Metal Obs' Mag n°91H2 février 2020
Metal Obs' Mag n°91H2 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91H2 de février 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 4

  • Taille du fichier PDF : 581 Ko

  • Dans ce numéro : sortie du nouvel album F8.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
Mornifle puissance 8 Depuis quelques années, s’il y a bien un groupe qui détruit tout sur son passage, c’est Five Finger Death Punch. Plus qu’un phénomène de mode, les Américains sont bien installés dans le haut des charts. Même la France a cédé aux charmes du quintet qui s’offre son premier Zénith en tête d’affiche, reléguant la légende du thrash, Megadeth et ses dizaines de millions d’albums vendus, au rang de « special guest ». Il était temps de discuter avec le guitariste aux dreadlocks de la renaissance d’un groupe passé à deux doigts de l’implosion. [Entretien avec Zoltan Bathory (guitare) par Julien Meurot, julien@metalobs.com] Votre succès en Europe s’est fait dans un second temps, alors que vous étiez déjà au niveau arena aux États-Unis. Comment vit-on cette situation ? N’est-ce pas un peu étrange ? Dans un sens je dirais « oui ». Mais seulement si nous n’avions pas compris que, finalement, tout s’est fait avec du décalage. Notre premier album n’a été disponible chez vous qu’un an après sa sortie américaine. C’était en 2007. Et, par chance, il est devenu très populaire. Du coup il y a eu une forte demande et nous avons joué encore et encore aux quatre coins des États-Unis. Nous avons délaissé l’Europe et il était dès lors normal que notre popularité ne soit pas la même. Je me souviens que nous avions bien trop de matériel par rapport à la taille des salles où nous étions programmés. C’est à ce moment-là que nous avons décidé de venir plus souvent vous voir. Le Zénith est vraiment un tournant important dans notre carrière en France. Même en Scandinavie nous arrivons maintenant à remplir des salles de plus de 10 000 personnes. Cela nous a pris des années, mais nous voilà. Je connais des groupes qui ont fait les mêmes choix et qui, une fois en Europe, n’ont pas voulu persévérer, c’est une erreur selon moi. Tu sais, j’ai grandi en Europe et je sais comment sont les gens ici. Si tu es bidon ou que tu fais de la merde, tu ne seras pas accepté. Par contre, si tu fais tes preuves live, que les gens écoutent ta musique et que tu es accepté, c’est pour la vie. Regarde WASP par exemple. Ils peuvent être la tête d’affiche ici, alors qu’aux États-Unis c’est bien plus difficile maintenant. Cet album a été, dans sa conception, le plus facile à réaliser. Peux-tu nous expliquer pourquoi ? Musicalement, c’est tout à fait exact. Nous étions le plus gros des groupes inconnus. Nous pouvions jouer dans des grandes salles, sans que les gens ne connaissent pour autant le nom de notre groupe. Nous n’avions pas non plus le soutien des médias généralistes. Mais, depuis deux ans, les choses ont changé. Avant cela, nous avons eu des tas de problèmes qui sont connus de tous maintenant. Mais, depuis qu’Ivan (Moody, chant) et Chris (Kael, basse) sont sobres, ça va beaucoup mieux. Ils parlent différemment, ils se comportent mieux et, surtout, ils mettent toute leur énergie au service de la musique. Nous étions tous à 100% sur l’album. Et je t’avoue que de ne pas avoir à me soucier de descendre untel d’un arbre ou d’éteindre 2 METAL OBS’un putain de feu dans le tour bus c’est très relaxant (rire). Pour moi, ce disque représente ce que Five Finger Death Punch peut faire quand il est concentré à 100% sur ce qu’il fait. L’album est assez long et hors des formats actuels. Pour autant, il est varié et sans réel point faible. Arrives-tu à définir un titre comme étant ton préféré ? Honnêtement, il est encore trop frais. Pour te donner une vraie réponse objective il faudrait que je l’écoute pendant des mois et, dans un an, je serai capable de te dire quel titre est mon préféré. Toutes les chansons sont super excitantes car elles sont juste nouvelles (rire) ! Votre tournée se fait avant la sortie de l’album. Du coup, vous n’avez pas la possibilité de jouer vos nouvelles compos. N’est-ce pas frustrant ? Il y a un peu de cela. Mais il y a tant de titres que les gens veulent entendre. Le cycle de F8 va durer 2 ans, donc nous reviendrons avec plus de nouvelles chansons. En vérité le show que nous donnons aujourd’hui n’avait pas été donné en Europe et nous y tenions absolument. Alors nous avons pris le pari de faire cette tournée, qui va se terminer avant la sortie de l’album, et de ne proposer qu’un seul titre de F8 (ndr  : le single « Inside Out »). Donc nous allons revenir et nous sommes bookés jusqu’en 2021 (rire). Il est même possible que nous fassions 2 ou 3 tournées européennes, surtout maintenant que nous pouvons amener tout notre attirail (rire). Nous allons donc vous revoir rapidement ? C’est le but oui. L’album marque lui aussi un tournant dans la vie du groupe à plus d’un titre, nous en sommes très fiers. Nous espérons vraiment pouvoir mettre