Metal Obs' Mag n°93 mai à aoû 2020
Metal Obs' Mag n°93 mai à aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°93 de mai à aoû 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 51 Mo

  • Dans ce numéro : Currents, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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e q-earna LI p,n Un air de nostalgie Green Carnation émerge enfin de sa longue hibernation ! Hormis le superbe CD/DVD live en 2018, le groupe norvégien n’avait pas proposé d’album depuis Acoustic Verses paru en 2006 ! ! Que le temps passe vite… Alors quel bonheur de retrouver le metal progressif de ces humbles musiciens. Nous avons fait le point avec son principal chanteur (également membre de Tristania, dont il nous donnera quelques news en aparté) et ses collègues à l’occasion de la sortie du superbe Leaves Of Yesteryear, un sixième opus électrique à l’artwork très toolien. [Extraits d’entretien avec Kjetil Nordhus (chant), Terje Vik Schei alias « Tchort » (guitare) par Seigneur Fred — Photo  : DR] Tchort, durant ces dernières années et ce long silence de Green Carnation, tu as quitté les groupes Blood Red Throne et Carpathian Forest, pourquoi donc ? J’ai été quelque peu surpris, je dois dire. C’était pour mieux se reconcentrer sur l’activité de Green Carnation et y apporter une meilleure créativité, peut-être ? Tchort  : Je n’avais tout simplement pas le temps de jouer dans tous les groupes en même temps (rires). Chacun voulait partir en tournée, enregistrer des albums, etc. Finalement, j’étais sur la route pendant 250-280 jours par an et il ne m’était plus possible de combiner tout ça avec une vie de famille et un travail. En tant qu’ancien bassiste d’Emperor (1993-1994) et de Satyricon live lors de l’apogée de la scène black metal norvégienne, as-tu vu le film Lords Of Chaos de Jonas Ackerlund, inspiré des faits divers de Mayhem et Burzum que tu a côtoyés dans le passé ? Tchort  : Non, je ne l’ai pas encore vu. Je suppose que je le ferai à un moment donné. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, j’avoue… Revenons à nos moutons. À vrai dire, beaucoup de fans s’attendaient aujourd’hui à un nouvel album studio électrique de Green Carnation constitué d’une seule pièce (un morceau uniquement) comme une suite de Light Of Day, Day Of Darkness en quelque sorte. Est-ce que Leaves Of Yesteryear en est la suite lyrique logique, une partie II en somme ? Kjetil  : Juste après Light Of Day (…) en 2001, une telle option pour essayer de suivre cet album dans un format (une seule piste) similaire n’a même pas été envisagée, en fait. Cela aurait été une tâche ardue, voire impossible. Et pas forcément une bonne idée. Leaves Of Yesteryear n’a pas de lien direct avec cet album, ni davantage avec les autres albums. Cependant, nous avons eu recours au même producteur, Endre Kirkesola, pour la première fois depuis Light Of Day (…) et on a parfois utilisé les mêmes claviers. GREEN CARNATION Leaves Of Yesteryear Metal progressif Season Of Mist ****er 8 METAL OBS’La chanson-titre donne clairement le La sur cette œuvre électrique de Green Carnation, quatorze ans après l’album Acoustic Verses  : riffs puissants, superbes claviers aux sonorités prog’et chant clair à tomber de l’impressionnant nounours Kjetil Nordhus (Tristania, ex-Trail Of Tears…). Une belle dynamique retrouvée à travers seulement trois nouvelles compos simples, mais savamment construites et aux passages intimes... Si Leaves Of Yesteryear sent le réchauffé avec le réenregistrement du classique « My Dark Reflections Of Life And Death » et la reprise touchante de « Solitude » (Black Sabbath), cela colle néanmoins parfaitement à l’ambiance de ce petit chef-d’œuvre basé sur la solitude et le temps qui passe. L’attente en valait donc la peine. [Seigneur Fred] Pierre noire Les Anglais nous reviennent avec