Metal Obs' Mag n°92 mar/avr 2020
Metal Obs' Mag n°92 mar/avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de mar/avr 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,4 Mo

  • Dans ce numéro : Igorrr, leader de la nouvelle génération.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Comment te sens-tu à deux mois de la sortie de l’album ? Je me sens plus impatient que jamais ! La moindre journée sans pouvoir partager cette musique est une éternité pour moi. Je n’ai qu’une envie c’est de publier tout l’album d’un coup. Tu es un habitué des studios Improve Tone dans la région de Clermont-Ferrand. Tu as des attaches particulières dans cette région ? Oui, je connais bien Improve Tone Studios. J’y ai enregistré tous mes albums avec Igorrr et Corpo- Mente. Mais, surtout, j’ai participé à sa création en 2010 et j’ai travaillé là-bas en tant qu’ingénieur du son pendant quelques années. Et, vu que tout se passait dans la même région, on en a aussi profité pour y tourner « ieuD », au lac Servières et au Puy de Gravenoire, pour être plus précis. Depuis quand la composition de Spirituality And Distortion a débuté ? Cela fait pas mal d’années que j’avais commencé à plancher et réfléchir dessus. Bien avant Savage Sinusoid, j’avais déjà enregistré des idées et des brouillons. Mais, une fois que je m’y suis mis, ça a été assez extrême, dans le sens où j’ai gardé la tête complètement dedans, sans vraiment voir le jour pendant presque un an. Ça a été intense et très difficile. J’y ai laissé quelques plumes. Avec, entre autres, « Downgrade Desert » ou « Camel Dancefloor », j’ai l’impression que tu as eu une inspiration orientale plus marquée pour 22 METAL OBS’En avant-garde ! La rage au ventre, Igorrr continue de repousser les limites de la musique et d’aller au plus loin de ce qu’elle offre comme potentialités. Mais, pour son cinquième album, le deuxième étiqueté Metal Blade, le passionné reconnu de musiques extrêmes et désuètes a orienté sa composition sur des influences orientales. Faire un album de 14 titres où se mêlent metal extrême, electro, musiques du monde et même musette, ce n’est pas de tout repos… Pour ce qui concerne la pochette, les anecdotes de tournées, la montagne et les parpaings, restez à l’affût sur nos réseaux ! [Extraits d’entretien avec Gautier Serre (composition) réalisé par Guillaume Dartigues] cet opus… Peux-tu nous en dire plus sur les instruments que tu as utilisés ? Oui, la musique orientale m’a beaucoup inspiré pour Spirituality And Distortion. Sur « Downgrade Desert », je tiens à remercier Mehdi Haddab d’avoir joué la plus belle intro du monde. On a passé une journée entière sur ces quelques notes de oud que j’avais écrites, juste pour avoir l’expression parfaite sur chaque note. Sa sonorité fonctionne vraiment à merveille pour contraster la chaleur et la beauté de cet instrument, avec les riffs super bourrins qui arrivent après. En revanche, sur « Camel Dancefloor » c’est une guitare portugaise jouée par Antony Miranda. Mais, comme elle sonne très orientale, je l’ai choisie pour ce titre. Les violons ont aussi une couleur très typée Moyen-Orient. J’adore ces enregistrements, je suis super fan du son et de la couleur qu’ils ont. Un autre instrument typique aux sonorités orientales est le kanoun, je l’ai utilisé sur l’intro de « Overweight Poesy ». Tu peux entendre Fotini (Kokkala), une joueuse de kanoun qu’on a fait venir d’Istanbul pour cette intro avec Laure qui chante dessus. Timba Harris accompagne Laure avec son violon, et Matt Lebofsky soutient ce trio au piano. Après la participation de Travis Ryan (Cattle Decapitation) sur Savage Sinusoid, tu dois être heureux d’avoir George Fisher sur Spirituality And Distortion ! J’ai une sorte de héros  : le boss final du death metal. Lorsqu’on a demandé à George Fisher de chanter sur ce titre, et une fois qu’il a accepté, j’ai ressenti un truc très bête. Je me suis dit que ça y est, ma vie ne sera plus jamais la même. C’est un peu comme une consécration d’ado qui se réalise ! « Parpaing » est un titre hyper brutal sans aucune concession. Et le meilleur contraste qui peut lui être donné c’est de la musique 8-bits de vieux jeux vidéos. Un jour, juste pour rigoler, j’ai essayé de mettre un couplet de George Fisher, non pas sur la partie death metal, comme prévu, mais sur la partie 8-bits du milieu. Là, j’ai compris que c’était ça le match parfait  : avec sa voix légendaire, George a réussi à faire un lien et à accompagner le 8-bits sur quelques couplets et ça a eu un gros impact pour moi. La notion d’introspection revient souvent dans ton processus créatif. Alors est-ce que « Lost in Introspection » renferme une signification particulière ? As-tu eu un moment de saturation pendant la composition ? « Lost in Introspection » parle effectivement de ça, un voyage intérieur qui subit pas mal de perturbations. C’est un sujet délicat à aborder en musique instrumentale. C’est un peu la description et l’expression de ce que tu peux ressentir lorsque tu as la sensation de perdre tes repères, d’être dépassé par les événements et, pire, d’avoir cette désagréable sensation de devenir fou. Ce titre parle de tout ça et du fait que, malgré tout ce qui se passe, tu retombes toujours sur tes pieds. Ce sujet est assez lourd et sombre, souvent connecté avec de la souffrance. Du coup, je trouvais ça plus digeste d’adoucir le trait avec un langage cinématographique en utilisant des violons et des chœurs de femmes. C’est comme s’ils t’accompagnaient dans