Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de jan/fév 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,7 Mo

  • Dans ce numéro : Svart Crown, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SEPULTURA SEPULTURA QUADRA QUADRA I Thrash metal/Groove metal I Thrash metal/Groove metal Nuclear Blast Nuclear Blast En quatre phases Avec une carrière de plus de 35 ans au compteur et un statut de pionnier en matière de thrash et groove metal, Sepultura reste discret, tout en gardant son aspect traditionnel. Ce qui ne l’a pas empêché de faire évoluer son propos. Et sa musique s’intensifie d’années en années. Quadra risque bien de surprendre, mais aussi de rendre heureux certains fans de la première heure. Une nouvelle offrande de rage épurée, tel est le destin de ce nouveau Sepultura. [Entretien avec Andreas Kisser (Guitare) par Loïc Cormery] C’est votre quinzième album et vous n’avez rien perdu de votre fougue. Quel est ton secret ? Je n’en ai pas vraiment. J’essaie de faire de la musique du mieux que je peux. Malgré l’âge, je pense que le groupe est encore plus fort que par le passé. Depuis l’arrivée d’Eloy (batterie) en 2011, le groupe s’est focalisé réellement sur lui-même. Tu sais ce que c’est avec les groupes, un jour c’est blanc, un jour c’est noir. Je pense qu’à présent, Sepultura est uni et je me sens comme un gosse ! À travers cet album, je tiens à remercier tous ces gens qui nous ont suivis, malgré des années qui n’ont pas toujours été très bonnes pour nous. Quadra est un album avec beaucoup de prise de risque, finalement, mais qui reste un peu dans la 46 METAL OBS’ALBUM DU MOIS ! ALBUM DU 11015 ! Figure emblématique du Thrash, Sepultura continue son chemin sans se soucier des modes et autres artifices musicaux. Au bout de plus de 35 ans de carrière, ce qui est un beau palmarès il faut l’avouer, il joue la carte de l’évolution depuis The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart, en 2013, et Machine Messiah, en 2017. En matière de thrash, nos papys en connaissent un rayon et ils envoient le bousin comme s’ils avaient 20 piges. Le résultat de ce Quadra est assez surprenant. Comme le dit Kisser ci-dessous, l’album se découpe en 4 phases pour effectivement plus de cohérence et d’atmosphère aussi brute qu’intense. Prenez l’ouverture « Isolation », qui entame les festivités, avec une intro très apocalyptique enchaînée à un riff dévastateur à la Slayer. Quelle surprise ! Quelle patate ! Le rythme est intense et fluide, mené par « la machine » Eloy Casagrande derrière les fûts. Quelle idée judicieuse de l’avoir mis assez en avant dans le mix pour mieux apprécier son jeu tout en nuances. Andreas Kisser, tel un commandant du thrash, est toujours aussi affûté (voire même meilleur) en matière de riffs à la guitare. Il remplit son rôle à la perfection et distille par moment des solos très riches. La production est très bonne et, bien sûr, l’ensemble est très organique sans être trop gras. Ce qui est certain, c’est que Sepultura se fait plaisir et évolue vraiment, contrairement à ses anciens coéquipiers… Quadra marque le pas et montre que les Brésiliens sont loin d’être morts. [Loïc Cormery] Figure emblématique du Thrash, Sepultura continue son chemin sans se soucier des modes et autres artifices musicaux. Au bout de plus de 35 ans de carrière, ce qui est un beau palmarès il faut l'avouer, il joue la carte de l'évolution depuis The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart, en 2013, et Machine Messiah, en 2017. En matière de thrash, nos papys en connaissent un rayon et ils envoient le bousin comme s'ils avaient 20 piges. Le résultat de ce Quadra est assez surprenant. Comme le dit Kisser ci-dessous, l'album se découpe en 4 phases pour effectivement plus de cohérence et d'atmosphère aussi brute qu'intense. Prenez l'ouverture « Isolation », qui entame les festivités, avec une intro très apocalyptique enchaînée à un riff dévastateur à la Slayer. Quelle surprise ! Quelle patate ! Le rythme est intense et fluide, mené par « la machine » Eloy Casagrande derrière les fûts. Quelle idée judicieuse de l'avoir mis assez en avant dans le mix pour mieux apprécier son jeu tout en nuances. Andreas Kisser, tel un commandant du thrash, est toujours aussi affûté (voire même meilleur) en matière de riffs à la guitare. Il remplit son rôle à la perfection et distille par moment des solos très riches. La production est très bonne et, bien sûr, l'ensemble est très organique sans être trop gras. Ce qui est certain, c'est que Sepultura se fait plaisir et évolue vraiment, contrairement à ses anciens coéquipiers... Quadra marque le pas et montre que les Brésiliens sont loin d'être morts. [Laïc Cormery] continuité de Machine Messiah, non ? Oui. Il était temps, au bout de trente cinq ans de carrière ! Non, plus sérieusement, je pense que Sepultura est arrivé à un stade où l’on peut se permettre telle ou telle chose, mais, surtout de garder en tête le plaisir de créer ensemble. Tu sais le risque est partout et finalement. Sans risque il n’y a pas d’art. Nous avons toujours besoin de challenge pour avancer. C’est comme ça depuis le début. Nous ne voulons pas être les stéréotypes de nous mêmes et avoir une vision arrêtée. C’est pour cela que beaucoup de groupes finissent par s’enliser, faute de communication. Quadra est vraiment un album à part dans la discographie du groupe. Il y a 4 phases et c’est ce que nous voulions. L’aspect brutal des débuts en mémoire de Beneath The Remains ou Arise. Un côté très brésilien, avec des rythmiques très travaillées, un autre très progressif et, pour finir, un aspect organique et instrumental. C’est comme cela que je vois Quadra et il sonne vraiment bien ! Comment trouves-tu le travail de ton ami et collègue Eloy Casagrande, qui a fait une nouvelle fois des prouesses à la batterie ? Que dire sur Eloy (rires) ? C’est l’un des meilleurs batteurs du monde ni plus ni moins ! Il a boosté mon jeu d’une manière incroyable et j’ai finalement repris des rythmes très speed que je ne m’attendais pas à rejouer grâce à lui. Tu sais que, quand t’as Eloy derrière toi, il ne peut rien t’arriver ! C’est une vraie machine et je suis très fier de l’avoir à nos côtés. Le fait d’avoir fait une nouvelle fois appel à Jens Bogren (Opeth, Dimmu Borgir, Amon Amarth, Krea-
URA tor, Arch Enemy, Dir En Grey, Devin Townsend...) semble vous avoir boosté encore plus ! Assurément ! J’ai adoré bosser avec Ross Robinson par le passé et aussi en 2013. Ça a fait de Sepultura ce qu’il est devenu aujourd’hui en termes de son brut et agressif ! Avec Jens, c’est peut-être plus organique et fin à la fois. Il a un excellent flair et il décèle les points positif ou négatif d’un groupe plus ou moins jeune. Jens a un studio chez lui et cela nous a permis de nous concentrer tranquillement sans aucun stress. Nous avions balancé quelques démos en amont et il était super emballé par les futurs morceaux. Il avait fait un travail si merveilleux sur Machine Messiah qu’il était naturel pour nous de vouloir travailler à nouveau avec lui. L’artwork de l’album est vraiment très réussi. Quel message voulez-vous véhiculer ? Que Sepultura est bel et bien vivant depuis toutes ces années et que nous n’avons pas fini de vous surprendre ! Nous allons jouer au Hellfest cette année et ça va être génial. Nous avons une grosse tournée de prévue pour cette année 2020. Andreas, tu as 51 ans et tu es une des figures phare du thrash. Comment as-tu vu cette scène évoluer ? Il y a de bonnes comme de mauvaises choses. La jeune génération thrash est très présente à l’heure actuelle et je pense que c’est très bien pour le mouvement. Les vieux