Metal Obs' Mag n°92 mar/avr 2020
Metal Obs' Mag n°92 mar/avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de mar/avr 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : Igorrr, leader de la nouvelle génération.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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On parie sur... Les conditions humaines Voici un groupe « tout nouveau tout beau » qui va sûrement plaire à de nombreux fans de deathcore progressif ! Viscera reste inconnu pour le moment, mais ses membres le sont beaucoup plus. On peut notamment retrouver l’ancien chanteur de Heart Of A Coward, Jamie Graham, époustouflant de maîtrise ! [Entretien avec Jamie Graham (chant) par [Loïc Cormery] Comment as-tu rencontré le groupe ? Vous vous connaissiez depuis longtemps ? La façon dont nous avons fini par former le groupe était en fait assez étrange. J’ai initié le projet avec Al et Ross, puis les pièces du puzzle se sont accidentellement mises en place. Adam cherchait à faire quelque chose de nouveau et il avait écrit un tas de choses... Archer se joignant à la basse était une évidence, car le gars est un sorcier qui avait déjà été en business avec Ross et Al auparavant. Mais tout le monde dans le groupe a une longue histoire avec l’un ou l’autre dans le groupe. Donc les choses sont venues naturellement. Jamie, nous sommes ravis de vous revoir en forme depuis Heart Of A Coward et il semble que vous ayez trouvé votre chemin et votre voix sur Viscera. Avez-vous travaillé dur pour cet album ? Qui l’a produit ? Je te remercie ! Les gars ont écrit la musique entre mars et août 2019. Nous avions donc l’album enregistré avant novembre. Nous nous sommes autoproduits, mais nous avons fait appel à Justin Hill (Sikth) pour le suivi vocal, car il est juste super rapide sur protools et fonctionne de telle manière que l’élan ne s’arrête jamais. Michael Leo Valeri a mixé l’album. Il a récemment mixé Brand Of Sacrifice et Hollow Prophet. J’ai abordé le chant avec une approche aussi naturelle que possible, dans la mesure où je ne voulais pas faire de double tracking, de couches excessives ou de trop scruter mes prises vocales. Dans les projets précédents, c’était plutôt une approche soignée, mais, avec Viscera, je voulais créer une performance vocale aussi « live » que possible… Donc, la majeure partie des voix de l’album sont des prises sur une piste. Les retours des premiers singles sont fantastiques. « LambTo The Slaughter » était surprenant ! Honnêtement, nous ne nous attendions pas à ce genre de réaction et de retours… c’était très encourageant, c’est le moins qu’on puisse dire. Cela nous a fait réaliser très rapidement qu’il y a un énorme potentiel dans cet album, parce que « Lamb... » est pour nous l’une des chansons les plus faibles… Il se trouve que c’était la première que nous terminions et que nous avions des contraintes de délai. Le reste est bien plus féroce ! Nous ressentons beaucoup d’influences modernes avec des touches de Within The Ruins notamment. Cependant, vous avez une superbe identité. Comment décririez-vous le style de Viscera ? Nous aimons Within The Ruins, mais ils ne sont pas une influence directe… Je dirais que nos plus grandes influences musicales, lors de l’écriture en tant que groupe, seraient Pantera, Gojira, Devin Townsend, etc.. Puis du côté des riffs, les gars sont imprégnés par presque tout, de Tony Danza et After The Burial à Dark Fortress et Necrophagist... Donc la liste est large ! Je pense que c’est ce qui nous aide à rester créatifs et à ne pas avoir un pool d’influences fixe sur lequel baser notre son. Si c’est bon, c’est bon et nous allons probablement en prendre un peu et le saupoudrer quelque part sur notre son. Quels sont les sujets en général sur l’album ? Et quel en est le sens ? Le concept général de l’album est de savoir de quelles façons l’amour peut se manifester de manière sombre et influer sur la condition humaine. Comment cela peut changer une personne en quelque chose de complètement différent et pas forcément en mieux. Cela touche à la séduction, à la manipulation, à la toxicité, à l’obsession et à une tonne d’autres choses... Beaucoup sont très personnelles dans leurs racines, mais j’aimerais penser que cela a été rédigé d’une manière abordable et que les gens peuvent s’identifier. Vous allez avoir une superbe tournée avec Decapitated très bientôt ! J’imagine que vous attendez la scène avec impatience ? Allez-vous faire tout l’album ? Ça va être incroyable ! Ce sera en fait ma deuxième tournée avec Decapitated, donc j’ai très hâte de les revoir. L’affiche est super solide. Ingested sont de bons amis, donc nous allons nous amuser avec ces gars et le nouvel album de Lorna Shore est incroyable. Beyond Creation est également un groupe de super musiciens avec d’énormes couilles. Ce sera donc une excellente tournée. Nous n’aurons pas le temps de jouer l’intégralité de l’album, mais nous en ferons la majeure partie, ne vous inquiétez pas ! 