Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de jan/fév 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,7 Mo

  • Dans ce numéro : Svart Crown, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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On parie sur... Rencontre au sommet Auteur déjà de deux albums, depuis sa formation en pays nantais en 2011, Regarde Les Hommes Tomber a donné beaucoup de concerts pour Exile paru en 2015 (tournées française et européenne, mais aussi divers festivals de renom). Pour son troisième chapitre, baptisé Ascension, nos Français ont décidé de s’élever sur la scène black metal. [Entretien avec Antoine alias « A.M. » (guitare) par Seigneur Fred - Photo  : DR] Ascension est le troisième volet d’une trilogie entamée avec votre album éponyme. Quel est son thème principal ? Vos textes sont-ils liés à la religion et l’occultisme, thèmes chers au Black Metal ? Nous aimons fonctionner par accident. Le titre Ascension m’est venu à la fin du studio, une fois que tout était enregistré. Il représente parfaitement l’état d’esprit dans lequel nous étions lors de la composition. On cherchait constamment à aller encore plus loin qu’auparavant, quitte à nous en dégouter, car nos relations furent parfois très tendues. C’est aussi un petit clin d’œil à ma conception du black metal, car je suis particulièrement las des groupes qui se lamentent… Le black metal se doit d’incarner une certaine forme de puissance, de transcendance glorieuse ! D’ailleurs, à mon sens, le nom « Regarde les Hommes Tomber » n’est pas forcément négatif. À travers ce projet, nous avons développé une esthétique forte et spirituelle qui retranscrit nos émotions ressenties pendant l’interprétation de nos morceaux. De là est né notre concept. La plupart des religions, du moins le christianisme, visent à restaurer l’harmonie originelle entre l’Homme et le divin. Les prières, cérémonies, le fait de suivre le droit chemin et de vivre selon les lois de Dieu est considéré comme étant le moyen de revenir à l’époque d’avant la chute. Mais nous considérons, comme les gnostiques, que Dieu n’est qu’un démiurge maléfique. Cette chute, cet abîme peut alors être considéré comme quelque chose de libérateur nous guidant vers notre propre spiritualité. Peut-on voir à travers ce titre Ascension un clin d’œil marketing à l’épisode final de la saga Star Wars  : L’Ascension de Skywalker sorti fin 2019 ? (rires) Je pense que tu as la réponse dans ta question ! D’ailleurs je déteste cette nouvelle saga… Ecoutez-vous autre chose que du black metal au sein du groupe, car votre musique est souvent décrite comme post black metal aux influences sludge, or je trouve Ascension foncièrement plus black ? En effet, Ascension est notre album le plus extrême, un album de black metal au sens large. Nous n’avons jamais aimé l’étiquette « post black metal », pas plus que nous sommes à l’aise avec le sludge qui correspond à des groupes comme Eyehategod, Acid Bath, Crowbar… ce qui n’a rien avoir avec nous ! Mais il était, et est encore, très difficile de nous catégoriser depuis la sortie de notre premier album… Chacun d’entre nous écoute des groupes et styles différents, c’est ce qui fait notre richesse. De mon côté j’écoute principalement du black metal car c’est la musique qui me transcende le plus, même si j’ai toujours été ouvert à d’autres styles. Je peux être fanatique de groupes comme Magma, tout en vénérant des trucs primitifs à la Conqueror ou Black Witchery… Personnellement je suis venu au black metal lors de mon adolescence avec des groupes comme Drudkh, parce que j’écoutais du post rock, post hardcore… C’est peu académique, mais j’y retrouvais une certaine forme de connivence, à travers ce côté « atmosphérique » propre aux deux styles. Je pense que c’est ce qui nous rassemble dans Regarde les Hommes Tomber. 8 METAL OBS’REGARDE HOMMES TOMBER l REGARDE LES HOMMES TOMBER Ascension Black metal Season Of Mist C’est par une intro lente et atmosphérique que s’ouvre progressivement cette ascension entamée déjà par Regarde Les Hommes Tomber sur son premier album éponyme en 2013. Les Nantais lâchent ensuite les chevaux sur « A New Order », dans une course puissante et spirituelle effrénée, abandonnant certaines influences (finis les passages sludge). Nos gaillards donnent tout dans leurs compositions toujours plus personnelles et habitées (le long « A New Order » et sa dernière partie, « Au Bord du Gouffre », chantée en français), travaillant les mélodies notamment vocales (l’envoûtant « Stellar Cross ») , tout en restant agressif et dangereux, comme se veut le black metal (« The Renegade Son », proche des récents Kampfar, sans l’esprit pagan). Clairement le quintet français passe un cap ici et réussit à gravir cette troisième difficile marche vers l’autel du black metal. Même si le chemin emprunté n’est pas le plus direct et qu’une certaine redondance persiste. Rdv au prochain Hellfest ! [Seigneur Fred]
