Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Deprimes, mais toujours motives Cela fait bien longtemps que nous n’avions plus de nouvelles mélancoliques de Silentium. Révélé en 2001 avec son second album, Altum, aux influences doom lyrique à la My Dying Bride, le quintette finlandais a grandi depuis et fait plaisir à entendre sur Motiva, un sixième opus de gothic metal séduisant. [Extraits d’entretien avec Riina Rinkinen (chant) et Sami Veikko Boman (claviers) par Seigneur Fred — Photo  : Johan « Staffan » Turbanov] Silentium est enfin de retour avec Motiva, après douze longues années de silence radio… Pourquoi un tel silence de votre part (sourires) ? Que s’est-il passé ? Sami  : Une histoire ordinaire, la vie qui passe... Des emplois, des familles, d’autres responsabilités nécessitant plus d’attention, alors le groupe s’est retrouvé en arrière-plan. On cherchait le line-up parfait, ce qui a pris du temps et a retardé nos prévisions. Il n’y a pas eu pour autant de séparation. Le processus créatif est resté constant et, question live, nous avons même donné quelques concerts ici et là. Maintenant, le moment est venu pour le groupe de jouer à nouveau un rôle plus important et plus actif. C’est formidable d’être de retour et de pouvoir partager notre musique avec nos anciens, mais aussi les nouveaux fans que nous espérons avoir avec cet album. Je pense que le groupe, et sa voix avec Riina, n’ont jamais été aussi forts qu’aujourd’hui. Justement Riina, on ne te connaît pas tant que ça. En tant que chanteuse, quelles sont tes influences musicales ? Ta voix oscille entre pop, rock et gothic metal atmosphérique, voire symphonique, sur Motiva... Riina  : Ouah ! Difficile question, tant mes goûts musicaux et influences sont vastes. Enfant, j’écoutais des choses très différentes de celles de mes amis. Quand ils étaient dans la pop, j’écoutais des groupes comme The Police, Led Zeppelin et de vieux tubes rock des années 60/70. J’adorais, et adore toujours, Ella Fitzgerald. En grandissant, j’aimais les chanteuses comme Alanis Morissette, Courtney Love (Hole), PJ Harvey et Tori Amos, des femmes aux paroles et tonalités sombres. D’ailleurs, pour l’anecdote, on m’a dit une fois, à peut-être l’âge de vingt ans, que je ressemblais à Anneke de The Gathering (rires) ! Depuis ce jour, je n’ai plus écouté une seule note de son chant. Non pas parce que je ne l’apprécie pas en tant qu’artiste, bien au contraire, mais je voulais juste m’assurer de ne pas prendre ses manières. Je veux ressembler à moi et à personne d’autre. Est-ce toi qui as écrit les paroles de Motiva ? Ou bien, travaillez-vous en équipe pour les textes ? Sami  : Oui. Elle-même, comme une grande. Elle essuie également son propre cul. Un fait (rires) ! Riina  : Vraiment ! Incroyable (rires) ! Plus sérieusement, les paroles de Motiva sont toutes les miennes, à l’exception de « Vortex », écrit par Matti Aikio, notre ancien bassiste et chanteur. Désormais, je serai la seule à déverser mes tripes et dépeindre des images lyriques, car il a déménagé en Allemagne. Quelle est donc cette vérité évoquée dans le second single « Truth », qui ouvre ce nouvel album ? Riina  : « Truth » est une chanson qui traite de ma lutte contre la dépression. Il décrit l’état de stagnation qui, je suppose, est très familier à quiconque partage ce combat et les tentatives désespérées de rompre avec ce poids qui vous tire vers le bas. Pour moi, la vérité évoquée dans la chanson a plus à voir avec la question qu’avec la réponse. Si tu continues à te poser la mauvaise question, tu n’obtiens jamais la bonne réponse. Personnellement, la révélation fut qu’au lieu de demander « comment puisje me débarrasser de la dépression », je dois trouver une réponse à la façon dont j’apprends à vivre avec. 18 METAL OBS’SILENTIUM Motiva Gothic metal Out Of Line Music Honnêtement, on avait quelque peu oublié ce groupe finlandais découvert à l’aube des années 2000, avec son album Altum. Il avait ensuite séduit les fans de gothic metal symphonique sur Seducia, où apparaissait déjà une certaine Riina Rinkinen. Si cette dernière ne possède pas l’organe vocal le plus renversant et juste de la scène, elle fait cependant son petit effet. Mais voilà, la concurrence est