8 METAL OBS’*40v VISCERA Obsidian Deathcore progressif Unique Leader Si vous ne connaissez pas Viscera à l’heure actuelle, c’est normal. Mais il va falloir rectifier le tir très vite, car ces gars viennent de sortir un premier album d’une telle intensité qu’il serait réellement dommage de passer à côté. En fait, tout s’explique  : Jamie Graham, qui officiait dans les débuts de Sylosis et il n’y a pas très longtemps chez Heart Of A Coward, a voulu accélérer les choses et il a surtout amplifié son organe vocal ô combien remarquable ! Si vous prenez des touches de Within The Ruins, de After The Burial, des soupçons de Gojira et Necrophagist, vous obtenez un putain de bouillon métallique qui va vous secouer les cervicales ! Car le but est bien ici le headbang à tout va et ce n’est pas le single « LambTo The Slaughter », sorti l’an dernier, qui va nous contredire. Mais la branlée ne s’arrête pas là, car, si vous voulez connaître l’enfer plus tôt, vous prendrez votre rouste sur « Immersed In Ire », un monument de précision, de breakdown et un chant vraiment prenant de l’ami Graham ! La force de Viscera réside bien sur son vocaliste. Le bonhomme a visiblement trouvé sa voix et sa voie également. « Afflictions » est une tornade à lui tout seul qui va déboussoler à tout va en live, c’est une certitude. Je dois admettre que cet album est une véritable pépite qui fait du bien dans le monde deathcore progressif et il est très intéressant d’utiliser des passages en chant clair (pas commun dans le style) apportant une réelle valeur ajoutée à Viscera ! [Loïc Cormery]
Droles de dames Deux ans après leur album Hexenhammer, pour lequel nous nous étions déjà entretenus avec Burning Witches, la batteuse Lala nous a passé un petit coup de fil avec ses copines (la guitariste/fondatrice Romana écoutera avec attention en fond tout du long rigolant derrière chacune des blagues) et le moins que l’on puisse dire est que nos diablesses de Suissesses ont du caractère, à l’image de leur troisième brûlot, Dance Of The Devil. [Entretien avec Lala Frischknecht (batterie) par Seigneur Fred] Comment résumerais-tu ces deux dernières années depuis notre précédent entretien en 2018 ? Par où commencer ? Ces deux années ont été extra et pleines d’expériences. Par rapport à notre premier album, Burning Witches, il y a eu pas mal d’évolution avec Hexenhammer, disque pour lequel nous avons signé avec Nuclear Blast, à commencer par le nombre de demandes d’interviews (rires) ! Disons que les choses ont décollé. Tout ça reste incroyable pour nous. On sort déjà notre troisième album, on a beaucoup de soutien de notre label, beaucoup d’exposition et de promotion, des fans... On a pu faire de nombreux concerts et voyager. On a joué à Paris, participé à des festivals d’été (en Espagne, Suède…). On joue en mars du côté de Clermont, en France. Au niveau des festivals, on adorerait jouer au Hellfest, par exemple. Est-ce que Schmier (Destruction) continue à vous aider aujourd’hui ? Si oui, quel est son rôle au juste ? Il nous aide toujours, oui. C’est un ami à nous, de Romana à l’origine. En fait, il est notre manager officiel. Avec ses conseils, son expérience, il nous apporte beaucoup. Il a son réseau et connaît l’industrie musicale. Tu pourrais être sa fille cachée (rires) ? Quel âge as-tu ? Bien que ça ne se demande pas à une dame… Sa fille ? ? Alors si c’est le cas, il ne me l’a jamais dit (rires) ! Aucun problème, j’ai trente ans. Avec le single-test bien speed, « Wings Of Steel », paru l’an dernier, on avait découvert votre nouvelle chanteuse néerlandaise Laura Guldemond, que l’on retrouve sur votre troisième album, Dance Of The Devil. Elle a un spectre vocal impressionnant, capable d’agression comme d’émotion. Peux-tu nous la présenter ? Malheureusement Seraina a quitté le groupe… Laura est une amie de Sonia (seconde guitariste). Elle a intégré le groupe rapidement  : deux semaines avant notre concert au Sweden Rock ! On a beaucoup répété. Mais ce n’était pas un test, elle était là et on avait prévu d’enregistrer ce nouveau titre, donc c’était l’occasion, oui, de la présenter, car on nous posait beaucoup de questions à son sujet. Elle est incroyable, elle peut être très agressive dans son chant en effet (NLDR  : elle se met à pousser un cri en