le plus possible de nouvelles chansons dans la prochaine setlist. Cet album représente comme une nouvelle ère pour nous. Nous sommes toujours fiers de nos vieux titres, mais prend ceux d’Ivan, par exemple, beaucoup de ses textes ont été écrits dans des périodes sombres de sa vie et il n’a plus vraiment envie de se les remémorer. Il nous le dit souvent  : « je ne suis plus cet homme là » ! Nous allons surement jouer 4 ou 5 morceaux du nouvel album, voire plus. Il y a effectivement une vibe très positive dans ce disque, cela se ressent immédiatement. Ces titres restent du Five Finger Death Punch, nous avons notre son, notre façon de composer. Je dirais que c’est la même chose pour Iron Maiden ou AC/DC. Même s’ils changent, tu les reconnais immédiatement. Je ne pense pas que l’on ait été comparés à d’autre. Tu as le droit de ne pas aimer, mais cela restera toujours nous. Lorsque que tu as 7 albums et que tu vas sortir ton huitième comment fais-tu pour évoluer ? La réponse a été très organique, car les gars ont changé. L’album sonne donc différemment, mais cela s’est fait naturellement. Nous avons la chance d’avoir pu surmonter tout cela. Mais il y a également une bonne dose de travail qui fait que nous sommes là aujourd’hui, plus fort que jamais. Les mots qui reviennent souvent dans vos déclarations sont tous liés à une forme de résurrection. Dans cet élan de créativité vous avez dû emmagasiner de quoi faire un album de plus non ? Les choses sont encore plus positives que cela car, maintenant, je sais de quoi demain sera fait. Honnêtement, par moment, je me demandais si demain nous serions encore un groupe... Le concert se faisait, tant mieux, mais quid du lendemain ? Nous avons vraiment trouvé cette paix et je peux sereinement me projeter. En écoutant bien l’album on peut entendre du violon et beaucoup d’éléments qui n’ont pu être pensés que justement parce que nous n’avions que cela en tête.
Alors, à l’avenir, pourquoi ne pas faire plus d’orchestration, partir avec plus de musiciens pour offrir une nouvelle expérience ? Tout est possible et je trouve cela génial ! Pour finir, peux-tu nous éclairer sut ce titre F8, qui ne correspond pas à vos standards ? À la base, nous cherchions un titre dans notre style, effectivement. Nous ne sommes pas un groupe avec un message politique, mais nous aimons bien appuyer sur des boutons et voir ce qui en ressort. Par exemple, pour notre second album, il y avait la guerre et je voyais des panneaux où était écrit « War Is Not The Answer », du coup notre album s’est appelé War Is The Answer parce que nous savions que les gens allaient avoir des réactions du genre  : « QUOI ? ? !!! mais vous êtes compléments fous » ! C’est cela appuyer sur le bouton. C’est la même chose pour American Capitalist. Je ne suis pas en position de dire à quiconque ce qu’il doit penser, mais je le pousse à réfléchir. Je ne suis pas un prêcheur (rire). Mais, aujourd’hui, je ne pense pas qu’il faille appuyer sur le moindre bouton. Tu as juste envie de dire  : « WHAT THE FUCK ? ? ? !!! ? » Le monde se barre vraiment en couille et on n’a pas vraiment besoin de notre commentaire. Nous avons pensé, comme il s’agit de notre huitième album, que nous pourrions l’appeler 8. Mais c’était un peu simpliste. J’ai donc commencé à réfléchir autour du 8, du symbole de l’infini. Et puis j’ai ajouté le F devant le 8 - Five Finger Death Punch huitième album - et ça se prononce du coup « Faith » (ndlr  : la foi en français) que tu peux interpréter de différentes façons. Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, je n’avais qu’une guitare et un dictionnaire d’anglais. J’ai cru en moi et j’ai bossé dur pour y arriver, j’avais la foi. Mais tu peux aussi te dire que ton chemin est déjà tracé par quelqu’un au dessus. Ça devient tout de suite trèsésotérique. Et, honnêtement, je pense que la vérité tient peut-être un peu des deux. FIVE FINGER DEATH PUNCH F8 Metal Better Noise Music Plus que jamais, cet album marquera une transition au sein du combo américain. Sobres depuis deux ans, chanteur et bassiste ont trouvé la sérénité qui faisait défaut. Est-ce pour autant que le groupe a changé musicalement ? Eh bien non. La machine à tubes calibrés radio US est toujours bien là. À ceci près que le message véhiculé est bien plus positif. C’est d’ailleurs ce sentiment qui prédomine tout au long de l’écoute de F8. Il vous faudra d’ailleurs une sérieuse motivation pour arriver au bout de ce disque trop long, même s’il ne présente pas de failles. Heureusement, l’alternance des titres vraiment heavy et des ballades se fait plutôt bien. La production de Kevin Churko est, bien entendu, surpuissante et les arrangements, plus fins qu’à l’accoutumée, sont les bienvenus. Ivan Moody sait faire parler la poudre en muant tel un caméléon, sa résurrection fait du bien au groupe. Un album charnière, donc, qui montre le quintet sous son meilleur jour. Les fans vont adorer ! [Julien Meurot] METAL OBS’3

1 2-3 4


Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :