Metal Obs' Mag n°93 mai à aoû 2020
Metal Obs' Mag n°93 mai à aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°93 de mai à aoû 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 51 Mo

  • Dans ce numéro : Currents, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Du riff sinon rien Havok, depuis ses débuts, ne fait pas comme tout le monde et il compte bien continuer ainsi. Son dernier album V est une invitation au thrash moderne et semble surtout proche de la réalité et du monde qui l’entoure. Le groupe avance d’un pas et sans reculer, donc, par rapport à son précédent album Conformicide. [Entretien avec David Sanchez (chant, guitare) par Loïc Cormery] Pour commencer, peux-tu nous parler de nous de votre nouveau bassiste ? Brandon Bruce est un excellent musicien et il a enregistré la basse sur l’album… En fait, c’est un bon pote et il nous avait dépannés une bonne paire de fois avant. Et, quand nous avons eu besoin d’un nouveau bassiste permanent, il est revenu et nous a envoyé des vidéos de lui en train de jouer. On le connaissait déjà, donc nous l’avons engagé. Pour la partie composition, il faut savoir que c’est Pete (batterie) et moi-même qui travaillons principalement. Le plus souvent, nous enregistrons des maquettes et nous y revenons dès le lendemain pour remanier l’ensemble. Mais Brandon a apporté pas mal d’idées supplémentaires. Il prenait une chanson et faisait en sorte que la basse ressorte le mieux. D’ailleurs, on a fait pareil avec les parties de guitare… Il m’arrive de composer un riff et, par la suite, de me poser tout un tas de questions. Ce que nous voulons éviter à tout prix, c’est enregistrer un album dans la hâte et avoir des regrets après ! Sur V, on ressent l’état d’urgence, mais aussi une maturité en termes de riffs et de textes. L’alchimie est vraiment parfaite cette fois-ci ? La musique et l’émotion peuvent être très étroitement liées. La musique peut produire des émotions et inspirer des sentiments. Nous essayons de faire en sorte que la musique et les paroles coïncident, en donnant le même genre de sentiments et partageant la puissance. Elles se construisent l’une sur l’autre. Un riff solide et des textes puissants, c’est assez imbattable. Je ne cherche pas à créer un nouveau style, ou quoi que ce soit de ce genre. J’essaie de jouer la musique que j’aime, qui me fait me sentir bien et, avec un peu de chances, qui passionne d’autres gens. Avec cette ère moderne, il y a beaucoup de sujets à aborder et je n’entends pas beaucoup de groupes aujourd’hui en parler. Donc je veux le faire et utiliser ma voix pour dire quelque chose. L’introduction de « Post-Truth Era » rappelle étrangement Metallica sur le titre « Blackened »... En fait, il faut savoir que le riff qui introduit l’album est également celui qui y met un terme. Sauf qu’il est inversé au début de l’opus. Et ce même riff, tu le retrouves encore dans un autre morceau, « Panpsychism ». Ce leitmotiv apparaît donc à trois reprises, mais sous différentes formes. Pour ce qui est de « Post-Truth Era », il est vrai que l’on s’est demandé si ce n’était pas du plagiat. Et finalement, on en est arrivés à la conclusion que oui, ça faisait certes penser à Metallica, mais que rien ne nous empêchait de reprendre cette idée. Qui d’autre s’est permis de le faire en 32 ans ? Personne ! C’est ça qu’on s’est dit en premier lieu  : il n’est pas question de plagiat, on n’a ni copié le refrain, ni copié la production… 48 METAL OBS’HAVOK V Thrash moderne/crossover Century Media/Sony Havok cherche à s’inscrire dans la lignée de ce qui l’inspire, pas seulement en termes de composition, mais également en termes de propos  : parler de ce qui dérange et enrage, en l’occurrence le monde en général et sa déflagration. Havok parvient à un compromis plutôt difficile à réaliser dans un genre aussi direct que le thrash, à savoir marier instrumentalité et riffs tranchants. Pourtant, non sans une certaine insolence, Havok y excelle. Surtout, le groupe arrive à composer en conservant les impératifs de la prestation live en arrière-plan. Brandon Bruce rappelle Robert Trujillo au sein de Suicidal Tendencies et Infectious Grooves, avec le slapping des années 90. D’ailleurs, tout au long du skeud, le bonhomme fait un travail remarquable, surtout avec un mix qui le met bien en valeur. David Sanchez, quant à lui, incarne toujours cet Havok furieux à l’instar de l’enragé « Post-Truth Era » et de ses soli endiablés. L’image de ce que dégage V c’est la volonté de proposer un thrash extrêmement ambitieux, avec une pléthore de mouvements au sein des compositions. Rien que pour ça, Havok mérite sa place auprès des plus grands. Peut-être il faudra un petit temps d’adaptation pour pouvoir en recueillir le sens même de cet album. [Loïc Cormery] « En passant de Gojira à System Of A Down, Silence Of The Abyss grave dans le marbre son identité musicale unique faite de gros riffs, structures complexes, chant de haut vol et rythmique techniquement impressionnante. "Unease & Unfairness" est un ovni metal qui va marquer l'année 2020 » United Rock Nations.qt.neri ! le. i Tunes Le nouvel album du groupe aux accents méditerranéèris
Éclectisme et decouverte Depuis plus deux décennies, le nord de la France vibre au son du Raismes Fest. Grâce à une affiche éclectique, qui gagne en qualité au fil des éditions, le festival s’est fait une belle place, tout en gardant un esprit familial, dans un cadre festif à taille humaine. Et cette année encore, le casting est alléchant. [Entretien avec Philippe Delory (responsable du festival) par François Alaouret — Photo  : D.R.] La prochaine édition du Raismes Fest se profile. Cette année, comment avezvous guidé vos choix ? Tout d’abord, en nous concentrant dans les styles qui font notre spécificité  : hard rock, heavy metal, blues rock et un peu de prog. Ensuite, nous essayons de rester au niveau d’attractivité des deux dernières éditions. Pour les 20 ans en 2018, avec Sons Of Apollo et Rose Tattoo à l’affiche, la fréquentation avait augmenté de 30%. Grâce à ce succès, nous avons pu rester sur le même niveau d’affiche et d’affluence l’an dernier. Mais les groupes nous coûtent encore plus cher, car les cachets ne font qu’augmenter (bien au-delà de l’inflation !). Quels groupes êtes-vous le plus fier d’accueillir cette année ? The Darkness, car c’est un groupe que nous n’aurions pas pu accueillir il y a encore deux ans en raison du cachet. Ensuite, des groupes qu’on ne voit quasiment jamais en France, comme Ten Years After ou Robert Jon & The Wreck. Et puis, Lazuli qui marche bien à l’étranger et qui joue finalement très peu en France. Les festivals sont de plus en plus nombreux en France. Comment cela se passet-il avec les autres organisations ? Y a-t-il une certaine entraide, ou une rivalité entre vous ? Oui, la situation est devenue de plus en plus compliquée au fil des années. Je suis en contact avec beaucoup d’organisateurs de festivals, petits et grands, et ça arrive souvent qu’on se donne des infos au niveau des groupes ou de l’organisation. Il n’y a pas de rivalité s’il n’y a pas de concurrence. Dans la région, les autres festivals ont un style totalement différent de celui du Raismes Fest. Et nous sommes très proches des festivals du Pas-de-Calais comme le Bully on Rocks, le ChtiRock (qui fait office de Tremplin du Raismes Fest) ou le Handi-Rock-Bike. Des organisateurs et des bénévoles de ces festivals font même partie de notre équipe. C’est assez rare, je pense, pour être souligné. Lorsque vous travaillez sur votre programmation, avez-vous des coups de cœur pour des groupes moins connus que vous tenez absolument à mettre à l’affiche ? Bien sûr, nous essayons de faire découvrir au public des groupes de talent ou faire jouer en France des groupes qui n’y jouent jamais comme GlennHughes en 2007 ou Y&T en 2008. Ils n’avaient plus mis les pieds dans notre pays depuis 15 ou 20 ans. Ces dernières années, le public a été emballé par les Allemands de Zodiac et Wolvespirit, les Espagnols d’Eldorado ou The Electric Alley et les Tunisiens de Myrath qui reviennent cette année. Les Hollandais de DeWolff et les Suédois de H.E.A.T ont aussi fait un tabac l’an dernier. Vous arrive-t-il de vous inspirer d’autres festivals, en termes d’accueil ou de configuration ? Et en quoi le Raismes Fest se distingue-t-il ? Oui, bien sûr, ça nous est arrivé d’appliquer de bonnes idées vues ailleurs. Même au bout de 22 ans, on essaie d’améliorer certains points dans la limite de nos moyens. Ça reste un festival à taille humaine. Les retours des festivaliers sont unanimes, chacun se sent un peu comme dans une famille. On est heureux de retrouver les mêmes personnes. C’est très convivial et bon enfant. Le cadre du parc du château de la Princesse est unique et aussi apprécié de tous, festivaliers comme musiciens. Malheureusement, la question de la pandémie de Covid-19 se pose. Comment y ferez-vous face en cas de prolongement du confinement, et quelles conséquences cela aurait-il sur le festival et sa pérennité ? À l’heure actuelle, nous sommes dans le flou total. Étant un festival en plein air, nous ne pouvons pas décaler nos dates comme le fait le Betiz Fest, par exemple. Si nous pouvons maintenir le festival, est-ce que les trois groupes américains seront présents notamment ? Et puis une partie du public n’osera peut-être pas se déplacer. Ça