Metal Obs' Mag n°90 nov/déc 2019
Metal Obs' Mag n°90 nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°90 de nov/déc 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 18 Mo

  • Dans ce numéro : Lionheart, le kiff du mois !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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UNEYEN STRUCTU Le psy analytique À mi-chemin entre le métal progressif et le post technique, Uneven Structure n’est pas forcément facile à classer. Le successeur de La Partition est une nouvelle surprise et forcément de taille. [Entretien avec Igor Omodei (guitare) par Loïc Cormery] Peux-tu revenir sur les départs qui sont survenus au sein du groupe il y a quelque temps ? Oui bien sûr et c’est très simple. Jérôme a quitté le groupe pour former God’s Empire, un projet qui lui tenait à cœur et Steeveest partie chez les Betraying The Martyrs. Nous n’avons pas forcément accusé le coup et nous comprenons les choix de chacun. C’est une nouvelle étape pour le groupe une fois de plus, mais on ne se plaint pas du tout, le but premier est d’avancer quoi qu’il arrive. Est-ce que cet album a été plus simple à composer finalement par rapport à La Partition ? Un album comme La Partition, le niveau d’exigence était à son apogée. Les compositions étaient fortes, mais également la tournée qui a suivi a été très intense. Nous avons mis beaucoup d’énergie, de sueur pendant à peu près un an. Nous avons eu des hauts et des bas comme tout le monde que cela soit privé ou pro. Nous avons tiré des leçons de toute cette expérience et c’était bien de repartir de zéro avec Paragon. Des idées nouvelles et surtout fraîches. L’album est très intense et même plus direct je dirais. On s’est mis un peu moins de barrières pour accoucher de meilleurs morceaux possibles. L’image est très importante dans le groupe. Les clips sont vraiment recherchés. C’est une volonté d’être unifié à l’image ? C’est un plaisir de tourner des clips, écrire des scénarios. Ça fait du bien. Pour le clip pour « Outlaw », on ne savait pas ce qu’on allait faire trois jours avant le tournage. On revenait d’une date en Angleterre et on a écrit le scénario en une après-midi dans le van sur le trajet retour. Le lendemain matin, on a prospecté les modèles. L’image est mon travail au quotidien et c’est cool ! C’est important pour vous qu’un album soit une œuvre artistique complète qui se tient par un fil conducteur, par opposition à une simple collection de chansons individuelles ? Ça ne m’empêche pas d’adorer des albums classiques. C’est juste que, personnellement, je trouve ça vraiment intéressant d’avoir un fil conducteur, raconter une histoire, avoir cette sorte de lien, et paradoxalement, le fait d’avoir ce fil rouge permet d’aller plus loin, musicalement, de partir dans des directions plus extrêmes entre chaque morceau, tout en gardant une cohérence sur tout l’album. UNEVEN STRUCTURE Paragon Metal progressif/Post technique Long Branch Records 10 METAL OBS’On se souvient très bien de Uneven Structure est son post métal progressif « djent mais pas trop » car le groupe n’aime pas trop ce mot. Alors, disons que le groupe propose un metal sophistiqué et surtout stylé entre post metal et ambiances en tout genre. Le fait d’avoir perdu deux membres n’a pas arrêté le groupe et bien au contraire, il s’est encore bonifié avec le temps. Ici, nous n’avons pas eu besoin d’attendre 6 ans, là c’est un petit deux ans et c’est aussi pour cela que l’album se veut plus direct, mais néanmoins intense. Le spectre s’est élargi et les ambiances se font différentes et souvent surprenantes rappelant parfois Nine Inch Nails. Mais attention, Uneven Structure ne fait pas de la redite et évolue une fois de plus avec Paragon. Tantôt posé, tantôt acharné, mais non enchaîné, le groupe développe ses propos avec des rythmiques mastodontes et pesante « Outlaw » en tête notamment. Ça groove bien