Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de jan/fév 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,7 Mo

  • Dans ce numéro : Svart Crown, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Faire tomber les barrieres Avec Anathema, nos Méridionaux de Swarmaccouchent d’un second album explosif de groove metal, capable de vous tenir en haleine avec énergie et émotion tout du long. Ce dans le seul but de briser les codes du genre et nous faire réfléchir sur nos propres travers... [Entretien avec Rémy (chant), Mickaël (basse) par Seigneur Fred - Photo  : DR] On dirait que Swarmest une histoire musicale entre potes, à l’image de votre vidéo décontractée pour la chanson « Frontiers » très inspirée par Fred Durst et LimbBizkit mais aussi Enhancer, populaires fin 1990… S’agit-il d’un clin d’œil ironique à vos idoles de jeunesse ? Mickaël  : Le clin d’œil à Limp Bizkit n’était pas voulu à la base. On a ramené plein de fringues de notre folle jeunesse pour le tournage vidéo et c’est tombé comme ça. Rémy  : Sur le clip de « Frontiers », on a voulu revenir dans les années 90, dans la veine hip-hop, car c’est en lien avec le morceau tout simplement. Il parle des lignes qui nous séparent les uns des autres, qu’elles soient voulues ou non, comme les frontières qui séparent les nations, invisibles mais elles existent. Le fait que le metal s’invite dans l’univers hip-hop, c’est franchir une certaine ligne aussi. On sort de notre zone de confort pour ainsi dire. L’artwork d’Anathema montre une femme enceinte soumise par un homme. En ces temps de féminicides quasi-quotidiens en France, et quand on se souvient de la polémique autour de l’affiche de cinéma du film Les Infidèles il y a quelques années, ne craignez-vous pas de vous mettre à dos les chiennes de garde et faire passer encore le metal comme violent et macho ? Rémy  : On peut voir un homme qui veut soumettre une femme, montrant sa supériorité. C’est le thème global de cet album. Le fait qu’on passe son temps à montrer qu’on est mieux que les autres que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les médias, la politique et j’en passe... Mais il existe une deuxième version de la pochette où l’on voit la femme mettre à genoux l’homme, il faut retourner le livret… En tout cas on remercie le travail magnifique du Chromatorium. Mickaël  : Nous sommes carrément ravis de ta question ! Nous voulions que notre pochette interpelle. Bien sûr tu auras toujours les gens qui prennent tout au premier degré. C’est une invitation à la réflexion. Dans ce concept album, chaque morceau a un sens et existe en tant qu’entité individuelle, mais si on lie les morceaux, cela constitue une histoire différente. Rien n’est tout blanc ni tout noir. Rémy a fait un travail de dingue pour créer différentes lectures. 30 METAL OBS’SWARM Anathema Power thrash/Groove metal Autoprod. Quelle bombe ce second album ! Anathema démontre une grande maturité, tant dans le travail de composition et d’écriture, que dans la technicité (les guitares sont tout bonnement énormes), le tout se voulant un concept album sur les rapports de soumission dans notre société. Et c’est ce que l’on aime chez Swarm, qui mêle le fun à l’intelligence. À la fois cool et pro jusqu’au bout (production en béton signée Studio ArtMusic et mastering made in Germany (Kohlekeller Studio), là même où Benighted fait trembler les murs à chacun de ses passages, le quintet français originaire d’Antibes a tout compris et digère peu à peu ses influences (Lambof God, Machine Head, Mass Hysteria pour certains phrasés français) en faisant de vraies chansons que l’on retient. La superbe power ballade « Simple Automata (Return At Home) », en duo avec Chloé Munoz, n’a franchement rien à envier à la version 2007 d’« A Tout Le Monde » du duo Dave Mustaine/Cristina Scabbia. Elle est positionnée d’ailleurs en huitième piste comme sur United Abominations... Bref, foncez sur cette galette, au risque sinon d’être vous-même victime d’anathème par vos semblables ! [Seigneur Fred] HEU/SALLE DE LÀ TOUR LÀ BAT-TÉRIE eri BETRAYING THE MARTYRS THE DALI THUNDERING CONCEPT WALNUT GROVE DC NERVD LIES VITE SOLD RUS 2 JOURS  : 25 C1l RUS 1 JOUR  : 18