un nouvel album, Obsidian, plus que jamais ancré dans la noirceur. Suivez le guide... [Entretien avec Nick Holmes (Chant), par Laurent Divergent] Comment présenterais-tu Obsidian ? Je le trouve sombre, gorgé de tristesse, une ambiance qui nous a toujours représentés. Musicalement, il se veut bien plus varié que le précédent, Medusa, qui était plus axé sur le doom death. En toute honnêteté, je préfère largement composer de manière plus éclectique, car cela me maintient en éveil malgré les années... Comment te sens-tu, en tant que chanteur, face à cette diversité ? Tant que cela reste dans la limite de mes possibilités en live, je me sens bien. J’évite d’écrire dans des registres que je ne peux pas chanter. Nous sommes avant tout un groupe live et je m’imagine mal mettre sur album des titres condamnés à rester des expériences de studio. Vous venez de lâcher un premier single « Fall From Grace ». Es-tu sensible aux commentaires qu’il a suscités sur la toile ? Bien sûr ! Je suis aux aguets et tente de tous les lire. Obsidian résulte d’un long investissement personnel. Forcément, l’opinion des fans compte, même si notre critère premier est d’être fiers de notre travail. Cela dit, on ne peut plaire à tout le monde. Il y aura toujours une frange du public qui n’aimera pas ce qu’on vient de réaliser. Je soupçonne d’ailleurs certaines personnes de critiquer uniquement pour se faire remarquer. Lorsque j’ai intégré Bloodbath, j’ai essuyé pas mal de critiques négatives, car les fans regrettaient le départ de Mikael Åkerfeldt. Paradise Lost compte bon nombre de hits, comme « Say Just Words », « As I Die », « The Last Time »... Lorsque vous avez composé Obsidian, pensiez-vous à une formule particulière ? Oh non, nous avons cessé de composer en ces termes depuis des années. Certains labels nous ont déjà incités à cirer les pompes de MTV, mais cela ne fonctionnait pas. Lorsqu’on pense à l’écriture d’un tube, on met en péril sa créativité. Nous écrivons simplement les meilleurs albums possible. Te souviens-tu de ta voix à l’époque de Shades Of God (1992), qui n’était pas tout à fait death mais pas tout à fait « clean » non plus ? Oui, et pour cause, cette voix hybride était incroyablement difficile à reproduire. Je ne compte plus les irritations de gorge. Lors de la tournée Shades Of God, j’étais HS au bout de vingt minutes, comptant sur les « days off » pour me reposer. Aujourd’hui encore, j’évite de me frotter à ce registre, préférant évoluer dans le death pur et dur, ou bien le chant clair. Il n’empêche que tu as inspiré pas mal de groupes, à commencer par Tiamat, Sentenced, Amorphis... J’en suis conscient. Jamais je n’aurais pensé devenir à mon tour une référence. Mais il faut rentre à César ce qui appartient à César. La personne à l’origine de cette voix est Peter Steele à l’époque où il jouait dans Carnivore. Dans Shades Of God, je n’ai fait que copier Peter avec mes modestes moyens. PARADISE LOST Obsidian Gothic metal Nuclear Blast Le précédent opus de Paradise Lost, Medusa, avait laissé bon nombre de fans perplexes, le groupe ayant régressé vers le style lourd et monotone de ses débuts. Mais les Anglais se sont remis sur les rails, dans la continuité de The Plague Within. Au menu, un metal mélancolique et multidimensionnel, embelli par des orchestrations classiques, alternant les passages ambients et agressifs. Entre le très rock « Ghosts » (largement inspiré des Sisters Of Mercy), le désespéré « Fall From Grace » et le doomesque « The Devil Embraced », nul doute que les fans retrouveront leurs repères. Ici, point d’innovation à l’horizon. Simplement un recueil de neuf chansons de grande classe, pour un voyage dans les confins de la désolation et de la dépression. Ayez confiance, après une écoute, vous vous sentirez mieux (ou pas)... [Laurent Divergent]