méchamment entre la technique guitaristique et le jeu de batterie appuyé, mais fluide type Meshuggah/Tesseract sur « Creator », le résultat reste impeccable du début à la fin. Un album audacieux et judicieux dans le post métal moderne. [Loïc Cormery] Prog, « Electro Lounge » Lag i Run nous revient cette année, après Sunlight Scars en 2010, il nous offre Vagrant Sleepers, un album avec une rythmique puissante et des sonorités variées. [Entretien avec Nay Windhead (chant, guitare, claviers, composition) par Marie Benet] La sortie de votre deuxième opus est imminente, le premier ayant été très bien accueilli par la critique. Quel est votre sentiment quant à ce nouvel effort ? Nay  : En effet nous avions été très agréablement surpris par l’accueil général que les critiques nous avaient réservé à l’époque, et aujourd’hui nous sommes extrêmement curieux de connaître les avis de chacun concernant Vagrant Sleepers. Nous avons tellement donné de notre énergie et de notre passion dans cet album… nous espérons que les personnes qui le passeront au crible sauront faire preuve de la même ouverture d’esprit que ceux qui ont découvert Sunlight Scars et qu’ils vivront le trip pleinement ! Il s’est passé beaucoup de choses depuis la sortie de votre dernier album en 2010. On note des évolutions musicales assez marquées, comment expliquez-vous ça ? Je pense qu’il faut mettre ça sur le compte de la maturité, voire de la maturation étant donné qu’il nous a fallu du temps pour Vagrant Sleepers ! En tant que compositeur j’ai voulu m’écarter de l’aspect démonstratif pour me focaliser principalement sur la chanson et l’émotion, mais sans jamais mettre de côté le caractère bariolé et la richesse des arrangements qui font notre principale marque de fabrique… Trouver le juste équilibre entre tous ces ingrédients n’a pas été une mince affaire ! L’album est plus sombre que le premier aussi, mais saupoudré de moments très lumineux et enjoués. J’aime beaucoup jouer sur les contrastes et reproduire en musique un panel de sentiments aussi large que possible. Il nous faut des blessures pour apprécier pleinement le bonheur et de la joie pour redouter l’affliction qui sommeille. Y’a-t-il eu un morceau que vous avez particulièrement apprécié de composer et que vous êtes impatients de jouer en live ? Lorsque je compose, j’ai une vision d’ensemble qui se dessine assez rapidement, et de fait j’ai du mal à visualiser un morceau indépendamment du reste. Sur scène c’est autre chose, des titres très rock n’roll comme « Nurble Mäs » ou « Muscles Muscles » sont très fun à jouer, tandis que d’autres comme « Thirteen » ou « The Isle », qui dure plus de 10 minutes, demandent une grande rigueur musicale associée à de nombreuses nuances autant vocales qu’instrumentales, et parvenir à retranscrire ces morceaux en live me provoque des émotions très différentes, plus profondes. Votre style musical se démarque de ce que l’on a habitude d’entendre dans le monde du rock aujourd’hui, qu’elles sont vos influences ? Elles sont beaucoup trop nombreuses ! Je suis né dans une famille ou on écoutait principalement du rock, des Beatles à Led Zep en passant par les vieux Genesis. Ma culture est très largement basée sur les 70’s, finalement, une époque où l’on était beaucoup moins focalisés sur les styles de musique qu’aujourd’hui, et où les groupes expérimentaient constamment de nouvelles choses, de nouveaux sons. J’ai le sentiment qu’à l’heure actuelle beaucoup de groupes rentrent volontairement dans une case, il y a un côté automarketing qui me dépasse complètement là-dedans… Par chance d’autres groupes continuent d’éviter ce façonnage volontaire ! Pour revenir plus concrètement à la question, j’écoute absolument de tout, du prog et du rock évidemment, mais aussi de l’électro, de la world music, du funk, du metal, de la new wave, etc. tous ces styles sont abordés dans LIR, J’ai juste un faible pour les grosses guitares saturées, d’où l’hégémonie rock ! Lag I Run Vagrant Sleepers Prog Klonosphere Nous avons peut-être attendu le retour de Lag I Run pendant 10 ans mais ce fut pour le meilleur ! L’album est un tout, sa musique va dans tous les sens, mais tout en restant parfaitement cohérente. Des sons lourds et légers à la fois, quelquefois « burnés », parfois joyeux ou sombre, Lag I Run a su mélanger tout ça pour nous sortir la pépite qu’est Vagrant Sleepers. [Marie Benet]