briscards comme nous sont aussi toujours là, comme Testament, Exodus, Death Angel, et j’en passe... Et il fort à parier que ce style ne se démodera jamais. Je sais que nous allons continuer à faire des concerts et à enregistrer des albums. Sepultura est ma vie, mon travail, ma passion et personne ne m’empêchera de faire ce que je veux. TRACK TRACK BY 1 Isolation Après une intro très apocalyptique d’au moins 1mn, Kisser affectionnant ce genre d’atmosphère depuis quelques années, c’est un riff thrashy entre Slayer et Exodus qui décolle, emmené par les roulements atomique et rythme speed de Eloy Casagrande. Un super titre d’ouverture qui va en dire long sur la continuité de l’album. Means To The End 2 Les rythmes typés tribaux sont lancés sur ce début de morceau et on retrouve la patte du combo brésilien. Groove intense à la manière des époques Chaos AD et Roots. Tout en nuance et en puissance, Derrick Green délivre une prestation furieuse et rageuse ! 3 Last Time Voici un titre qui va, à coup sûr, résonner merveilleusement bien en live ! L’intro de Kisser ressemble à du tapping pour permettre à Eloy de rentrer avec une rapidité époustouflante sur les toms. Un super break, avec une atmosphère pesante, où se mêle du « spoken word » de Green. Un titre majeur ! 4 Capital Enslavement Comme sur son précédent album, Machine Messiah, ce titre démarre par des rythmes tribaux et des chants « chamaniques », marque de fabrique de Sepultura. Très Roots dans l’esprit, le morceau reste en mouvance, mais est en même temps très percutant ! À 2mn30, tout s’accélère... Superbe ! 5 Ali Ce genre de morceau est assez nouveau dans le registre de Sepultura, mais se révèle très incisif, dans la mesure où il semble assez « progressif ». Plusieurs écoutes seront nécessaires pour l’apprécier à sa juste valeur. Break dévastateur dans les 2 minutes ! 6 Raging Void Toujours dans cette sphère un peu progressive, ce titre est très efficace avec un groove puissant de Casagrande. Le refrain propulse Green dans ses retranchements, pour un résultat d’une maîtrise parfaite. Kisser se fait plaisir tant dans les solos que dans les riffs ! 7 Guardians of Earth On calme le jeu en ce début de morceau, avec une intro de Kisser à la guitare classique, très Al Di Meola, suivi d’une atmosphère lugubre et de chœurs d’âmes perdus. Cette troisième phase de l’album est très intéressante et l’on reconnaît à peine Sepultura. Très apocalyptique, une nouvelle fois, mais très censé dans la construction. Un super titre ! 8 The Pantagram Un des moments fort et surtout une réelle surprise sur Quadra c’est bien celui-ci qui est tout en mode instrumental. Si l’on analyse, ce titre démontre la faculté de Sepultura de jouer sur pas mal de registres, mais, surtout, de se dire que ce titre est une sacrée secousse sismique et rythmique. Le tandem Kisser/Casagrande fait des miracles. 9 Autem Revenons à du plus classique pour Sepultura, avec des enchaînements percutant et surtout un Derrick Green qui se sent possédé, tel un Phil Anselmo exalté. Avec un break très brésilien et progressif, ce titre reste efficace dans son ensemble. 10 Quadra Interlude à la guitare classique de Kisser, pendant 47 secondes qui font du bien aux oreilles. 11 Agony of Defeat Un des titres marquant de cet album, sans conteste. Green envoie un chant divin et méconnaissable ! Musicalement les orchestrations sont incroyables et la basse de Paulo Jr rugit comme jamais. Quelle ambiance et surtout quelle précision sur le refrain ! Ne passez pas à côté de ce titre expérimental et haletant ! 12 Fear ; Pain ; Chaos ; Suffering Pour conclure Quadra, ce dernier titre est relativement metal dans l’esprit mais, plutôt classique dans la réalisation, mêlant voix féminine et voix rauque de Green. METAL OBS’47



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