rude. Alors, même si des leaders du genre comme Theatre Of Tragedy ont disparu, d’autres comme Delain ont explosé, dans une veine plus mainstream. Là, Silentium marche clairement sur les plates-bandes néerlandaises (« Unchained ») et foulera peut-être les mêmes planches, grâce à ce sixième opus touchant, mélancolique et suffisamment rythmé (« Vortex ») pour conquérir un nouveau public. [Seigneur Fred] Retour en force Sept ans se sont écoulés depuis la sortie du merveilleux Volition. Protest The Hero, groupe de metal progressif, a écumé pas mal de salles et, aujourd’hui, il fait peau neuve avec un nouveau label. Palimpsest marque le retour d’un groupe qui assume pleinement ses choix et sait où il va. [Entretien avec Rody Walker (chant) par Loïc Cormery] Sept ans depuis votre précédent album, pourquoi avoir mis tout ce temps pour accoucher de Palimpsest ? Tu sais, lorsque nous avons sorti Volition en 2013, nous avons quasiment tourné pendant un an pour défendre ce disque. Nous avions pourtant rapidement commencé l’écriture de ce nouvel album, puisque notre souhait de l’époque était de sortir notre cinquième album au plus vite, pour ne pas perdre notre élan. La composition avançait plutôt bien, quand notre ancien bassiste a décidé de quitter le groupe pour diverses raisons. Nous avons continué à écrire, mais ce fut assez compliqué. J’ai ensuite eu des problèmes de voix qui m’ont contraint d’arrêter de chanter pendant plusieurs mois. J’ai dès lors suivi des cours avec un coach. Tout ce processus s’est enchainé vite, mais c’était tout de même pénible. De plus, l’inspiration était un peu partie. Donc, il a fallu nous remotiver. Ce temps fut nécessaire, mais je t’avoue que sept années c’est très long ! Vous étiez indépendant sur votre précédent album, pourquoi avoir choisi ce deal avec Spinefarm ? Oui, nous avions besoin d’espace et de savoir où nous allions en tant qu’indépendant. Spinefarmest le meilleur choix pour nous et c’est très sensé. En tout cas, nous voilà de retour avec notre nouveau skeud qui tabasse et une distribution à la clé via Spinefarm, qui s’investit à 200% dans notre nouvel opus... Et ça c’est bon !!! Que demander de mieux ? Nous sommes comblés. J’ai hâte de chauffer les planches avec nos nouveaux titres. Ce qui, hélas, ne sera pas avant 2021 maintenant... « The Canary » ou encore « From The Sky » représentent bien l’essence de Betzefer. D’ailleurs, Todd Kowalski de Propagandhi a été convié sur le premier… Ce sont d’excellents titres, je les adore, ils sont vraiment dans les meilleures compos que Protest The Hero a pu créer... Une bonne énergie metal comme on aime ! Nous faisons pas mal de choix cohérent dans nos morceaux pour qu’ils sonnent le mieux possible en live ! Tu mentionnes là un nom qui m’a toujours fait vibrer et surtout un très bon pote à moi. J’adore Propagandhi et toute sa disco est formidable. C’était évident qu’un jour Todd viendrait jouer de la basse sur un de nos morceaux. C’est chose faite et je le remercie pour ça. PROTEST THE HERO Palimpsest Metal progressif SpinefarmRecords Protest The Hero n’est pas à son premier coup d’essai et beaucoup dans le monde du métal progressif connaissent bien la marque de fabrique du groupe. Riffs assassins, rythmiques lourdes et complexes, parfois très barré, avec un chant mélodique, mais terriblement efficace... Après de nombreuses tournées à travers la planète, il accouche dans la douleur de son nouveau rejeton au bout de sept longues années. Changement de label et surtout changement de vision d’ensemble. Rody, chanteur et membre originel, en avait même perdu sa voix, ce qui aurait pu coûter la vie au groupe. Le son, pour commencer, est déjà très puissant, mais toujours aussi clean. L’album ne renferme pas vraiment de temps morts et c’est le l’approche bourre-pif, ou claque sur le côté, qui prend le pas et écrase bien comme il faut la gueule au passage. Comme toujours, le groupe fait souvent référence à des mixes de l’ancienne école, tout en apportant une touche de fraîcheur en termes de riffs appuyés et de grooves techniques précis. Ce sens de la mélodie, intégré dans des structures complexes, s’inscrit dans la lignée d’un Coheed And Cambria ou d’un Fair To Midland. L’extrême densité de Palimpsest est à double tranchant. Difficile de ne pas s’essouffler, si l’on décide de parcourir l’album d’une seule traite. En tout cas, le groupe maintient l’attention et ce nouvel album va en surprendre plus d’un. [Loïc Cormery]