Seul au monde Avec Sermon, les Islandais nous livrent un premier album saisissant. Une bien belle découverte pour ce qui s’apparente à un véritable coup d’éclat. [Entretien avec Jon Mar Asbjörnsson (chant) par Norman Garcia - Photo  : NB] Pourrais-tu commencer par nous expliquer les origines de votre nom de groupe ? Au départ nous étions partis sur « Misery » mais sans grande conviction. Puis un jour le colocataire de Gunnar I. J. qui est français a prononcé ce mot dans sa langue. Nous avons de suite été conquis. Ce mot en anglais est froid et morne tandis que prononcé en français, il devient beaucoup plus beau tout en gardant son sens. Vous vous définissez comme un collectif, peux-tu nous expliquer votre fonctionnement ? Effectivement, ce groupe est un collectif dans le sens où il n’a pas commencé - ni ne finira - avec ses cinq membres actuels. Chacun d’entre nous peut avoir un rôle, mais si nous nous retrouvons face à un problème, nous le résolvons ensemble, peu importe qui dirige le groupe. Est-il difficile de percer pour un groupe venant d’Islande ? Dans la mesure où nous devons quitter une île pour pouvoir jouer ailleurs, oui c’est vraiment difficile. Et pour quitter cette île, à chaque fois c’est très cher ! Comment se porte la scène metal là-bas ? Elle est vraiment dynamique et c’est d’autant plus dommage que peu de groupes arrivent à s’exporter. Beaucoup mériteraient que l’on parle d’eux. Personne ne vient ici uniquement pour voir des concerts ! Quels sont les sujets abordés dans votre album ? Ce sont des sujets plutôt personnels, qui traitent de l’alcoolisme, des drogues, de la santé mentale et de véganisme. Nous aurons le sentiment du devoir accompli si nos paroles atteignent ne serait-ce qu’une personne sur mille. Quelles sont vos influences musicales et quel est ton groupe favori en ce moment ? Et bien nous avons des goûts musicaux vraiment variés, allant du hardcore/metal au hip hop en passant par la techno. Actuellement, on apprécie Slipknot et Kublai Khan. Un dernier mot ? Sachez que vous n’êtes pas seuls, traversons les temps difficiles ensemble ! UNE MISÈRE Sermon Metalcore/Post hardcore Nuclear Blast Derrière un superbe artwork se cache un premier album aux allures de grand vainqueur. Les Islandais nous assènent un véritable coup de massue qui démarre avec le rouleau compresseur « Sin & Guilt ». Puissance, colère et violence sont les fils conducteurs de cet opus, qui n’hésite pas aussi à emprunter des bribes de post metal (« Overlooked/Disregarded »). On croit tenir une accalmie avec le début de « Fallen Eyes », mais c’est pour mieux repartir sur un rythme effréné. Et que dire de la rage déversée sur « Beaten » et son riff Slipknotien. Nous tenons là un must have, rien que ça. Restera à confirmer tout cela sur le champ de bataille. [Norman Garcia] V Illumines À l’occasion de la sortie du second album, Illuminated, nous avons eu la chance d’avoir posé quelques questions au guitariste Riley Nix, histoire d’en savoir plus sur le groupe, leurs influences et le processus de création de leur dernier brulot ! [Entretien avec Riley Nix (Guitare) par Chacha, traduction Mary & Camille - Photo  : DR] Tout d’abord, comment s’est formé vote groupe ? Riley et Jeremy sont dans des groupes ensemble depuis le lycée. Après la dissolution de leur dernier groupe, ils ont mis une annonce sur Craigslist à la recherche de nouveaux membres. Avienne, notre