Metal Obs' Mag n°89 sep/oct 2019
Metal Obs' Mag n°89 sep/oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°89 de sep/oct 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 30,7 Mo

  • Dans ce numéro : Jinjer, rentrée des classes 2019 !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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On parie sur... Le cercle des poetes disparus A l’image du philosophe Socrate dont nous connaissons peu de choses et n’avons aucun écrit, le groupe français Maïeutiste développe sa propre pensée, musicale celleci, mais tout aussi mystérieuse. Comme en atteste le surprenant second opus Veritas, un OVNI sur la scène black/doom metal contemporaine. [Entretien avec Ben « Keithan » (chant, guitare) par Seigneur Fred - Photo  : DR] On a tendance à vous qualifier de groupe de black metal avant-gardiste et philosophique. Quelle est le projet artistique de Maïeutiste au départ ? Maïeutiste a été fondé en 2006 sous l’impulsion d’Eheuje (NDLR  : ancien chanteur) et moimême. Plusieurs musiciens ont évolué dans ce projet qui fut pour nous l’occasion d’expérimenter et d’avoir une approche jusqu’au-boutiste. Aujourd’hui, Maïeutiste est davantage construit comme un collectif. Socrate et la philosophie antique ? Il faut plus voir ça dans Maïeutiste comme une ressource d’idées que l’on transforme à notre façon. Nous ne souhaitons en aucun cas faire de la musique nourrie de péripéties historiques ou proposer un cours de philo (rires). On recherche quelque chose de poétique à travers les idées de penseurs, érudits ou esthètes, et Socrate n’est pas le seul. Bien sûr, utiliser un néologisme tel que « Maïeutiste » est fort de sens, mais c’est justement ce que nous voulions  : brouiller les cartes, proposer une musique à la fois poétique et conceptuelle. La maïeutique, ou l’art d’accoucher les esprits des pensées qu’ils contiennent, permet d’aborder ensuite une myriade de choses. Vous avez publié votre premier album éponyme sur le label français Les Acteurs De L’Ombre en 2015. Comment avez-vous abordé le cap du second album, qui confirme en général un groupe dans sa carrière ? Je suis assez d’accord avec toi  : un second album est souvent l’occasion d’affirmer et affiner une intention. Nous concernant, ce fut de mieux discerner la musique de Maïeutiste. Qu’est-ce qui la constitue ? Comment la jouer et quelle pluralité voulions-nous avoir dans notre signature ? Nous voulions surtout offrir une production de qualité, en termes de performance et de prise de son. Il y a aussi cette affirmation dans le line-up  : j’assure le chant principal depuis le départ d’Eheuje. Avec toutes ces orchestrations et arrangements, ne craignez-vous pas de perdre l’auditeur (exemple  : la transition entre « Infinitus » et « Spiramus », d’un black/death violent à de la musique de chambre) ? On a la conviction que les morceaux sont cohérents entre eux, malgré leurs particularités. Si certaines personnes n’adhèrent pas à la démarche, ce n’est pas grave (rires). Il existe bien plus tarabiscoté que nous. La scène metal a tendance parfois à trop segmenter, classifier les formes musicales. Pour ce qui est de la prétendue complexité, elle est sans doute dûe au trio de guitares, au changement de phrasés ou de signatures. Mais nous ne voulons pas faire de la technique, on en est loin. En revanche, j’apprécie l’idée de trouver de la simplicité dans quelque chose de complexe si on prend le temps d’en découvrir les multiples facettes. 8 METAL OBS’MAÏEUTISTE Veritas Black/doom metal avant-gardiste Les Acteurs De L’Ombre Avec un tel nom, on s’interroge d’abord sur ce que peut proposer Maïeutiste comme musique. Le mieux est d’écouter sans a priori ce second album du collectif de Rhône-Alpes. Un constat  : Veritas surprend et repousse les barrières musicales. Influencé à la fois par le black metal d’Emperor, Abigor, Deathspell Omega, mais aussi Rammstein (« Universum ») ou encore la musique baroque, Maïeutiste ose et impressionne. L’œuvre mature, riche, complexe, se révèle une fois qu’on en a extrait la substantifique moelle  : pure violence, mélodies de guitares à tomber à la Opeth (« Infinitus », « Veritas II ») , spleen abyssal rappelant My Dying Bride (« Vocat ») , interludes de musique de chambre (« Spiramus ») , rien n’est laissé au hasard. Les influences sont digérées, maîtrisées, donnant naissance à un chef-d’œuvre dissonant et intemporel. Du grand art. [Seigneur Fred]



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