pourrait provoquer une débâcle financière et mettre en péril l’avenir du Raismes Fest. C’est très compliqué et très angoissant. Ce serait un crève-cœur que de devoir annuler et reporter d’un an le festival. Mais nous n’aurons peut-être pas le choix. La raison et la préservation de la santé doivent primer. Le Mentaliste Auteur d’un album mitigé, Vector, paru en 2018, on se demandait ce que pouvait bien mijoter Haken. C’est cette année que le groupe sort de son coma pour se réveiller avec un album moderne et bien plus metal que les précédents. Création et inventivité sont au rendez-vous. [Entretien avec Ross Jennings (chant) par Loïc Cormery] Vous avez tourné à travers différents pays avec des groupes renommés. Comment cela s’est-il passé ? Complètement ! Au début de notre carrière on organisait nos tournées tout seuls, on était toujours curieux de savoir où on allait atterrir, car, via internet, on ne peut pas vraiment se faire une idée de ce qui nous attend. Maintenant, on est toutterrain, grandes salles, petites salles, 3000 personnes, 3 personnes, avec une sono de malade ou avec rien du tout. On a eu droit à tout. Puis, que ce soit au niveau du public ou des groupes avec qui nous avons joué, on a aussi été gratifiés de toutes sortes de réactions, des gens très froids (rarement quand même) et de la chaleur humaine à s’en étouffer... On savait qu’un projet comme le nôtre ne pouvait pas mieux se défendre que sur scène. Depuis le début, c’était évident qu’il fallait tourner intensivement, et pas seulement en Europe. Toutes ses tournées, nous les avons organisées nous-mêmes avec l’appui de partenaires. C’est grâce à toutes ces dates qu’on a pu se faire un nom dans le milieu, et on ne compte vraiment pas s’arrêter là. Si on pouvait être sur la route 365 jours par an, on le ferait sans hésiter ! Le côté expérimental est toujours aussi présent, à travers ce nouvel album. Comment s’est passé le processus d’enregistrement ? Richard (guitare) nous a montré une centaine de riffs, et on s’est réunis pour essayer de trouver un ordre cohérent. En structurant le tout, on a gardé à l’esprit qu’on aurait à le jouer en concert. On a avant tout recherché la cohérence et l’efficacité. On a vraiment essayé de faire un album complet et puissant. L’enregistrement, dans sa totalité, a duré près de 3 mois. Cela dit, il y a eu pas mal de coupures entre les périodes de studio, à cause des tournées. En entrant en studio, on savait qu’on voulait proposer une pépite différente de tout ce que nous avions fait jusque-là. Nous restions fidèles à notre style, tout en creusant et en essayant d’aller bien plus loin que nos précédents albums. L’album se coupe en 2 parties distinctes. La première, plus traditionnelle, et l’autre, où l’on retrouve un morceau de 17 minutes coupé en 5 parties. C’était un nouveau challenge pour vous ? À vrai dire, on ne savait pas vraiment que « Messiah Complex » allait comprendre 5 parties. C’est réellement ambitieux de notre part et aussi un challenge. Entre 3 et 4 minutes chaque, je dirai que le timing est parfait et que nous montrons encore plus notre côté progressif et metal. Je pense aussi que Virus est l’album de Haken le plus metal à ce jour. HAKEN Virus Metal progressif Inside Out Music Formé en 2007 à Londres, Haken sort son premier album Aquarius en 2010, dont nous avions apprécié la démarche artistique. Depuis plus de 10 ans, le groupe étonne par ses sorties et la qualité de ses compositions, tel un caméléon. Acclamé par ces pairs, en 2018, il a révélé un Vector aux couleurs rougeâtres, mais mi-figue mi-raisin. Il y balançait des riffs ainsi que des mélodies ultra précises et puissantes, mais pas réellement convaincantes. Virus, son nouvel effort, est un contre-pied à son prédécesseur et, peut être même, à toute sa discographie, finalement, tant le contenu sonne « metal » et très progressif ! Le constat est direct, dès la belle entrée en matière « Prothetic » qui percute par son rythme et sa précision intense. Nous sommes, par moments, sur un type de metal progressif cher à Dream Theater, comme sur « Invasion » et « Carousel », où les lignes de guitares, parfois djent, sont d’une virtuosité prodigieuse. Le chant de Ross est vraiment inspiré et il n’en rajoute pas trop. Mais la réelle surprise est « Messiah Complex », morceau de 17 minutes, divisé en 5 parties, remarquablement bien exécuté. Tous les registres y passent à la moulinette. Grâce à une production de qualité, moderne et massive, signée Adam « Nolly » Getgood (Periphery, Architects, Bleed From Within, etc.), Haken signe son meilleur album. [Loïc Cormery] METAL OBS’49



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