Konnte besser sein Les trois albums de Night Laser, Fight For The Night (2014), Laserhead (2017) et Power To Power (2020), bien que rythmés par trois batteurs différents, affichent un même goût non exclusif pour le hard rock tel que pratiqué sur le Sunset Strip dans leseighties. Le saupoudrage power metal trahit, quant à lui, le pays d’origine, l’Allemagne, voire la ville, Hambourg, du groupe des frères Hankers. [Entretien avec Benno Hankers (chant) par Jean-Christophe Baugé — Photo  : DR] Par quel miracle avez-vous débauché Andreas « Gerre » Geremia, de Tankard, pour chanter sur « Street King » ? On s’est rencontrés au Summer Breeze Festival 2018, alors que mon frère Robert (basse) et moi officiions comme DJ de glam metal. Après le show de Tankard, on a fait une méga fête, et le courant est tellement bien passé avec Gerre qui je lui ai demandé s’il ne voulait pas pousser quelques gueulantes sur notre album. Comme on n’est pas voisins, il a dû enregistrer ses parties chez lui et n’a pas pu venir sur le tournage du clip. Mais on peut le voir sur cette photo encadrée que je fracasse sur la tête de Robert. Sur « Satao », la double grosse caisse et le chant haut perché ont-ils nécessité un entraînement particulier ? Notre précédent batteur Maximilian Behr nous a lâchés quelques mois seulement avant d’enregistrer ses parties. On a dû faire appel en catastrophe à Michael Ehré (Gamma Ray, Primal Fear) qui, heureusement, était disponible. Il est hyper pro et a tout mis en boite en deux temps trois mouvements. Mais je te rassure, notre nouveau batteur Jonas Gabriel Günther est tout aussi bon. Quant aux notes aigües, je ne vais pas te mentir  : j’étais dans un bon jour pour aller les chercher. J’adore cracher tout ce que j’ai dans les poumons, mais là, il s’agissait d’enchainer plus de mots et de mélodies que d’habitude. Le solo de guitare de « Prime Minister Of Rock And Roll » est encore une bonne vieille pentatonique. N’est-il pas temps de s’en départir pour varier les plaisirs ? Pourquoi changer une recette éprouvée ? Il faut bien comprendre que notre nouveau guitariste, Tönjes Boback, n’a eu que trois mois pour reprendre, à l’oreille et sans tablature, le travail de son prédécesseur, Hannes Volrath, pour l’album. J’aurais déjà pleinement été satisfait avec de bonnes guitares rythmiques, alors avec ces beaux soli… Tu n’aurais pas vu « Winter’s Night » sur la B.O. d’un teen movie ? Tant que ce n’est pas pour American Pie 23 (rires) ! Sérieusement, j’adorerais. Juste parce que tu les as entendues, adolescent, certaines de ces chansons restent à jamais gravées dans ta mémoire. « Scotty doesn’t know that Fiona and me do it in my van every Sunday » (NDLR  : du groupe Lustra pour le film Sex Trip en 2004)… Mon plaisir coupable ! NIGHT LASER Power To Power Heavy metal Out Of Line Music Le charme du metal ajouré de « Street King », premier single clippé du troisième album de Night Laser, opère  : le quartette hambourgeois des frères Benno (chant) et Robert (basse) Hankers, pour lequel aucune tenue correcte n’est exigée, structure ces 2’35 autour d’un refrain « feel good », d’un featuring avec Andreas « Gerre » Geremia de Tankard (après Kai Hansen, de Gamma Ray, sur « Laserhead » en 2017), et d’un kit de batterie sacrifié en victime expiatoire. Mais le morceau-titre, true metal trivial, plante la graine du malaise. Il faut même creuser des tranchées pour se placer au niveau des paroles. Tant et si bien que les harmoniques artificielles de Tönjes Boback à la Nuno Bettencourt sur « Blind Man’s Reign », la double pédale à la régularité allemande de Michael Ehré sur « Satao » et les embardées vocales dans le suraigu sur le priestien (comme Kafka, le nom du groupe est devenu un adjectif) « Kiss Me Today » ne peuvent être considérées que comme des embellies passagères. [Jean-Christophe Baugé] à EP/M'AIL/VUE iVoW AS CD Die DOWIVLOAD igt SWAM - UP TO MU ! AL4344M IN 202J ! T4Y « MED ! dWW.BRUNHILPE.DE



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