Metal Obs' Mag n°93H juin 2020
Metal Obs' Mag n°93H juin 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°93H de juin 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 4

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview d'Alestorm.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Chez Metal Obs’nous aimons le metal, c’est une évidence, mais nous aimons également les jeux vidéo. Alors, quand le groupe le plus barré décide de nous offrir un album avec une pochette basée sur Donkey Kong, nous ne pouvions résister plus longtemps. Il faut dire que, niveau déconne, les Écossais ne sont pas les derniers et nous imageons sans peine l’ambiance de travail quand l’idée a germé dans le cerveau du leader d’Alestorm. Nous voilà donc à converser de piraterie, gros singes et tonneaux explosifs. C’est simple, je me revois à l’âge de dix avec mon téléphone et mon meilleur ami au bout du fil. Un vrai voyage dans le temps. [Entretien avec Christopher Bowes (chant, claviers) par Julien Meurot, julien@metalobs.com] Quelle a été l’étincelle qui vous fait opter pour ce concept plutôt cool ? Il y a de cela plusieurs années je regardais sur YouTube quelle chanson nous pourrions reprendre, car on me le demandait souvent. On me disait aussi qu’il faudrait que nous reprenions ce titre, « Pirate Scorn », qui vient du dessin animé Donkey Kong Country. Il est assez bizarre, mais les chansons sont sympas. Dans ce dessin animé, le méchant crocodile tente de voler cette noix de coco en cristal et voici donc notre point de départ. La pochette est géniale, j’ai passé beaucoup de temps à la décortiquer. Elle fourmille de détails. Lorsque j’en ai parlé à Dan (Goldsworthy, aussi responsable des pochettes de Gloryhammer l’autre groupe de Chris) il était comme un fou, car il connaît Donkey Kong et toute cette culture sur le bout des doigts. Je voulais avoir ce pirate typique qui vole le cristal. Mais tu peux voir qu’il y a des squelettes de Donkey et Diddy Kong. Tu as les fameuses pièces de monnaie du jeu, les tonneaux de TNT, des bananes… C’est sûrement ma pochette préférée, car elle est pleine de détails, très colorée. 2 METAL OBS’Une singerie de plus Cet album a été plus facile à écrire de par sa nature ? En règle générale, je m’enferme chez moi et j’écris l’essentiel de la musique, mais, cette fois, cela n’a pas été le cas. J’ai eu besoin d’un coup de main. Elliot (Vernon), notre autre claviériste a écrit pas mal de titres sur cet album. J’ai bossé avec Matt (Matthew Bell), du groupe Troldhaugen, avec qui nous avons joué plusieurs fois en France, d’ailleurs. Il m’a aidé — ou je l’ai aidé je ne sais pas trop (rire) — sur des titres comme « Tortuga ». Le plus important était que cela sonne comme du Alestorm, une musique de pirate. Il n’y a donc pas beaucoup de différences, ce sont juste des mecs qui font de la musique chez eux, finalement. J’ai simplement été moins seul (rire) et il a été plus facile à écrire. Parfois, quand le cycle des trois ans se finit, je me dis « merde, comment je vais faire pour écrire un nouvel album ? » et, quand la deadline approche, les choses se mettent en place naturellement. Mais, ce coup-ci, il y a eu beaucoup de fun et je n’ai qu’une seule envie  : jouer ces titres en live !!! ! En parlant de live, ce ne sera pas pour tout de suite au vu du climat actuel… C’est même certain. Nous devions être sur scène hier au Download en Australie et cela ne s’est donc pas fait. Le prochain concert devrait être le Sweden Rock, à moins qu’une apocalypse avec des zombies n’arrive entretemps (l’interview a été faite avant l’annonce des annulations des festivals d’été)... Tu parlais de la chanson « Tortuga », c’est un titre assez atypique et plutôt cool. Peux-tu revenir dessus ? Honnêtement, j’étais assez inquiet à propos de ce titre qui ne correspond pas vraiment à nos standards. Il y a cette partie rappée et plein de sons électroniques bizarres. Je ne saurais même pas dire de quel genre de musique il s’agit (rire). Mais je m’attends à ce que les gens la détestent et pensent que nous avons viré neo metal. Comme je te disais, c’est une collaboration avec Matt qui m’a envoyé ce « rap des caraïbes ». Et je l’ai ensuite ramené dans notre monde du pirate metal. Je vois bien certains dire  : « Mais putain, qu’est ce qu’ils foutent avec ce break à la Limp Bizkit ? » Comme nous savons qu’il va y avoir de la controverse, nous allons en faire une vidéo bien marrante, avec un univers de pirates bien marqué. Comme cela, les gens pourront associer les deux plus facilement. On retrouve la deuxième partie de « Wooden Leg ! », peux-tu nous expliquer pourquoi ? La première partie qui apparaît sur Sunset On The Golden Age (2014) est probablement la chanson la plus crétine que nous ayons jamais écrite. Pendant 2 minutes, tu y entends des mecs gueuler « jambe de bois, jambe de bois ». Ce titre plait beaucoup et nous l’adorons. Du coup, en voyant la deuxième partie sur le disque, nos fans vont s’attendre à une chanson encore plus stupide et... non c’est tout le contraire (rire). C’est une putain de chanson qui fait 8 minutes, empreinte de black metal symphonique avec un côté totalement extravagant. On retrouve des notes comparables à celles de la partie 1, idem pour les paroles. Il y a de nombreux rappels dans cette deuxième partie. Par contre, je ne sais pas si nous la jouerons live, car elle est trop longue et compliquée à mettre en place. Nous sommes vraiment de mauvais musiciens (rire). On retrouve dessus nos amis de Japanese Folk Metal — meilleur nom de groupe du monde au passage (rire) — et des amis argentins. Il y a tant de choses que j’adore, il me tarde que le monde découvre ce disque (rire).