ce voyage et le romançaient un peu, en quelque sorte. Concernant la tracklist, quelle importance accordes-tu à l’ordre et l’enchaînement des morceaux ? Le choix de la tracklist a été le dernier gros travail avant d’avoir l’album vraiment fini. Ça a été compliqué, car chaque morceau a une place bien précise. Chaque changement donnerait un sens complètement différent à l’album. Un jour, j’ai pris le CD et je suis parti seul dans la montagne pour être sûr que personne ne m’appelle ou ne me parle. Pour être absolument entièrement dédié à cet album, je l’ai écouté, plusieurs fois. À un moment, ça m’a paru évident  : il fallait que « Parpaing » soit juste avant « Musette Maximum » sur la tracklist. Ce n’était pas le cas, car il y avait « Himalaya Massive Ritual » à l’époque. Je suis redescendu de la montagne et j’ai appelé notre manager. Je lui ai expliqué la situation en lui demandant de faire un changement. Il a un peu boudé, mais il a été super compréhensif. Il a dû contacter tous ceux qui étaient concernées et ça a posé pas mal de problèmes. Je me suis fait engueuler par certaines personnes qui n’étaient pas contentes de faire des modifications sur le travail qu’ils avaient déjà commencé. Mais, au final, ça s’est fait et maintenant je suis à 10 000% en accord avec cet album. Certains sont nostalgiques de l’époque « samplée » Nostril, Hallelujah. Sur Savage Sinusoid et donc Spirituality And Distorsion, je trouve pourtant que tu as obtenu le bon équilibre « breakcore »/metal extrême/classique. Quel est ton avis là-dessus ? Estu attentif aux commentaires ? Pour moi, l’équilibre parfait est celui que j’ai peaufiné avec Spirituality And Distortion notamment. Il y a du breakcore oui, pas mal même, mais plus utilisé comme une épice dans un plat, pour lui donner du piquant, au
lieu de le considérer comme un élément lead. J’ai l’impression que les gens qui ont connu Igorrr avec la période « sample » sont, non pas nostalgiques de cette période, mais plutôt nostalgiques du sentiment qu’ils ont eu à l’époque de découvrir quelque chose. La période sample pour moi est une période de découverte incroyable. Elle représente aussi une période où je n’avais pas les compétences techniques ni les moyens de pousser la musique jusqu’où je le voulais. Ce sont des albums d’un énervé qui se fait plaisir en découvrant plein de choses, quelques fois presque habilement, mais quelques fois maladroitement. Pour répondre à ta question sur les commentaires, oui j’en ai lu quelques-uns. Je suis fasciné de la diversité des avis sur notre musique. Le spectre des avis et des opinions est vraiment total. La plupart du temps, ça me fait beaucoup rire, mais Igorrr c’est avant tout un projet personnel. La préparation pour les concerts vous prend-elle autant de temps que la composition ? Les préparations de concerts nous demandent moins de temps que la conception d’un album, c’est sûr. Mais, finalement, tourner nous demande autant de temps, bien que ce ne soit pas du tout la même énergie. Après, tu peux aussi composer de la musique dans le tour bus. Je me rappelle que la structure du morceau « Downgrade Desert », je l’ai écrite sur un bout de papier, quand on tournait pour l’ancien album Savage Sinusoid. Cette dernière partie est la tienne ! Je te laisse le mot de la fin… Oui merci, je te cite un artiste que j’écoute beaucoup en ce moment  : Jacob do Bandolim. J’aime bien laisser des mots en fin d’interview, je te quitte avec le mot  : Courgette. IGORRR Spirituality and Distortion Metal expérimental Metal Blade Records C’est un début mystique qui plonge l’auditeur en plein désert… Est-ce bien un album d’Igorrr qu’on écoute ? L’arrivée massive de la batterie et des guitares nous rappelle vite à l’ordre. Au fil des morceaux, on retrouve cette schizophrénie musicale si singulière  : accordéon, oud, piano et violons, mais aussi les guitares extrêmement saturées. L’ajout du oud sur certaines pistes et le piano renforcent cet aspect spirituel. Cette émotion trouve son apogée sur « Lost In Introspection », véritable délivrance avouée par Gautier Serre quelques lignes plus haut. La mention particulière est à adresser également aux chants et chœurs féminins hypnotisants de Laure Le Prunenec (« Polyphonic Rust », pour exemple). Beauté et poésie sont complémentaires aux pétages de plombtraditionnels  : les sons breakcore électroniques et les screams infernaux de Laurent Lunoir (preuve avec « Paranoïd Bulldozer Italiano »). Mais, au-delà du très réussi Savage Sinusoid, Gautier explore ici beaucoup plus le côté organique de chaque instrument. Les éléments breakcore sont ainsi davantage minimisés, pour les laisser s’exprimer pleinement dans quelques morceaux déglingués comme « Very Noise ». L’éclectisme qui règne dans cet album ne plaira pas à tous, loin de là. Mais c’est un parti-pris qui fait la particularité de la musique d’Igorrr, qui rassemble toujours de plus en plus de fans et d’intéressés à travers le globe. Avec cette foule d’inspirations musicales enchevêtrées les unes dans les autres, on pourrait craindre la saturation. Erreur  : tous les morceaux, fichtrement bien étudiés, s’enchaînent avec cohérence. Et c’est en cela qu’Igorrr réalise un nouveau coup de maître. [Guillaume Dartigues] The Origins [Dark metal - Toulouse - France] 14 Nouvel E.P ler MARS 2020 1er MARS 2020 - eledik Pr'ir 7- i ige* -.7,9 F) -. - -, - -i ti Crédit photo Cédric Hatay Disponible nicponible sur  : www.ulvand.com



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