Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
Metal Obs' Mag n°94 sep/oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de sep/oct 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 35,9 Mo

  • Dans ce numéro : Fit for a King, la nouvelle vague...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le passager des temps modernes Groupe que nous suivons depuis le début de sa carrière, Kingdom Of Giants vient assurément de passer un cap avec son nouvel album, Passenger, et surtout avec la signature chez Sharptone. Ne vous y trompez pas, la relève est dans le coin ! [Entretien avec Dana Willax (chant) par Loïc Cormery] Comment a évolué votre son sur Passenger, par rapport à All the Hell You’ve Got to Spare, en 2017 ? Nous essayons constamment d’évoluer en tant que musiciens (et en tant qu’êtres humains), de sorte que cet album est tout simplement la nouvelle étape dans cette évolution. Pour moi, le meilleur de la musique est que nous sommes constamment en train de chercher de nouvelles idées, des thèmes, en ajoutant des subtilités. Par rapport au précédent, nous n’analysons pas forcément et nous n’avons pas forcément de lignes directrices. On prend les éléments les uns après les autres. On assemble et, généralement, ça fonctionne bien. On reste parfois des heures et des heures à faire tourner des plans pour que tout s’enchaîne correctement. Ce n’est pas toujours simple, mais, au bout du compte, on est très content. Quels sont les thèmes généraux et les sujets abordés sur ce nouvel album ? Cet album n’a pas vraiment de « concept ». Je me suis inspiré de romans divers et variés. L’idée était de capturer les désespoirs, la dépression, les imperfections du monde... Sur certains bouquins, il n’y a pas de chapitres, juste des mots et des phrases enchaînées les unes aux autres. J’ai trouvé des choses intéressantes et j’ai voulu les incorporer dans la musique. Chaque chanson sur cet album a sa propre identité, et les paroles couvrent un large éventail de sujets. Je suis très friand de tout ce qui concerne de l’homme et ce qui se passe sur notre terre. Je me pose en juge de temps en temps, mais ce n’est pas mon rôle premier. Tu ne peux pas contrôler, mais tu peux diriger certaines choses de la vie, sans rentrer dans un trou noir. Celui de l’enfer ! Tu as droit à des zones d’ombres, mais la lumière reste toujours présente. Retenez-vous toutes les idées au cours des séances d’enregistrement, ou bien vous laissez tomber si un membre n’est pas forcément en accord avec les autres ? Pour cet album, nous avons travaillé ensemble. Moi, j’ai pris la directive au second plan. Les idées étaient toutes nouvelles. Nous ne voulons pas forcer les choses. Nous essayons de laisser la musique se développer naturellement et le résultat final provient des heures et des heures de brouillard (rires) et d’expérimentations. Nous discutons beaucoup. La communication est vraiment le facteur positif et tout le monde apprécie cette méthode de travail. C’est pour cela que le groupe est toujours en activité actuellement. Les influences sur ce dernier album sont très marquées par le metal moderne. Qu’est ce que cela t’inspire ? Pour être honnête avec toi, je pense que c’est une bonne chose si ce nouvel album est comparé à ceux de la communauté du metal moderne. Après tout, beaucoup de groupes sont identifiés par des albums de prédilection. Alors, pourquoi pas nous ? J’aime beaucoup les nouveautés, mais pas qu’en terme de metal. Il y a tellement de choses géniales dans la musique d’aujourd’hui, pourquoi s’en priver ? Vous avez mis en avant deux singles, dont « Side Effect » qui a bénéficié de retours remarquables... C’est un de mes titres préférés sur cet album. Il renferme beaucoup d’éléments que j’aime dans notre musique. Il est vrai que les retours sont fantastiques et, bien sûr, on n’en attendait pas autant de la part des fans ! On ne les remerciera jamais assez de leur patience, surtout depuis 3 ans. Nous espérons juste que l’album sera conforme à leurs attentes, même si, au final, on se fait plaisir avant tout. Un commentaire sur votre contrat avec le label Sharptone qui commence à devenir très populaire ? Très « populaire », le mot est faible ! Et, effectivement, ce label est très bon, sachant parfaitement où il va. Je pense qu’il faut compter avec des labels comme ça dans l’avenir. Nous sommes très satisfaits d’appartenir à cette grande famille, avec de nombreux groupes prodigieux et talentueux, comme Polaris, Currents ou encore Emmure. 10 METAL OBS’ENUGHTE tiPRDIS #WIETAL 4161P11CI CO Eli IT0111. KINGDOM OF GIANTS Passenger Metal moderne/metalcore Sharptone Records Nous n’avions jamais parlé dans nos colonnes du très talentueux Kingdom Of Giants qui en est déjà à son quatrième album. Et le fait qu’aujourd’hui il soit chez Sharptone attise encore plus notre curiosité. Depuis Ground Culture, en 2014, et All The Hell You’ve Got To Spare, en 2017, il était évident que le groupe n’allait pas rester dans l’ombre, vu la qualité des compositions et son énergie en live. Passenger est un album moderne qui va vers l’avenir entre son dernier cri et refrains punchy et accrocheurs. Kingdom Of Giants change un peu sa recette du fait qu’à ses débuts, sa musique était un chouille plus agressive et progressive. Aujourd’hui, l’évolution est le maître mot de cet album succulent de hits en tout genre, pour les amateurs d’Architects entre autres et bien plus encore... « Two Suns » est parfait pour commencer, avec des rythmes forts et un refrain que l’on chantera à l’évidence sous la douche. Que dire de « Side Effect » ? Un single en puissance, avec une redoutable mise en avant des atmosphères dans le break. Kingdom Of Giants n’est pas là par hasard et il a le feu sacré sur « Burner » ou même le spatial et intense « Blue Dream » ! Il n’y a rien à jeter, tout est en place pour prendre votre pied sans retenue. [Loïc Cormery] NLIG FITE NE EL ROYCE "[JIM WH TE 131.1[Er'H OU #STO N ER - MO-11.5.1M, VIWW.BLACKIISERTRECORDS.00141 [11011-11 zioulai.pRomo copina 01.a..e5..raFir.11,1117.1.1.