L’édition limitée est géniale, car on y retrouve rien moins qu’un walkman Alestorm. Brillante idée !!! Mais qui a encore un lecteur cassette de nos jours ? C’est pareil pour les vinyles, les gens les achètent et ne les ouvrent même pas (rire). Nous nous sommes alors dit « allez, mettons un putain de lecteur dedans ». À la base nous voulions faire un mini-disc, mais plus personne ne fait ce format, ni même de lecteur. Peutêtre que la prochaine fois nous ferons un 8 pistes ou un autre format encore plus bizarre. On retrouve deux titres bonus sur un 7», peux-tu nous en parler, car nous n’avons pas pu les écouter ? Un de ces bonus s’appelle « Big Ship Little Ship ». Au départ, nous avions douze morceaux pour l’album, mais nous ne voulions pas dépasser onze. Nous avons décidé de mettre la chanson la plus naze en bonus. Mais elle est vraiment mauvaise, les paroles sont nulles, ça parle d’un pirate qui ne veut pas vivre dans une maison, ou dans une voiture, juste sur un bateau. Il y a des choses jolies dedans avec cette mélodie folk, mais, tout bien réfléchi, je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est une chanson horrible (rire). Le deuxième bonus est une idée de dernière minute et je l’adore. C’est une reprise de Dizzee Rascal, c’est un rappeur anglais. Je ne sais pas s’il est très connu en France. Bref, je rappe tout au long de cette reprise, c’est très drôle. Nos fans ne sont pas du genre à écouter du rap, du coup, ils vont la détester et voilà pourquoi c’est sur le disque bonus. Tu es peut-être un peu dur, je suis certain qu’ils sont plus ouverts. Bien sûr, je plaisante. Au début du groupe, je pense que nos fans étaient vraiment à fond sur la musique folk et le metal. Mais, maintenant, je me dis que nous pouvons expérimenter et que nos fans vont nous suivre, car tout cela n’est que du fun. Pour finir, un mot sur la Thaïlande. Pourquoi cette destination pour enregistrer ? Nous avons enregistré en janvier et il fait super froid au Royaume-Uni. Comment chanter quand tu es enrhumé (rire) ? Le label nous paye le studio, alors pourquoi ne pas aller au soleil ? Nous avons regardé la carte et cherché où nous ne sommes jamais allés. Voilà comment la Thaïlande s’est imposée. En plus, tout est tellement moins cher là-bas. Si tu avais vu le studio que nous avions pour trois fois rien. C’était vraiment génial. Tu sautais dans la piscine et, deux minutes après, tu étais dans la cabine pour chanter. L’ambiance était très « pirate »  : décadente et luxueuse (rire). Avec les technologies actuelles, tu peux largement faire un bon album à la maison, mais nous adorons partir en vacances, surtout dans des endroits cools comme celui-là. Heureusement, nous sommes rentrés à temps avant que tout cela ne débute. QunsefoF THE eRYSIAL e000Ntr ALESTORM Curse Of The Crystal Coconut Pirate metal Napalm Records On ne cessera jamais de le dire, il ne faut jamais trop se prendre au sérieux. Ce leitmotiv est définitivement interprété au pied de la lettre par nos pirates préférés, qui reviennent ici avec un album haut en couleur. Si la pochette met l’accent sur l’un des héros de Nintendo, ce n’est pas à proprement parler un concept album. Nous sommes face à un album d’Alestormpur jus, avec son lot d’hymnes à la piraterie et de chansons de taverne. Pour autant, les Écossais ont tenté, innové même, quitte à se prendre des retours de bâton. « Tortuga » et son break rappé, la seconde partie de « Wooden Leg », qui prend à contrepied le fan aguerri… Mais nous vous laissons découvrir l’ensemble de ces pépites, tel un aventurier qui vient de trouver la cachette de la précieuse noix de coco en cristal. La production « Made In Thailand » fait merveille et n’est en rien en carton. À l’image de son leader, un disque fun et entraînant, qui n’a pour but que de nous divertir. Et il le fait très bien !!! ! [Julien Meurot] METAL OBS’3

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