, il y a plus de 10 ans, un groupe local assez similaire (Shark) et qui était soit en avance, pour certains, soit déjà en retard, pour ce genre de fusion rock groove (Faith No More/RATM). Elyx va sortir de nouvelles choses en 2020, semble-til. Si ce groupe sait qu’il veut réellement, à savoir tout changer et tout renverser, c’est avec un vrai plaisir je me déplacerai pour les encourager. [Philippe Archambeau] Mist erre Après la sortie du premier single, « Dance Like A Marionette », Mist Of Fury est le titre du nouvel album de Sadhayena. Une belle opportunité pour interroger le groupe sur ses origines et sa dernière production. [Entretien avec Martin « Shenzi » Lourdelet, guitare, par Sante Broccolo] Peux-tu nous parler de lorigine du nom du groupe ? À l’origine, notre nom vient d’une contraction entre « sad » et « hyena », d’où la présence d’une hyène sur nos pochettes d’albums. C’est un moyen de rendre hommage aux premiers groupes qui nous ont fait vibrer à nos débuts, tels Def Leppard ou Steel Panther. On cherchait un nom vraiment atypique et tout de même parlant, c’est la raison pour laquelle nous avons inversé la position du « h » dans celuici. En tapant Sadhayena sur Google, tu peux être certain de tomber uniquement sur nous ! Quels sont vos groupes de référence ? Je ne serais pas étonné que vous me citiez l’Opeth d’il y a quelques années dans vos choix. À la base, nous sommes majoritairement influencés par le thrash avec des groupes comme Megadeth, Pantera, LambOf God, Death Angel... Pendant la conception de Mist Of Fury, nous avons naturellement élargi notre horizon musical, pour en faire un album de metal nous permettant de prendre des libertés artistiques. Cela nous accorde le droit de nous exprimer librement et de toucher une population plus large, car on ne s’enferme pas dans une case. Concrètement, en dehors du thrash, on peut donc retrouver dans notre musique de l’Opeth, Slipknot, Machine Head, Alice In Chains et bien dautres ! Dans quelle mesure le groupe a-t-il évolué depuis Emergency ? J’imagine que cela va plus loin que l’arrivée du nouveau chanteur et nouveau batteur… Il faut savoir qu’on a toujours fonctionné tous ensemble. Chacun des membres a des influences très diverses, et on essaie de les incorporer dans les compositions afin d’expérimenter et de proposer du contenu original, tout en restant cohérent. C’était une opportunité, que d’avoir de nouveaux membres dans Sadhayena, pour enrichir notre musique. Ainsi, on pouvait classer facilement Emergency comme un album de hard rock, mais cela est moins évident pour le deuxième. Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ? Peux-tu nous en dire plus sur la façon dont les morceaux ont été composés ? Cela fait depuis la sortie du premier album, fin 2017, que nous avons commencé à écrire les premières compositions de Mist Of Fury. C’est une caractéristique de la diversité de l’album  : au fur et à mesure du temps, nos influences, nos écoutes et notre environnement ont évolué et les nouveaux morceaux ont suivi le mouvement, ce qui les rend empreints d’authenticité. Ainsi, chacune des compositions a eu le temps de gagner en maturité jusqu’à l’enregistrement. SADHAYENA Mist of Fury Metal Auto-production L’album commence par une introduction qui fait office de « calme avant la tempête ». Et ce, même si celle-ci reste relativement contenue. Ce nest pas un album de thrash ou de death metal, mais on sent que les gars sen sont imprégnés. Comme références, ils citent notamment Megadeth, Opeth, LambOf God, Slipknot ou Machine Head et cet album est, en effet, un mix de tout cela, avec ici et là des accents progressifs. Toutefois, après écoute attentive, je ne peux mempêcher de penser plutôt à lOpeth dil y a quelques années quà dautres. Bien quil serait trop court de ramener la production à cette seule influence. En outre, il est clair que le groupe na pas cédé à limprovisation. On le croit aisément lorsquil affirme que les compositions ont été mûrement réfléchies et quelles ont évolué dans le temps. Tout ceci en fait un album varié, équilibré et très subtilement joué. À recommander pour tout amateur souhaitant à la fois intensité et finesses musicales. [Sante Broccolo] METAL OBS’21



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