Fous ta cagoule ! La voilà, la tant attendue deuxième vague, mais de metal extrême lusitanien, celle-là ! Après les maîtres Moonspell et autres Heavenwood, dans les années 90, voici Gaerea. Originaire de Porto, cette jeune et obscure formation portugaise confirme tous nos espoirs sur sa seconde offrande Limbo. Son black metal cathartique vous prendra véritablement aux tripes… [Extraits d’entretien avec Haborym BM (guitare) par Seigneur Fred — Photo  : Catarina Rocha] Sur vos photos, tous les membres de Gaerea portent une cagoule noire, afin de masquer son visage et rester anonymes. Pourquoi ? Les néophytes pourraient vous confondre avec des terroristes, non (sourires) ? Premièrement, j’aime à penser que les gens de nos jours ne sont pas si ignorants pour juger un groupe à son look et ne pas s’en informer davantage. Dans le cas contraire, bonne chance à eux, avec leurs problèmes de haine. Gaerea a toujours agi comme un observateur, un simple voyeur, un messager chaotique de la communauté Vortex. C’est un fardeau que nous devons tous porter, car il nous concerne également en tant qu’individus perdus dans notre propre bulle. L’horrible vérité sur les masques est que l’on en porte tous un. Pas seulement nous. Nous utilisons tous des masques dans notre société, pour couvrir notre vrai « moi » intérieur, entre autres. On veut tous être acceptés tels que nous sommes au fond de nous, mais nous nous cachons… Originaires de Porto, avez-vous plutôt grandi au son des locaux Heavenwood, ou bien en écoutant Moonspell dans un registre plus extrême et issu de Lisbonne (Amadora) ? D’ailleurs c’est toujours la guéguerre culturelle, mais aussi sportive entre les deux villes Porto et Lisbonne, non (rires) ? Je crois que cette vieille et ridicule guerre entre les deux villes sera toujours autour des deux bières principales — Super Bock vs Sagres — (rires) ! Mais oui, je pense que la plupart des pays ont encore plus ou moins des conflits culturels entre leurs plus grandes villes. Cela fait aussi partie de notre culture. Je respecte Heavenwood, mais sa musique ne me plaît pas autant que les chansons de Moonspell. Sinon, les gens ici adorent détester Moonspell sur les tchats. Mais bon, ce sont souvent les mêmes détracteurs qui vendent leurs places de concerts (rires) ! Moonspell demeure le groupe le plus international jamais sorti du Portugal. Et ce n’est pas du fado, de la pop ou de l’electro… C’est du heavy metal ! Prenons tous un moment pour digérer cela. Respect. La musique de Gaerea pourrait être définie comme un black metal très sombre, violent, parfois plus mélodique, mais très compact, lourd, oppressant avec des chansons relativement longues. On y retrouve des influences black/death, comme Behemoth, mais aussi de groupes plus récents, comme Regarde Les Hommes Tomber ou bien les Lituaniens d’Au-Dessus, avec bien sûr votre propre touche made in Portugal... Quelle est ton analyse ? On a tendance à ne pas trop réfléchir au type ou à la catégorie dans lesquels nous pourrions, ou non nous situer dans le metal extrême. Je crois qu’il est obsolète et étroit d’esprit de penser constamment de cette façon, si on joue d’un instrument. Pourtant, si Gaerea est un groupe de black metal, c’est principalement à cause de ce que j’ai besoin de communiquer du plus profond de mon être. Je n’ai pas choisi le genre. C’est juste un mouvement artistique, une expérience émotionnelle que j’ai toujours aimée, dès ma première écoute. Maintenant, il y a un million de façons dont je pourrais encore créer Gaerea et continuer en ce moment. C’est devenu ma vie et l’une des principales raisons pour lesquelles je peux encore m’épanouir en tant que personne créative. GAEREA Limbo Black metal Season Of Mist Superbement enregistré, mixé et masterisé par Miguel Tereso (une nouvelle fois au studio Demigod Recordings, non loin de Porto), ce second méfait composé seulement de six (longs) morceaux développe un black metal totalement habité et libérateur pour son guitariste fondateur. Les riffs sont froids et nerveux (« To Ain ») , les growls rageurs, sur fond de batterie pachydermique omniprésente. Avec ses atmosphères sombres et oppressantes, on pense tour à tour à Behemoth, mais aussi à leurs camarades de label Regarde Les Hommes Tomber, ou bien encore aux Lituaniens d’Au-Dessus. Si quelques variations vocales (l’apport