Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
Metal Obs' Mag n°91 jan/fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de jan/fév 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,7 Mo

  • Dans ce numéro : Svart Crown, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Hymnes a la joie Delain est une aventure qui se déroule maintenant depuis 17 ans et qui aura fini par obtenir toute la reconnaissance qu’elle mérite. La preuve ? Sur ces trois dernières années, le groupe a su réinsuffler un peu plus de son identité en faisant paraître une réédition de son premier album, Lucidity, ainsi qu’une captation live intitulée A Decade Of Delain, dans un cycle marqué par la sortie de son précédent effort studio, Moonbathers. Retour sur la fabrication du nouvel album studio, Apocalypse And Chill, sur lequel souffle un air de « feelgood » inattendu ! [Entretien avec Martijn Westerholt (claviers) par Archie] En trois ans, nous avons d’abord eu Moonbathers, puis la réédition de Lucidity et le live A Decade Of Delain. Vous ne vous arrêtez vraiment plus ! Et cela remonte encore plus loin, si tu regardes nous sortons quelque chose chaque année depuis 2013. Nous voulons toujours aller de l’avant, c’est quelque chose de sain. Cependant, il est parfois bon aussi de regarder derrière toi, voir ce que tu as fait. Tu fais référence à la réédition de Lucidity ? Totalement. Cela permet d’avoir du recul et de se dire  : « Cela fait plus de dix ans, nous avons fait-ci, nous avons fait ça. Et maintenant, nous en sommes là etc. » C’est dans cet état d’esprit que vous avez abordé la création d’Apocalypse and Chill, donc... Dès le début de l’année dernière nous avons commencé à écrire avec Charlotte (chant). Je voulais que l’on travaille différemment, sans tout écrire et enregistrer d’une seule traite, mais vraiment chanson après chanson. Cela donne plus de flexibilité. Parfois, une chanson ne sonnera pas pareil après que tu l’aies enregistrée et mixée et, malheureusement, il est trop tard pour revenir en arrière. En travaillant de cette nouvelle manière, tu peux te permettre d’ajouter et d’enlever des choses à n’importe quel stade. 18 METAL OBS’Travailler de cette manière est très moderne ! Oui, puisque tu peux te permettre d’être constamment alerte durant l’écriture et l’enregistrement. Cela devient courant de voir des artistes sortir des chansons une par une et les regrouper dans un album par la suite. C’est finalement un procédé très similaire que nous avons décidé de suivre, sans sortir les chansons une par une, évidemment. Où se déroulait l’enregistrement de ces chansons ? Beaucoup des enregistrements ont été réalisés directement de chez nous à vrai dire. Nous nous réunissions après pour voir où nous en étions. Seule la batterie a été enregistrée en studio. Vous avez également énormément de choeurs et d’arrangements orchestraux disséminés sur l’album. Les chœurs et l’orchestre ont été enregistrés en Finlande, le tout a été mixé par Jacob Hansen qui est basé au Danemark. Pour les arrangements avec l’orchestre j’ai beaucoup travaillé avec Mikko P.Mustonen (ndlr  : compositeur, arrangeur, producteur finnois qui a déjà collaboré avec Delain par le passé, sans oublier Ensiferum ou encore Sonata Arctica...), nous avions une très bonne dynamique et nos échanges ont véritablement servi l’album. C’est quelqu’un de très talentueux. Cette méthode de travail a vraiment influencé l’album, votre musique n’a pas si souvent sonné aussi « positive » qu’aujourd’hui, alors que les paroles ont rarement été si sombres. Vous recherchiez cette balance ? Non, c’est vraiment venu naturellement. Charlotte est rapidement arrivée avec des textes faisant référence à l’effondrement imminent de la planète et l’indifférence de l’homme par rapport à cela. Et il est vrai qu’à côté de cela, nous avons des chansons très heavy, avec des riffs de guitare très prononcés et ambiances peut-être plus pop et tout public. Nous avons toujours eu ça dans notre ADN, la preuve  : notre logo est un colibri avec un masque à gaz (rires). C’est très représentatif du monde d’aujourd’hui quand on y réfléchit bien. Oui, le monde est une contradiction et nous voulions mettre cela en image. Cette destruction que l’on constate partout et l’indifférence globale du peuple autour de ça. Tout le monde est sur son téléphone, sur Netflix ou HBO et ne regarde pas ce qu’il se passe. N7411.41 D EL-A-INY DELAIN Apocalypse and Chill
 Metal symphonique Napalm Records Delain revient avec un album assurément surprenant faisant la part belle à une vision du monde très représentative des contemporains qui le façonnent. Les riffs sont acérés, puissants et ne font pas de cadeau, tout comme la voix d’une Charlotte Wessels décidément toujours aussi déterminée, arrivant à faire trembler son auditoire. Le côté pop « feelgood », plus assumé que sur les précédents efforts, est à saluer également. On ne peut que se sentir comme chez soi à l’écoute de la nouvelle œuvre des Néerlandais. [Archie]
L’age de raison Après un hiatus studio de dix ans et une série de concerts en 2016-2017, nos joyeux Francs-Comtois reviennent sur terre avec Planet Chaos, une cinquième galette mature de death metal mélodique pour notre plus grand plaisir… [Entretien avec Pascal Lanquetin (guitares) par Seigneur Fred - Photo  : DR] Carcariass s’est produit live au Hellfest en 2017 devant un public très nombreux. Quel souvenir gardes-tu de ce show, disponible sur internet et qui marqua votre retour sous les projecteurs ? Personnellement, j’ai vidé le stock de rouleaux de papier toilette de ma chambre d’hôtel la veille du show (rires) ! Et je n’ai pas dormi de la nuit, autant dire que je n’étais pas en forme à ce concert. Et, quand le moment fut venu de monter sur scène, je me disais  : « Merde je suis trop con, j’aurais eu mieux fait de me passionner pour le jardinage » … En conclusion  : j’étais mort de trouille, pire qu’à mon tout premier concert ! Quand le Hellfest nous a demandé de jouer, on ne s’y attendait pas. C’est un peu un rêve de gamin qui se concrétise, ce fut très chouette et très formateur. Mais pourquoi un tel silence radio entre E-Xtinction, sorti en 2009 et qui reçut dans l’ensemble de bonnes critiques, et ce cinquième album Planet Chaos ? Vous hiberniez dans le Jura, tels des dinosaures en voie d’extinction (rires) ? Après notre dixième disque de platine, nous avons décidé humblement de louer un duplex dans la station spatiale internationale, afin de pouvoir regarder en toute tranquillité notre collection de films cochon avec Raph et Bebert (rires). Je pense qu’après E-Xtinction, on a tous eu un petit coup de mou… Les familles s’agrandissent, les contraintes professionnelles, la vie quotidienne quoi... Ce qui fait qu’on est tous plus ou moins restés dans notre coin en se demandant si un jour ou l’autre on relancerait la machine. La mode est plutôt au brutal dans le death metal, beaucoup de formations techniques durcissant le ton avec le temps, mais pas vous… Sur Planet Chaos, Carcariass n’a peut-être jamais autant soigné son jeu et sonné aussi mélodieusement. Qu’en penses-tu à chaud ? C’est involontaire, mais on a toujours eu la réputation d’être à contre-courant du mouvement, même si nos fondations death sont bien là. Je suis content que tu fasses cette remarque, car c’est exactement là où je veux aller pour cet album et les prochains  : les mélodies avant tout, la technique et la brutalité ne devant être utilisées qu’à bon escient sans se laisser déborder. L’expérience permet d’arriver à ce stade. CARCARIASS Planet Chaos Death metal Great Dane Rec./Season Of Mist Carcariass revient sur Terre avec Planet Chaos, un cinquième album studio empli de maturité et très agréable à l’écoute pour tout fan de death metal mélodique et technique, mais aussi le néophyte, car accessible. Enregistré et finement mixé par Drop de Samael au Downtone Studio à Genève (peut-être un peu trop même avec ces nappes de claviers sur les interludes) et masterisé au Fascination Studio par Jens Bogren en Suède, Planet Chaos allie passages mid-tempo etup-tempo, avec un Bebert en grande forme à la batterie, véritable métronome alimenté aux Duracel. Le guitariste Pascal brille de technicité, sans trop en faire, toujours au service de la mélodie. Les noms de Cynic, Death, mais aussi S.U.P., pour l’ambiance futuriste (« Genetic Conformity ») , traversent nos esprits. Quant au nouveau chanteur, Jérôme Thomas assure et complètera en live les vocaux du bassiste Raph, qui pourra désormais mieux se concentrer sur son manche. Vivement la prochaine tournée française en 2020 ! Et, d’après nos sources, un prochain album est déjà en gestation... [Seigneur Fred] Le temps de la maturite Et de quatre pour Vlad et sa bande. Après de nombreux remous et succès, le groupe apparait plus fort que jamais avec un album solide, inspiré et varié. Le temps pour nous de discuter avec son géniteur qui nous parle en toute franchise de sa vision de la musique et de l’avenir de Necrowretch. [Entretien avec Vlad (chant, guitare) par Julien Meurot & Seigneur Fred, julien@metalobs.com] Cela fait bientôt 12 ans que Necrowretch existe (Vlad Rituals d’abord, puis WormEater, et enfin Necrowretch) et Metal Obs te suit depuis le premier album, Putrid Death Sorcery. Quel regard portes-tu aujourd’hui, quand tu jettes un œil derrière toi, car Necrowretch a plutôt été productif et très actif durant ces dernières années ? Je suis plutôt satisfait du chemin parcouru. Malgré les très nombreux changements de lineup, l’esprit du groupe a demeuré et même si, aujourd’hui, je suis le seul rescapé, je pense tenir le bon lineup. Je donne tout mon temps et mon énergie pour le groupe, quand je ne compose pas je m’occupe des « à côtés » tout en devant assurer à mon taf. Au final Necrowretch ressemble vraiment à la vision que je m’en faisais et je suis fier de cela. Il est surprenant de voir que vous n’êtes que 3 sur les photos promos alors Pierrick Debeau vous a pourtant rejoint. Il est effectivement notre bassiste, mais il a rejoint le groupe après la composition de ce disque. C’est aussi simple que cela. Tout se passe très bien avec lui et, pour le prochain album, il fera partie de l’aventure à 100%. Ce quatrième album est plus nuancé et mature. On y retrouve par exemple des titres plus mid tempo voire plus lents, à la limite du dark/doom, où tu prends le temps de développer des mélodies. Une raison particulière à cela ? L’Age de raison ? Je ne sais pas si c’est vraiment la maturité, mais il est vrai que ce disque montre de nouvelles facettes de Necrowretch. Même si l’on garde cette noirceur et que certains titres auraient pu figurer sur notre premier démo cassette, d’autres portent le sceau de notre état d’esprit actuel. Qu’écoutes-tu comme musique lorsque tu es en phase de composition. Je reste attaché aux classiques comme Dissection. Mais le plus souvent j’adore me plonger dans la musique instrumentale orientale. Le coté voyage à travers une œuvre me plait beaucoup. J’écoute aussi par exemple des artistes comme Matt Uelmen. Quels sont les plans pour 2020, Il y a déjà le Hellfest d’annoncé, mais quid du reste de l’année ? Il va y avoir le Sublime Terror Fest à Londres. Le Hellfest ça va être génial. Mais avant nous allons tourner en Europe avec Taake et Kampfar. NECROWRETCH The Ones From Hell Black/Death metal Season of Mist 2020 sonnerait-il l’âge de la maturité pour Vlad et sa horde démoniaque ? Si Satanic Slavery nous avait asservis avec un malin plaisir en 2017, The Ones From Hell fait apparaître un visage toujours aussi infernal mais plus mélodieux et moins nécessairement speed. Enregistré, comme son prédécesseur, au Blackout Studio à Bruxelles sous l’égide du producteur Phorgath (Jeremy Bézier, Enthroned, Emptiness...) et masterisé par le grand Alan Douches (Cannibal Corpse, Deicide…), ce quatrième méfait conserve la rage d’un Putrid Death Sorcery (2013), tout en apportant une touche plus séduisante à l’ensemble, à l’instar du premier morceau « Pure Hellfire » et son intro réussie à la guitare acoustique. Bien sûr, les stigmates des vieux démons (Death, Dissection...) demeurent, comme par exemple sur la chanson-titre, mais on ressent indéniablement un véritable savoir-faire chez le trio français dans ses compos black/death totalement habitées, doublées d’une approche dark mélodique appréciable (l’interlude « Through The Black Abyss ») et sans compromis, pour un résultat qui sonne in fine plus personnel (l’utime « Necrowretch » en guise de signature). Bravo les gars, hail Satan ! [Seigneur Fred] METAL OBS’19



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