Metal Obs' Mag n°91H3 février 2020
Metal Obs' Mag n°91H3 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91H3 de février 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 4

  • Taille du fichier PDF : 22,9 Mo

  • Dans ce numéro : interview de Benighted.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
Pas de levres, pas de bisous Depuis plus de 20 ans maintenant, Benighted délivre son death à grand renfort de gore. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nouvel album a été fait avec un cœur gros comme ça. Dérangeant, accrocheur, brutal, technique, les mots nous manquent pour décrire l’engouement qu’il provoque chez nous. C’est donc au Hellfest Corner, où l’on a pu croiser bon nombre d’acteurs de la scène française, que nous avons pu tailler dans le gras avec le chanteur emblématique du groupe, Julien Truchan. Récit d’une histoire qui pourrait faire les beaux jours des meilleurs scénaristes de films d’horreur. [Entretien avec Julien Truchan (chant) par Julien Meurot julien@metalobs.com] J’imagine que la longévité du groupe est une grosse satisfaction pour toi, d’autant que, finalement, la progression est plutôt constante et que la qualité de vos disques a toujours été au rendez-vous... Jamais, gamins dans le garage de mon père où nous répétions au début de Benighted, nous n’aurions envisagé de jouer, ne serait-ce qu’une seule fois, avec Napalm Death. Alors imagine que, maintenant, faire une tournée qui passe par l’Olympia, c’est un rêve qui devient réalité. Nous, dans nos têtes de metalleux, on se dit qu’on veut tourner un maximum, prendre du plaisir avec les gens. Mais après, justement, ce sont les gens qui te ramènent avec ça. Quand tu leur dis que tu vas jouer à l’Olympia, il te regarde en demandant  : « quoi le même Olympia ? » Et, lorsque tu fais une musique pas vraiment accessible au niveau de la violence et que tu arrives à jouer là-bas, c’est que tu as réussi à gravir des échelons. Forcément, c’est valorisant. On vous a même vus sur M6 dans Zone Interdite. Est-ce que, suite à la diffusion, vous avez eu une augmentation de vos vues Youtube, écoute Deezer ou autre ? Un petit peu oui. Les gens ont été interloqués  : un groupe français, aux États-Unis, sur une croisière. Mais, une anecdote à la con, le mois qui a suivi je vais acheter mon Metallian et la dame me regarde et me dit  : « Bah, vous n’êtes pas passé à la télé vous ? » Le vrai gros plus que nous a apporté le 70 000 Tons Of Metal, c’est une réelle crédibilité là-bas. L’année d’après, nous avons fait une importante tournée avec Aborted et on a bien vu que nous étions attendus. La tournée s’est super bien passée. On l’a fait en « mode touriste », dans 2 METAL OBS’le sens où on avait loué un énorme camping-car. Je pense qu’il faut un permis poids lourd en France pour le conduire. Et, après le concert, on faisait la fête avec les copains, mais il y en avait un qui ne buvait pas et qui conduisait toute la nuit. Comme ça, le lendemain, on se levait dans la ville suivante et on pouvait visiter, avant le show du soir. Le lineup étant stabilisé avez-vous pu composer sereinement ce nouvel album ? Et bien pas du tout (rires). À vrai dire, on s’est un peu reposés sur nos lauriers et, arrivé en mars, on s’y est mis vraiment avec Manu (Emmanuel Dalle, guitare). C’est lui le pourvoyeur de riffs. Il est capable de tout composer et, quand la demo arrive, il y a déjà tout. Ensuite, nous nous sommes enfermés tous les deux dans sa cave pour travailler sur ses compos, voir comment les rendre plus efficaces. Une fois cette partie faite, nous les envoyions aux autres, afin qu’ils nous donnent leur avis et, seulement après, Kevin (Paradis) bossait ses parties de batteries. L’album s’est fait dans l’urgence, mais cela apporte de l’efficacité. L’histoire était déjà prête depuis plus d’un an, il ne me restait plus qu’à