d’un chant clair par exemple) auraient été salvatrices ici ou là, il n’empêche que Limbo vous accompagnera au plus profond des abîmes en attendant votre rédemption. Amen. [Seigneur Fred] Toujours dans la course Kataklysm n’est pas un lapin de six semaines et on est agréablement surpris, malgré les années qui passent, d’entendre un nouveau skeud des Franco- Canadiens. Unconquered, le bien nommé, montre bien un groupe toujours au top et en constante évolution. [Entretien avec Maurizio Lacono (chant) par Loïc Cormery, loic@metalobs.com] J’ai cru comprendre que tu n’étais pas à 100% satisfait de Meditations, paru en 2018, pourquoi ? Nous avons travaillé dur pour pouvoir faire la différence ces dernières années. Les concerts se sont enchaînés, les tournées ont été grandioses et, ensuite, il a fallu prendre un peu de recul, mais pas trop, pour pouvoir composer Meditations et innover. Cependant, je trouve cet album bancal, je ne dirais pas qu’il n’est pas bon, loin de là, mais je pense que nous aurions pu faire mieux et recevoir un soutien mieux adapté, aussi. Pour ces raisons, Unconquered est tout l’inverse, à mon sens ! Effectivement, Unconquered est un super album, bien plus travaillé, et le son est vraiment énorme ! Carrément ! Nous avons eu la chance et le privilège de pouvoir bosser avec le grand Colin Richardson (Machine Head, Slipknot, Chimaira...) en compagnie de JF (Jean- François Dagenais), notre guitariste. Il est à la retraite, mais, après avoir écouté quelques titres, il nous a dit qu’il voulait faire notre son. Je t’avouerai que ce qu’il a fait est exceptionnel et, bien évidemment, le rendu change tout. Le savoir-faire ne trompe pas ! Un des grands changements, c’est que nous avons composé pour la première fois en 7 cordes et non en 6 cordes comme d’habitude. Le son est donc plus lourd et les compositions beaucoup plus ouvertes aussi. C’est un challenge supplémentaire et une mini révolution ou évolution pour le groupe. Pour comparer, même si je ne suis pas fan, je préfère la couleur sonore de Unconquered à celle de Meditations. Unconquered n’est pas forcément un album concept, car il traite de la vie, des soucis au quotidien, des trahisons ou autres... Est-ce qu’un groupe de death comme vous peut parler de concept finalement ? Oui et non. Nous ne sommes pas un groupe de philo comme peuvent l’être des mecs dans le djent ou le metal progressif en général. Je ne critique pas du tout, mais je pense que ce n’est pas notre vision, actuellement. Il y a des albums concept dans le death et même plus qu’on le croit, regarde mon autre groupe, Ex Deo. On parle de batailles de croisades et de l’antiquité. Tout dépend ce dont tu as envie. Le message c’est que je n’aime pas prendre une gifle et tendre l’autre joue, si tu vois ce que je veux dire ! J’aime répondre du tac au tac (rires). KATAKLYSM Unconquered Death metal Nuclear Blast Records On reproche souvent aux groupes typés death metal de ne pas trop changer de son ou même de manquer d’évolution musicale. Mais, parfois, nous avons droit à des surprises de taille ou, à d’autres moments, des échecs esthétiques, avec incompréhension totale des fans. Depuis plusieurs années, In Flames, par exemple, suscite de nombreuses interrogations sur son évolution et c’est ainsi. Kataklysm, pour éviter la redite et au bout de plus de 25 ans de carrière mouvementée, a choisi de composer son nouvel album Unconquered en guitares 7 cordes ! Excellente idée et, pour couronner le tout, il a bénéficié des services de Colin Richardson, producteur de génie dans les années 90-2000. Le résultat est effectivement remarquable et bien plus intéressant que son prédécesseur Meditations, mi-figue miraisin. Bien que l’évolution reste minime, à part dans le son, l’identité de Kataklysm est bien présente pendant 38 minutes. Les riffs sont plus ouverts, les atmosphères bien plus sombres et les rythmes très soutenus. Maurizio ne perd pas son flow, ni même sa rage, et semble nettement plus inspiré dans ses lyrics. « Killshot » déboîte, « Underneath The Scars » est le morceau ultime de l’album et « Stiches » démontre un savoir death mélo à l’ancienne très appréciable, avec une touche à la Devildriver ! Abdiquer n’est pas dans le dictionnaire de Kataklysm pour le moment. [Loïc Cormery] METAL OBS’11



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