A l’ancienne mais pas trop Les Finlandais n’en ont toujours fait qu’à leur tête et c’est bien là ce qui fait la singularité du groupe. Si Shadowmaker le voyait rentrer un peu trop dans le rang, avec un seul chanteur et des compos plus « calibrées », ce Cell-0 nous fait l’effet d’une machine à remonter dans le temps, puisqu’il s’agit d’un disque 100% instrumental. Surprise vous avez dit surprise ? [Entretien avec Perttu Kivilaasko (Violoncelle) par Julien Meurot, julien@metalobs.com] La tournée célébrant les 20 ans de Plays Metallica By Four Cellos semble être à l’origine de ce disque et de ce retour aux sources comme vous l’annonciez ? Absolument. Après avoir fait 4 albums avec des chanteurs et, surtout, un dernier opus avec un seul chanteur, nous avons eu envie de faire ce retour aux sources de ce qui faisait l’essence même d’Apocalyptica. La tournée des 20 ans a été un vrai déclencheur et nous avons pris beaucoup de plaisir. Pour autant ce n’est pas un retour aux sources à 100% puisque Mikko Sirèn est toujours là, à la batterie. Effectivement tu as tout à fait raison (rire). Je vais donc modérer mon propos. Nous voulions un disque instrumental mais je ne me vois plus faire un disque sans batteur. Je considère Apocalyptica comme un groupe de rock/metal et il est impensable de perdre l’impact de la batterie. Depuis son arrivée Mikko a galvanisé le groupe. Nous ne ferons pas machine arrière dans ce cas. Est-ce qu’il a été difficile de composer ce disque ? Se remettre dans l’état d’esprit de véhiculer une émotion sans chant n’est pas vraiment la même chose. Tu as tout à fait raison, mais nous n’avons jamais vraiment perdu cet état d’esprit. Il est vrai que ce disque délaisse la structure classique du couplet/refrain mais, pourtant, je pense que du coup l’émotion est palpable car ce disque est un vrai voyage. Effectivement ce disque s’appréhende vraiment comme un voyage et des titres comme « En Route To Mayhem » sont clairement pessimistes. Le concept de ce disque est que tout est construit à partir de petites particules. Regarde, nous construisons beaucoup de petites choses et, assemblées, cela fait de grandes choses. Le problème - et c’est ce que représente un titre comme « En Route To Mayhem » -, c’est que nous faisons évoluer ces choses de façon négatives. Et cela ne va pas en s’améliorant ! Sur ces 10 dernières années, la tendance s’accélère et j’avoue que je ne sais pas trop comment cela va se terminer… Est-ce que votre label a bien accueilli ce changement ? NON (rire) ! Le terme de « suicide commercial » a été évoqué. Mais nous avons fait ce que nous voulions et, comme nous sommes nos propres producteurs, nous n’en avons fait qu’à notre tête. Nous n’avons pas besoin que l’on nous dicte ce que nous devons faire. Ce disque reflète ce que nous voulions faire à l’instant T. Pour finir une question Metallica quand même. Si Plays Metallica By Four Cellos avait vu le jour en 2019, quels titres post 96 auraient pu figurer sur l’album ? Question difficile. Déjà, avant d’y répondre, il ne faut pas oublier qu’un volume 2 est toujours dans un coin de notre tête alors qui sait (rire)... Mais je dirais sans hésiter « The Day That Never Comes ». Il y a une vraie progression dramatique dans ce titre et il s’y prêterait parfaitement. Après, dans ce genre de concept, difficile de ne pas mettre les vieux classiques du groupe, ceux que tout le monde connaît. APOCALYPTICA Cell-O Metal au violoncelle Sylver Lining Music Il est toujours surprenant de voir un groupe faire « marche arrière », surtout après avoir réussi à faire évoluer son concept, pour toujours rester innovant. Mais c’est bien de cela dont il s’agit aujourd’hui, même si le retour aux racines n’est ni définitif, ni complet. En effet, la batterie est toujours bien présente, seul le chant restant aux abonnés absents. Du coup, nous sommes de nouveau en présence d’un disque instrumental bien structuré et marqué de l’empreinte de nos violoncellistes préférés. Les ambiances y sont variées, avec un véritable récit que l’on peut apprécier sans peine. La production est impeccable et les instruments virevoltent. Après la première écoute, il va de soit que l’absence de Mikko Sirèn à la batterie aurait été très préjudiciable, tant il est l’arme non secrète des finlandais. Le bémol viendra peut-être du fait qu’en 2020, ce disque pourrait laisser sur le côté les fans plus récents. Une expérience à tenter avant de se faire un avis préconçu. [Julien Meurot]..-""- tintç MISSI\I I i I NERO DI MARTE Immoto Dark/death metal progressif Season of Mist De Bologne, on connaît la spécialité des spaghettis bolognaises, eh bien il faudra désormais ajouter à la carte les macaronis de Nero Di Marte. Formé en 2012 sur les cendres de Murder Therapy, ce combo transalpin distille un metal extrême expérimental progressif, « avant-gardiste » qualifierons certains, rappelant quelque peu les débuts de Klone en plus énervé… Passant du chaud au froid, à travers des ambiances déstabilisantes et des structures alambiquées à la Mike Patton (Faith No More/Fantomas ici), nos quatre musiciens impressionnent par leur approche artistique singulière et la digestion de leurs multiples influences (post hardcore, jazz, prog, death…), jouant avec nos nerfs tout au long de ce troisième album studio où l’on retrouve l’excellent batteur Giulio Galati (Hideous Divinity) derrière les fûts. Le chant énervé de Sean Worrell, en italien, renforce d’autant plus cette singularité. Immoto est certes un disque difficile d’accès, mais quelle baffe originale ! Ayant tourné par le passé avec Gorguts ou Psycroptic, nul doute que les prochains concerts de Nero Di Marte ne laisseront pas indifférents le public. A suivre de près… [Seigneur Fred] METAL OBS’9



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