chanteuse, a quitté la Malaisie pour venir en Amérique afin d’aller à l’école et trouver un groupe de metal. À peu près au même moment, notre guitariste, Jorma, a décidé de partir de la côte est pour s’installer sur la côte ouest. Ils ont tous deux répondu à la même annonce. Alors qu’on travaillait sur notre première vidéo, « Skies Set Ablaze », nous avons rencontré KarlWhinnery, qui produit tous nos clips et qui est maintenant notre bassiste. Illuminated semble avoir plus de succès que votre précédent album, sorti en 2017, pouvez-vous nous en dire plus sur les étapes de création de ce votre dernier bébé ? Nous sommes ravis de constater qu’Illuminated parle aux gens à travers le monde entier. Lorsque nous avons produit notre premier album, The Gravity of Fall, nous étions toujours en train de déterminer notre son et notre processus. Cette fois, nous savions comment nous voulions que le produit final sonne et nous avons écrit chaque chanson dans ce but. Nous avons gardé l’album un peu plus court et un peu plus concentré, et avec une attention particulière sur la dynamique et le mixage. Vos chansons sombres et mélodieuses peuvent faire penser à des groupes comme Jinjer (pas le même style musical, cependant), la présence de chant féminin aidant, font-ils partie de vos influences ? C’est toujours un grand honneur d’être comparé à Jinjer, dont nous avons fait la première partie à plusieurs reprises. Même si, honnêtement, la plupart des influences d’Avienne sont des voix masculines variées et pleines de ressources. Nous avons des influences communes et chacun de nous a ses propres inspirations aussi. D’excellents chanteurs techniques comme Chris Barretto et Daniel Tompkins, des experts des arrangements tels que Dimmu Borgir et Devin Townsend, des batteurs inventifs comme Matt Halpern et Jay Postones et des groupes de brutal progressif tels que Ne Obliviscaris et Rivers of Nihil repoussent les limites de ce que le metal peut être aujourd’hui. Comme j’aime poser des questions amusantes aux artistes que j’interviewe, quels sont vos « plaisirs coupables » ? (musical ou autre, en général) Nous n’avons pas honte ! Nous passons beaucoup de temps à écouter du metal et du hard rock, mais nous avons passé la majeure partie de notre temps sur la route à écouter de la musique pop-rock des années 80 ou à faire du karaoké sur Die Antwoord. Certains d’entre nous écoutent du chill step et du synthwave, d’autres sont inspirés par Florence and The Machine et d’autres passent leurs nuits d’été assis sur le porche à écouter du vieux rock sudiste et du blues. Toutes ces influences façonnent notre ADN musical. VINTERSEA Illuminated Progressif post metal M-Theory Audio Avec Illuminated, les Américains de Vintersea brisent les codes du metal classique pour s’engouffrer avec facilité dans de très nombreux registres. Du death au progressif et tout en gardant des aspects très heavy et même black dans ses compositions, le quintet de l’Oregon semble maîtriser tous les styles. Et en seulement six titres, le groupe illumine de sa classe toute naturelle. De « Spawn Awekening » à « Old Ones » en passant par « Befallen », il montre une puissance implacable et une justesse d’interprétation quasi chirurgicale. Dans un registre très technique, les musiciens assument très bien la complexité des six morceaux. Sur ce deuxième album, le groupe fait preuve d’une grande créativité, sachant habillement marier la glace et le feu. Et que dire du magnifique solo de saxophone sur « Crack Of Light » ? Stupéfiant autant que sublime ! Porté par sa frontwoman Avienne Low, Vintersea sait se montrer aussi brutal que mélodique, le tout avec force et contenance. Un album aussi massif que fin, dans lequel le groupe fait preuve d’une totale maîtrise de son sujet, la longueur des morceaux lui offrant une belle liberté. [Chacha] METAL OBS’11



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