La dEcadence de l’humaniTE Mnemocide est certes totalement inconnu par chez nous, mais, à vrai dire, il ne va certainement pas le rester, car les Suisses entretiennent la tradition du death de bon goût. Leur premier album est une réussite. [Entretien avec Matthias (chant) par Loïc Cormery] Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe ? Mnemocide a été fondé en 2017. Mais les membres du groupe se connaissent depuis un projet de groupe antérieur depuis de nombreuses années. Nous sommes donc une unité très forte, d’un point de vue personnel et musical. Le nom « Mnémocide » signifie tuer ou effacer la mémoire. L’idée de base derrière le concept est la suivante  : l’humanité semble incapable de tirer des leçons des tragédies et des cruautés de son propre passé. Nous répétons encore et encore les mêmes conneries. D’une certaine manière, l’histoire nous laisse aveugles et ignorants. Aucune leçon n’est tirée des erreurs précédentes. Ainsi, ce soi-disant Mnémocide est la raison pour laquelle l’humanité est constamment impliquée dans les guerres, les crimes, le chaos et le manque d’empathie. Nous nous tuons et nous détestons sans raison. Et, pire encore, nous détruisons notre environnement et violons notre planète. Et si nous continuons à le faire, nous serons condamnés à disparaître. Vous pouvez maintenant imaginer la colère de notre musique. C’est du death metal pur et brut. L’écouter, c’est comme être renversé par un tank. Comment ont été les retours de votre EP Debris ? Nous avons eu de très bons retours. Toutes ces réactions ont confirmé que nous sommes sur la bonne voie. Cela nous a donné confiance pour suivre cette voie à l’avenir sans aucun compromis. Écoutez Feeding The Vultures et vous comprendrez ce que je veux dire ! Quels sont les sujets que vous abordez dans votre nouvel album ? Le thème principal décrit comment la graine de la haine se transforme en guerre et en destruction. Il est écrit d’un point de vue plus général que personnel. C’est comme un cycle qui s’allume encore et encore. De la ségrégation et du nationalisme aveugle à la colère outragée et à la haine pure. Il y a tellement de leaders mondiaux de nos jours (comme par le passé) qui savent exactement comment tirer ces déclencheurs. Et les masses sont toujours prêtes à suivre et du sang sera encore versé. Vois-tu un morceau qui reflète le mieux l’atmosphère de l’album ? Le symbole de l’album est un crâne hybride entre un humain et un vautour. Il n’y a pas de chanson spécifique qui représente ce symbole. Ce crâne représente le thème de l’enregistrement entier. Il y aura une fête massive pour les vautours à la fin de l’histoire. Et, d’une manière tragique, l’humanité sera son propre vautour… MNEMOCIDE Feeding The Vultures Death metal Czar of Crikets Productions Feeding The Vultures est le premier album des Suisses, après leur remarquable EP, sorti en 2018, qui leur a permis de fouler les scènes d’Europe et de se faire une petite réputation dans le milieu death européen. Tout démarre en trombe avec des rythmiques mastodontes et des saccades à la pelle, histoire de briser quelques nuques au passage sur « Manifest » suivi de l’excellent « Crash & Burn ». Produit par Christoph Brandes (The Spirit, Unlight et Necrophagist), le son est vraiment « fat » et on se prend quelques gifles phénoménales sur « In Pain », « Like A Ghosts » et le puissant « Again », où se dégagent des guitares féroces et sous accordées à souhait. L’ensemble est très cohérent et le chant d’outre-tombe de Matthias, très prédominant, assure sur tous les fronts, aussi bien en growls, screams que sur des refrains très maîtrisés. Le groupe propose un panel allant de Grave à Entombed, pour un style très personnel et apocalyptique de très bon goût. Ce ne sera pas un hasard de trouver Mnemocide dans les hautes sphères du death traditionnel, dans quelques années, car ce premier