L’heritage ! Il y a des groupes français, pour qui le proverbe « On est jamais mieux servi que par soi même » sonne comme une évidence, Reigan-Do fait partie de ceux-ci. Le premier album auto produit retrace l’héritage de 20 ans de voyage postcore. Nous étions curieux d’en savoir un peu plus sur le groupe, son histoire et la conception de ce premier opus, c’est maintenant chose faite ! [Entretien avec Victor (Guitare, Chant) par Benoit Debrun – Photo  : DR] Il y a très peu d’informations sur vous sur la toile. Pouvez-vous vous dévoiler un peu plus ou cela doit rester un mystère ? On reste volontairement dans une forme de mystère, par humilité et par contre-pied à l’ego trip que peut générer la musique. On est 3 gars de la région Rhône-Alpes, Noth (batterie), Ben (basse) et Victor (Guitare, chant), avec 3 chemins totalement différents qui nous ont amenés à créer Reigan-Do dans un état d’esprit commun. Quel est le thème principal de l’album ? Pouvez-vous nous décrire le concept global de ce disque ? On a conçus 2END757 dans un esprit DIY, grâce à des amis/artistes qui nous accompagnent dans notre projet et que nous remercions sincèrement pour leur aide ! Cet album est un constat amère sur le monde. On y aborde des thèmes sombres qui sont inspirés par cette vision. La haine d’être coincé dans ce monde, la culpabilité d’avoir participé à son effondrement, l’envie de vouloir tout changer, de garder jusqu’à la fin une étincelle d’espoir pour avancer, malgré le fardeau que porte chaque personne… Quel est votre mode de composition ? Le processus d’écriture du groupe ? On compose majoritairement chacun dans son coin. On se propose des compos, avec tous les instruments, pour donner le ressenti le plus global. Une fois validé, on approfondit en évoquant les images que la musique nous inspire et on structure tout ça avec le temps, les répétitions, les discussions…. Les paroles viennent en second plan, une fois les compositions bien comprises, elles paraissent presque évidentes et logiques, mais on a pris parti de ne pas mettre de chant à outrance, pour laisser une grande place à la musique et à l’imagination et que les gens se fassent leurs propres vision du morceau. Et pouvez-vous nous dire quels sont les groupes qui vous influencent directement ou indirectement ? Il y a tellement de groupes qui nous ont marqués, qui nous ont impactés…Des groupes français comme Nine Eleven, General Lee, Doppler, Birds In Row, Hypno5e, Yowl et des internationaux comme Neurosis, Cult Of Luna, Will Haven, Deftones, Defeater, Envy, Isis ! Y a-t-il un fort amour de votre part pour le Japon, ou est ce juste un concept ? Il y a une forme de fascination qui existe chez nous, sur l’état d’esprit des Japonais, leur vision du monde… Ce petit pays a produit les hommes les plus incroyables de ce monde, a encaissé 3 chocs nucléaire... Le rapprochement avec notre vision s’est faite surtout avec Musashi Miyamoto, qui a fini par inspirer le nom du groupe et une partie de notre réflexion avec ses œuvres. REIGAN-DO 2END757 Post hardcore/Post metal Autoproduit Avec ce premier album, ceux qui pourraient être les dignes héritiers de Envy, Amenra ou encore Devil Sold His Soul nous prouvent que le postcore/screamo a encore de beaux jours devant lui. Même si la recette a maintes et maintes fois tourné, on est toujours touché par de nouvelles sensations qui usent et maîtrisent les codes de ce style bien captivant. À l’heure où les prods léchées et aseptisées s’enchaînent, ce groupe nous livre un album organique, sincère et D.I.Y, donnant l’impression d’avoir le groupe à coté de soi. Quand des petits défauts deviennent des qualités d’écoutes. L’ensemble est propre mais un peu faible encore, au niveau puissance et largeur, pour rivaliser avec la scène internationale (mais est-ce le but ?). Mais les émotions sont là. L’intensité et les progressions sont bonnes, les codes bien maitrisés et les influences digérées, tout en étant ressenties avec parcimonie. Que demander de plus pour un premier album ? [Benoit Debrun] L’appel de tous les vivants L’univers de COal nous invite à ressortir notre baggy le plus ample  : la cure 90’s est au rendez-vous et c’est un vrai bonheur. Toutefois, pensez à acheter une ceinture… Sans ça, vous risqueriez de le perdre, car c’est l’autoroute sur tout l’album. Le groupe a rempli son réservoir pour nous vider son chargeur à la figure. [Entretien réalisé avec Ben (chant), Laurent (basse), Antoine (batterie), Dimitri et Julien (guitares) par Théo Sanchez-Lucu] Comment avez-vous réussi à faire tenir un tel condensé d’influences dans votre musique ? Ben  : Nous n’avons pas le même âge et avons tous des influences différentes. Personnellement, le hip-hop m’inspire beaucoup, comme on peut le voir sur la pochette de l’album, mais je prends également mon pied sur des vieux Sepultura, du Slayer et même sur du black metal. Julien  : On a, selon moi, un son moderne avec des influences prononcées pour les années 90. Nous tentons de regrouper les influences et inspirations de chacun pour proposer un son différent des groupes actuels, qui, pour beaucoup, se ressemblent. Vous prenez tout le monde à contre-pied avec cet artwork ! Pouvez-vous nous en dire plus ? Ben  : C’est moi le coupable ! Je suis parti en voyage à New York et j’avais envie de visiter ces fameux quartiers comme le Bronx, le Queens et l’illustration, c’est tout simplement une photo de vacances (rires) ! Antoine  : Ça me fait rire car, quand je vois la pochette, je sais ce qu’il y a dedans. Elle dégage ce côté urbain, que tu retrouves dans l’intro, et, ensuite, c’est la grosse décharge. C’est aussi, en quelque sorte, cette violence de la rue, pas de pitié, il faut survivre et on vous donnera du fil à retordre… Quelles ont été vos pistes pour produire les clips de « Down » et de « The Burning Road » ? Et si vous devriez proposer un nouveau clip, quel morceau choisiriez-vous ? Laurent  : Le premier clip était plutôt conventionnel, tourné dans un studio. On savait comment ça allait se dérouler… Le second, quant à lui, était plus élaboré, car, forcément, on voulait mettre des bikers sur la route ! Antoine  : Si on devait adapter un autre morceau, je pense qu’on se collerait à « Dad » la ballade qui survient en plein milieu du run sauvage de l’album. Ça serait marrant de s’atteler à cette tâche ! Il est parfois difficile de sortir du lot, surtout à l’heure actuelle où le nombre de formations prometteuses pullulent. Comment faites-vous pour vous démarquer ? Dimitri  : On cherche tous à proposer quelque chose de différent. Mais il est vrai que certains sons nous inspirent et en nous guident pour donner une couleur à notre musique. Ben  : Bien sûr, on écoute ce qui se fait, qui parfois nous influence, mais c’est surtout ce qui nous permet de nous émanciper. COAL The Demons Pray Metal alternatif Autoproduction La production et le mixage d’Adrien Langlois, le papa du son du groupe, s’applique à mettre l’accent sur toute la hargne que chaque musicien a à nous offrir. Tantôt brûlant et insatiable sur des morceaux comme le titre éponyme, ou sur « Lost Boy », tantôt glacial à l’image de la ballade « Dad ». La température ambiante de l’album est plus qu’appréciable et nous voilà partis pour encaisser une déferlante vertigineuse de rage maîtrisée pendant près d’une heure. C’est clairement un des coups de cœur de 2019  : une machine à remonter dans le temps pour nous faire ressentir la violence du présent. [Théo Sanchez Lucu, aide à la retranscription  : Guillaume Dartigues] METAL OBS’31



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