rigolant pour l’imiter), mais aussi plus mélodique. En plus, elle est très marrante comme nana (rires). BURNING WITCHES Dance Of The Devil Heavy/speed metal Nuclear Blast/Ada Faisons fi ici des aspects marketing et esthétique, et avouons que ce troisième sortilège de nos sorcières bien-aimées envoie du lourd. Dance Of The Devil surpasse en tout point son prédécesseur, Hexenhammer  : compos en béton et variées, riffs diaboliques, et une solide section rythmique (l’entêtant « Necronomicon »). Mais le nouvel atout réside dans la chanteuse, Laura, qui a plus d’une corde vocale à son arc (le tonitruant « Lucid Nightmare » ou le slow « Black Magic »). Quant à la paire de gratteuses, Romana (prof de guitare diplômée à la ville) et Sonia assurent ! Mais alors, dans tout ça, où est l’originalité depuis les 80’s ? Nulle part. C’est peut-être ça après tout l’égalité des sexes dans le heavy metal  : montrer aux mecs qu’elles peuvent faire pareil avec moins dans le string ! [Seigneur Fred] TREPALIUN Bien deter Fort de l’arrivée de Renato Di Folco au chant, et d’une prestation remarquée lors de l’édition 2019 du Hellfest, il était temps pour Trepalium de refaire parler la poudre en studio. Après l’EP Damballa’s Voodoo Doll, en 2015, le combo n’a pas fini de surprendre et nous sert From The Ground, véritable manifeste de puissance, de groove et de composition. L’engin de torture est-il toujours aiguisé ? Début de réponse dans cet entretien avec le maître à penser au sein de la bande. [Entretien avec Harun Demiraslan (guitare) par Archie] Le groupe a déjà 20 ans, quand on y réfléchit bien, et vous semblez toujours proposer quelque chose de nouveau. Dirais-tu que tu t’amuses plus qu’avant ? Tous les bouleversements, comme l’arrivée de Renato, ont fait que ça n’a pas été une période facile. Je voulais vraiment enchaîner directement après notre dernier EP en 2015. Il y avait vraiment l’empreinte Trepalium qui dégoulinait de ce que nous venions de faire et l’inspiration était très forte de mon côté. Donc, en fait, toutes ces idées que tu peux entendre sur l’album, je les avais depuis longtemps. Il était probablement compliqué d’imaginer que le départ de KK, et tout le processus avant l’arrivée de Renato, affecte à ce point la suite des évènements... J’étais littéralement en train de bouillir tellement j’avais envie de me mettre au travail. Je voulais faire la suite. J’allais me retrouver avec plusieurs titres, sans avoir la possibilité de placer des lignes de chant dessus, et je voulais me laisser la possibilité de m’imprégner du nouveau chanteur, afin d’orienter mes compositions. Dans l’immédiat, vous semblez de plus en plus vous diriger vers un virage mêlant votre style avec des sonorités plus groovy que par le passé. C’est dans la continuité du dernier EP, mais, comme pour chaque album, je voulais trouver une couleur qui servirait de ligne directrice et avec laquelle j’imprégnerais mes accords et la musique dans son ensemble. Je voulais une démarche, un concept, sans refaire le coup des cuivres. Je me suis alors retourné vers l’orgue Hammond du second album, car il me semblait important de retrouver un côté vintage, un peu psyché, avec du piano cabaret. Un travail plus centré sur les claviers donc. Avec un résultat plus « émotionnel » que burlesque finalement, non ? Mon choix a été confirmé en cours d’écriture, car quand la décision de faire venir Renato s’est concrétisée, il était capable d’amplitudes mélodiques bien différentes et cela m’a donné plus de marge de manœuvre que j’imaginais. Donc, pour revenir à ta première question, oui, c’était forcément plus amusant. Après, est-ce que c’était dû à un meilleur savoir-faire ? Je ne sais pas. C’était juste la continuité de ce qui a été fait avant.r. TREPALIUM From The Ground Groove death metal prog Klonosphere/Season Of Mist From The Ground comme son nom l’indique est la (re)montée en puissance d’un Trepalium qui attendait son heure comme un taureau en cage. Fort en composition et en proposition, on ne s’ennuie pas une seconde lors de l’écoute de cette nouvelle œuvre. Renato Di Folco signe son arrivée avec classe, nous offrant une performance complète, ramenant au meilleur d’Anselmo et de Jeff Becerra. À michemin entre groove metal et death metal, avec des envolées presque progressives du plus bel effet. On ne peut qu’applaudir le résultat, parfois aussi mélodique que caverneux. Une réussite totale et généreuse, autant en dynamisme qu’en inspiration. On retrouve Trepalium et on le redécouvre. Peu de groupes peuvent en dire et en faire autant. [Archie] METAL OBS’9



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