album est une franche réussite. Enfin, nous l’espérons. [Loïc Cormery] Legende vivante Géniteur du cultissime Age Of Quarrel (1986) et tout juste vingt ans après la sortie de Revenge, Harley Flanagan revient sur le devant de la scène avec un nouvel album estampillé Cro-Mags. [Entretien avec Harley Flanagan (chant, basse) par Norman Garcia — Photo  : AE] Tout d’abord, comment vas-tu en cette période difficile, comment as-tu vécu le confinement ? Partout dans le monde nous avons vécu une période inhabituelle, on fait juste de notre mieux et j’encourage chacun à faire le nécessaire pour rester en bonne santé. Ce n’est pas la première pandémie que l’humanité doit affronter, mais tout le monde doit faire ce qu’il peut pour lutter, tout en respectant les autres et les services hospitaliers notamment. Je pense que le port du masque est important, il s’agit aussi de protéger les personnes que l’on ne connait pas, pas seulement nos proches... On doit pouvoir en tirer les leçons et se servir de tout ce qu’on a appris en cas de nouvelle épidémie. Et il y en aura certainement d’autres... Mais surtout apprécier la liberté dont on peut bénéficier dans ce monde. Qu’est-ce qui t’a décidé à faire un album après toutes ces années ? En fait, je ne me suis pas arrêté de faire de la musique, tout le monde parle du premier album en 20 ans, mais c’est vrai juste pour l’entité Cro-Mags. Enregistrer cet album a été pour moi comme un nouveau départ. Je suis quelqu’un de besogneux et de créatif. Faire de la musique pour moi est une évidence, je ne peux pas m’en passer. In The Beginning a été précédé par l’EP From The Grave, en décembre 2019. Estce que toutes les chansons de l’album datent de cette époque ? Ou il y en a de plus anciennes qui attendaient juste d’être dépoussiérées... J’aime bien planifier les choses, mais je suis arrivé au studio d’enregistrement avec seulement six chansons et une petite vingtaine sous forme d’ébauches. Ce qui t’offre pas mal de flexibilité et permet finalement de laisser parler ta créativité en studio. Cro-Mags est considéré comme une légende du hardcore. Avec ton expérience et le recul, préfères-tu la période de tes débuts ou bien celle de ces dernières années ? T’arrive-t-il de jeter un œil à la nouvelle vague ? Pour moi, l’âge d’or du hardcore est évidemment le début des années 80. C’était une époque où les règles n’étaient pas claires. Chaque groupe avait sa propre signature et on ne savait pas vraiment où tout ça allait nous mener. Pour être honnête, je n’écoute pas les nouveaux groupes, pas parce qu’ils ne sont pas intéressants — je sais qu’il y en a de très inspirés et créatifs — mais parce que j’ai grandi avec les Black Flag, Minor Threat, les Bad Brains, et je n’ai donc pas besoin d’être influencé par d’autres groupes de hardcore. Je ne voudrais pas qu’on dise  : « hé, regarde ce vieux type qui imite les petits jeunes » ! J’ai déjà mon putain de propre style ! CRO-MAGS In The Beginning Hardcore Arising Empire La simple allusion à un la sortie d’un nouveau disque de Cro-Mags suffit à elle-même pour attiser la curiosité. Après une intro des plus classiques, « Don’t Give In » donne le ton de l’album  : du bon vieux hardcore « in your face ». Du début et jusqu’au dernier morceau, « There Was A Time », le rythme est effréné, si ce n’est sur l’instrumental « Between Wars » ou sur « No Turning Back ». À l’image du single, « From the Grave », avec du riff simple, mais efficace, une batterie qui cogne, une basse qui vrombit, un son et un solo de guitare comme au bon vieux temps, In The Beginning n’est pas là pour révolutionner le hardcore old school. C’est d’abord un album qui sent le respect et la sincérité et qui a au moins le mérite de rendre hommage à tous les précurseurs du hardcore. [Norman Garcia] METAL OBS’9



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