trouver comment articuler tout cela. Et, tant qu’on y est, peux-tu nous raconter l’histoire qui se cache derrière Obscene Repressed ? Ça parle d’un enfant qui développe une psychose à cause d’une malformation au niveau du visage — une fente palatine —. Sa mère est très protectrice et très « rejetante » en même temps. Elle veut bien lui faire des bisous, mais il faut qu’il mette des bandages avant. Et, du coup, le seul moyen qu’il a de s’en sortir, car, en plus, il a un père qui lui met un peu sur la gueule, c’est de se dire que « maman t’aime aussi, mais papa est trop méchant, alors elle en a peur. Et papa m’a fait comme ça pour pas que je lui vole maman. » Il y a un vrai Œdipe non résolu. Et, au fur et à mesure que les années passent et qu’il se fait maltraiter, il se dit qu’il doit retourner dans maman d’une façon ou d’une autre. C’est ce qui le conduit à se couper cette protubérance sans rien dire à personne, à la mouliner et la mélanger avec le ragoût du soir. Il remet ses bandages pour que personne ne s’aperçoive de rien. Au moment où elle a fini et qu’il enlève ses bandages, il est dans cette satisfaction d’être revenu dans maman sans qu’elle le veuille. Obscene Repressed, c’est vraiment ça, c’est « je veux re-rentrer dans ma maman mais ce n’est pas avouable ».
« Brutus » et « Implore The Negative » sont les deux premiers singles et ils font partie des meilleurs morceaux de l’album. Peux-tu nous expliquer ces choix ? Du fait de la présence de Jamey Jasta, le label voulait qu’on le mette en avant en premier, mais nous avons refusé. Car démarrer la promo par un titre avec un invité, ça fait vraiment le groupe qui ne s’assume pas. « Brutus », elle est courte, elle est efficace, ça commence tout calme et surtout elle est en français. Season voulait faire une « Lyrics video » et, du coup, je me suis dit qu’on n’en voyait pas beaucoup dans notre langue. « Implore The Negative » va d’ailleurs sortir avec un vrai clip. On a des acteurs de ouf, comme Abde Maziane qui joue dans Valerian de Luc Besson. Le clip va bien raconter l’histoire, ça va être censuré direct, mais elle est absolument géniale. Pour finir un mot sur les prochains live. En octobre, on tournera 3 semaines en Europe. L’année 2021 sera dédiée aux États-Unis, avec, on l’espère, deux tournées. Le Mexique aussi, les fests cet été, mais, avant tout ça, le warmup tour du Hellfest en avril/mai. Nous allons être bien occupés et c’est tant mieux ! BENIGHTED Obscene Repressed Death metal Season Of Mist,  : Enfonçons dès maintenant une porte ouverte  : le nouveau Benighted est une vraie boucherie. Chemin faisant, le groupe a déjà plus de 20 ans au compteur et, à aucun moment, la qualité n’a baissé. Mieux, elle grandit à mesure que le temps passe. Ainsi, le premier extrait de cette toute nouvelle galette montre un Benighted au meilleur de sa forme. Petite mélodie accrocheuse, avant un déferlement brutal, tout y est. Le disque dévoile une histoire bien malsaine, qu’il sera intéressant de décortiquer, croyez-nous sur parole, nous avons fait l’étude de texte. Œdipe mal digéré, violence, paranoïa, tout est au rendez-vous et l’ensemble est mis en place avec finesse. Le son est épais à souhait. Quant à la performance de Julien Truchan, tant au niveau des paroles que de l’interprétation, elle est imparable, propulsant l’album dans la stratosphère. Pour n’en citer qu’un seul en plus, « Muzzle » est un vrai bijou dans le genre, avec son break jazzy et son riff assassin. Même l’artwork est au top, avec une mention spéciale pour le digibook qui fait « grouiick » quand on l’ouvre telle la meilleure carte d’anniversaire du monde. Une franche réussite, que les Français vont défendre bec et ongle lors de la prochaine tournée qui s’annonce déjà épique ! [Julien Meurot] s METAL OBS’3

1 2-3 4


Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :